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5.0 étoiles sur 5 L'impasse de la gauche contemporaine enfin éclairée
Sur le fond, très riche, je m'en tiendrai au point de départ présenté dans le premier chapitre : On ne doit pas séparer le libéralisme politique (toutes les idéologies de gauche) du libéralisme économique (le marché et les modes les plus extrêmes dont il s'impose aux hommes). Le libéralisme est...
Publié le 17 mai 2009 par Jean-paul Lacharme

versus
9 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Une vision partisane du libéralisme
Michéa dénonce dans cet ouvrage l'emprise du libéralisme sur la pensée actuelle et en particulier la gauche contemporaine. Il l'annonce d'entrée dès les premières lignes et le titre du premier chapitre "l'unité du libéralisme". Pour Michéa, on ne saurait distinguer un bon libéralisme d'un mauvais...
Publié le 7 juillet 2012 par Amazon Customer


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5.0 étoiles sur 5 L'impasse de la gauche contemporaine enfin éclairée, 17 mai 2009
Par 
Jean-paul Lacharme (Marseille, France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'empire du moindre mal : Essai sur la civilisation libérale (Broché)
Sur le fond, très riche, je m'en tiendrai au point de départ présenté dans le premier chapitre : On ne doit pas séparer le libéralisme politique (toutes les idéologies de gauche) du libéralisme économique (le marché et les modes les plus extrêmes dont il s'impose aux hommes). Le libéralisme est un projet radical, et contrairement à l'idée absurde, mais particulièrement répandue à gauche, les politiques libérales ne sont ni conservatrices ni réactionnaires, mais le libéralisme constitue l'idéologie moderne par excellence. Il s'appuie pour cela sur les inventions des sciences expérimentales de la nature qui offrent une assise métaphysique solide à la notion de Progrès. Par ailleurs, cet idéal moderne de Progrès est fortement enraciné dans le désir d'échapper aux horreurs des guerres de religion qui ont ravagé l'Europe aux XVIe et XVIIe siècles. A l'idéal héroïque du guerrier prêt à sacrifier sa vie pour des causes morales s'est peu à peu substitué celui du bourgeois, du marchand aspirant au repos dans la pratique du « doux commerce ». Les composantes du libéralisme philosophique se sont ainsi mises en place : d'un côté la rationalité (le paradigme scientifique), de l'autre le double patronage du Droit et du Marché et la primauté du Juste sur le Bien. Le droit pragmatique viserait ainsi à une pure administration des choses ... et c'est ici que les ennuis du libéralisme politique commencent : il se retrouve confronté à un nombre croissant de « problèmes de société » manifestement impossible à résoudre de manière cohérente et finit par se perdre dans une règlementation massive de tous les problèmes possibles et imaginables.

Sur la forme, le seul défaut -mais ça n'en est pas vraiment un- de cet ouvrage clé de Michéa, est sa densité. On ne peut hélas lire ces 210 pages comme un roman. Il faut prendre le temps d'annoter, de souligner, de sauter aux scholies des fin de chapitres, de disséquer un style précis, jamais verbeux, dont la logique est extrêmement rigoureuse. Les notes bibliographiques donnent souvent envie de lire les auteurs auxquelles elles renvoient.

