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5.0 étoiles sur 5 Plein la vue
"Gagner la Guerre" reprend peu après les événements développés dans la seconde nouvelle de Janua vera, "Mauvaise Donne". Je conseille de lire ce recueil de nouvelles avant, qui est plus court, plus drôle, plus féminin que le "Gagner la Guerre" qui a des chromosomes XY aisément identifiables. Et qui bien sûr permet de mieux...
Publié le 27 mai 2011 par Lady Lama

versus
18 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Gagner la guerre... ou la perdre
« Gagner la Guerre » m'a séduit et m'a énervé. Jean-Philippe Jaworski est un auteur talentueux, brillant, érudit, mais sa démarche artistique est parfois à la limite de la posture littéraire, posture littéraire qui peut aisément être confondue avec de la prétention pure et simple.

Le style du...
Publié il y a 23 mois par Leather DeBoeuf


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11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Plein la vue, 27 mai 2011
Par 
Lady Lama (Paris) - Voir tous mes commentaires
(TESTEURS)    (TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gagner la guerre: Récit du Vieux Royaume (Poche)
"Gagner la Guerre" reprend peu après les événements développés dans la seconde nouvelle de Janua vera, "Mauvaise Donne". Je conseille de lire ce recueil de nouvelles avant, qui est plus court, plus drôle, plus féminin que le "Gagner la Guerre" qui a des chromosomes XY aisément identifiables. Et qui bien sûr permet de mieux comprendre ce roman.

On retrouve notre mauvais sujet favori, Don Benvenuto. Don Benvenuto, tueur à gages devenu maître espion chez le Podestat Ducatore, collecte d'autant plus d'ennuis que sa condition sociale s'élève. En près de 1000 pages qui se dévorent, Don Benvenuto va être: emprisonné (plusieurs fois), torturé (aussi), défiguré (salement et douloureusement) et trahi (on ne compte plus). Mais Don Benvenuto va aussi boire, jouer, violer, tuer (dont à la Kill Bill) et trahir (difficile de compter, il n'arrête pas de changer d'avis au dernier moment).

Ne jettons pas la pierre à Don Benvenuto, il s'adapte. Après tout il est entouré de pourris, depuis son patron, le machiavélique Leonide Ducatore, jusqu'aux maisons ennemies voisines. Le seul qui ose prôner des vertus comme l'honnêteté est perçu comme un être faible et à la naïveté risible. C'est un monde de magouilleurs (politiciens et tueurs) et de guerriers. La présence féminine est quasi inexistante, à part une donzelle parlant comme une ado mal élevée du XXIème siècle (je n'ai pas apprécié du tout, vu son milieu elle aurait dû avoir un langage plus châtié, cela ne l'aurait pas empêchée de dire des horreurs, cf. la Merteuil des Liaisons dangereuses ) et une enchanteresse trop peu humaine. Certains pourraient penser que l'auteur a une dent contre les femmes vu la perception qu'il en montre et le sort qui en est fait (à la fois attendu et complètement inattendu dans un chapitre consacré à Clarissima la donzelle), mais ce n'est que la perception de Don Benvenuto (le roman est écrit à la première personne) et de l'époque. Le recueil de nouvelles Janua Vera démontre d'ailleurs la fausseté de cette impression.

L'histoire de Gagner la Guerre, c'est l'histoire d'une quête incessante du pouvoir par le Ducatore, par tous les moyens. Machiavel à côté, c'est Nounours. Et en conséquence, puisque Benvenuto est lié à lui, c'est l'histoire de Benvenuto et surtout de sa survie.

On se situe dans un royaume très Italie du XVIIème, avec un gouvernement très romain. On y trouve des nains et des elfes, mais l'auteur n'en fait pas grand-chose. On y trouve aussi des sorciers pratiquants de la magie noire et des enchanteresses pratiquants une magie plus Vive, mais qui au final semblent poursuivre les mêmes buts tout aussi pourris.

