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5.0 étoiles sur 5 Un ouvrage passionnant !
J'ai déjà lu plusieurs ouvrages de Ian Kershaw, que j'ai toujours appréciés. Celui-ci ne m'a pas déçue.
Kershaw s'exprime dans un style clair et en toute humilité, admettant parfois que les hypothèses qu'il propose peuvent être fausses. Utilisant, comme à son habitude, des documents d'époque, il...
Publié le 11 novembre 2007 par T. Emily

versus
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3.0 étoiles sur 5 Le totalitarisme vu de l'intérieur
De part un travail historique minutieux à travers les archives des SD et du Sopade l'auteur donne une vision de la guerre vue de l'intérieure de l’Allemagne et fait comprendre l'orchestration de la propagande, la fabrication de l'opinion, l'aspect fictionnel entretenu. Bien qu'il s'agisse ici d'un monstre nous retrouvons pratiquement tout les...
Publié il y a 13 mois par Juliet Golf E.


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5.0 étoiles sur 5 Un ouvrage passionnant !, 11 novembre 2007
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le mythe Hitler : Image et réalité sous le IIIe Reich (Broché)
J'ai déjà lu plusieurs ouvrages de Ian Kershaw, que j'ai toujours appréciés. Celui-ci ne m'a pas déçue.
Kershaw s'exprime dans un style clair et en toute humilité, admettant parfois que les hypothèses qu'il propose peuvent être fausses. Utilisant, comme à son habitude, des documents d'époque, il dépeint avec acuité l'évolution de la vision que les Allemands ont eu de leur Führer, passant d'un Dieu vivant sans défaut ni tache à un menteur n'assumant pas ses défaites. Il y a eu bien sûr des fanatiques qui lui sont restés fidèles jusqu'au bout. Mais beaucoup d'Allemands, contrairement à ce que l'on pense, ont "lâché " Hitler... lorsque la guerre a commencé à durer, puis a mal tourné pour l'Allemagne.
Kershaw nous ouvre aussi les yeux sur les motivations des membres du parti nazi, des SA, des SS... qui étaient souvent plus troubles et plus complexes qu'on le croit.
Un livre à lire !
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5.0 étoiles sur 5 Allemagne 1925 - 1945 : 20 années de mythe Hitlérien !!!, 2 juillet 2011
Par 
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le mythe Hitler (Broché)
Un superbe ouvrage de Ian Kershaw, l'un des plus grands spécialistes mondiaux du Nazisme et de Hitler.

D'emblée, dès son introduction, l'auteur dresse très clairement l'état des lieux de son sujet sur le mythe de Hitler, page 11 :

"Peu de dirigeants politiques du XXe siècle - aucun, peut-être - ont été plus populaires aux yeux de leur propre peuple que Hitler pendant les dix ans qui ont suivi sa prise de pouvoir du 30 janvier 1933. On a pu écrire qu'à l'apogée de sa popularité, neuf Allemands sur dix furent "des adeptes de Hitler, ils crurent au Führer"."

Puis, Ian Kershaw précise que : "l'adulation de Hitler par des millions d'Allemands", en plus des Nazis eux-mêmes, fut un phénomène crucial dans le fonctionnement du III Reich, permettant donc au Nazisme son développement Etatique.
Cela a permis à Hitler de transformer son délire idéologique antisémite en une barbarie concrète.
En effet, Hitler écrivait dans son livre "Mein Kampf" en 1925, que pour lui, la "psychologie des masses" était manipulable à l'infini. Il avait une conscience totale de l'importance que pouvait revêtir son image de "toute puissance".

