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4.0 étoiles sur 5 Ecrasons l'infâme !
1762 : Jean Calas, vieux père de famille protestant, est accusé d'avoir assassiné son fils pour l'empêcher de se convertir au catholicisme. Il est jugé, torturé puis exécuté à Toulouse . Voltaire prend connaissance de l'affaire : l'erreur judiciaire est manifeste, uniquement motivée par la haine religieuse...
Publié le 17 décembre 2011 par Darko

versus
3.0 étoiles sur 5 Bien !
Pour le prix et pour cet auteur des lumières je dis oui ! Très bien écrit et raconté ! Facile a lire ! :)
Publié il y a 7 mois par Boissel Teddy


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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Ecrasons l'infâme !, 17 décembre 2011
Par 
Darko (Bretagne - France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Traité sur la Tolérance : A l'occasion de la mort de Jean Calas, 1763 (Poche)
1762 : Jean Calas, vieux père de famille protestant, est accusé d'avoir assassiné son fils pour l'empêcher de se convertir au catholicisme. Il est jugé, torturé puis exécuté à Toulouse . Voltaire prend connaissance de l'affaire : l'erreur judiciaire est manifeste, uniquement motivée par la haine religieuse. Dès lors le philosophe se lance dans un combat pour la réhabilitation de Calas et de sa famille. S'attaquant à l'intolérance, au fanatisme et à l'obscurantisme, dénonçant l'arbitraire opaque et les pratiques barbares de la justice, multipliant les démarches et écrits, Voltaire fait de "l'affaire Calas" le premier grand scandale judiciaire moderne...

A la lecture de l'affaire, on ne sait qui faut-il blâmer en premier : l'absolutisme monarchique ou le fanatisme religieux ? Voltaire a déjà appris à ses dépens ce qu'il en coûte de moquer les grands du royaume, alors s'attaquer au roi...La France ne dispose à cette époque d'aucune des garanties dont jouissent nos voisins anglais (habeas corpus et bill of rights); mettre en cause la monarchie et ses institutions signifierait pour le philosophe l'emprisonnement immédiat par lettre de cachet.

C'est pourtant bien cette monarchie absolue et son système judiciaire d'un autre age ("justice unique, justice inique" dira Voltaire) qui sont responsables au premier chef du fiasco de "l'affaire Calas". Cependant, faute de pouvoir s'en prendre au roi, le philosophe décide de s'attaquer au fanatisme religieux, tout en prenant bien soin de préciser qu'il est lui même bon catholique, à défaut d'en être un fervent. Mais, l'affirmation ne doit pas faire illusion, car il s'agit là plus d'une précaution d'usage que d'un ralliement véritable au catholicisme. Voltaire est impie et, pour lui, s'en prendre au fanatisme religieux c'est également l'occasion de s'en prendre à la religion catholique de son époque...

Mais est-ce bien là un problème ? A tout prendre, je préfère un mécréant qui fut un homme de bien, plutôt qu'un massacreur d'hérétiques portant haut la croix (ou le croissant). Certes, ce n'est pas la religion qui rend les hommes bons ou mauvais, mais les hommes qui font le choix d'en retirer ce qu'elle recèle de meilleur ou bien de pire. Et force est de constater, qu'en ces temps là, ils ont souvent fait le mauvais choix. Il ne doit donc manquer ni d'inquisiteurs, ni de papes, ni de rois dans les geôles de l'enfer ! En révoquant l'édit de Nantes, sous l'impulsion du parti des dévots, en 1685 (l'année même de la promulgation du "code noir", décidément une grande année !), Louis XIV puis son successeur ont pris le parti de relancer la querelle religieuse en France et d'encourager tous les fanatiques aux pires excès de la religion.

Voltaire ne fait, dans son traité, que constater ce fait et, même si ses pages sur la tolérance universelle, qui aurait existé partout et de tous temps sauf dans les pays catholiques, où il s'attaque aux mythes de l'ancien testament et remet en cause la martyrologie chrétienne, sont empreintes d'une parfaite mauvaise foi (sans jeu de mots...), force est de constater que le fond demeure et que la religion catholique a beaucoup contribué par ses pratiques , depuis le culte des reliques jusqu'aux anathèmes contre l'hérésie, à encourager l'abêtissement et la fanatisme des masses. D'ailleurs Voltaire s'interroge : comment une religion, si prompte à pratiquer le culte des saints et à révérer ses martyrs, a t-elle pu elle même massacrer autant d'hérétiques : cathares, huguenots et athées ?

