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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
DECEPTION,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Caravage (Broché)
Je ne suis guère enthousiaste à propos d'un livre que j'abordais pourtant sans préjugés. Etant plus habitué, je l'avoue, aux commentaires sobres et éclairés des catalogues d'exposition, j'ai trés vite été gêné par le style et la surabondance de citations, le sur-étalage d'opinions et de maximes dont abuse l'auteur qui n'hésite pas à en placer un maximum par page comme s'il s'agissait d'un concours ou d'un pari. ex: page 254, en dix lignes,l'auteur cite Malraux, puis Chamfort. Tout au long du livre, on aura eu droit aussi à Rimbaud, Shakespeare, Doistoïevski,Stendhal, Stefan Zweig, Malraux, Montaigne, Claudel,Blanchot, Heidegger André Suarés, Philippe Jacottet, Zuang Zi et beaucoup d'autres... Beaucoup de monde, beaucoup trop pour un livre où il ne devrait être question que de peinture, avant tout.Citer des critiques d'art comme Félibien, Berenson ou Longhi, ou d'autres auteurs ayant écrit sur Caravage, cela se comprend. Citer Picasso, souvent, et d'autres peintres, passe encore. Citer Francis Blanche (pourquoi pas Coluche ?) Jacques Brel ou Paul Morrissey (longue anecdote inutile), on comprend moins d'autant que ça n'apporte strictement rien au propos. Je n'ai rien contre Francis Blanche ou Brel, mais ça n'a rien à faire ici. Pourquoi l'auteur ressent-il le besoin de citer à tout bout de champ des personnes étrangères au contexte ? Pour le plaisir d'une belle formule ? Pour montrer sa culture ? Le procédé, répétitif, irrite au bout d'un moment. Contextualiser, c'est bien et connaître l'époque de la contre-réforme est en effet indispensable pour aborder la peinture du Caravage. Mais encore faut-il faire court et que cela serve le propos. Il y a de trop longs passages sur les guerres,la bataille de Lepante,les biographies des papes ou des personnages liés à Caravage qui n'apportent pas grand chose à la connaissance de l'homme et du peintre. Bref, un ouvrage avec beaucoup de remplissage et de verbiage inutile ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
le Caravage (1571-1610),
Par
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Caravage (Broché)
cette biographie de Michel Nuridsany nous restitue brillamment la totalité du parcours de ce peintre révolutionnaire -se basant sur des minutes de procès (dont Caravage fut l'accusé), des documents d'époques (écrits, biographies, notes...), les tableaux qui jalonnèrent toute sa vie et son propre regard affûté -sans oeillières- de critique d'art- qui a passé de la pauvreté à la gloire, qui a fréquenté des mauvais lieux et des mauvais garçons, qui a participé à des rixes, qui a hanté quelques palais, qui a scandalisé par sa vision des sujets bibliques représentés -mais les tableaux qui furent refusés par ses commanditaires furent de suite acheter par de riches collectionneurs raffinés-, qui a révolutionné la peinture en avançant de toile en toile sans devoir rien à personne, ayant piqué des détails chez les génies du passé sans en être véritablement influencé, qui a tué en 1606 ce qui le forcera à fuir Rome pour Naples, Malte, la Sicile où il laissera quelques chef d'oeuvres... Michel Nuridsany nous rend le contexte historique -il remonte même à un siècle avant- afin que l'on saisisse bien les circonstances dans le quel est né le Caravage, les guerres entre les états de la péninsule avec la France et l'Espagne en arrière-fond, l'émergence de la réforme, le concile de Trente qui se terminera en 1563 en réaffirmant les dogmes essentiels de l'église -début de la contre-réforme-, les saints hommes qu'il a pu côtoyer l'un dans son enfance Charles Borromée à Milan et Philippe Néri lors de ses débuts à Rome (tous les deux furent des Saints de la contre-réforme), l'état de la peinture à l'époque, les mécènes qui l'ont aidés, protégés et permis d'émerger de la glèbe ET surtout il analyse chaque oeuvre -je vous conseille fortement de lire cette biographie avec une monographie sous les yeux (la mienne aux reproductions magnifiques n'est plus en vente)- avec intelligence, avec décryptage des symboles -en citant parfois ses collègues- en n'enlevant en rien à la force érotique indéniable qui sous-tendent pratiquement toutes ses peintures, en expliquant quel est la nouveauté et en dépoussiérant le peintre de certains clichés tenaces, il le rend aussi vivant que ses tableaux intenses et émerveillant : ombrageux, querelleur, homosexuel, sûr de lui et de son génie, inventif : un être EXTRA-ORDINAIRE mort à 39 ans, Michel Nuridsany ne l'enferme pas dans une vision simpliste et réductrice, il n'est pas manichéen, il ne lui enlève ni sa profonde religiosité, ni son désir exacerbé de la beauté masculine, ni son désir de pureté, ni son goût pour la violence... une biographie foisonnante et passionnante, je la conseille vraiment.citation p 347 ""Apollinaire dit de Renoir qu'il grandit continuellement. J'ai envie d'écrire la même chose à propos de Caravage. Sans prononcer, évidemment, le mot de "progrès". Tout ce qui fait de sa vie un mélange de brio, d'extravagance, de panache, de masochisme et de sadisme, de goût pour les abîmes, de proximité avec le peuple, de compassion pour les plus démunis, d'insolence envers les puissants, de vraie foi mais particulière, se retrouve dans sa peinture qui ne s'arrête pas quand il tue Ranuccio Tamassoni et s'enfuit de Rome. (...)" PS il y a sept tableaux reproduits au milieu de cet ouvrage qui donnent une idée de sa progression artistique -du "Garçon mordu par un lézard" de 1593 au "David et la tête de Goliath" de 1610- des reproductions qui sont trop sombres et aux contrastes faussés d'après moi mais bon c'est toujours mieux que rien! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles |
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Caravage de Michel Nuridsany (Broché - 25 août 2010)
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