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4,3 sur 5 étoiles
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Tirer une fiction d'un fait réel est une entreprise périlleuse.
Dugain nous propose une oeuvre hybride. Pas tout à fait une fiction, pas tout à fait réel, pas tout à fait un polar, pas tout à fait une peinture de l'Amérique des 60's, pas tout à fait une étude psychologique. Mais tout cela à la fois.
Ecrit à la première personne, le roman est une plongée dans les abîmes d'un cerveau malade, de ses pulsions, de son cheminement intérieur, de son histoire familiale éprouvante.
L'auteur présente presque cliniquement cet homme, d'une intelligence supérieure, mais incapable de toute empathie. Chacun réagira différemment à cette narration de la folie ; narration qui à l'intelligence de ne pas tomber dans le sordide. L'histoire n'en est que plus forte, magnifiée par sa construction digne d'un thriller.
C'est passionnant et glaçant à la fois, je n'ai pu me libérer d'un malaise à l'idée qu'une bonne partie de l'histoire est réelle (ce n'est pas une biographie, qu'est ce qui est vrai ? qu'est ce qui est romancé ?).
Mais l'histoire n'est pas que ça, c'est également une belle évocation de la société américaine engluée dans la guerre du Vietnam, du désenchantement de sa jeunesse à la recherche d'une autre société que celle qu'on lui propose.
Au final, une oeuvre forte et éprouvante.
11 commentaire31 sur 31 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 1 juillet 2012
Un livre puissant, glauque et sombre, la force de dugain est de ne pas savoir (durant les 350 pages)ou il nous emmene, le début est scotchant, la fin impressionnante, l'individu Al Kenner blufant. Ce livre me marquera comme l'un
des grands romans noir français : indispensable, noté 18/20
11 commentaire13 sur 13 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
J'ai lu ce livre car il réunissait 2 sujets qui m'intéressent beaucoup :
- la criminalité
- le THQI (très haut quotient intellectuel)

Marc Dugain s'est, comme il le dit, largement inspiré de la véritable histoire d'Ed Kemper, mais en prenant quelques libertés... Par ex. Kemper ne mesure "que" 2,06 m & n'a qu'un QI de 136. Surdoué donc, mais pas THQI (Dugain dépeint son personnage, répondant au nom d'Al Kenner, comme ayant un QI supérieur à Einstein, c'est à dire entre 155 & 160 ;) ).

Je n'ai pas voulu lire en détails le parcours de Kemper (l'original) avant d'avoir lu ce bouquin, tenant à garder l'esprit libre de toute comparaison entre une réalité atroce & un roman. Aussi, tout au long du roman, je me suis demandé ce que Kenner avait bien pu faire pour finir incarcéré à perpétuité. Car après les 2 premiers meurtres, à l'âge de 15 ans, le héros de Dugain n'est pas incarcéré mais placé en hôpital psychiatrique où il restera enfermé pendant 5 ans. Et durant les 3/4 du roman, je me suis prise à croire qu'une rédemption avait été possible, une autre vie permise.