Dès la fin du 19ème et début du 20ème siècle, après la victoire des Allemands sur les Français à Sedan en 1870, Bismarck représentait pour les Allemands, l'image du Kaiser, du chef, un véritable culte de Bismarck, renvoyant Guillaume 1er, Roi de Prusse à une notoriété largement secondaire.
Bismarck mythifié de son vivant, fut quasiment "déifié" après sa mort, et 500 "tours Bismarck" furent édifiées dans toute l'Allemagne.
Par conséquent, l'entrée dans la 1ère Guerre Mondiale se fit presque, en Allemagne, dans une certaine "euphorie nationale". Mais à partir de 1918, avec les humiliations pour les Allemands que furent :
- La paix "honteuse" dans le cadre de l'Armistice avec la capitulation de l'Allemagne, le 11 novembre 1918, puis du traité de Versailles signé en 1919 ;
- L'effondrement militaire ;
- La chute de la Monarchie de l'ancien régime ;
- La peur et le rejet légitimes du Bolchevisme (Communisme), mais l'assimilation gravissime du "Judéo-Bolchevisme" ;
- L'arrivée au pouvoir des sociaux-démocrates ;
- Etc..
Tous ces facteurs ont engendré dans le Peuple Allemand, la volonté à la fois de se débarrasser de la République de Weimar (de 1919 à 1933) et de voir émerger un "chef autoritaire" et "héroïque".

Avant 1933, environ un tiers de la population Allemande votait pour les Nazis.
Dès 1920-1921, Hitler qui n'était encore que l'un des chefs du Parti, était parfois nommé "Führer" à l'intérieur du Parti Nazi : le NSDAP. A cette époque, certains cadres du Parti Nazi comparaient le terme de Führer pour Hitler, à celui du "Duce" pour le Fasciste Italien : Mussolini.

Concernant l'antisémitisme dans la population Allemande, Ian Kershaw expose la situation existante, avant même l'élection de Hitler au pouvoir, page 278 :

"Certes, l'antipathie ou la méfiance à l'égard des Juifs étaient largement répandues dès avant l'accession de Hitler au pouvoir. Les Juifs devaient subir diverses formes de discrimination dans de nombreux domaines."
(...) "Une grande partie de la population, sa grande majorité probablement, était convaincue en 1939, ou même avant, que les Juifs avaient exercé une influence néfaste sur la société allemande, et qu'il serait préférable que ceux qui se trouvaient encore en Allemagne quittent le pays (ou en soient chassés) aussi vite que possible. Mais, sauf dans un petit pourcentage de la population, les idées dominantes à l'égard des Juifs à cette date, si discriminatoires qu'elles aient pu être à divers degrés, étaient très éloignées de la paranoïa antijuive de Hitler et des antijuifs acharnés au sein du mouvement nazi."

Quasiment tous les discours de Hitler entre 1920 et 1922 contenaient déjà des attaques terribles envers les Juifs.

Au sein du Parti Nazi, le culte de la personnalité de Hitler s'est mis en place un an avant l'échec de son putsch de 1923. Il était alors comparé par des cercles de droite, à Napoléon.
Lors de son incarcération à Landsberg après le putsch manqué de 1923, il développa son nouveau rôle de "chef héroïque" en écrivant son tristement célèbre, livre : "Mein Kampf".

Le Parti Nazi (le NSDAP) se refonda en 1925. A partir de 1926, Joseph Goebbels devint le principal propagandiste du mythe de Hitler au sein du Parti Nazi. Après le putsch raté, Goebbels devait recréer une charte idéologique et donc présenter Hitler comme le chef incontournable pour la future Allemagne.
Toujours en 1926, le NSDAP officialisa pour les membres du Parti : le "salut Hitlérien" de style Fasciste, doublé de l'infâme "Heil Hitler", qui se pratiquaient déjà ponctuellement depuis 1923.

Aux législatives du 14 septembre 1930, dans un contexte de graves crises : économique, sociale, et de l'Etat lui-même, les Nazis ont obtenu un résultat électoral spectaculaire avec 6,4 millions de voix, sur une population d'environ 65 000 000 d'habitants, soit 18,3 % des suffrages exprimés, faisant du NSPAD le second Parti du Reichstag.
Les notoriétés du Parti Nazi et de Hitler étaient déjà bien implantées au sein de la population Allemande, et cela bien avant l'élection de Hitler le 30 janvier 1933. A partir de ce moment-là, le NSPAD et surtout leur Führer devenaient l'espoir, pour des millions d'Allemands, d'une nouvelle politique.

