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5.0 étoiles sur 5 Anatomie d'un coeur déchiré, 10 mars 2014
Par 
Skin-deep, le déclassé "Skin-deep" (France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Petits poèmes en prose de Charles Baudelaire (commentaires) (Poche)
"Ambivalence", "discordance", "dissonance" sont des mots qui passent avec constance sous la plume de l'exégète. A travers son étude magistrale des "Petits Poèmes en prose" de Baudelaire, Patrick Labarthe prodigue le cours d'anatomie d'un cœur déchiré -entre le culte de la beauté et l'occulte de la laideur, l'Infini et la finitude, le rêve et la réalité. Des passages d'une belle clarté - "Une dualité essentielle: veine lyrique / veine critique", "Un lyrisme caricatural", "Un Je clivé" - se font écho tout le long du livre et définissent la pensée baudelairienne, "ambivalente dans son essence". L'analyse de poèmes emblématiques - "Le Gâteau", "Le Fou et la Vénus", "Le Mauvais Vitrier", "Une mort héroïque", et tant d'autres où affleure à nu "l'âme confrontée au butoir du réel" - éclaire et met en relief le "dilemme spirituel" qui ravage le cœur souffrant du poète:

"Plus Baudelaire avance dans le projet du "Spleen de Paris", plus se fera vif, violent, diversifié, le scepticisme qui mine l'ordre du rêve, et cela au nom du tragique de la finitude qui confronte à tous les modes de "l'Irrémédiable". Ces poèmes seront donc le lieu où, dans un battement constant entre veine lyrique et veine critique, les dualismes s'exaspèrent, voire se radicalisent: rêve/réalité, Dieu/Satan, "horreur de la vie"/"extase de la vie", mysticité/sadisme, envol/chute, surnaturalisme/ironie."

Les interprétations de Patrick Labarthe - denses, intéressantes, brillantes - magnétisent d'autant l'attention qu'elles se fondent toujours sur l'étude concrète d'un poème choisi dont elles approfondissent la signification en passant avec bonheur du particulier au général, du détail à l'allégorie. Elles démultiplient le sens, élargissent, audacieusement parfois, la portée symbolique des images. Ainsi, dans "Le Joujou du pauvre", l'enfant qui joue avec un rat "n'est autre qu'un poète en herbe, capable de dignifier le bas, de rehausser par sa puissance imaginative ce qui passe pour vilenie, de conjoindre avec autant de hardiesse que d'ingénuité laideur et beauté, noirceur et blancheur". Le modèle personnifié, en somme, de l'art poétique baudelairien. A propos, dans "Le Mauvais Vitrier", du pot de fleurs lancé du haut d'une fenêtre, qui s'écrase sur les vitres et les fait voler en éclats, "ne peut-on rêver à l'humble statut rhétorique de ces "fleurs nouvelles", toutes prosaïques, mais dont le "choc" suffit à crever le "palais de cristal" d'une œuvre unifiée et diaphane, à l'égal de ces "purs miroirs" dont se prévalait "la Beauté"?" Brisure symbolique: c'est le rêve de la Beauté pure qui vole ainsi en éclats. Le poète refuse une poésie désolidarisée du monde qui l'entoure, si trivial, si hideux soit-il. Cependant la saisie artistique du réel ne va pas de soi. "L'élaboration esthétique ne va jamais chez Baudelaire sans une interrogation d'ordre éthique, qui en interroge les fondements", autre motif de tensions, d'oscillations, de déchirements. C'est l'un des aspects les plus passionnants du livre, qu'illustre une lecture très surprenante du poème dédié au peintre Manet - "La Corde" - où s'exhume, souterraine, refoulée, l'expression d'une mauvaise conscience: l'artiste n'est-il pas coupable de la mort du petit modèle qui s'est pendu dans son atelier? Face aux "yeux des pauvres", aux enfants sauvages et aux petites vieilles abandonnées à leur solitude, "la parole poétique est, plus que jamais, habitée par une conscience critique de sa légitimité, rongée par le sentiment d'une irrémédiable caducité de l'âge lyrique". Dans le Paris de Baudelaire, le romantisme est dépassé. Les fleurs du lyrisme ont fané, la poésie pleure maintenant la mort de la poésie. Le Fou implore la statue de Vénus, mais le regard de "l'immortelle" Beauté se perd "au loin", et "voue la déclaration d'amour du poète à ce balbutiement baigné de pleurs, comme si la seule dignité récupérable sur le théâtre de la modernité n'était autre que la fécondité des larmes". Les sentiments spleenétiques s'abreuvent à la source de ces larmes: elles sont celles du Fou, du poète qui a perdu son auréole.
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5.0 étoiles sur 5 Bien pour le bac, 28 juin 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Petits poèmes en prose de Charles Baudelaire (commentaires) (Poche)
Une bonne analyse des poèmes en prose de Baudelaire qui rejoint voire complète l'analyse de Murphy mais qui est peut-être plus lisible car moins universitaire!
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Petits poèmes en prose de Charles Baudelaire (commentaires)
Petits poèmes en prose de Charles Baudelaire (commentaires) de Patrick Labarthe (Poche - 28 février 2000)
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