Je ne vous en dis pas plus, car la fin est un choc, magistral :)
En résumé, un excellent livre, très bien écrit, qui fait réfléchir & appelle de nombreuses questions sur la schizophrénie & la sociopathie.
11 commentaire38 sur 41 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 5 avril 2013
Véritable périple que ce roman qui évoque l'existence d'un personnage réel.
Progressivement le tableau se brosse. D'abord c'est être qui se découvre totalement différent des autres par son physique et son intelligence. Puis doucement apparaissent ces différences relatives à sa place au sein de sa famille, le comportement des proches vis à vis de lui.
L'auteur soumet ici son hypothèse concernant les circonstances qui conduisent un homme à dévier et à sombrer dans la pire des folies jusqu'à tuer.
On serait presque tenter de le comprendre à certains moments (les passages qui s'y prêtent sont d'ailleurs volontairement prolongés) et subitement en quelques mots, les choses atroces se dévoilent.
Où est la limite entre la fiction et la réalité ? entre la raison et la folie ?
Ce livre est très accessible de part son écriture mais il laisse mal à l'aise et j'ai du beaucoup de difficulté à cerner cette personnalité schizophène. En ce qui me concerne, leur monde me demeure inaccessible même si je perçois très nettement la profonde incidence d'une enfance malheureuse et sans amour.
0Commentaire6 sur 6 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
Un monstre de plus dans la collection de Marc Dugain. Après Staline et Hoover, place à Edmund Kemper, tueur en série, auteur d'au moins 8 assassinats, dont ceux de ses grands-parents paternels et de sa propre mère. Dans son roman, Avenue des Géants, Dugain le rebaptise Al Kenner, lui donne dix centimètres de plus (2,20 m) que dans la réalité, mais le parcours sanglant qu'il décrit est bien fidèle à celui de cet homme qui vit toujours, entre les quatre murs d'une cellule d'une prison californienne. L'auteur, en optant pour le "je" dans la plus grande partie de son livre, plonge littéralement à l'intérieur de la tête du meurtrier, dans l'Amérique des années 60. Une descente aux enfers vertigineuse, depuis l'enfance perturbée d'un garçon aux prises avec une mère épouvantable, qui hait son fils et l'humilie -"Je suis la première femme à avoir fait une fausse couche menée à son terme" dit-elle à son sujet-, et sujet aux pires obsessions comme si le démon était entré en lui. Pas question pour Dugain de trouver des circonstances atténuantes au criminel, mais d'enquêter au plus profond de sa psychologie et de chercher à comprendre comment un type au QI supérieur à celui d'Einstein ait pu commettre de tels actes. A travers ses faits, gestes et pensées, toute une époque défile sous nos yeux. L'Amérique d'après l'assassinat de Kennedy, celle du Vietnam et de ses contestataires hippies, celle des grands espaces que parcourt Kenner à moto, le plus souvent de nuit. Avenue des Géants est plus perturbant qu'un thriller dont il adopte les codes pour mieux les détourner. Le roman ne décortique pas les crimes successifs de son personnage, il les réunit dans les explications postérieures de Kenner, dans l'analyse effroyablement lucide qu'il en tire, des fantasmes à la jouissance du passage à l'acte. Certaines pages sont terrifiantes, non dans ce qui est montré, mais dans ce qui est suggéré. L'humour morbide, qui persiste jusqu'aux dernière lignes, rend le roman encore plus pervers et, il faut bien le dire, efficace. Une sorte de chef d'oeuvre du genre, aussi complexe et troublant que la personnalité de son héros. Ames sensibles, s'abstenir.
44 commentaires43 sur 47 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
C'est une histoire inspirée de la vie d'Ed Kemper qui est un tueur en série. L'auteur nous narre le premier crime commis par un jeune adolescent de 2.20m et d'un QI supérieur à celui d'Einstein. On va petit à petit découvrir sa vie depuis son enfance jusqu'à la condamnation qui va l'emmener derrière les barreaux pour une peine à perpétuité.

Paradoxalement le fait que ce livre soit de qualité fait que l'on a un manque sur le système pénitentiaire américain, qui joue malgré tout un rôle important puisque la prison semble un refuge pour le héros. Ce qui est intéressant avec ce livre c'est que c'est une démonstration totalement réussie du fait qu'il n'y a guère de différence entre la littérature et la littérature policière, comme l'a montré Crime et Chatiment. D'ailleurs c'est le seul livre qu'aura lu le héros du livre jusqu'à sa seconde incarcération. C'est aussi une description très réaliste du système judiciaire américain. La réalité des tueurs en série est aussi particulièrement rendue comme le fait que ces hommes sont souvent en contact avec la police. Les chaos de l'enfance qui expliquent malgré tout en partie, leur parcours sont décrites de façon plus que réaliste. Ce qui est aussi intéressant c'est que l'intrigue est remise dans le contexte historique de l'époque. Et c'est un vrai plaisir d'avoir un livre policier où il y a une griffe littéraire avec une plume de grande qualité. L'intrigue est particulièrement rythmée ce qui fait qu'on ne sait s'il faut le placer en littérature ou en policier. C'est en tout cas un livre qu'il est difficile d'oublier puisque d'une certaine façon le héros malgré sa monstruosité arrive à déclencher une certaine empathie.

Sur le même sujet et à l'inverse on peut lire avec le même intérêt, AU DELA DU MAL de SHANE. Et sur la prison, le système pénitentiaire américain, les criminels les livres de Ted BUNKER.
0Commentaire5 sur 5 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 7 mai 2013
On entend beaucoup parler des serial killer... A la télévision surtout, une véritable passion, souvent morbide, semble s'être installée. On s'appuie sur les meurtres, on lance du sensationnel aux yeux de tous, et parfois, seulement parfois, on essaie de faire réfléchir un peu.

Des codes que Marc Dugain a totalement dépassé, pour nous livrer un grand chef d'oeuvre du genre.
La mort, pourtant centrale au premier abord, laisse place à l'éloge de la vie. Une vie torturée certes, complexe... Mais d'une vérité criante.
Je connaissais l'histoire d'Edmund Kemper, mais Dugain a tout de même réussi à m'étonner, m'intriguer, et m'a transporté jusqu'à la toute dernière page.