Le rythme est à la fois calme (on peut rester sur la même action pendant 100 pages) et endiablé (car des chausse-trappes arrivent sans cesse). Les personnages sont ébouriffants de machiavélisme et absolument dépourvus de morale. A tel point que les personnages finalement ne sont pas crédibles. J'ai eu l'impression de vivre dans un immense jeu vidéo. Addictif et distrayant, mais un jeu vidéo. C'est la faiblesse du roman par rapport aux grands anglo-saxons (Martin bien sûr en premier lieu), mais en tant que lectrice je me suis incroyablement divertie. Et j'ai senti que l'écrivain s'était aussi follement amusé à créer l'univers et les personnages décrits. Parfois (tentation très française) il semble plus regarder ce qu'il écrit que ce que les personnages font, mais l'écriture est belle.

J'ai notamment beaucoup aimé les pages consacrées à la rencontre entre Benvenuto et un lit (çà ne lui était pas arrivé depuis longtemps) : « la fraîcheur des draps, la mollesse du matelas, l'étreinte duveteuse de l'édredon, la caresse de l'oreiller, tout cela vous arrache des gémissements d'aise ! [...] Je me roulais dans la cosse, je me prélassai dans la torpeur, j'embrassai du traversin, je m'anéantis dans la paillasse ! [...] Seulement voilà, chez moi, la crise de flemme est symétrique à la flamme que j'éprouve pour une nouvelle maîtresse [...] J'avais de vagues fourmis dans les jambes. Mes draps bouchonnaient, mon oreiller creusait. Le meuble et moi, il nous restait encore de jolies perspectives matelassières, mais le beau de la passion était fini. »

A conseiller pour tous les amateurs de fantasy et de belle écriture. Attention aux âmes sensibles, il y a quelques passages de torture particulièrement douloureux, mais l'auteur sait heureusement doser ses effets.
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56 internautes sur 60 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Fantasy immersive pour voyage inoubliable, 24 septembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gagner la guerre : Récit du vieux royaume (Broché)
« Celui qui est cause qu'un autre devient puissant se ruine lui-même. »
Machiavel.

Poc ! Premier choc à la lecture : la langue. Tout à fait délectable. Ma queue d'esthète littéraire amouraché des jolis mots et des belles tournures de phrase en frétille d'allégresse. Un registre de langue soutenu, donc, mais jamais ampoulé, avec des phrases élongées mais jamais amphigouriques. Un champ lexical maritime et guerrier maîtrisé. Et puis des emprunts à l'ancien français, et puis un bon nombre d'italianismes... Tout cela pour faciliter l'immersion du lecteur dans un univers insolemment réaliste et tout imprégné de la période Renaissance italienne. On s'attendrait presque à rencontrer, au détour des sombres corridors de la Maison Ducatore, les grandes figures de cette époque : un Pétrarque, un Michel-Ange, un dénommé Machiavel... Et Ciudalia, ne serais-ce pas l'image déchirée d'une lointaine Florence ? Passons. JP JAWORSKI est professeur es lettres. Ceci explique peut-être la richesse de son style et légitime assurément les quelques clins d'aeil savoureux à ses pères dont il ponctue son roman. La richesse de son style ? A vrai dire, non. Puisque dans Gagner la Guerre, tout le mérite revient au narrateur de l'histoire, l'ignoble et redoutable Don Benvenuto (dont le sourire ressemble un peu à celui de Pat, vous l'aurez remarqué...), sicaire et spadassin de métier au verbe aussi fleuri que le maniement de ses dagues est mortel. Et là, d'entrée de jeu, le lecteur de tiquer un peu... Parce que pour une canaille ayant été élevée dans les bas quartiers de sa cité avant d'embrasser une carrière de soudard, le bougre écrit diablement bien... D'ailleurs c'est amusant, car il possède un souci du détail qui confine à l'obsession. Son oeil de peintre, certainement. En tout cas, ses descriptions évoquent, par leur méticulosité, leur justesse, leur poésie, et parfois leur longueur, celles plus lointaines d'un HUGO, voire - soyons fous - d'un GAUTIER (cf. : les dix premières pages du Capitaine Fracasse). Conséquence : la prose de Gagner la guerre n'est pas sans nous servir quelques quartiers assez drolatiques, où notre sicaire en pleine action, tout affairé à un déploiement de passes d'armes dans un sanglant duel où il joue sa vie, extirpe la tête du cliquetis des lames pour se perdre subitement dans la contemplation miraculeuse de la toiture particulièrement ouvragée de telle rotonde, ou s'ébaubir devant la trame si puissamment émaillée des meneaux d'une fenêtre en pignon... Je caricature ? A peine. Des descriptions qui paraissent donc parfois trop envahissantes, et qui ralentissent le rythme de certaines scènes d'action, au détriment de la spontanéité.

