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le 11 février 2007
Manifestement, l'auteur connaît son sujet. Jacques Chirac, à l'approche du terme de son mandat, est bien sûr le fil conducteur du livre mais il est loin d'être le seul, au sein de cette galerie de portraits élaborée par une plume acérée.

Au-delà du style alerte (ce petit pavé se lit comme un bon polar) et de son intérêt documentaire sur l'histoire immédiate de notre pays, comment ne pas être accablé en découvrant comment l'énergie de ceux qui nous dirigent est mobilisée bien davantage sur la conquête du pouvoir que par l'intérêt supérieur de la nation et de ses citoyens... La réédition en poche d'un livre qui, lors de sa première sortie, a remporté un succès mérité, est l'occasion d'accroître encore sa diffusion. Il faut absolument le lire avant les prochaines élections (évidemment, il conservera encore un intérêt après mais d'une autre nature).
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le 20 février 2007
« Il faut toujours se méfier des journalistes », lance en préambule à son livre Franz-Olivier Giesbert. Et il sait de quoi il parle : La tragédie du président se veut comme un manifeste de ce que le quatrième pouvoir peut produire comme ouvrage lorsque l'époque le réclame.

Car, contrairement à ce que certains ont dits, Giesbert ne tire pas sur l'ambulance. S'il parle de la tragédie de Jacques Chirac qui se révèle être celle de la France, ce n'est pas pour sonner l'hallali au moment où notre président touche au crépuscule de sa vie, mais plutôt pour tirer la sonnette d'alarme avant les élections de 2007 - d'où le sous titre du livre : Scènes de la vie politique 1986-2006.

Mais n'allons pas trop vote : le livre commence en donnant un portrait d'une grande précision de Chirac : Giesbert a recueillis patiemment ses paroles ; il le connaît tellement qu'il peut se permettre de nous en donner une vision intimiste qui paraît plutôt crédible à lire. Personnage torturé, qui se déteste, sentimental et secret, le président est un être en souffrance. La droite ? Il la déteste et en défend les couleurs, lui qui a une sensibilité de gauche.

S'il a tout fait pour arriver au sommet de l'état, se battant, tombant et se relevant plus que de raisons, Chirac a, au moment de toucher le pouvoir suprême, explique Giesbert, été atteint du mal de François Mitterrand. Pas celui du cancer, non, mais celui du ninisme. A savoir que, non, on ne va rien faire. Quand bien même le pays cours à sa perte, avec une fracture sociale de plus en plus béante chaque jour et un déficit public dont on n'arrive même plus à se rendre compte de la gravité, Mitterrand, Balladur ou Jospin ont pourtant tout fait pour taire les véritables problèmes. Le ninisme consiste à ne faire ni ça, ni ça. A contenter les électeurs, Chirac est passé maître. Sa trouille ? Voir les gens défiler dans la rue.

Dans cette tragédie française, tout le monde a sa part de responsabilité et tout le monde en prend pour son grade : seuls, peut-être, Alain Juppé et Pierre Maurois s'en sortent. Le plus détesté de tous est Dominique de Villepin dont Giesbert nous livre un portrait au vitriol. Quant aux espoirs de la nouvelle génération, ils se résument selon l'auteur à François Bayrou et Nicolas Sarkozy, les deux seuls ayant dis non à Chirac et qui ont de réelles convictions politiques.

Concrètement, s'il semble bien que Giesbert soit de droite, son analyse politique de la situation semble suffisamment sincère pour qu'on lui accorde quelque crédit : ce titre, édité en poche, vient à point nommer. Sa lecture risque de bouleverser votre vision de la politique et vous faire réfléchir aux enjeux de 2007. Ajoutez à cela un style journalistique facile d'accès à tous, des citations de moralistes du XVIIIème siècle et des anecdotes croustillantes : bref, une lecture aussi passionnante qu'instructive ; à destination des Français et des apprentis journalistes.
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le 4 avril 2006
Plus qu'une analyse de la vie politique de ces vingt dernières années, le livre de Giesbert est d'abord une savoureuse galerie de portraits. Ce n'est pas à Jacques Chirac que l'auteur réserve ses traits les plus féroces (le portrait du président est particulièrement nuancé) mais aux seconds rôles de la "tragédie". Mention spéciale à Edouard Balladur, "pourvu d'une vanité dont il ne cesse de repousser les bornes" et à Dominique de Villepin, décrit comme un Fouché à la petite semaine, un courtisan avide d'honneurs et de pouvoir, un matamore qui se pique de poésie et de culture, tout en jurant comme un charretier.
Je ne ferai qu'un reproche à ce livre : l'abondance de citations, loin d'être toujours pertinentes. F-O G. cite beaucoup le duc de Saint-Simon qu'il tient sûrement pour un de ses maîtres...
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le 30 mai 2006
FOG brosse, à grand renfort de citations tirées de ses conversations avec Chirac et ceux qui l'ont côtoyé, un portrait sans complaisance d'un Président au crépuscule de sa vie. Sa boulimie, son penchant pour la bière et le punch, ses virées nocturnes, son isolement élyséen, sa crédulité, son infidélité conjugale, sa hantise de la trahison, son indécision, son incapacité à réformer.... A l'instar du reste de la classe politique, Chirac est éreinté par FOG qui en profite pour décerner les bons et les mauvais points à Balladur, Villepin, Sarkozy et consorts.

