Commentaires en ligne


3 évaluations
5 étoiles:
 (2)
4 étoiles:
 (1)
3 étoiles:    (0)
2 étoiles:    (0)
1 étoiles:    (0)
 
 
 
 
 
Moyenne des commentaires client
Partagez votre opinion avec les autres clients
Créer votre propre commentaire
 
 
Du plus utile au moins utile | Du plus récent au plus ancien

3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Ouvrage indispensable et agréable à lire, 3 décembre 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Introduction à la philosophie médiévale (Poche)
Pour ceux qui comme moi cherchent une porte d'entrée sur la pensée du moyen-âge, période fascinante, profonde mais souvent salie par des gougnafiers et des charlatans, ne passez pas à côté de ce livre car il s'agit là d'un ouvrage absolument incontournable !

L'auteur est historien ET philosophe. Il donne sa vison de l'histoire de la philosophie tout au long de l'ouvrage mais au goutte à goutte n'alourdissant pas le propos mais au contraire par ce biais il l'enrichit et nous donne les ficelles sur la façon de pénétrer l'esprit de nos ancêtres de ce temps.
Même s'il s'agit d'un court ouvrage, au travers d'une chronologie d'intellectuels des temps médiévaux, l'auteur prend le parti de faire parler les auteurs et ainsi par cette technique il nous livre une image vivante de la vie intellectuelle du moyen-âge ce qui, au final, donne envie de lire chaque auteur présenté dans le texte (si c'était possible) !

L'histoire de la philosophie de kurt Flasch n'est pas une exposition de bocaux de formole contenant des monstres avortés de la pensée philosophique comme c'est souvent le cas, mais au contraire il s'agit d'une véritable machine à remonter le temps dans laquelle l'auteur avec l'amour qui anime les auteurs qui comptent, nous place au coeur des réelles discussions philosophiques du moyen-age et ceci grâce au contexte historique.

nous avons d'un côté une pensée occidentale chrétienne qui se reconstruit après l'effondrement de l'empire romain d'occident et veut, avec Charlemagne, s'affirmer contre Byzance malgré des moyens politiques et économiques très faibles (il doit y avoir 100 clercs qui savent lire et "un livre coûte un domaine agricole" !!).

De l'autre un moyen orient musulman riche qui ne connaît pas de difficulté économique et a eu accès sans mal ni rupture aux écrits antiques et notamment l'immense pensée grecque...

Or l'islam comme le christianisme d'occident n'ont pas de tradition philosophique propre et ils s’attellent chacun, à des époques et avec des moyens différents, à la construction de leur pensée sur celle des grecques et la discussion interne naît de cet effort d'accommodation de la pensée religieuse avec la pensée philosophique.

On est fasciné par la force et l'ouverture intellectuelle qui anime l'intellectuel du moyen-age : cette volonté sincère de comprendre ou de sauvegarder un ordre et la force dépensée dans l'élaboration des outils qui permettent l'art de penser (7 arts libéraux...).

L'occident se tournera vers le moyen orient ("les arabes"), non pas à cause d'une quelconque faiblesse à penser ou d'une fascination devant une grandeur supposée de l'islam, mais simplement comme des intellectuels honnêtes se tournent vers des confrères intelligents qui ont la chance de ne posséder les ouvrages de l'antiquité qui leur font cruellement défaut. Car derrière l'auteur arabe ce que recherche l'occident c'est le vrai Aristote ou le Platon pour lesquels il n'y a que très peu d'ouvrage traduit en latin !

Avec Kurt Flasch nous sommes bien loin des caricatures décrivant les ancêtres comme des imbéciles grossiers. Au contraire, au travers d'éléments matériels ou politiques du temps, l'historien et le philosophe nous aide à enchâsser la réflexion dans son temps et sa géographie, ce qui évite les comparaisons anachroniques dont pourtant le moderne est si friand. Kurt Flasch nous permet, à nous voyageur, de nous immerger dans les problématiques de nos illustres maîtres à tous et nous trouvons déjà les graines des philosophies qui suivront...