Sur ce thème, « Impasse Adam Smith », constituait une première ébauche de l'ouvrage alors que « La double pensée. Retour à la question libérale » précise certains points qui auraient pu paraître ambigus. A ne lire qu'un livre de Michéa, je conseille fermement cet « Empire du moindre mal ». La lecture de cet ouvrage permet à mon avis de comprendre de façon très claire la situation calamiteuse de la gauche en France, mais également un peu partout dans le monde. Le lecteur curieux aura certainement envie après cela de découvrir Orwell, Lasch, Caillé et le MAUSS, mais peut-être aussi par antithèse, des références comme Fukuyama ou Friedman, et pourquoi pas, Smith, Hobbes ou Mandeville.
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43 internautes sur 49 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Du moindre mal au meilleur des mondes, 3 janvier 2008
Par 
Jules Alexandre Théophraste de Corvée de Ch.... (Aix-en-Provence, France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'empire du moindre mal : Essai sur la civilisation libérale (Broché)
Voilà un ouvrage salutaire en ces temps de confusion des idées ou les mots de "libéralisme" et "d'anti-libéralisme" sont employés à tort et à travers. Michéa nous montre ce qui était à l'origine du libéralisme: la recherche de la société du moindre mal après les guerres de religion, où sous l'influence de Montesquieu, on s'est mis à penser que le commerce constituait une passion pacifique "gagnant gagnant" capable de remplacer les passions politiques. Cela supposait qu'il existât un ordre économique naturel, ce qui n'est pas le cas. Le libéralisme est devenu une idéologie tout aussi totalitaire que le marxisme et tout aussi déterministe.
Du moindre mal on est passé au meilleur des mondes où la libération des pulsions peut définir la société optimale. Michéa montre bien la contribution de l'extrême-gauche à la construction de l'univers idéologique d'une société (ou de ce qu'il en reste) réduite au marché.
Si vous vous étonnez encore de voir les anciens trostkystes à la tête d'organisations patronales, de voir que la LCR a le même programme que le MEDEF sur nombre de questions "de société", si vous pensez que Cohn-Bendit a changé - alors qu'il est resté exactement le même - alors vous devez lire ce livre pour vous déniaiser.
Michéa fait preuve d'une grande culture, y compris en histoire économique, ce qui est rare chez un philosophe. Le Livre est plein de référence qui sont source de lectures d'approfondissement.
Puisque certains annoncent une nouvelle "culture de civilisation", voilà par où commencer!
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15 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une critique très structurée du libéralisme en tant que dogme, 20 octobre 2010
Par 
J-loic Vavasseur "Kersaint" (Crozon, Bretagne) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'empire du moindre mal : Essai sur la civilisation libérale (Poche)
Si vous cherchez une critique sérieuse du libéralisme et êtes prêts à consacrer le temps qu'il faut à ses quelque 200 pages plutôt denses, ce livre pourrait bien vous intéresser. En voici un résumé au risque de trop le simplifier :

L'auteur commence par y définir le libéralisme en tant qu'allégeance aux deux « fondamentaux » que sont les lois du marché et la justice qui les accompagne... à l'exclusion de tout autre, en particulier de nature morale et/ou religieuse.
L'idée consiste à expliquer ce choix de la « main invisible du marché » comme seul maître légitime par une approche défensive, visant à éradiquer de la planète entière toute entreprise dominatrice de nature morale ou religieuse, source récurrente d'affrontements dans le passé (d'où le titre bien trouvé de "l'empire du moindre mal").
Pour cela, il se fonde en particulier sur deux tournants historiques dans la droite ligne des « Lumières » :
- Le progrès observé des notions de "juste" et d' "injuste" au détriment de celles de "bien" et de "mal"
- Les progrès observés de la mondialisation de l'économie aux dépens des protectionnismes, notamment nationaux

Ensuite, l'auteur tente de montrer qu'à force de vouloir écarter à priori toute référence morale au bénéfice des seules lois du marché, empiriquement régulées juste autant que nécessaire, la société moderne (l'empire) en vient à transgresser malgré elle son crédo minimaliste :
- D'une part elle pose ainsi une sorte d'acte de foi négationniste de cette générosité humaine sur laquelle se fonde, entre autres, le pacte social
- D'autre part elle est amenée à complexifier toujours plus son arsenal législatif, au risque de rendre illisible ledit pacte social...
Avec pour résultat de nous faire retomber ainsi dans les travers (conflits liés à une absence de consensus sur le modèle à suivre) dont on entendait pourtant se préserver !

Si la démonstration m'a parue quelque peu difficile à suivre par endroits, il semble que l'on tienne là un éclairage très actuel. Il permet en effet de comprendre aussi bien l'animosité observable entre les fondamentalistes du marché et ceux de l'Islam que la révolte des Français devant la complexité des règles auxquelles veulent nous assujettir Bruxelles et Washington ! Une belle piste à creuser pour ceux qui refusent la pensée unique.
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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Tout simplement génial, 8 juillet 2012
Par 
Daniel Roux - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'empire du moindre mal : Essai sur la civilisation libérale (Poche)
Michéa tourne en rond dans son analyse sur le libéralisme. Il se répète au fur et a mesure de ses ouvrages (tous excellent par ailleurs).

Cet ouvrage est néanmoins la meilleur introduction a son oeuvre, trop peu connue.
Qu'est ce que le libéralisme, la droite, la gauche, le progrès?
Comment tous ces idées que nous connaissont tous vaguement s'articulent entre elles?

Essai philosophique, historique et sociologique, il reste abordable à tout lecteur un tant soit peut motivé.

