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5.0 étoiles sur 5 Le parfait roman de l'été (1353 et plus si affinités), à lire d'une seule traite ou à savourer nouvelle par nouvelle, 15 décembre 2014
Par 
Un amateur éclectique - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Décaméron (Poche)
Voici, signé Boccace, le parfait roman de l’été : des intrigues à foison, des histoires à destination des dames, du rire, assez bien de sexe, un peu de larmes et de réflexion, un chouia de morale, et le tout est emballé. A vrai dire, c’est le roman de l’été depuis 1353, mais ne chipotons pas sur l’appartenance ou non à l’actualité littéraire : Le Décaméron, première grande œuvre en prose de la littérature italienne, a traversé bientôt sept siècles sans jamais voir fléchir la courbe de son succès ; nous verrons si les romans à la mode traverseront quant à eux sept semaines.

L’histoire est connue : en 1348, durant que la peste frappe cruellement Florence (le chapitre introductif est apocalyptique), sept demoiselles et trois jeunes gens trouvent refuge, entourés de leurs serviteurs, dans successivement deux luxueuses propriétés, quasi édéniques, quelque peu éloignées de la ville. Pour agrémenter leur séjour, ils décident que chacun d’entre eux devra raconter aux autres une nouvelle chaque jour – sauf le vendredi et le samedi, dédiés respectivement à la mémoire des souffrances du Christ et au repos. Donc, durant ce total de quatorze journées, ce sont cent nouvelles qui vont être racontées, cent histoires remarquables par leurs protagonistes et, surtout, leur dénouement.

Ces nouvelles, dont trois ont été adaptées au cinéma par Pasolini, sont pour la plupart légères, fourmillant d’équivoques obscènes (quand il y est question de labourer un champ, c’est rarement en rapport avec l’agriculture…) et prêtant à rire : on n’est jamais loin de la farce, quasi contemporaine, pour ce côté mauvais tour joué à un sot – d’autant que si la foi en Dieu n’est jamais remise en question, le clergé par contre, tant masculin que féminin, en prend pour son grade et voit ses moindres vices, réels ou supposés, dévoilés (la première nouvelle de la troisième journée voit ainsi un jeune homme se faire littéralement épuiser par les occupantes d’un couvent…). Mais il en va de même pour quasi toutes les classes sociales, en particulier cette bourgeoisie qui monte de plus en plus dans les villes florissantes d’Italie, mais qui n’arrive jamais à la cheville d’une noblesse peu présente dans Le Décaméron mais toujours célébrée pour ses vertus.

Là se trouve l’autre grand thème de ce recueil, après l’érotisme égrillard : la célébration d’un certain nombre de vertus, au premier plan desquelles l’amitié, parfois sur le mode tragique – ce qui permet une agréable alternance de tonalité dans le recueil, qui serait lassant s’il n’était que badin. Cette célébration vertueuse a surtout lieu durant la dixième et ultime journée des récits, celle dont le thème est « Ceux qui ont accompli quelque geste plein de libéralité ou de magnificence en fait d’amoureuses prouesses ou en toute autre chose » - car il convient de préciser que chaque journée est placée sous le règne d’une reine (ou d’un roi) qui décide de l’objet dont doivent traiter les nouvelles racontées durant la journée en question. Ce système donne au Décaméron une relative cohérence dans la diversité, brisée seule par le privilège accordé à Dionée, l’un des trois jeunes gens, qui a le droit de conclure la journée, quel qu’en soit le thème, sur une nouvelle plaisante.

Cette variété thématique et tonale, doublée de la sage alternance évoquée ci-dessus, empêche la lassitude du lecteur (ou plutôt : de la lectrice, Boccace précisant qu’il écrit avant tout pour les femmes), qui se réjouit pourtant du retour occasionnel personnages bouffons, tel ce Calandrin héros risible de quatre ou cinq nouvelles ; de toute façon, le lecteur se laisse entraîner par un style vif, plaisant, servi à merveille par la traduction éclairée de Giovanni Clerico, qui a modernisé le texte tout en maintenant bon nombre d’expressions et termes médiévaux (qu’expliquent au besoin des notes en fin de volume). Et si l’on ne veut pas lire un gros bouquin d’une seule traite, Le Décaméron est aussi le livre idéal pour l’été : journée par journée, voire nouvelle par nouvelle, il se laisse aussi savourer – au risque de donner des idées durant certaines journées torrides…
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25 internautes sur 29 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Truculent, 26 novembre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Décaméron (Poche)
Venise au temps de la peste, dix jeunes gens quittent temporairement la ville. Chaque jour de leur retraite de dix jours chacun d'eux raconte une histoire.

