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5.0 étoiles sur 5 De la Virtu et du sens à lui attribuer, 6 mai 2011
Par 
steka "STL" - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Discours sur la première décade de Tite-Live (Broché)
Parce qu'il dévoila froidement l'ignominie des logiques de la domination, on attribue généralement et sans plus d'analyse une parenté d'esprit à Machiavel avec cette même domination, en en faisant ainsi l'un de ses idéologues.

Mais au-delà du réflexe primaire, de cette fuite de la conscience qui prétend rendre responsable d'un mal celui qui le met en lumière, tout lecteur attentif et faisant preuve d'un peu de discernement, constatera aisément l'absurdité de cette thèse.

Pour se faire une idée claire de la personnalité de Machiavel, il faut lire le passionnant recueil de ses lettres, paru en deux gros volumes sous le titre
« Toutes les lettres officielles et familières de Machiavel » à la Librairie Gallimard en 1955. Outre sa prodigieuse intelligence, on y découvrira un homme simple, généreux, profondément attaché à l'amitié, à l'intérêt commun, et fort peu intéressé par le pouvoir et le profit personnel. Machiavel fut avant tout citoyen de Florence, alors capitale culturelle de la Renaissance, et oeuvra toute sa vie à tenter de maintenir la liberté de sa cité dans une époque où, la guerre était la situation la plus courante dans une Italie divisée à l'extrême, l'élimination physique des opposants politiques, la règle.

On comprendra dans ces conditions, que Machiavel qui ne disposa jamais d'autre puissance que celle de sa propre Virtu, eut à prendre pour s'exprimer quelques précautions oratoires et chercha à voiler quelque peu les intentions véritables de ses écrits.

Mais c'est justement dans ce « Discours sur la première Décade de Tite-Live », ou Machiavel profitant de cette distance historique donne son interprétation d'une période cruciale de l'histoire romaine, que l'on découvre les éléments fondamentaux de sa conception du politique.

Il est devenu, pour des raisons que chacun appréciera, parfaitement impossible à un « politicien » de notre temps de concevoir ce que put être le sens de la notion de Virtu dans l'esprit d'un Machiavel et surtout de la possibilité de la mettre en pratique. Aussi, aucun d'entre eux ne comprendra, pour ne donner qu'un seul exemple, la signification du chapitre 4 du livre Premier de cet ouvrage. Nous laissons aux lecteurs plus curieux de vérité le soin de la découvrir.
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9 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Les nantis et les démunis, 17 mai 2010
Par 
Luc REYNAERT (Beernem, Belgium) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Discours sur la première décade de Tite-Live (Broché)
Les commentaires astucieux sur la première décade de Tite-Live donnent une image quelque peu différente de l'auteur du `Prince'. Il s'y présente comme un analyste politique plus modéré plutôt qu'un ardent défenseur d'un gouvernement Hobbesien.
Ses commentaires couvrent des questions aussi importantes que la guerre et la paix, la corruption et la justice, le rôle de la religion, les formes essentielles du et les acteurs dans le théâtre politique à l'intérieur de l'Etat et à l'étranger. Ils reflètent la vision pessimiste de Machiavel sur l'humanité.

La nature de l'humanité
Pour Machiavel, les hommes sont plus enclins à faire du mal que du bien. Ils ne font du bien que si la nécessité les pousse à le faire. La faim et la pauvreté les rendent plus industrieux et les lois les rendent meilleurs. Tous les hommes sont mal dans leur peau, car leur appétit est toujours plus grand que ce qu'ils parviennent à obtenir. Ils sont tous des menteurs, des conspirateurs et des faux jetons.

Formes de gouvernement
Machiavel discerne trois bonnes formes de gouvernement, qui, cependant, peuvent facilement être corrompues. Une Principauté (une Monarchie) peut se transformer en Tyrannie; une Aristocratie peut devenir une Oligarchie; une Démocratie peut tourner en Anarchie. Son idéal est un mélange des trois bons types, comme celui mis en place par Lycurgue à Sparte, qui a duré plus de 800 ans.

Les acteurs dans le théâtre politique
Le conflit de base dans un État est la lutte entre ceux qui veulent conserver (les nantis, la classe supérieure) et ceux qui veulent acquérir (les démunis, la plèbe). Craignant de perdre tout, les classes possédantes romaines ont accordé à la plèbe des postes importants dans la gestion des affaires de l'Etat, en créant le tribunat. Afin de lutter contre la corruption et les «humeurs malignes", ils ont construit un réseau judiciaire imposant avec de nombreux (pas peu de) juges. L'armée romaine était une combinaison de soldats romains et étrangers sous la houlette de généraux autochtones.

Religion
Pour Machiavel, la religion est un moyen indispensable pour garder un Etat quelque peu civilisé. La crainte des Dieux poussent les hommes vers le Bien et permet de contrôler les armées dispersées. La négligence du culte divin est un indice certain du déclin d'une nation.

La construction d'un empire
Pour Machiavel, les causes d'une guerre sont le désir de subjuguer ou la crainte d'être subjugué. Rome a mené des guerres d'acquisition (territoire, fortune, pouvoir), mais aussi de subjugation de ceux qui voulaient acquérir des territoires (les Gaulois). La politique internationale romaine était basée sur la conclusion d'alliances, dans lesquelles Rome se réservait la direction et la capitale. Après une victoire, les vaincus étaient traités généreusement (même offerts la citoyenneté romaine) ou complètement anéantis. Une grosse partie du butin de guerre entrait dans les coffres de la République.

Verdict final: un réactionnaire
Machiavel se met résolument du côté des nantis. Il applaudit à profusion toutes les mesures prises par eux pour `calmer' les démunis: des dieux, des juges, des tribuns (il omet de dire que les tribuns devraient prendre leurs décisions à l'unanimité). Le tribunat donnait au peuple leur mot à dire dans les affaires politiques, mais pas des choses palpables (terrains). Les démunis devraient vivre dans la pauvreté et avoir faim afin de les rendre industrieux. Les guerres impériales servaient le "bien commun" de la République, qui était contrôlé par les nantis.

Le livre de Machiavel constitue un décorticage perspicace de systèmes d'Etat et de politiques et tactiques nationales et internationales déployées par les nantis dans le but de garder leur bases de pouvoir et d'augmenter leurs fortunes.
Il reste encore très actuel. A ne pas manquer.
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Discours sur la première décade de Tite-Live
Discours sur la première décade de Tite-Live de Nicolas Machiavel (Broché - 14 octobre 2004)
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