Mais je suis bien mauvaise langue. Car exceptés ces menus détails, hormis l'errance un brin ennuyeuse de certains chapitres (je pense en particulier à « L'exil »), et en dépit d'une construction narrative parfois hésitante due à cette fichue narration à la première personne - focalisation interne qui restreint forcément le champ de vision...l'écrivain en a parfaitement conscience, d'ailleurs, et va même jusqu'à s'en amuser : Cf. : la réflexion de Don Benvenuto, le narrateur, à ce propos P434 -, Gagner la Guerre est incontestablement un roman de fantasy comme on voudrait en lire plus souvent, qui érige le genre sur un fort joli piédestal en lui conférant toutes ses lettres de noblesse.

Au milieu de la galerie de personnages bigarrés qui traversent le roman, trois figures prévalent et marquent durablement le lecteur : celle de Don Benvenuto tout d'abord, en assassin acariâtre et redoutable, opiniâtre mais fidèle, à la personnalité plus complexe que ce que sa belle gueule cassée veut bien laisser paraître, tueur prodigue et prodige dont les prouesses criminelles pérenniseront la légende. Celle ensuite, de Don Ducatore, en maître des jeux ayant fait ses classes chez Machiavel, qui ourdit sous cape intrigues impossibles et complots morbides pour briguer la suprématie du pouvoir, qui déplace un à un sur l'échiquier politique du vieux royaume son armée de pions jusqu'à une victoire anticipée avec un brio tout...machiavélique. Celle, pour finir, de Ciudalia, la cité rêvée, seule fidèle au caeur de notre narrateur, seule porteuse de secrètes promesses et de rassurants repères, capitale fascinante qui ensorcelle ses habitants en les soumettant au joug de sa beauté méditerranéenne, au piment de son cosmopolitisme, et au raffinement de sa vie culturelle.

Il y a de la magie, dans ce roman. De la magie, avec de vrais magiciens. Il y a aussi des barbares. Et même des elfes. Et une princesse pimbêche autoglotte qu'on se ferait un plaisir d'abandonner à un distributeur de baffes automatiques. Il y a aussi de fortes thématiques qui supportent la trame complexe de l'intrigue : celle, pour ne citer qu'elle, de la relation maître / esclave caractérisant la relation de Don Benvenuto et du podestat Ducatore, relation peut-être héritée de la lointaine soumission du valet à son maître dans la comédie italienne... Allez savoir.

En bref, tout concourt à faire de la lecture de Gagner la Guerre un moment d'immersion totale. La langue est savoureuse. Les dialogues, pétris d'une sournoise intelligence. L'intrigue ne ménage pas son lot de rebondissements. Notre narrateur est tout à fait exquis dans sa cruauté impavide, tout à fait cocasse dans ses répliques cinglantes. Et n'étaient quelques longueurs et la systématisation parfois envahissante des descriptions, notre voyage dans les contrées du Vieux Royaume friserait l'ourlet délicat du Paradis du Lecteur, largement au-dessus des enfers où éructent M., L.... Bref, une fois Gagner la Guerre refermé, on ne peut s'empêcher de se dire que Messire JAWORSKI, avec ce premier roman, a placé la barre fichtrement haute... Et d'attendre la suite avec une impatience légitime...
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25 internautes sur 27 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une claque ! 6 étoiles, 18 mars 2010
Par 
Petrus L. (France ou ailleurs.... who cares really ?) - Voir tous mes commentaires
(TESTEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gagner la guerre : Récit du vieux royaume (Broché)
Je partage completement les avis extasiés des amazonautes ! C'est sans conteste une de mes meilleures lectures de ces dernières années. A vrai dire depuis "Les vestiges du jour" d'Ishiguro(dans un genre différent à l'évidence) je n'avais pas pris autant de plaisir à lire une histoire passionnante dans une langue si ...déliée !