Puis, le culte de la personnalité de Hitler quitta définitivement le cercle restreint du NSPAD, pour gagner le pays tout entier.
Mais son programme politique était encore très vague.

Lors de la campagne de 1932 pour le poste suprême de Chancelier, Hitler eut l'ingénieuse idée de louer un avion, ce qui lui permit de parcourir toute l'Allemagne (les villes, les campagnes) et de se promouvoir à travers 148 réunions publiques, devant des foules de 20 000 à 30 000 personnes. En cette seule année de 1932, il se fit connaître en personne, devant des millions d'Allemands.
Comme tous les despotes, il se montra comme un grand orateur charismatique, durant cette campagne électorale intensive.
Voici l'impact estimé par Ian Kershaw, de la représentativité de Hitler avant son élection de 1933, page 60 :

"Néanmoins, il n'est guère douteux, semble-t-il, que, dès avant la prise du pouvoir, plus de treize millions d'Allemands étaient des "croyants" au moins potentiels, gagnés à l'idée du "principe du Chef" et au culte de la personnalité qui avait été construit autour de Hitler. L'opinion qu'avait de lui le reste de la population - la majorité - variait essentiellement en fonction des frontières idéologiques évoquées plus haut : haine implacable dans les rangs du mouvement ouvrier organisé, méfiance profonde chez les catholiques, mais aussi, notamment dans les classes moyennes nationales-conservatrices, sentiment qu'en dépit de son manque de prestige social et des tendances "socialistes" de son mouvement, l'homme pouvait avoir, pour un temps, son utilité."

Rapidement après son élection le 30 janvier 1933, Hitler censura la presse, puis toute opposition et opinion dissidentes.
Pourtant le culte de la personnalité et le mythe de Hitler continuaient de se propager au sein de la population Allemande ; comme en témoignent les festivités à l'échelle Nationale, du 20 avril 1933, pour le 44ème anniversaire de Hitler, pages 76 et 77 :

"Jusqu'où le culte de la personnalité avait-il pu se développer en si peu de temps ? On a pu s'en faire une idée aux festivités organisées pour célébrer les quarante-quatre ans de Hitler, le 20 avril 1933 : elles dépassaient déjà, et de très loin, toutes les pratiques "normales" en usage pour rendre honneur à un chef du gouvernement. Les rues et les places de la quasi-totalité des villes allemandes, petites et grandes, étaient décorées de guirlandes et autres signes extérieurs d'adulation et d'acclamation publique du "Chancelier du Peuple". L'appareil de propagande s'était surpassé, mais il est clair aussi qu'il avait pu s'appuyer sur une large propension préexistante, dans de vastes couches de la population, à accepter certains éléments au moins du culte de Hitler en pleine expansion."

Très rapidement le "salut Hitlérien" ou "salut Allemand" accompagné systématiquement de son incantation "Heil Hitler" devenait de fait, quasiment obligatoire pour ne pas prendre le risque de se retrouver marginalisé. Nous avons tous en tête cette effroyable vision d'une marée humaine de bras levés, faisant le "salut Hitlérien".
En revanche, il fut obligatoire dans un premier temps dans les administrations pour les fonctionnaires, comme stipulé par l'auteur, page 80 :

"L'usage obligatoire du "salut allemand" pour tous les fonctionnaires a été instauré par une directive du ministre de l'Intérieur du Reich, Frick, le 13 juillet 1933, la veille même de l'interdiction de tous les partis non nazis, et il visait à exprimer "publiquement la solidarité du peuple allemand tout entier avec son chef"."

Dans ces premiers mois qui suivirent l'élection de Hitler, la Démocratie et les Libertés individuelles étaient déjà largement bafouées. Ce qui ne fit pas réagir outre mesure le Peuple Allemand.
Qui plus est, la propagande antisémite commençait déjà, elle aussi, à prendre forme...