Loin de l'image figée que l'on peut avoir du moyen âge, l'auteur étale devant nous un univers joyeux de sentiments puissants, d'irrévérence et de pragmatisme. Nous partons à la rencontre de multiples de petits personnages semblables à ceux de la peinture gothique : des caractères, très colorés aux traits simples. Les récits tournent pour l'essentiel autour d'un même thème, les différentes façons dont se manifeste l'amour. Jalousie, amour contrarié, noble ou trivial et qui touche les êtres de toutes conditions, nul n'y échappe pas même les conteurs. On ne sent pas passer les 800 pages car l'auteur se renouvelle dans chacun des cent contes. Autre aspect intéressant, découvrir dans certains textes les sources d'inspiration d'auteurs postérieurs, dont la trame de « Tout est bien qui finit bien » de Shakespeare. Quelques critiques malgré tout, certains aspects de la société de l'époque, aussi violente et profondément inégalitaire, peuvent heurter le lecteur, et la lectrice, du 21ème siècle. Les « bons mots », thème de la sixième journée ne sont pas nécessairement drôles, voire compréhensible, de nos jours. De plus, si les histoires changent, tous les soirs se répètent le même rituel, ou presque, pour les conteurs, ce qui lasse un peu à la longue. Quand on dresse le bilan, le très positif l'emporte en raison du plaisir qu'on prend à croquer chaque récit dont la verve et la finesse n'ont pas vieilli, un vrai régal.
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11 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un chef d'oeuvre de la littérature italienne du moyen-age, 27 janvier 2011
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Décaméron (Poche)
Un livre dont j'avais entendu parler lorsque j'étais encore élève dans le secondaire. Il aura fallu plus de 30 ans
avant que l'occasion ne se présente de lire ce chef d'oeuvre de la littérature italienne. Un ouvrage que toute personne devrait posséder dans sa bibliothèque.
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14 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La plume gaillarde de Giovanni Boccaccio, 6 novembre 2011
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Décaméron (Poche)
Les cent (et une!) nouvelles du Décameron ne se dégustent pas comme un petit verre de chianti à la terrasse d'un bistrot florentin, mais il faut bien dire qu'en dépit de leur bel âge, elles se savourent néanmoins. Elles ont quelque chose de jubilatoire et de franchement polisson, même quand le thème de l'une ou de l'autre nous éloigne pour un temps de la grivoiserie qui illumine le livre d'une volupté de corsaire maltais.
"A l'abordage!" : tel devrait être le cri impétueux de celui qui souhaite soudain s'adonner à la douce jouissance de commencer enfin le périple que nous promet Boccace, au vu des sympathiques et frivoles friandises, qui ont fait la réputation de son ouvrage. Alors que pourtant le livre commence sur l'horrible tableau du fléau qui ravagea l'Europe entière au quatorzième siècle, cette peste noire et bubonique qui emporta selon les historiens sans doute un tiers - et dans certaines villes encore plus - de sa population, il est notable de constater que le récit emprunte le chemin inverse dès la fin de cette introduction excellente bien que morbide. Et les dix jeunes gens de Florence, pensant par le biais de ces récits, joyeux pour la plupart, échapper à la mort qui rôde, pensant que la gaieté et le divertissement allègres leur serviront de vaccins, en profitent pour développer leurs goûts champêtres et naturels pour les narrations imagées et colorées (de diverses teintes et de beaucoup de légèreté.) Cette jeunesse raffole d'enjouements et ne souhaite pas laisser endiguer son enthousiasme et sa vie par les macabres cadavres qui, jonchant les rues de Florence en 1348, font obstacle au bon épanouissement d'une société en plein soleil, au zénith de sa créativité et de son inventivité.
Première oeuvre importante en prose et en langue vulgaire (entendre: non en latin), elle ne déroge bien sûr pas aux règles de maintien et de style d'une époque encore assez chevaleresque, mais s'autorise certaines licences, parce qu'elle parle aussi des bourgeois et des pauvres parfois, et parce que Boccace voulait séduire et surtout divertir par ses "coquinneries" son public (essentiellement féminin) ; il aime ainsi combiner finesse de la narration et humour un peu lourd (un peu lourd mais bon) - le comique de situation étant bien sûr à remettre en son contexte.

A noter que cette édition bénéficie d'une traduction relativement récente, qui ne heurtera que peu les habitudes lexicales et syntaxiques de nos contemporains, et qu'ayant lu la postface du traducteur, ce dernier m'a semblé passionné par le travail de traduction qu'il avait eu à accomplir et qu'il l'avait accompli avec tact et méthode. Je dis cela parce qu'il est agréable de sentir que l'on confie sa sensibilité littéraire à une version du texte qui la vaut.
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Aucun internaute (sur 13) n'a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Livre le Décaméron, 7 décembre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Décaméron (Poche)
Le livre le Décaméron est bien arrivé en bon état. Le prix est tout à fait dans la moyenne. Je me réjouis de le lire.
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Le Décaméron
Le Décaméron de Boccace (Poche - 18 mai 2006)
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