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le 20 novembre 2012
La reparution d'Herzog de Saül Bellow, prix nobel de littérature (je le dis pour la vendeuse de la librairie qui m'a demandé qui était Bellow), est un événement non pas tant en raison de la nouvelle traduction mais par l'opportunité que cela donne de lire ou de relire ce monument de la littérature mondiale et, accessoirement, américaine, juive et chicagoane. Ce livre se lit comme une tragédie grandiose de l'homme américain confronté à une société où des femmes perverses ne cessent de le manger tout cru. Et la préface de Roth, tirée d'un livre de commentaires littéraires écrit il y a quelques années, ne le dément pas et nous fait entrevoir que le génie de Roth n'a pas pu ne pas être influencé par celui de Bellow. Lire Bellow c'est découvrir l'archéologie de Roth, lire Bellow, c'est s'annoncer Roth, c'est prédire Zuckerman. Superbe !
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Saul Bellow (1915-2005) est un écrivain canadien-américain fils d'immigrés juifs-russes, élevé à l'école de la rue mais universitaire de carrière, notamment à Chicago. Saul Bellow a obtenu trois fois le National Book Award, pour Les Aventures d'Augie March (1953), Herzog (1964) et La Planète de M. Sammler (1969). Il reçut le prix international de littérature en 1965 et le prix Nobel de littérature en 1976. Cinq fois divorcé, l’écrivain vivait entre le Vermont et Boston, remarié à une ex-étudiante de trente ans sa cadette, lorsqu'il décède en 2005.
Moses Herzog, universitaire à l’approche de la cinquantaine, vient de se faire quitter par Madeleine, sa seconde épouse pour se mettre en ménage avec son amant, le meilleur ami de Moses. Herzog sombre alors dans la déprime et se met à rédiger des lettres ressassant ses griefs – qui ne seront jamais postées - à un peu tout le monde, de Nietzsche à Dieu, à des hommes politiques ou à lui-même. « Peut-être que j’ai perdu l’esprit, mais ça ne me dérange pas, songea Moses Herzog. » Les lettres vont faire ressurgir des souvenirs, proches ou lointains mêlés au présent et nous allons voir défiler une foule de personnages, Daisy sa première femme dont il a eu un fils Marco, Madeleine la seconde avec laquelle il a engendré Junie sa fille dont il voudrait récupérer la garde, Ramona sa maîtresse actuelle, sa famille, son psychiatre, son avocat…
Roman dense et touffu, narration et lettres écrites par Herzog s’interpénètrent, personnages multiples déclenchant des digressions à n’en plus finir d’où la longueur du roman. J’ai parfois (souvent ?) râlé in petto contre cette histoire interminable, mais pourtant, impossible de lâcher le bouquin ; il n’y a aucun suspense mais l’écriture et son rythme m’ont bercé jusqu’à l’épilogue. De la relative indifférence du début je suis passé à l’intérêt pour le sort de cet Herzog qui finalement n’est pas un mauvais bougre mais un homme un peu paumé dans un monde qui lui échappe au point qu’il en arrive à s’interroger « Ce qui l’ennuyait, pourtant, c’est qu’elle ne le reconnaissait pas comme américain. Ca le blessait ! Qu’était-il d’autre ? A l’armée, ses camarades aussi l’avaient considéré comme un étranger. » Finalement, après s’être longuement débattu avec ses démons intérieurs, quand le roman s’achève, Moses Herzog revient dans la maison de campagne du Massachusetts qu'il a habitée dans les premiers temps de son mariage avec Madeleine, il paraît avoir retrouvé une sorte de sérénité, « Ce qui l’avait possédé au cours de ces derniers mois, cet envoûtement, il semblait sur le point d’en être délivré pour de bon.»
Saul Bellow confie à Moses Herzog des éléments de sa propre vie, le juif-russe passant par le Canada ou le père bootlegger distillant son alcool. Sans vouloir faire de comparaison – ce qui serait faux ou nous entrainerait trop loin – le roman rappelle l’univers d’un Philip Roth ou d’autres écrivains juifs américains (qualificatif que Roth renierait – mais comme il ne me lira pas…) : le héros est un intellectuel tourmenté « Tu es le vrai, l’authentique exemple du Juif qui creuse jusqu’au fond des émotions », le sexe et les femmes difficiles à comprendre, le psychiatre, les maladies etc. Pour le confort, on regrettera que cette édition n’offre pas un court lexique yiddish en fin d’ouvrage.

« Ainsi, Edvig, écrivit-il, vous aussi, vous êtes un escroc ! Quelle pitié ! Ce n’était pas une façon de commencer. Il reprit : Mon cher Edvig, j’ai des nouvelles pour vous. Oui, voilà qui est beaucoup mieux. Une chose agaçante chez Edvig : il se comportait comme si lui seul avait des nouvelles à annoncer – cet Edvig avec son calme de protestant nordique anglo-celte et sa petite barbe grisonnante, intelligent, les cheveux ondulés, bouffants, et les lunettes rondes, fines, étincelantes. Je dois admettre que je suis venu vous voir dans de mauvaises conditions. Pour que nous restions ensemble, Madeleine avait exigé que je suive un traitement psychiatrique. Si vous vous souvenez, elle disait que j’étais dans un état mental dangereux. »
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le 18 août 2014
Un immense écrivain, en lisant Herzog on sait qu'il fut l'inspirateur de Roth ! Un chef d'œuvre littéraire ! Lire et relire Bellow
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le 17 juillet 2015
Une belle histoire du siècle dernier, toujours actuel. Le travail de traduction n' est pas super, c'est sûrement encore mieux en version original.
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le 7 juin 2013
très bon commentaires sur ce livre entendu sur France inter d'où l'achat et je suis persuadée qu'il est très bien
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