Le pays, au terme des années 20, était dans une impasse économique, notamment avec un fort taux de chômage. Toujours dans les premiers mois en tant que Chancelier, Hitler améliora significativement la situation économique de l'Allemagne. Ce qui contribua à accentuer encore davantage, le culte de la personnalité vis-à-vis de Hitler et donc l'approbation de la population pour celui-ci.

A la fin de 1933, le terme de Führer était devenu courant, même dans la presse non-Nazie.
Ian Kershaw présente un bilan de cette première année de Pouvoir sous Hitler, suite à la crise économique mondiale de 1929, page 83 :

"Hitler lui-même donna le ton dans son discours de Weimar le 1er novembre : il avait, dit-il, demandé quatre ans pour débarrasser l'Allemagne de ses six millions de chômeurs, et déjà, en neuf mois seulement, il avait fourni "du travail et du pain" à deux millions et demi de sans-emploi."

Mais en 1934 la situation économique commença à stagner, notamment pour les ouvriers, et l'euphorie des débuts s'émoussa rapidement. Malgré tout, le mythe de Hitler, lui, était en pleine ascension et lui permettait d'associer sa notoriété à celle du Parti Nazi.

Le 30 juin 1934 eut lieu la "Nuit des longs couteaux", sorte de purge des cadres du Parti Nazi, en exterminant un leader Ernest Röhm ainsi que d'autres membres du Parti.
Ces membres étaient perçus comme des opposants potentiels à Hitler et devaient donc être éliminés. Étrangement, les rares concitoyens informés de ce massacre, l'auraient dans l'ensemble approuvé et cet épisode sanglant aurait même encore amélioré, l'image du Führer. Il est donc étonnant de constater que des gens conscients d'un pogrom, ne s'émeuvent pas du fait que l'État utilise la violence en massacrant des opposants supposés.

Puis le 15 septembre 1935, ce fut l'instauration des immondes lois antisémites de Nuremberg.
Ce qui tragiquement annonçait les catastrophes humaines à venir...

Petit à petit, l'objectif de Hitler était donc d'étendre son "Empire" territorial. Après la remilitarisation de la Rhénanie le 7 mars 1936, ce fut le tour de l'annexion (l'"Anschluss") de l'Autriche le 12 mars 1938, qui se réalisa sans violence. A chaque nouvelle annexion le Peuple Allemand était terrifié, craignant que cela ne se transforma en guerre. Puis, à l'été 1938 ce fut le rattachement des Sudètes.

Le 30 janvier 1939, Hitler, lors de son discours prononcé au Reichstag, proclama son effroyable "prophétie" : "Une nouvelle guerre amènerait "la destruction de la race Juive en Europe"."
Il réitéra cette ignoble "prophétie" dans différents discours durant les années qui suivirent.

Les annexions "réussirent", engendrant le plébiscite du Peuple Allemand pour Hitler. Jusqu'au jour où, le 1er septembre 1939, Hitler envahit la Pologne, ce qui déclencha la Seconde Guerre Mondiale. A nouveau, le Peuple Allemand soutint son Führer, mais cette fois-ci, Ian Kershaw précise, page 178 : "sans enthousiasme, mais aussi sans protestation ni opposition".
Quatre mois après le début de la guerre, le Peuple Allemand dans son ensemble continuait à soutenir Hitler, toujours page 178 :

"Si les années de terreur et de répression rendent compte largement de l'absence de toute opposition ouverte à la guerre de Hitler, elles ne peuvent expliquer que marginalement pourquoi le mythe du Führer est resté intact."

Curieusement, après l'attentat contre Hitler le 8 novembre 1939, les réactions relevèrent surtout des sentiments de : "colère", "choc", et finalement de "soulagement" face à l'échec de l'attentat.