Mais plus que le récit d'une vie en dehors des sentiers balisés, c'est l'histoire de plusieurs existences qui se mêlent et s'entrechoquent, intimement imbriquées, à tel point que l'Ogre devient le centre de sentiments contradictoires (amour, haine, passion, respect, peur) alors que lui-même semble pourtant ne rien ressentir. Nous entrons donc cette vie étrange au travers de nombreux regards, en totale contradiction.

Dugain aurait pu s'arrêter là, mais c'était sans compter la volonté permanente de cet écrivain à plonger ses lecteurs dans un temps et un espace toujours plus précis. Il nous immerge donc totalement dans cette Amérique des années 60-70, une époque de guerre, de renouveau et d'idéologie.

Et on se laisse happe sans aucune résistance...
0Commentaire2 sur 2 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
VINE VOICEle 2 septembre 2012
Pas adepte des romans noirs, après quelques pages, glacée, j'ai refermé ce livre; puis repris et là pour ne plus le quitter !

Dugain nous fait pénétrer dans le labyrinthe du cerveau malade d'un sérial killer supérieurement intelligent.Al Kenner, nié dès sa naissance par sa mère, abandonné par son père (un héros de guerre qui ne s'en est pas remis ), nous livre sa vision des évènements du moment : assassinat de Kennedy, guerre du Vietnam, mouvement hippie.

Sa quête permanente est celle de la recherche d'un père, qu'il pense avoir trouvé à deux reprises : son thérapeute et le commissaire de police : seules personnes auxquelles il témoigne une sorte d'attachement.

Par moment, une sorte d'empathie s'établit, mais on se rend compte alors de sa manipulation ..

Ce livre nous rappelle une fois de plus que la psychiatrie n'est pas une science exacte et que la justice aux usa comme chez nous a ses failles.

Personnes sensibles s'abstenir.
0Commentaire2 sur 2 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
Chouchou de la presse et enfant gâté de la pub ce livre avait tout ce qui fallait pour rejoindre '-selon mes critères- la case «nanar à éviter» située quelque part dans les méandres d'un cerveau reptilien. Il aura fallu que bouche et oreille s'en mêlent pour vaincre ces archaïsmes et tenter l'aventure. Autant en venir au fait, il n'aura pas fallu longtemps pour que mes préjugés se prennent le bide de leur vie.

Ici l'auteur se met dans la peau d'Ed Kemper, cumulant les qualificatifs de mastodonte, très sale mec, tueur en série psychopathe au talent précoce puisqu'à 14 ans il assassinat sa grand-mère enchaînant direct sur son grand-père pour lui éviter d'avoir à supporter la mauvaise nouvelle. En incarnant ce personnage, Dugain tente de pénétrer la façon de penser d'un killer et l'enchainement de circonstances qui pousse au passage à l'acte. Avec une option pareille le risque est de se vautrer dans le cliché, glisser dans la psy de bazar, aligner les poncifs, et au bout du compte ennuyer rapidement le lecteur dans un récit au mieux larmoyant, au pire abusivement gore. Or si Dugain franchit tous ces obstacles, c'est qu'il est aidé par son personnage. Kemper n'est pas n'importe quel crétin au QI d'attardé, mais un type supérieurement intelligent, aussi n'y a-t-il aucune incompatibilité à prêter une qualité de style pas plus qu'un ton sarcastique et lucide à notre porteplume, avec juste ce qu'il faut comme lacunes propres à tout autodidacte. Sans aucun pathos notre personnage nous livre ce que l'on pourrait pompeusement appeler sa quête de vérité, mais qui se limite dans cet univers primaire à chercher la réponse à une simple et unique à une question, Pourquoi ?

Sujet de sa propre étude, analyste appliqué et soigneux, le sociopathe finit par nous être sympathique, et on tomberait presque dans le piège de la compassion, si le final en apothéose nauséabonde ne nous ramenait à la réalité de ses victimes et leur mauvaise rencontre. Marc Dugain offre là une œuvre à part, totalement réussie, qui me surprend d'autant plus que je n'avais pas gardé un souvenir impérissable ni du style ni de la construction de son livre sur Edgard Hoover (1). A conseiller sans réserves

(1)La malédiction d'Edgar
0Commentaire13 sur 15 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 20 février 2013
Dévorer en quelques jours... Sans pouvoir m'arreter. Tres beau livre avec un style litteraire tres bien mené.
A lire sans modération. J'avais deja aimé "l'insomnie des etoiles" du meme auteur, mais c'est encore mieux!
0Commentaire3 sur 3 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus

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