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33
4,4 sur 5 étoiles
Les somnambules
Format: BrochéModifier
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34 sur 36 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Je duplique le commentaire de l'édition britannique.

L’auteur historien australien nous retrace d’un point de vue essentiellement diplomatique comment les premières années du 20 ème siècle on conduit à la première guerre mondiale. Il nous détaille par le menu les stratégies d’alliance de la France, GB, Allemagne, Russie, Autriche-Hongrie, Serbie et plus sporadiquement de l’empire ottoman et de l’Italie, les diverses crises ayant influencé celles-ci (guerres balkaniques, compétition coloniale), le processus décisionnel de chaque pays, le contexte ayant abouti à l’attentat de Sarajevo enfin l’enchainement des évènements de juin à août 14 (sans que la chronologie des derniers jours soit très claire). L’ouvrage ne s’intéresse pas aux aspects idéologiques et économiques. Même si l’auteur fait tout pour éviter le débat sur les responsabilités on ne peut l’éviter soi même. L’impression qui en résulte est donc :
La Serbie pratique un irrédentisme dangereux et soutient au moins passivement l’agitation hors de ses frontières y compris Princip et sa bande ; semble être prête à transiger après l’ultimatum autrichien.
L’Autriche-Hongrie pas au mieux de sa forme gère la situation de manière débonnaire jusqu’à l’ultimatum précité où elle fait preuve de rigueur intransigeante.
La Russie, apparait aux yeux de l’Europe comme une puissance émergente (on verra ce qu’il en adviendra) où les politiques germanophobes vont s’imposer tout comme en GB.
L’Allemagne ne semble pas particulièrement belliqueuse (d’où les critiques contre le livre).
La France est décrite comme attendant avec impatience l’occasion d’entrer en guerre pour récupérer l’Alsace Lorraine (Poincaré est décrit comme un « casque à pointe « si j’ose dire.Il intéressant de noter que l’assassinat de Jaures n’est pas cité et que les ouvrages d’historiens français auxquels s’est référé l’auteur se comptent sur les doigts d’une main…
Bref et l’auteur l’indique aussi, avec notre vision du 21 ème siècle ce conflit aurait du être maitrisé ou localisé au lieu de déclencher ce que l’on sait.
S’il faut apporter quelques critiques je reprocherais l’absence de concision, la préciosité du style (soulignée dans les sites amazon UK et COM, l’absence de bibliographie (mais 100 pages de notes qui renvoient aux sources), et de chronologie.
5 * évidemment
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7 sur 7 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 22 octobre 2014
Pourquoi l'Europe s'est-elle suicidée en 1914 ? Qu'est-ce qui a conduit à la destruction d'un ensemble culturel et politique qui avait atteint le sommet de la civilisation et de l'intelligence et que l'on n'a jamais retrouvé depuis ? Tous les avancées scientifiques, toutes les grandes découvertes, en physique, en mathématiques en astronomie, en philologie, en historiographie, en psychologie - sur lesquelles nous vivons encore aujourd'hui - ont été produits entre 1850 et 1914. En Allemagne essentiellement, il est vrai, mais pas uniquement. Tous les développements ultérieurs, et jusqu'à maintenant, n'en sont que la mise en application. Vienne, Paris, Berlin d'avant 1914 : un monde englouti qui ne reviendra pas.

Il y a donc une énigme que les historiens postérieurs, à mon avis, n'ont pas résolue.

Destruction de l'équilibre des puissances inauguré en 1815 et rompu par l'expansionisme de Guillaume II ? Croyance dans chaque camp que la guerre serait 'courte et joyeuse' et qu'on avait toutes les chances de l'emporter ? Sans doute. Mais le livre de Christopher Clark ne répond pas à la question. C'est un déroulé minutieux, jour par jour et presque heure par heure, de la façon dont la guerre s'est déclenchée, s'est imposée dans les esprits des décideurs comme inéluctable, chacun espérant en tirer un profit, puis finalement a été acceptée par les chancelleries et les états-majors. Travail magistral, incroyablement documenté, jamais ennuyeux. Certitude : on a la guerre quand on veut la guerre.