Fin 1939, le Peuple connut ses premières privations, et l'enthousiasme populaire vis-à-vis de la guerre en Pologne, disparu.
Mais, comme Hitler était un fin stratège militaire, la popularité inconditionnelle envers le Führer est restée intact jusqu'en 1940, et même durant toute la campagne triomphale vers l'Ouest et jusqu'à la victoire "provisoire" sur la France. Après la conquête de la France, le Peuple Allemand était toujours derrière son Führer pour anéantir le Royaume-Uni, tant détesté. Mais ce qui devait être une invasion massive, n'eut jamais lieu.
Hitler déclara également la guerre aux Etats-Unis, le 11 décembre 1941.
Puis à l'Est, ce fut la grande bataille en U.R.S.S. avec la cinglante défaite Allemande à Stalingrad, fin janvier 1943.

L'incapacité de Hitler à mettre fin à la guerre a terni son image auprès du Peuple Allemand : il n'était plus "infaillible", ni "visionnaire".
Ian Kershaw décrit l'état de décrépitude du moral de la population, page 241 :

"L'opinion était désespérée, déprimée, lasse de la guerre - apathique plutôt que rebelle. Mais les grands espoirs nationaux conçus autour de la personnalité de Hitler tombaient en ruine ; de moins en moins d'Allemands envisageaient l'avenir sous sa direction."

Puis, ce furent les bombardements Alliés sur le territoire Allemand qui contribuèrent encore plus, à atteindre le moral du Peuple ; de surcroît, dans un contexte extrême de répression et de terreur exercées par l'Etat Nazi, page 253 :

"Il paraît donc clair que les bombardements ont provoqué une démoralisation considérable et porté un coup très dur au prestige des dirigeants allemands. L'erreur des stratèges alliés a été d'imaginer qu'un tel régime pouvait être acculé à l'effondrement par une chute du moral de la population. Or, la réaction de l'immense majorité a été l'apathie, le "repli sur la sphère privée", pas l'opposition active. Et la répression toujours plus énergique pratiquée par l'Etat nazi - on a calculé qu'environ 1 Allemand sur 1200 a été arrêté par la Gestapo pour un "délit" politique ou religieux en 1944 - dissuadait fermement de toute activité "déviante"."

Le 20 juillet 1944 à 11h45 eut lieu un nouvel attentat contre Hitler par le Colonel Claus Schenk. Ian Kershaw décrit à nouveau l'état d'esprit de la population suite à cette nouvelle tentative d'éliminer le Führer, page 266 :

"Nous pouvons déduire des données dont nous disposons, si insatisfaisantes qu'elles soient à bien des égards, que, comme en 1939, l'attentat contre Hitler a polarisé les sentiments. Il paraît justifié d'avancer que, plus encore qu'en 1939, un important pourcentage de la population n'aurait pas été affligé par l'assassinat de Hitler, et a vu dans sa survie une entrave à l'arrêt des hostilités. Néanmoins, les données indiquent aussi une remontée, éphémère mais encore puissante, du soutien à Hitler, particulièrement mais pas seulement chez ses fidèles du Parti. D'importantes réserves de sympathie pour Hitler existaient toujours. Vu la situation, le mythe Hitler conservait une force remarquable."

A la fin de la guerre, au début de 1945, les origines de tout ce désastre commencèrent à faire surface, mais avec une amertume incommensurable, comme nous l'explique Ian Kershaw, page 269 :

"Début janvier 1945, des observateurs de la région de Stuttgart indiquaient que l'on citait "Mein Kampf" - bien tardivement ! - afin de prouver que la guerre était de l'entière responsabilité de l'Allemagne, qu'elle était due aux objectifs expansionnistes formulés par Hitler vingt ans plus tôt, et qu'il était clair que "le Führer avait oeuvré pour la guerre dès le tout début"."

Toujours dans les premiers mois de 1945, le mythe de Hitler s'était effondré avec sa guerre mondiale à caractère Génocidaire et..., interminable. Hitler se suicida donc, le 3 avril 1945.