FOG revient également sur les évènements politiques majeurs qui ont jalonné son parcours à l'Elysée (l'élection de 1995, les affaires, le fiasco de la dissolution, les 35 heures, le choc du 21 avril 2002, les élections régionales, le référendum sur la constitution européenne .... ). Une décennie gâchée selon lui, au regard des attentes suscitée par l'élection de 1995 et des quasi plein-pouvoirs exécutifs octroyés en 2002.

Ce livre truffé d'anecdotes et bien documenté ravira les amateurs de littérature politicienne.
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Franz-Olivier Giesbert signe ici un pamphlet sans concession pour l'ancien président de la république française. Il ne lui reconnaît finalement que peu de qualités et l'on se demande ce qui a poussé l'auteur à se pencher sur ce personnage qu'il trouve si peu attachant. Si c'est dans le but d'en dire du mal, le résultat s'apparente à un brûlot et l'exercice n'a que peu de mérites ; s'il s'agit de faire une nouvelle biographie d'un chef d'Etat, c'est chose faite. M. Giesbert utilise également cette biographie pour régler des comptes et Dominique de Villepin et Alain Madelin décrochent le pompon de l'antipathie sur l'échelle de Giesbert. Enfin, certaines formules irritent à force d'être utilisées comme le terme « mêmement » et les phrases commençant par « N'était le .... »
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le 17 mars 2006
Comme le disaient Luc Ferry et Jacques Séguéla sur le plateau de "Campus", le jour de sa sortie, ce livre se lit comme un long article du "Canard enchaîné". Journalisme de miettes, si l'on veut, mais des miettes qui font de savoureux portaits : Balladur, qui aimait rappeler qu'il travaillait sur le bureau de Turgot, "le réformateur qui est tombé pour avoir trop réformé, un exemple dont il ne faut jamais oublier de se souvenir", et de céder sur tout. Mitterrand, qui signa des textes pétainistes, et considérait que Le Pen était un homme de droite comme un autre : "Observez comme il est ému quand on lui sert la main. Un homme comme ça, on le calme avec un maroquin". Madelin : "Il a beau se prendre pour un intellectuel, citer Frédéric Bastiat, et se piquer d'idéologie, il y a chez lui une grossièreté et un sans-gêne qui font de son compagnonnage une épreuve redoutable" ; "Il a beau déambuler et gesticuler, il est tout sauf électoral, avec sa voix de scie et ses lubies idéologiques", bref "un olibrius". Villepin : "A peine l'a-t-on pris pour un hussard romantique, prêt à se faire massacrer pour son dieu vivant, que perce soudain chez lui un gros cynisme de maquignon" ; "Mozart de la manipulation, tout miel devant et sans pitié par derrière. (...) Il n'a qu'une passion, lui-même, et une religion, le pouvoir". Jospin, ex-membre de l'Organisation communiste internationale, avec laquelle il resta en contact jusqu'en 1987 (!). "Je suis Forrest Gump", Sarkozy dixit, "Il y a une petite voix en moi qui me répète sans cesse : "Cours, cours, Forrest" ; le même à propos de l'affaire Clearstream : "Un jour, je finirai par retrouver le salopard qui a monté cette affaire et il finira sur un crochet de boucher".
Et puis, bien sûr, Chirac, ce "grand déçu de la nature humaine" et père d'un enfant naturel japonais qui fête son élection de 1995 chez les Pinault, "avant de disparaître Dieu sait où avec sa dernière conquête" ; "J'ai un principe simple en politique étrangère. Je regarde ce que font les Américains et je fais le contraire" ; "Souvent, Jacques Chirac semble même avoir choisi le camp de Saddam Hussein, son ami des années soixante-dix avec lequel il passa des nuits à jouer aux cartes" ; "Il a passé sa vie à se fuir, comme quelqu'un qui, dans son enfance, aurait subi un grand traumatisme psychologique", ce qui est la thèse de Valéry Giscard d'Estaing. Chirac n'aura jamais été sincère que dans le tiers-mondisme, la promotion des arts premiers et le radical-socialisme, i.e. la sanctification mortifère et irrationnelle des "acquis sociaux".
Vingt années de vie politique française, ou la chronique d'un déclin qui s'emballe. La conviction de l'auteur est manifeste : Sarkozy ou la débandade.
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le 10 juillet 2015
Très agréable à lire, du bon du grand Franz-Olivier Giesbert.
Très inquiétant aussi ce descriptif, car il parait que la démocratie est la moins mauvaise des solutions politiques pour diriger un pays.
Bien que cela ne soit pas le sujet, il aurait été intéressant de connaitre l'opinion de FOG sur cette démocratie avariée française. Vu les mots qu'il utilise on se doute de son jugement. Mais que proposer ?
Finalement Chirac un chic type avec qui on boirait bien un coup au comptoir. Ce n'est pas non plus un escroc, non il s'est bien installé dans le système, il en profite un peu sans plus. Sa principale préoccupation est de bien protéger son leadership sur le système....et surtout pas d'emm****s.
Malheureusement ce n;est pas ce qui est demandé, en dehors des périodes électorales il ne parle jamais des Français et de la France.. Il ne connait rien à l'économie, l'ENA ne prépare pas à ça.mais il doit diriger et gérer la plus grosse boite du pays..A la lecture de ce livre, il est clair que la notion de dette du pays est une notion abstraite.
Je ne cache pas ma très grande inquiétude pour l'avenir du pays, le clone de l'ENA qui dirige aujourd’hui marche dans ses traces. Comment on va s'en sortir, faut-il attendre un Grexit français pour se réveiller pour plonger dans un cauchemar. ...
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« La tragédie du président » est non seulement un grand livre sur Jacques Chirac mais également un excellent ouvrage sur la vie politique française depuis 1986 : 20 ans de mitterandisme et de chiraquisme.
L'auteur analyse les moeurs politiques françaises de ces temps de cohabitation à travers les propos, les faits et gestes, les travers des hommes politiques qui se sont échangés le pouvoir pendant trente ans... et ce n'est guère fini !
Plutôt que d'opposer les politiques poursuivies, Giesbert a replacé l'homme politique au milieu du déclin économique, diplomatique et social dans lequel le pays est plongé depuis 1981.
Un bel ouvrage, honnête, précis mais terriblement humain avec les forces et les faiblesses des hommes. Dieu que la politique est dure, dieu que leurs coeurs sont secs !
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1000 PREMIERS RÉVISEURSle 13 juillet 2013
Ce témoignage en forme de chronique saint-simonienne est un régal, parce qu'il nous plonge dans les coulisse d'un pouvoir déliquescent où la grande politique s'efface devant les ambitions individuelles et les faveurs courtisanes.