Mais si, dans les causes, Christopher Clark minimise - à juste titre et documents à l'appui - le 'bellicisme allemand", souligne la psychose anti-germanique de la France et de la Russie et celle, plus raisonnée, de la Grande-Bretagne, la folie nationaliste serbe et le bon droit qu'avaient les Autrichiens à châtier les gangsters balkaniques qui avaient assassiné leur futur souverain, les raisons ultimes pour lesquelles des chefs d'Etats raisonnables, intelligents, cultivés et méfiants ont lancé leurs peuples à la boucherie pour aboutir à la destruction d'une vieille civilisation reste pour moi une totale énigme. La mécanique des alliances est une fausse explication et cette catastrophe qui ouvrira la voie aux criminels communistes puis nazis, s'apparente plus à la description du déraillement d'un train.

Un livre essentiel d'histoire diplomatique à lire et à conserver.
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26 sur 29 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 23 décembre 2013
Ce livre est réellement passionnant et nous permet de découvrir le basculement vers la guerre de différents points de vue, serbe, autrichien, allemand, russe, français, anglais. Pour une fois, on découvre une approche nuancée et on mesure un peu mieux les logiques profondes et fatales qui ont conduit au désastre. L'auteur nous montre à travers l'enchainement des événements que la guerre n'était pas une issue inéluctable, mais que les protagonistes de l'été 14 ont bel et bien avancé comme des somnanbules, jouant les positions de force en pensant que l'adversaire allait céder le premier, comme ils avaient pu le faire pour les précédentes crises (agadir 1905 et balkans 1912-1913).

J'ai personnellement un petit et un gros regret à la lecture de cet ouvrage,

Un petit regret concernant la chronologie des événements : un chronologie même succinct aiderait à la lecture, car la présentation par thème ou par point de vue (anglais, français, russe, etc.) fait faire des allé-retours dans cette chronologie, qu'il convient donc d'avoir bien en tête,

Un gros regret concernant la traduction française. La traduction n'est pas fluide et emprunte trop au vocabulaire actuel : leader, faucons, germanophobe, russophobe, etc.
C'est désagréable et donne l'impression de lire un mauvais article de journal. Dommage, c'est tellement plus agréable de lire ce genre d'ouvrage dans un français correct!