Concluons avec quelques pistes de réflexion :

1 / On a l'impression à la lecture de ce passionnant ouvrage de Ian Kershaw, que quoiqu'il arriva, le Peuple Allemand avait décidé de remettre aveuglément le sort de la Nation Allemande, entre les mains d'un Chef charismatique, pour le meilleur, ou comme ici..., pour le pire, et tragiquement ce Führer fut : Hitler !
En effet, il est pour le moins étonnant de constater que "Le mythe Hitler" a perduré quasiment 20 années au sein d'une variable, mais toujours importante partie de la population Allemande : depuis les années 1925, avant son élection démocratique de 1933 et jusque, quasiment, à la fin du monstrueux Génocide de la Shoah et la fin de la guerre en 1945.

2 / Il paraît évident qu'à partir du moment où il émergea le mythe du Führer, dès avant son élection Démocratique en tant que Chancelier du III Reich le 30 janvier 1933, il ne pouvait exister d'opposition réelle et efficace au régime. Car, comme l'adhésion à Hitler était massive, ce n'était pas quelques oppositions ponctuelles, partielles et locales qui pouvaient lutter contre ce régime Totalitaire, et encore moins d'envisager de le renverser. Sauf, si l'un des attentats perpétrés contre Hitler avait réussi. Et encore..., les cadres du Parti Nazi : Goebbels, Goering, Himmler, Eichmann, Rudolf Hoess, etc., auraient peut-être eu la possibilité de perpétuer l'immonde régime Nazi...

3 / Certainement que les meilleurs remèdes permettant aujourd'hui et demain, à nos Démocraties, d'éviter de tomber un jour dans l'abysse d'un mythe Totalitaire, est de bannir toute tentation d'idolâtrie, de culte de la personnalité ; mais en revanche, de rester ouvert d'esprit, curieux, de s'informer sur les candidats potentiels, les Partis Politiques, les phénomènes et sujets de société, etc.. Sans oublier de se servir des tragiques leçons de l'Histoire de l'Humanité, pour faire en sorte le plus possible dans l'avenir : de raison garder...

Voici pour finir, encore deux extraits de ce passionnant ouvrage de Ian Kershaw, qui peuvent permettre d'aider à la compréhension, quant à la complexité voire l'ambiguïté de l'opinion publique Allemande à cette époque, d'abord page 300 :

"Il est clair que le traitement infligé aux Juifs faisait l'objet d'une exclusion, délibérée ou subliminale, de la conscience populaire - un manque d'intérêt plus ou moins voulu, ou un désintérêt entretenu, en parfaite harmonie avec le repli croissant "sur la vie privée" et sur les soucis personnels dans le contexte difficile et angoissant d'une période de guerre."

Et également, pages 304 et 305 :

"Cette situation a assuré au moins un consentement passif, sinon une approbation totale, à l'inhumanité croissante de la politique antijuive des nazis, et offert au régime une vaste zone d'autonomie, libre de toute contrainte qu'aurait créée un désaveu populaire, pour adopter des mesures toujours plus radicales dans le sens d'une "solution finale" de la "question juive"."

Confer également un autre ouvrage aussi passionnant sur le même thème, de :
- Peter Longerich Nous ne savions pas : Les Allemands et la Solution finale, 1933-1945.
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5.0 étoiles sur 5 Une étude de socio-historique sur la perception de Hitler par les Allemands ordinaires : 1933-1945, 31 mai 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le mythe Hitler (Broché)
Le mythe Hitler est un ouvrage qui se situe au confluent de la psychologie sociale et de l’histoire et qui part du constat inquiétant que « peu de dirigeants politiques du XXème siècle ont été plus populaire aux yeux de leur propre peuple que Hitler pendant les 10 ans qui ont suivi sa prise de pouvoir du 30 janvier 1933 ».