Bref un ouvrage indispensable pour celui qui s'intéresse véritablement à la philosophie ou au moyen-âge !
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


4.0 étoiles sur 5 Bon petit livre !, 24 juin 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Introduction à la philosophie médiévale (Poche)
J'ai bien aimé cette introduction. Elle vaut largement ses 4 étoiles, voire 5. L'auteur compare dos à dos deux penseurs contemporains au fil des siècles du Moyen-Age. C'est le plus souvent très clair et simple à lire (sauf la partie Averroès Avicenne, un peu confuse j'ai trouvé). Cela donne envie d'aller plus loin. Seul bémol = les quelques passages où l'auteur semble régler des comptes avec je ne sais qui : il passe alors deux ou trois pages à nous expliquer que l'historien ne doit pas mener son analyse hors de l'époque qu'il étudie, mais doit considérer les faits et les écrits dans le courant de pensée qui les a vu naître...
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


3 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 De l'énoncé théologique comme affirmation de soi, 15 novembre 2010
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Introduction à la philosophie médiévale (Poche)
« Les libri carolini restent un document unique pour l'histoire du conflit entre l'Occident latin et Byzance. Ils nous font découvrir quel était, vers l'an 800, l'usage que l'on pensait faire de la philosophie. Par ce texte, Charlemagne entra dans ce qu'on appelle la querelle des images (...) En termes violents, ceux-ci démontrèrent que Byzance avait une conception de la politique et de l'art parfaitement irrationnelle et hérétique. Sur le plan politique, Charlemagne critiquait sévèrement la formule byzantine, selon laquelle Dieu était appelé « corégent » de l'impératrice ; une telle désignation effaçait les frontières entre le créateur et la créature. La conception que les Francs se faisaient de la charge impériale était plus pragmatique et, comme le soulignait Charlemagne, plus modeste : Dieu règne parmi les hommes, mais par l'intermédiaire d'un maître terrestre ; il règne dans leur caeur par la foi ; ce n'est que dans l'au-delà que les hommes régneront avec Dieu. Le roi est seulement responsable de l'administration de la vie terrestre : ni lui, ni son image ne doivent faire l'bojet d'une vénération religieuse.
(...) Les libri carolini témoignaient d'une nouvelle appréciation de soi, décisive pour l'Occident. Ils faisaient comprendre au pape et aux Grecs que le passage du pouvoir aux mains des Francs était aussi une réalité culturelle et religieuse. C'est avec un certain mépris que Charlemagne parlait de la « superstition » des Grecs. L'Europe centrale, si pauvre en aeuvres d'art, transformait son indigence en manifestation de puissance ; ces régions, presque entièrement dépourvues d'images, n'étaient pas seulement détentrices de la vraie religion ; grâce au pouvoir du langage et à l'importance de leurs maeurs très strictes, elles allaient jusqu'à reléguer à l'arrière plan les centres culturels qu'étaient Byzance et Rome.
(...)La philosophie alors ne se réduisait pas à un décor intellectuel. Elle ne se contentait pas de renforcer la clarté des traités théologiques, elle écartait tout arbitraire d'ordre subjectif et religieux en montrant comment parler et penser « correctement ». Elle ne se contentait pas de façonner une conscience de soi d'une nouvelle société, mais elle soulignait l'infériorité des centres culturels qui avaient fleuri ailleurs ; elle marquait la frontière entre la « superstition » et la « raison ».

On pourra faire sans mal le parallèle avec les énoncés coraniques inscrits dans la coupole du Rocher à Jérusalem lors de sa construction par les nouveaux conquérants arabes à la fin du VIIème siècle, dans une ville encore très largement sous influence chrétienne et byzantine : « Dis : Lui, Dieu est Un ! Dieu, l'Impénétrable ! Il n'engendre pas ; Il n'est pas engendré ; nul n'est égal à Lui ! » ; « Ô Gens du livre, ne dépassez pas la mesure dans votre religion ; ne dites sur Dieu que la vérité » ; « C'est Lui qui a envoyé son Prophète avec la Direction et la Religion vraie, en dépit des polythéistes ».
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


Du plus utile au moins utile | Du plus récent au plus ancien

Ce produit

Introduction à la philosophie médiévale
Introduction à la philosophie médiévale de Kurt Flasch (Poche - 12 novembre 1998)
EUR 8,20
En stock
Ajouter au panier Ajouter à votre liste d'envies
Rechercher uniquement parmi les commentaires portant sur ce produit