Voilà, deux regrets mais qui ne sont pas à la mesure de la qualité de cet ouvrage que je recommande vivement.
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15 sur 17 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 12 janvier 2014
ce livre est une œuvre magistrale sur les origines de la 1ère Guerre Mondiale . on suit presque jour après jour l'évolution des évènements ,des pensées des stratégies , le développement de toutes les paranoïas , les ambitions territoriales , bref , on finit par comprendre pourquoi cette guerre a éclaté quand tous les dirigeants la voulaient sans la vouloir .quand les gouvernants se croient encore au XIXème siècle quand ils ont en réalité entre les mains les outils de terreur du XXème . Le luxe de détail et la précision du récit le rendent parfois un peu touffu mais on se reprend et cela redevient totalement passionnant . Il vaut quand même avoir déjà de bonnes connaissances historiques , ce n'est pas "les orif=gines de 14-18 pour les Nuls" . Passionnannt
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8 sur 9 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
VINE VOICEle 16 août 2014
ce livre ne m'a pas plu mais je lui mets 5 étoiles! Il est énorme, bourré de références, bien écrit avec des anecdotes qui stimulent le lecteur comme le récit de l'assassinat du roi serbe, les amours du général en chef autrichien. Vu l'énormité du travail fourni, la mise à disposition du public français de références serbes, autrichiennes.... En faisant allusion à Al Quaida pour pour comprendre les associations terroristes serbes, il voit juste. il est irremplaçable
MAIS, je ne suis absoulument pas d'accord avec les conclusions. Il est quand même navrant que son utilisation de la bibliographie française soit à ce point négligée ou utilisée à travers des lectures anglo saxonnes de seconde main. Renouvin a écrit il y a bien longtemps un ouvrage sur les causes de la guerre qu'il a amplement développé par la suite, Duroselle a simplifié le débat dans le premier chapitre de La grande guerre des Français, Roth a décortiqué le rôle de Poincaré dans la biographie qu'il lui a consacré. Affirmer que l'Allemagne n'est pas responsable de la guerre n'a pas de sens. D'une part par ce que l'Allemagne de l'époque n'est pas démocratique et d'autre part on en a fini avec ces débats sur larticle 231 du traité de Versailles. J'en reste à Renouvin qui attribuait au poids des militaires dans la sphère de décision allemande le battement d'aile de papillon qui a fait tout déraper.
Enfin, certains (beaucoup) ont accepté l'idée d'une guerre mais personne n'en a voulu une ruineuse de 4 ans (elle devait être courte). Enfin, l'auteur peut être pris en faute: il lui arrive d'expliquer des faits avec des arguments postérieurs à ceux ci (fin 2ème chapitre) et il néglige l'essentiel: jusqu'à Bismarck, les alliances se faisaient pendant ou juste au début des guerres, elles n'étaient pas organisées en vue d'un éventuel conflit.
je pourrai continuer à développer mon désaccord mais il s'agit de critiques qui ne doivent en rien déconseiller quelqu'un de lire cet ouvrage qui n'est cependant pas d'une grande facilité de lecture
je complète mon commentaire après une 3ème lecture. Je ne comprends pas que l'ouvrage ne traite pas de la mobilisation française, elle n'y est pas! Enfin, l'auteur est très conscient pour la Serbie, l'Autriche... du poitionnement et du rôle des différents intervenants. Alors, pourquoi attribue -t-il un rôle si fort à Poincaré aors que la constitution de la 3ème république ne lui donne pratiquement aucun pouvoir? L'auteur ne peut pas l'ignorer.
Enfin, bn! livre bien discutable, pas facile à lire, bourré de renseignements avec des anecdotes qui font passer le tout
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2 sur 2 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Les livres dédiés à la Grande Guerre sont, Centenaire oblige, légion et ne nous en plaignons pas.
Les somnambules vaut la peine d'être lu avec attention car il s'agit d'un rare ouvrage analysant avec force détails
et précisions - ce au sein de chaque puissance - les cheminements diplomatiques qui ont conduit, par peur de l'autre
et par respect des alliances, à la déflagration d'août 1914.

On appréhenda ainsi le rôle des différentes chancelleries à une époque où les moyens de communications étaient
encore bien réduits.

Enfin, l'ouvrage montre bien la complexité des responsabilités et relativise avec honnêteté le rôle de Guillaume II
accusé - Vae Victis oblige - d'être responsable et coupable.
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1 sur 1 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 12 février 2015
Christopher Clark : les somnambules ( lu en version kindle en VO )

Ce livre retrace l’évolution des relations austro(hongroises)-serbes de 1903 à 1914 et la manière dont cet affrontement diplomatique va s’imbriquer dans les relations internationales.

Le livre est divisé en 3 parties eux-mêmes divisés en chapitres :
- Introduction
Partie 1 :
- Chapitre 1 : les fantômes de la Serbie présente l’histoire de ce petit mais vital ( pour comprendre le déclenchement de la guerre ) pays à compter du coup d’état de 1903
- Chapitre 2 : Un empire sans qualités présente l’empire Austro-hongrois.
Partie II : Un continent divisé :
- Chapitre 3 : la polarisation de l’Europe, 1887-1907
- Chapitre 4 : les nombreuses voix de la diplomatie européenne
- Chapitre 5 : Embarras balkaniques
- Chapitre 6 : Dernières chances. Détente et danger, 1912-1914
Partie III : Crise :
- Chapitre 7 : Meurtre à Sarajevo
- Chapitre 8 : Le cercle s’élargit
- Chapitre 9 : Les français à St Petersbourg
- Chapitre 10 : L’ultimatum
- Chapitre 11 : Coups de semonces
- Chapitre 12 : Derniers jours
Conclusion

Le livre est abondamment pourvu de notes ( 20% du livre est assigné aux notes ) et alterne de façon brillante histoire diplomatique classique et sujets transverses ( rôle de la presse, composition et rôles des ambassadeurs, crise de masculinité etc ).