Cet ouvrage est fondamental pour avoir une compréhension du phénomène Hitler, et des moyens de contrôle sociétal mis en œuvre par les nazis pour contrôler l’opinion publique allemande. Les sources utilisées par Ian Kershaw sont des rapports d’ambiance du SD (Service de renseignement de la SS créé par Reinhard Heydrich et repris à sa mort par Ernst Kaltenbruner) et d’autres entités nazies qui rédigeaient, des rapports confidentiels sur le moral et ceux qui étaient reçus par les dirigeants du SPD en exil (Sopade).

L’ouvrage est bien écrit, il intéressera autant les universitaires que le public féru d’histoire de la seconde guerre mondiale. Sa lecture sera remarquablement complétée par un second ouvrage de Ian Kershaw « L’opinion allemande sous le nazisme : Bavière 1933-1945 », CNRS Edition.

Ian Kershaw met l’accent sur un élément fondamentale qui est l’adulation de Hitler était une donnée cruciale pour la compréhension du nazisme en tant que phénomène de masse : « l’engouement pour Hitler débordait de très loin les rangs des nazis convaincus, et touchait même beaucoup de gens qui regardaient d’un œil critique les institutions, la politique et l’idéologie du régime ». L’ouvrage de Kershaw tente d’expliquer ce phénomène en focalisant non pas sur Hitler comme individu, mais sur Hitler en tant qu’image construite par une puissante propagande. Le mythe Hitler a été construit comme « une force d’intégration par un régime tout à fait conscient de la nécessité de fabriquer du consensus ». La technique a consisté à soigner l’image de Hitler, à la présenter comme un homme foncièrement dévoué à l’Allemagne, un chef au service de son peuple, à présenter un Führer héroïque dans sa volonté de rétablir la puissance et le prestige de l’Allemagne. Les éléments sous-jacents de psychologie sociale utilisés pour construire le mythe et l’imposer aux masses sont très proches de ceux exposés par Gustave Le Bon dans sa sociologie des foules (ouvrage qui reste passionnant à lire, même dépassé).

Ian Kershaw indique que Joseph Goebbels voyait dans sa création du mythe du Führer, à l’apogée de sa puissance en 1941, sa plus belle réalisation ne matière de propagande. L’ouvrage procède donc à l’étude méthodique des étapes de la création du mythe Hitler allant du « Führer de l’Allemagne qui vient » à l’étude du profil de Hitler dans la propagande sur la période 1933-1936 ou ce dernier devient le symbole de la Nation Allemande. A partir de 1936, Ian Kershaw considère que le mythe du Führer s’est imposé à Hitler lui-même, qui en vient à croire sa propre propagande, et notamment à croire en son infaillibilité.
Ian Kershaw décrit une situation majeure, qui réside dans la déconnexion de l’image du Führer de celle du parti nazi. Le Führer est perçu par les masses allemandes comme quelqu’un de foncièrement bon, mais avec un entourage détestable : il s’agit de Hitler et des petits Hitler. Les cadres du parti nazi et les SA sont perçu comme des voyous : Hitler est un dirigeant honnête entouré de personnages sans scrupules. On voit comment le massacre de la direction des SA le 30 juin 1934, à la suite du fantasmatique putsch de Röhm est un élément violent qui en fait reçoit un bon accueil chez les Allemands. Ceux-ci sont persuadés que le Führer rétabli l’ordre et Hitler bénéficie d’une image très positive, peut-être même encore améliorée : il devient l’agent d’une justice naturelle, car il défendait les petits contre les gros pour reprendre la terminologie exacte de Kershaw.

Le bras de fer avec les églises protestantes et catholiques engagé par les nazis, avec bien sûr l’assentiment de Hitler permet de voir que la machine nazi se heurte à une très forte résistance, et que le prestige du chef n’est sauf qu’en le déconnectant artificiellement de cette action attribuée au NSDAP.

La période qui va de l’annexion de l’Autriche à la guerre en Pologne puis contre les puissances occidentales, est fortement anxiogène pour les Allemands qui redoutent d’être entraînés dans un nouvelle guerre, mais à nouveau les succès diplomatiques du Führer puis les succès militaires de la période 1940-1941 permettent d’ajouter au mythe du Führer une dernière touche qui est celle du « génie militaire ».