Il existe à ce propos une anecdote que j'aime bien. En 1823, lorsque Champollion fut sur le point de percer le secret des hiéroglyphes, il fut convoqué par le Pape Léon XII qui lui intima l'ordre que, quoi qu'il découvre, il ne devait pas dater les pyramides égyptiennes au delà de -2000 avant JC, car les pyramides ne pouvaient être antérieures au déluge....Ainsi, la science devait-elle s'effacer devant la religion (on sait aujourd'hui que la pyramide de Saqqara, qui n'est pas la plus ancienne construction égyptienne, date de -2600 av JC). Ce pape Léon XII était également l'auteur d'une bulle "Dirae Librorum" dans laquelle il proclamait : « au terrible torrent de boue constitué par les livres sortis de l'officine ténébreuse des impies, sans autre but, sous leur forme éloquente et leur sel perfide, que de corrompre la foi et les mœurs et d'enseigner le péché, le meilleur remède, on en peut être assuré, est de leur opposer des écrits salutaires et de les répandre » Nul doute qu'aux yeux de ce Pape, ami des sciences, Voltaire appartenait immanquablement à cette "officine ténébreuse des impies".....

Le traité sur la tolérance est un livre de combat pour une époque troublée et il faut le prendre comme tel. L'affaire Callas n'est pas une affaire isolée; le philosophe a déjà eu à connaitre du cas Rochette et il devra bientôt s'occuper des affaires Sirven et du Chevalier de la Barre L'Affaire du chevalier de La Barre : Précédé de L'Affaire Lally Voltaire n'est ni contre Dieu, ni contre le roi, il est pour l'état de droit et la séparation de l'Eglise et de l'Etat. C'est ce qu'il écrira dans une de ses lettres le 19 mars 1765, soit dix jours après la réhabilitation de Jean Calas par le Conseil d'Etat :

" Voilà un évènement qui semblerait devoir faire espérer une tolérance universelle, cependant on ne l'obtiendra pas de sitôt, les hommes ne sont pas encore assez sages; ils ne savent pas qu'il faut séparer toute espèce de religion de toute espèce de gouvernement, que la religion ne doit pas plus être une affaire d'Etat que la manière de faire la cuisine, il doit être permis de prier Dieu à sa mode, comme de manger suivant son goût, et pourvu qu'on soit soumis aux lois, l'estomac et la conscience doivent avoir une liberté entière. cela viendra un jour, mais je mourrai avec la douleur de n'avoir pas vu cet heureux temps".

Le combat continue....
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9 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Malheureusement nos sociétés en sont encore loin, 24 mars 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Traité sur la Tolérance : A l'occasion de la mort de Jean Calas, 1763 (Poche)
C'est avec un plaisir incroyable que j'ai lu le Traité sur la Tolérance.

Nous savons que nous avons beaucoup à apprendre des anciens, mais ici Voltaire nous donne une leçon mémorable.
Et en plus agréable à lire !
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3.0 étoiles sur 5 Bien !, 20 novembre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Traité sur la Tolérance : A l'occasion de la mort de Jean Calas, 1763 (Poche)
Pour le prix et pour cet auteur des lumières je dis oui ! Très bien écrit et raconté ! Facile a lire ! :)
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4 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 il n'y a rien de nouveau sous le soleil, 6 novembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Traité sur la Tolérance : A l'occasion de la mort de Jean Calas, 1763 (Poche)
intéréssant de reprendre la lecture avec une actualité où la tolérance est mise à mal dans notre quotidien autant de siècles après Voltaire
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2 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 "Vertu vaut mieux que science", Voltaire, 8 décembre 2011
Par 
Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR)    (TOP 500 COMMENTATEURS)    (TESTEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Traité sur la Tolérance : A l'occasion de la mort de Jean Calas, 1763 (Poche)
Le "Traité sur la Tolérance" est extrait de "L'affaire Calas et autres affaires". En 1762, l'affaire Calas mobilise toute l'opinion publique par l'intolérance des juges, le jugement expéditif et bâclé au nom de la religion (catholique), la torture jusqu'à la mort du père Calas et l'emprisonnement de sa femme et de ses enfants, ainsi que d'un ami de son fils qui s'était suicidé. L'affaire ne tient pas. Alors que l'un des enfants Calas s'était converti au catholicisme, sans ostracisme de ses parents ni de sa famille qu'il revoyait régulièrement, le prétexte fallacieux est créé que la famille Calas aidée d'un ami aurait pendu un de ses enfants à qui la conversion aurait été refusée. Aucune marque de combat n'était relevée sur les lieux. La foule en délire cria au meurtre. Les juges hurlèrent avec les loups, diabolisant toute une famille. Un an plus tard, dans le cadre de la demande de révision du procès, Voltaire publie ce traité prônant la tolérance, écrivant avec justesse en introduction :

"Là où le danger et l'avantage sont égaux, l'étonnement cesse, et la pitié même s'affaiblit; mais si un père de famille innocent est livré aux mains de l'erreur, ou de la passion, ou du fanatisme; si l'accusé n'a de défense que sa vertu; si les arbitres de sa vie n'ont à risquer en l'égorgeant que de se tromper; s'ils peuvent tuer impunément par un arrêt, alors le cri public s'élève, chacun craint pour soi-même, on voit que personne n'est en sûreté de sa vie devant un tribunal érigé pour veiller sur la vie des citoyens, et toutes les voix se réunissent pour demander vengeance." - p.13

Voltaire est un enfant du siècle des Lumières qui fait suite à la résurgence des guerres de religions avec la révocation de l'Edit de Nantes par Louis XIV 68 années auparavant (deux générations seulement). Les excès religieux manifestés lors de l'affaire Calas démontrent que la fanatisme empoisonne encore les esprits et est prompt à se saisir de tout bois pour s'y enflammer.