Outre la quantité et la qualité des notes, ce qui rend ce livre brillant et indispensable à la compréhension des événements qui ont mené à la guerre c’est le choix de l’auteur de prendre au sérieux la confrontation entre la Serbie et l’Empire austro-hongrois et de faire remonter son analyse des événements de 1914 jusqu’à l’année 1903 ( voire même avant ) et de décrire les raisons pour lesquelles 10 années de relations internationales ont abouti à la guerre au lieu de seulement se focaliser sur la crise de 1914.

Le livre a donné lieu à un début de controverse car exonérant ( partiellement ) l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie de la responsabilité du confit, attribuant ainsi la responsabilité directe du conflit à la Serbie et la responsabilité indirecte à la Russie et à la France ( pour avoir soutenu la Serbie ).

De façon plus précise quant aux états cités, le livre amène à penser :

1) La Serbie est l’acteur principal ( avec l’Autriche-Hongrie ) de ce livre.
Le coup d’état de 1903 amène au pouvoir ( ou à proximité du pouvoir et influençant celui-ci ) des politiciens, militaires et groupes ultranationalistes décidés à étendre les frontières du jeune royaume serbe non seulement vis-à-vis de l’empire ottoman ( ennemi traditionnel de la Serbie ) mais aussi vis-à-vis de l’ex-allié austro-hongrois.
S’ensuit immédiatement un conflit commercial avec l’empire des habsbourg ( la guerre des cochons à l’initiative de celui-ci ) qui brise définitivement les relations diplomatiques entre les 2 états.
L’annexion de la Bosnie-Herzégovine ( le territoire était officiellement ottoman mais en fait attribué ( et occupé par ) à l’empire habsbourg depuis le traité de Berlin en 1878 ) est l’occasion d’une nouvelle crise diplomatique entre les 2 états ( la Serbie estimant que ces territoires ainsi que la Croatie lui reviennent de droit ) mais sans suite sérieuse en l’absence de soutien des grandes puissances européennes.

La Serbie s’engage ensuite dans une alliance offensive avec la Bulgarie et la Russie en 1911 afin de dépecer l’empire Ottoman de ses territoires européens : cela débouche sur la première guerre balkanique de 1912/1913 et sur de considérables tensions avec l’empire austro-hongrois qui impose ( après un ou deux ultimatum ) la création d’un état albanais.
Ce premier conflit balkanique est suivi d’un second entre ex-alliés ( Serbie et membres de la ligue balkanique contre Bulgarie ).

Tout en menant ces guerres dans les Balkans les autorités ( militaires mais avec la complicité passive des autorités civiles ) serbes s’engagent dans une politique d’attentats terroristes dans l’empire austro-hongrois et en particulier en Bosnie-Herzégovine qui culmine dans l’assassinat du prince héritier de l’empire à Sarajevo.
Après avoir brièvement hésité à accepter l’ultimatum austro-hongrois, la Serbie choisit finalement la confrontation après avoir eu confirmation du soutien russe.

2) L’empire Austro-hongrois qui est l’autre acteur majeur de ce livre.
Allié et « patron » traditionnel de la Serbie, le coup d’état de 1903 dans ce pays entraine pratiquement du jour au lendemain une situation de conflit entre l’Empire et le jeune royaume serbe qui se durcit encore avec l’annexion de la Bosnie-Herzégovine.

Dans le même temps, l’empire austro-hongrois se trouve engagé dans une lutte d’influence avec l’empire russe dans les Balkans : à la différence de celui-ci, l’empire austro-hongrois vise à la préservation du statut-quo et non à la déstabilisation de la région.