Le travail de Ian Kershaw montre que le mythe du Furher atteint ses limites pratiques lors des premiers revers militaires de l’Allemagne sur le front de l’Est et s’effondre de manière graduelle, parfois avec quelques sursauts étonnants, mais finis par disparaître totalement discrédité par les faits eux-mêmes.

Pour ce qui est de la question de l’antisémitisme et de la solution finale, et bien qu’il s’agisse du sujet le plus complexe à appréhender, les travaux de Ian Kershaw montrent que l’antisémitisme hystérique de Hitler n’a pas trouvé une résonance aussi forte que prévue chez les Allemands en dépit de sentiments d’hostilité aux Juifs très présents dans la société allemande. Les Allemands dans leur grande majorité se seraient contentés de mesures discriminatoires à l’encontre des Juifs, voire même leur expulsion de la communauté nationale et du territoire de l’Allemagne sans réclamer une solution finale de la question Juive. Ce qui conduit Ian Kershaw à estimer, que sauf dans un petit pourcentage de la population, « beaucoup d’éléments incitent à conclure que, tout en étant le pivot de la pensée personnelle de Hitler, l’antisémitisme a été un facteur secondaire dans la constitution de l’opinion populaire sous le IIIème Reich ».

Néanmoins, l’auteur ajoute « qu’en se faisant le héraut « de la destruction de la juiverie européenne », en s’associant ouvertement aux mesures antijuives, les plus radicales, Hitler a amélioré son image dans une minorité, mais une minorité croissante et puissante de la population allemande (en particulier, mais pas uniquement chez ceux qui étaient organisés dans le mouvement nazi et, bien évidemment chez ceux qui dès avant la guerre avaient adhéré sans réserve au nazisme et chez les antisémites idéologiques convaincus ». Pour les Allemands ordinaires, inorganisés, l’antisémitisme nazi n’a jamais été une question centrale, mais la popularité massive du Fuhrer a permis de disposer « d’un consentement passif, sinon une approbation totale à l’inhumanité croissante de la politique des nazis(…) ».
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3.0 étoiles sur 5 Le totalitarisme vu de l'intérieur, 30 juillet 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le mythe Hitler (Broché)
De part un travail historique minutieux à travers les archives des SD et du Sopade l'auteur donne une vision de la guerre vue de l'intérieure de l’Allemagne et fait comprendre l'orchestration de la propagande, la fabrication de l'opinion, l'aspect fictionnel entretenu. Bien qu'il s'agisse ici d'un monstre nous retrouvons pratiquement tout les éléments contemporains de la communication. Je connaissais le développement du culte de la personnalité que l'on retrouve toujours dans les dictatures, mais avec ce livre j'ai mesuré l'aspect messianique et délirant qui caractérise avec brutalité cette période de la seconde guerre mondiale. Dernier point, le rôle "d'accompagnement" non négligeable de l'église vis-à-vis du régime. Le style d'écriture n'est pas trivial et regorge d'informations, rapports, sondages, statistiques, qui fait qu'il faut parfois "s'accrocher" pour lire l'auteur, toutefois il donne à voir avec lucidité toute l'horreur indicible de ce que signifie le totalitarisme.
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5.0 étoiles sur 5 Génialissime, 27 septembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le mythe Hitler : Image et réalité sous le IIIe Reich (Broché)
Pour moi qui suis étudiante en master d'histoire sur cette période justement, Sir Ian KERSHAW est LA référence absolue pour qui s'intéresse de près ou de loin à ce système totalitaire.

Le livre est très bien écrit, facile d'approche, très bien documenté.

Je le recommande vivement : à mettre dans toute bibliographie et bibliothèque !
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Le mythe Hitler
Le mythe Hitler de Ian Kershaw (Broché - 25 août 2008)
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