Le personnage central (déja rencontré dans Janua Vera - à lire absolument)Don Benvenuto semble une crapule comme on les aime: sans foi ni loi, assassin et voleur....Mais plus l'histoire se développe plus on découvre la complexité de son caractère et les noirceurs et lumières de son passé.

Jaworski refuse de révéler si l'on reverra Benvenuto.... Il ne restera qu'à relire "Gagner la guerre" pour le plaisir....pour le plaisir
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Santé, don Benvenuto !, 25 octobre 2013
Par 
Arakasi - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gagner la guerre: Récit du Vieux Royaume (Poche)
Victoire, mes amis, victoire ! En ce jour de liesse, la République de Ciudalia vient d’écraser l’armée du Chah de Ressine, envoyant par le fond les trois quarts de sa flotte de combat. Bien sûr, tout le monde ne peut pas être à la fête… Sur la galère qui fend les flots vers Ciudalia pour annoncer la glorieuse nouvelle, il y en a un qui n’en mène pas vraiment large : penché au-dessus du bastingage, don Benvenuto Gesufal, maître-espion du podestat Leonide Ducatore – le co-dirigeant de la République – est bien trop occupé à vider tripes et boyaux par-dessus bord pour se mêler à l’enthousiasme général. Mais que diable vient-il faire sur cette galère, don Benvenuto, lui qui exècre cordialement toutes aventures maritimes ? Et bien, pas des choses jolies-jolies… Car sous l’appellation pompeuse de « maître espion » se dissimulent les véritables fonctions de Gesufal auprès de son excellence Ducatore : don Benvenuto est un assassin – et pas un vulgaire coupe-jarret, attention : un des meilleurs de toute la République, le nec plus ultra des trancheurs de gosiers !

Et dans les jours à venir, le podestat Ducatore aura bien besoin des services de son redoutable homme de main. Car si le conflit avec Ressine est terminé, une autre guerre ne va pas tarder à débuter, souterraine celle-ci, mais non moins redoutable et cent fois plus perverse, car il s’agit maintenant de déterminer à qui profiteront les richesses et le pouvoir acquis. Cette guerre-là se livrera à la pointe des poignards et de la langue, une guerre de pots-de-vin, de ruses sinueuses, d’influences et de cruelles traitrises. En vérité, le programme s’annonce fort chargé pour l’ami don Benvenuto ! Trimballé des bas-fonds de Ciudalia (Cité-état fort semblable à la Sérénissime Venise) aux splendeurs de la Cour de Ressine par les manigances machiavéliques de son patron, il devra déployer toutes ses ressources homicides, ainsi que toute son ingéniosité et tout son bagout – non négligeables l’une comme l’autre – pour protéger les intérêts de ledit patron et tenter de conserver sa propre tête intacte sur ses épaule. « Gagner la guerre », oh oui, mais à quel prix…

S’il fallait définit le roman de Jean-Philippe Jaworski en une phrase, ce serait celle-ci : « Gagner la guerre » est un roman d’intrigues dans une Renaissance italienne uchronique, mais raconté par le bras droit du grand méchant de l’histoire. Si, si, vous voyez bien : le type là-bas qui se tient habituellement derrière le dos de son maître, les bras croisés et la mine patibulaire. Car, qu’on ne s’y trompe pas, don Benvenuto n’est pas un « gentil gredin » : c’est un hargneux, un violent, un tueur, le genre de type que l’on ne souhaiterait pas rencontrer dans une ruelle sombre. Mais c’est aussi un fabuleux conteur ! Sous sa plume acérée, débordante de vie, d’humour noir et de rage, les aventures les plus terrifiantes et les complots les plus sournois nous deviennent des délices. On sourit, on rit, autant que l’on grimace de dégoût ou d’effroi. On se laisse séduire et emporter, au point d’en oublier quelle fieffée canaille est notre aimable narrateur.