Le déclenchement des guerres balkaniques en 1912 par la ligue balkanique ( sous le patronage de la Russie ) amène à de très fortes tensions internationales entre l’empire austro-hongrois face à la Russie ( mobilisations réciproques ) et la Serbie ( constitution d’un état albanais sous pression de l’empire austro-hongrois et après 2 ultimatum adressés à la Serbie ).
Elle amène aussi à un retour au premier plan du précédant chef d’état major ( Conrad von Hotzendorf ) qui récupère son poste et recommence à inonder les responsables politiques de demandes de guerres « préventives » contre l’Italie et la Serbie.
Ces demandes restent sans effet et se heurtent à la politique d’apaisement et de réformes interne voulue par l’archiduc Franz Ferdinand jusqu’à l’assassinat de celui-ci par les services secrets serbes à Sarajevo.

A partir de là, les responsables politiques optent pour engager une guerre limitée à la Serbie mais la lenteur de l’appareil politique ( et militaire ) austro-hongrois empêche l’empire de mener le fait accompli ( déclencher une guerre juste après l’attentat ) que lui demande son allié allemand.
L’envoi d’un ultimatum ne sert que de prétexte à la guerre.

3) La Russie :
Après sa défaite face au Japon en 1905, la Russie se réorganise rapidement et engage des réformes militaires importantes visant à faire de son armée la première du continent ( ce qui inquiète ses voisins et notamment l’Allemagne ).
Cette politique militaire se double d’une diplomatie agressive promouvant le panslavisme et visant notamment à faire des Balkans et de l’empire ottoman son pré carré.

Cela aboutit à la création de la ligue balkanique sous le patronage russe qui vise à dépecer l’empire ottoman de ses territoires européens et à empêcher toute action austro-hongroise en faveur de « l’homme malade » de l’Europe ( la Russie s’engageant à entrer en guerre contre l’Autriche-Hongrie si celle-ci intervient en faveur de l’empire ottoman ).
De même la Russie est à 2 doigts de lancer un ultimatum à l’Allemagne pour exiger le départ de la mission militaire allemande de l’empire ottoman ( seul le refus de la France et de la Grande-Bretagne de s’associer à ce projet empêche la Russie de publier son ultimatum ).

Toutefois, la Russie perd le contrôle de ses proxy qui se déchirent dans la deuxième guerre balkanique ce qui permet à l’empire austro-hongrois de se rapprocher de la Bulgarie et de mettre en péril l’hégémonie ( courte mais réelle ) russe dans les Balkans.
Lors de la crise de Sarajevo, la Russie s’engage résolument au côté de son allié serbe ( le gouvernement russe est alors dominé par les faucons pro-guerres ) : sa décision d’engager la mobilisation de ses forces armées crée un engrenage militaire irréversible vers la guerre généralisée.

4) L’Allemagne :
L’Allemagne n’est pas au centre de ce livre, elle est décrite comme une puissance essentiellement conservatrice qui souhaite le maintien des statuts-quo issus des traités internationaux.
Elle s’oppose ainsi à la marche vers la guerre vis-à-vis de l’empire Ottoman de son allié italien.
Le grand Etat-major ressent toutefois durement l’encerclement de l’Allemagne par une coalition ennemie dangereuse ( Russie, France, GB ) et surtout la résurgence de la puissance militaire russe qui risque à terme de bousculer les équilibres militaires européens.
Cela amène celui-ci à envisager la possibilité d’une guerre préventive sans que son opinion n’influence initialement les élites politiques.

Les guerres balkaniques sont toutefois une révélation de l’hostilité russe et amènent les élites politiques et militaires à envisager une plus grande prise de risque diplomatique en partant du principe que de toute façon, la guerre semble inéluctable.

L’attitude de l’Allemagne va cependant dans le sens de l’apaisement diplomatique jusqu’au bouleversement de Sarajevo.
L’attentat de Sarajevo amène l’Allemagne à soutenir son allié dans son projet de guerre localisée ( à la Serbie ) en conseillant toutefois à l’empire austro-hongrois d’aller très vite ( ce qu’il ne réussit pas ) pour mettre les autres puissances européennes devant un fait accompli.