Voltaire est cependant impie. L'expression de son adhésion aux valeurs chrétiennes exprime une sentimentalité de surface, un minimum bourgeois de bienséance, de libéralité, d'indulgence, du respect de la nature de celui qu'un commerçant témoigne à l'adresse de son client. Le monde de Voltaire est sec, ironique, superficiel, blessant. L'homme qui se dit philosophe ne comprend pas l'esprit du prophétisme hébreu qu'il résume à quelques historiettes gentillettes, non liées les unes aux autres, sans perspective de la nouveauté de l'information qui toujours dérange l'ordre établi; cette information voulue par Dieu (pour le croyant) et ignorée naturellement par le non-croyant marque indiciblement l'absence de foi de Voltaire. Le passage sur les martyrs chrétiens est d'une rare insulte à la mémoire de l'Eglise et de l'Humanité, à la manière de quelqu'un qui réécrirait, dans quelques siècles, l'histoire des camps de concentration nazis en les assimilant à des camps de vacances forcées : "Le mensonge en a trop longtemps imposé aux hommes; il est temps qu'on connaisse le peu de vérités qu'on peut démêler à travers les nuages de fables qui couvrent l'histoire romaine depuis Tacite et Suétone, (...)"-p.59. Ainsi, sur le chapitre exposant une tolérance romaine inaltérable y compris à l'égard des chrétiens, Voltaire nous présente Néron en brave homme, victime de la calomnie catholique : "Quelque envie qu'on ait de se tromper, il est impossible d'attribuer à l'intolérance le désastre arrivé sous Néron à quelques malheureux demi-Juifs et demi-chrétiens" -p.49. Ainsi le mensonge est constitué des "fables" des martyrs qui sont trop anormales pour être réelles - et les rares qu'il cite hors de propos sont en effet fabuleuses, tombant dans le désastre d'un non-sens sciemment mis en scène par l'auteur.

Voulant éviter l'opprobre de la mécréance, le "philosophe" sait jouer sur les cordes de l'antisémitisme qui l'anime, admirant les Juifs pour leur extrême tolérance (alors que tout le monde à cette époque sait comment le Christ est mort), leur diversité amusante, leur absence de profondeur de foi - concept privé de sens pour l'auteur. Ce peuple est privé d'Histoire par la grâce tolérante de Voltaire.

Soulignant la pertinence monétaire et fiscale des protestants (qui s'ils avaient acquis le pouvoir aurait arrêté de payer le tribut annuel royal des dispenses à Rome), il dénonce la nature du catholicisme de manière à peine voilée, toujours sur la corde de l'ambivalence :

"Ne dissimulons point que malgré leurs erreurs, nous leur devons le développement de l'esprit humain [aux protestants], longtemps enseveli dans la plus épaisse barbarie". p.27

La messe est dite. Et pour les sourds et aveugles, l'ennemi, l'aliment de tout fanatisme est bien connu : ce sont les dogmes de l'Eglise catholique ("Moins de dogmes, moins de disputes; et moins de disputes, moins de malheurs: si cela n'est pas vrai, j'ai tort." - p.108) et leurs défenseurs d'alors, les jésuites. Ah ces ennemis de Voltaire qui contribuèrent tant à sa renommée, ne serait-ce que par leur volonté d'action évangélisatrice, missionnaire, heurtant de plein fouet la prétention du pseudo philosophe ! Plutôt des peuples maintenus dans l'abrutissement de l'idolâtrie pourvu que la tolérance règne convient à Voltaire. Le libéralisme de sa pensée est patent : toutes les valeurs se valent pourvu qu'en leur nom, aucun meurtre ne puisse être commis. La vision humaniste de Voltaire est courte. La recherche de vérité est absente de son abécédaire. Or n'est-ce pas l'un des axiomes de vie de tout chrétien ? et, plus généralement, de tout humaniste qu'il soit religieux ou non ?

Cependant quelques bons passages, toujours écrits avec la pureté de style inimitable de Voltaire, surprennent le lecteur par leur pertinence; mais noyés dans l'invective moqueuse, ils ne sauraient constituer une thèse de choc pourtant nécessaire.
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