S'il était besoin d'un ouvrage pour comprendre que le véritable pouvoir n'est plus à l’Élysée, c'est bien celui-là ; même si c'est à l'insu de l'auteur...
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le 18 avril 2006
Ce livre est un récit de la vie politique française depuis 1986, écrit à partir de discussions "off the record" avec les hommes politiques, essentiellement du point de vue de la droite, en particulier de Jacques Chirac. Il se lit très vite et est rempli d'anecdotes, ce qui en fait une lecture agréable. Il est un peu décevant dans le sens où il ne donne pas tellement plus d'informations qu'on pourrait en avoir en lisant régulièrement le Canard Enchaîné, exceptées quelques pages sur la vie privée de la famille Chirac. En revanche j'ai apprécié l'objectivité de l'auteur, qui n'est pas du tout partisan : il décrit les hommes sans les juger et sans tenir compte de leurs opinions politiques.

L'auteur se croit obligé d'étaler au moins deux citations par page (de Lao Tseu, de Gengis Khan ou de Saint-Simon) en plus des citations en tête de chaque chapitre, ce qui finit par être un peu agaçant. L'analyse psychologique est par ailleurs un peu simpliste : chaque fois que deux personnages sont cités, "au fond ils se ressemblent beaucoup", que ce soit Chirac et Jospin, Balladur et Mitterrand ou Chirac et Balladur.

Dans l'ensemble, il me semble que le livre donne une piètre image de la politique, par la description de la fourberie et du cynisme de certains hommes politiques. Certains s'en sortent mieux que d'autres, heureusement.
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