L’Allemagne reste très prudente et en retrait durant une bonne partie du mois de juillet avant de se réveiller brutalement lors de la mobilisation russe : à partir de ce moment ( mais pas avant ), les militaires poussent à une guerre généralisée à la Russie et à son allié français via la mise en action du plan Schieffen.

5) La France :
Revancharde mais prudente la politique de la France est présentée sous un visage double :
- Très prudente en Europe afin d’éviter toute guerre et notamment toute guerre démarrant dans les Balkans ( les dirigeants français obtiennent que l’alliance franco-russe n’intégre pas les événements des Balkans )
- Agressive dans le reste du monde quitte à provoquer des crises diplomatiques ( Maroc, Fachoda )

Cette double politique prudente prend fin avec l’arrivée de Poincaré au pouvoir : celui-ci accepte dorénavant de soutenir diplomatiquement et militairement toute aventure russe dans les Balkans alors même que le traité d’alliance russo-bulgaro-russe ( qu’il connait ) prévoit le déclenchement d’une guerre offensive localisée à l’empire ottoman et la possibilité d’extension de ce conflit à l’Autriche-Hongrie.

C’est l’occasion pour Poincaré ( et les militaires français ? ) d’imaginer un scénario de guerre idéale où l’empire austro-hongrois serait empêtré dans les Balkans laissant son allié seul face aux forces combinées de la Russie et de la France.
Après l’attentat de Sarajevo, la France prône la fermeté face à l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie et semble même être la première grande puissance à accepter un conflit généralisé en vertu du scénario indiqué ci-dessus.

6) La Grande Bretagne :
La politique britannique semble être basée sur la nécessité de neutraliser la Russie ( et de sauvegarder l’Empire d’une confrontation avec l’ours russe outre-mer ) en acceptant une alliance avec le bloc franco-russe.
Cette alliance produit un rapprochement et un début de coopération militaire avec l’ex-ennemi français qui produit in-extrémis des effets au moment de l’entrée en guerre ( celle-ci se décidant à la toute dernière minute ).

Finalement outre le jeu des différents pays ( et les controverses sur la politique française engendrées par le livre de Clark ), ce qui me semble important de noter c’est la cristallisation des alliances et des choix diplomatiques au moment des 2 premières guerres balkaniques qui sont vraiment la matrice de la première guerre mondiale.
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le 18 août 2014
Livre passionnant qui se lit aisément. Cet ouvrage donne une vision particulièrement subtile du contexte de l avant guerre. Un livre qu il importe de lire. Au travers la lecture le conflit Yougoslave récent se comprend mieux. Mais beaucoup d autres contextes se comprennent encore mieux.
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le 9 février 2014
On remarque une fois de plus que l'école d'histoire anglo-saxonne produit des livres très complets et précis quant aux recherches historiques avec une réelle qualité d'écriture qui fait dévorer ce livre avec passion.
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le 30 juillet 2015
La 1ère guerre mondiale est un des premiers conflits où la notion de guerre totale prend tout son sens. Je reste très admiratif quant au courage qu'ont du avoir nos combattants qui furent présents sur le front ayant quelques connaissances basiques sur la nature des batailles ou des conditions de survie. Connaitre les tenants et les aboutissants de ce conflit est selon moi indispensable.

Ce livre est exceptionnel et passionnant, les différents chapitres sont bien structurés ce qui rend la lecture fluide. L'auteur rend bien compte de l'enchevêtrement de tous les mécanismes politiques, sociaux et historiques qui participent au déclenchement de ce conflit. La richesse des informations et des connaissances que vous apporte ce livre est importante et l'analyse de l'auteur est pertinente.

Un point quand même, l'analyse de la position de l'Allemagne m'a parut parfois légèrement en retrait par rapport aux positions Russes et Françaises clairement affichées dans le livre. Peut-être n'est ce qu'un sentiment perçu de ma part. C'est pourquoi, je lierai à l'avenir un autre ouvrage portant sur les causes et le déclenchement de ce conflit pour avoir une analyse diversifiée.

Je recommande bien évidemment ce magnifique livre et remercie l'auteur.
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