Intrigues à tiroirs parfaitement construites, style épatant mêlant argot et envolées lyriques, dialogues superbes, personnages passionnants (outre don Benvenuto que l’on ne peut qu’adorer, mon petit cœur sensible va spontanément vers son enflure de patron, le très brillant et très cynique podestat Leonide Ducatore, digne émule d’un Machiavel ou d’un Rodrigo Borgia, mais j’aime aussi Sassanos le sorcier de son excellence, au cœur noir et à la magie plus noire encore, Clarissima sa petite garce de fille et bien d’autre)… Un délice, je vous dis ! Le genre de livre que l’on dévore à toute vitesse et que l’on abandonne avec une pointe de regret cuisante. C’est qu’on l’aurait bien suivi pendant encore quelques centaines de pages supplémentaires notre bon camarade Gesufal… Car comme il le dit si bien lui-même « quoique vous sachiez que je suis une inqualifiable crapule, n'êtes-vous pas un peu mon ami ? »

Santé, don Benvenuto !
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29 internautes sur 32 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Meilleure lecture depuis 10 ans, 5 août 2009
Par 
Docteur Fox "Docteur Fox" (Toulouse) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 1000 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Gagner la guerre : Récit du vieux royaume (Broché)
une excellente plume. Je viens de finir cet ouvrage hors du commun.

Une qualité d'évocation remarquable grâce à un vocabulaire riche et maitrisé, une capacité de rendre les ambiances par mille métaphores bien senties, des personnages au caractère bien trempé, de réels enjeux politiques : hors du commun sur tous ces points..

Cela faisait longtemps qu'un auteur ne m'avait pas aussi profondément entrainé dans son univers. Et j'ai apprécié et savouré chaque page de cet ouvrage, quels que soient les changements de rythme. ça ne m'était pas arrivé depuis bien longtemps.

J'aurai même tendance à dire que JP Jaworski apporte quelque chose de neuf à la fantasy : de la profondeur! Bien peu d'auteurs sont capables de donner autant de corps et de substance à leur monde, sans rien renier au niveau de l'imaginaire. La fantasy avait son Homère (Tolkien), elle vient de gagner d'un coup son Hugo, son Balzac et son Flaubert.
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18 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Gagner la guerre... ou la perdre, 12 janvier 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Gagner la guerre: Récit du Vieux Royaume (Poche)
« Gagner la Guerre » m'a séduit et m'a énervé. Jean-Philippe Jaworski est un auteur talentueux, brillant, érudit, mais sa démarche artistique est parfois à la limite de la posture littéraire, posture littéraire qui peut aisément être confondue avec de la prétention pure et simple.

Le style du récit est d'une élégance rare, mais pompeux et souvent boursoufflé. Au début c'est tellement bien fait que c'est amusant. Après quelques centaines de pages, c'est fatiguant.
Les dialogues sont de bonne qualité, le vocabulaire est riche, recherché, mais le livre regorge de longues descriptions dont l'utilité est discutable. L'auteur essaie bien de nous vendre l'oeil de peintre du narrateur, et il se saisit de ce prétexte pour nous infliger tous les détails qui l'entourent avec acuité, mais était il nécessaire de nous le démontrer sur toute la longueur ? Etait-il bien utile de consacrer un long paragraphe à l'architecture de « Ciudalia vue des toits » au beau milieu d'une évasion rocambolesque ? C'est de l'humour ? Si c'en est, c'est une nouvelle démonstration des limites du comique de répétition. Pour ceux qui détestent les descriptions interminables, ce livre pourra être vécu comme un long calvaire. (Il leur reste toujours la possibilité de les lire en diagonale, me direz vous.)

La narration est vivante et agréable, mais souffre de longueurs inutiles (la longue évasion à pied de Ciudalia est un exemple parmi tant d'autres) et de quelques maladresses, comme un trop long passage en argot ou encore les apartés complaisants du narrateur à destination du lecteur, cousus de fil blanc.
J'ai trouvé aussi assez immature les passages sans transition d'une prose léchée à des dialogues orduriers et plus généralement la volonté de choquer le lecteur avec des effets gratuits.

L'univers est très riche, volontairement nébuleux, mais au final pas si original que ça. On reconnaît en toile de fond les anciennes républiques Italiennes. Les autres cultures sont elles aussi toutes inspirées de celles de notre passé, qu'il s'agisse de califats ou de monarchies moyenâgeuses.
Toutefois, on pourra se réjouir de la vision de la politique délivrée par l'auteur, qui ne manque pas de sel (et de vérité, malheureusement).
La façon qu'il a de nous présenter des personnages fourbes, cruels et racistes est très fine. La répartie de l'elfe lorsque Don Benvenuto le questionne pour savoir si son interlocuteur est oui ou non un « métèque » est tordante.
Il faut d'ailleurs reconnaître que l'humour est un des points forts du récit, un humour noir, parfois grivois, souvent réjouissant.

Si les personnages sont d'une belle profondeur (même si l'auteur à tendance à confondre psychanalyse et psychologie), la noirceur et le cynisme omniprésents finissent par donner une certaine artificialité au récit. Dans ce cadre, l'acharnement que met Jean-Philippe Jaworski à esquinter son personnage principal est à la fois cruel, drôle et original. Cruel car il faut être masochiste pour infliger pareils tourments à son narrateur. Drôle car après tout ce Don Benvenuto est un personnage peu recommandable et le voir déguster est assez marrant. Original car la façon dont l'auteur s'amuse à prendre le contrepied des clichés est toujours surprenante. Dans un récit de Fantasy classique, au moment où le héros est sur le point de se faire surprendre en fâcheuse posture ou de se faire abimer le portrait, il se produit toujours quelque chose pour lui sauver la mise. Dans le cas présent, les miracles n'existent pas ! On est plus dans une démonstration de la loi de Murphy. Cela donne au récit un côté à la fois réaliste et cocasse (limite burlesque) très sympathique, mais chez l'amateur de Fantasy classique cela pourra engendrer pas mal de frustration...
Le livre est très long (près de 1000 pages en poche), pourtant, une fois le livre refermé on se rend compte qu'il pourrait être résumé sans problème sur un ou deux feuillets, et que cette aventure n'a rien de renversant dans ses grandes lignes.
On peut aussi discuter l'absence de toute dimension romantique à cette histoire, le cynisme a tout de même ses limites. Mais bon c'est le choix de l'auteur et ce n'est surement pas un hasard si le héros choisit à un moment donné de favoriser sa ligne de vie à sa ligne d'amour lorsqu'un magicien lui propose d'améliorer l'une des deux. Ce n'est certainement pas un hasard non plus si la gente féminine est à ce point escamotée du récit et si le Podestat lâche finalement à la belle fille de son mentor un cinglant « vous n'êtes qu'une femme ». C'est assez amusant en fait, à condition de bien vouloir lire entre les lignes.

Malgré mes reproches sur sa longueur et ses descriptions, ce récit picaresque est pétri de qualité et j'ai fini par éprouver une fascination grandissante pour les aventures du narrateur, notamment grâce à une conclusion très réussie. Ces cent dernières pages sont débarrassées des scories descriptives et l'on se prend à rêver d'un livre qui aurait eu la même retenue et la même efficacité du début à la fin.
Le livre recèle en effet bien d'autres passages absolument remarquables (celui dans lequel le narrateur explique pourquoi il n'aime pas les enterrements est l'un d'entre eux). On peut aussi citer la justesse des passages dans lesquels l'auteur évoque la peinture, celle de scènes d'actions globalement très bien rendues, ou encore la partie du récit dans laquelle des elfes dévergondés et charismatiques s'expriment en vers avec beaucoup de décontraction et de naturel.

Pour conclure, je me sens comme un robinet d'eau tiède : je suis très mitigé. Gagner la Guerre est un livre de Fantasy à l'ambition littéraire atypique, écrit avec talent, parsemé de morceaux de bravoure et de saillies mémorables, auquel je reproche un certain manque d'humilité et de concision.
Avec un peu plus de retenue dans les envolées littéraires, un élagage du superflu, ce livre aurait pu soutenir sans rougir la comparaison avec les plus grands auteurs anglo saxons du genre, ceux qui n'écrivent pas pour épater la galerie mais pour la distraire.
Au final c'est un livre brillant mais pompeux, jubilatoire mais gonflant. Je me sens un peu seul face aux dizaines de commentaires favorables au livre, mais c'est vraiment un livre trop chargé, je me fais donc le porte parole de tous ceux qui n'auront pas été en mesure de le terminer.

Un dernier mot sur la qualité technique de l'ouvrage : décidément Folio SF est bien la pire collection de poche de tous les temps. Outre la couverture assez discutable, la qualité de l'impression est vraiment déplorable. Qui a dit « comme d'habitude » ?
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19 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Lyrisme noir, 30 avril 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gagner la guerre : Récit du vieux royaume (Broché)
Des meurtres, de la nécromancie, de l'humour noir et un style linguistique qui m'a donné l'impression de tenir un des ces pavés du XIX ème siècle écrit par nos grandes figures littéraires par la richesse lexicale et le phrasé truculent.
Les bons sentiments et la solidarité humaine sont à laissé de cotés dans ces 700 pages pleines de passages d'anthologies que j'ai dévoré en deux jours
Merci M. JAWORSKI pour cette oeuvre absolument importante pour la fantasy.
PS je recommande de lire le recueil de nouvelles "Janua Vera" du même auteur avant d'abordé ce roman ;-)
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 De la belle prose, Don Philippe...., 12 décembre 2011
Par 
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Gagner la guerre: Récit du Vieux Royaume (Poche)
Très belle écriture que celle de Jaworski, termes choisis, vocabulaire extrêmement riche, descriptions justes, complètes et complexes, et les personnages ont une réelle épaisseur (c'est tout de même la moindre des choses au bout de 980 pages!).
L'intrigue est certes riche, mais pas non plus débordante d'originalité ni de suspense à mon avis, c'est ce qui m'empêche de mettre la cinquième étoile.
Par ailleurs, comme je l'ai lu plus haut: pourquoi, effectivement, charger Don Benvenuto de ce coup de poignard initial, sans lequel....?
Re-par ailleurs, à mon humble avis, ceux qui s'attendent à de la fantasy vont être un peu déçus: on est complètement dans le monde des cités "italiennes" de la Renaissance avec quelques très rares passages un peu fantastiques. Cela n'enlève rien à la qualité de l'oeuvre, mais je crois nécessaire de le mentionner.
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9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 plus c'est long, 20 janvier 2012
Par 
Jlenjo (toulouse, france) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Gagner la guerre: Récit du Vieux Royaume (Poche)
plus c'est bon.
Rien à rajouter aux louanges faites à ce récit titanesque oû l'on égorge massacre dépouille rançonne jugule saigne éborgne mutile assassine à tour de bras (quand il en reste). Finalement, ce n'est que ça ce bouquin, le tout enrobé d'intrigues politiques où des êtres déloyaux fielleux fourbes hypocrites machiavéliques sournois traîtres venimeux redoublent d'ingéniosité pour arriver à leurs fins...
Superbement construit, avec la description d'un monde créé de toute pièce par l'auteur (et ça tient le pavé)une écriture à la syntaxe recherchée et au vocabulaire fleuri nous font parcourir cet ouvrage suintant la camarde sans le moindre ennui.
Je recommande ce récit jubilatoire à ceux qui aiment baguenauder dans les noirceurs de l'âme humaine...
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Magistral, 29 mars 2010
Par 
VIAL Jean Frederic (Sisteron , France) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gagner la guerre : Récit du vieux royaume (Broché)
Un livre haletant, des personnages fouillés, une intrigue tordue à souhait. Le style est magnifique, on lit du Dumas , parfois du Hugo.Si monsieur Jaworski réussi encore à produire quelques ouvrages de cette envergure la littérature française pourra s'ennorgueillir de posseder un très grand auteur de Fantasy.
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Gagner la guerre: Récit du Vieux Royaume
Gagner la guerre: Récit du Vieux Royaume de Jean-Philippe Jaworski (Poche - 27 janvier 2011)
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