Michéa est inclassable selon les critères modernes, mais est dans la continuité de très grands comme Orwell, Chesterton, Morris, Lash.

Dans 50ans gageons que les petits penseurs actuels seront mit au placard et que comme symbole de la lucidité de l'époque on citeras, parmi d'autre, cet brillant penseur.
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31 internautes sur 39 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Le libéralisme comme vous ne l'avez jamais vu, 24 février 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'empire du moindre mal : Essai sur la civilisation libérale (Broché)
Essai passionnant. La thèse (le Medef, les subprimes, et les gros salaires du Cac 40 gîtaient dans les généreuses lumières du libéralisme politique du XVIIIème) est fort documentée et convaincante, jusque dans ses pointes les plus aventureuses : côté gauche surtout, ça tape fort, tout le monde en prend pour son grade : Sarko et Besancenot, même combat.
Mais contre quoi échanger le libéralisme, que mettre à la place de l'ensommeillement trompeur quand (et si) les peuples un jour se réveillent de leur torpeur ? Faut-il faire se lever à nouveau l'astre de la tyrannie ? Car l'anti-libéralisme pourrait nous conduire bien loin. Mais ce n'est pas du goût de l'auteur qui espère dans l'innocence d'une "common decency" orwellienne. Il est permis d'être un peu frustré par une perspective si vaguement moraliste.
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Lumineux !, 12 juin 2013
Par 
Alexis Livier - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'empire du moindre mal : Essai sur la civilisation libérale (Poche)
Jean-Claude Michéa est sans doute l'un des philosophes les plus lucides de notre temps. Dans cette ouvrage, il se propose d'étudier la société libérale, de ses fondements philosophiques et politiques à ses "conséquences" contemporaines.

Le libéralisme naît au XVIe-XVIIe, en réaction aux effroyables guerres de religion qui dévaste l'Europe (huit rien qu'en France) ; en effet, c'est la première fois que des guerres sont livrées, non pas pour conquérir un territoire et faire main basse sur des ressources stratégiques, mais pour exterminer "ceux qui ne pensent pas pareil", où "le père se dressait contre le fils et le frère contre le frère". Que l'on songe à La Guerre de Trente Ans : 1618-1648 ; bien qu'en apparence, il puisse s'agir d'un conflit politique qui a vu la France ravir la place de première puissance européenne à l'Espagne dès 1643, on trouve toujours en toile de fond des Etats catholiques et protestants qui se battent à mort ; cette guerre a laissé des régions d'Allemagne privées de soixante à soixante-cinq pour cent de leur population, et l'on comprendra que cette époque ait été marquée par la peur de la mort violente (la naissance de l'art baroque date de cette époque).

Le libéralisme naît d'un constat pessimiste des penseurs de l'époque : l'Homme est mauvais ; "l'Homme est incapable du vrai et du Bien" pour Pascal ; "L'Homme est un loup pour l'Homme", selon Locke ; "Aussi longtemps que les hommes vivent sans un pouvoir commun qui les tient en respect, ils sont dans cette condition qui se nomme guerre, la guerre de chacun contre chacun", pour Hobbes. Cette idée de "pouvoir commun" détournant les Hommes de leurs passions idéologiques (= définir ce qu'est le Bien, et se battre à mort pour lui) voit tout d'abord l'établissement de la monarchie absolue de droit divin, où un seul homme incarne et décide de tout (propos à nuancer par le contre-pouvoir qu'incarnaient les Parlements provinciaux, dans le cas du Roi-Soleil), à la tête d'un Etat qui devra neutraliser les passions idéologiques.

Après le règne pour le moins guerrier de Louis XIV est née l'idée que les seules entités pouvant mettre un terme à l'état de guerre généralisée étaient, d'une part, le Droit, soit les lois garantissant les libertés publiques et prévenant l'arbitraire, et le Marché, censé détourner l'énergie des Hommes de la guerre vers la production de richesses, bénéfique à l'Humanité entière ; ce crédo s'est bien sûr développé avec ceux qu'on a appelé les Lumières, de Montesquieu à Adam Smith. Il faut privatiser les valeurs, de façon à ne jamais définir le Bien, donc à ne jamais être tenté de faire la guerre en son nom, et servir l'intérêt des Hommes, puisque l'Homme est un égoïsme par nature, et seul la préservation de ses "intérêts bien compris" permettra de maintenir la cohésion de toute société. Voilà pour la naissance et le développement du libéralisme.

J.-C. Michéa étudie par la suite le libéralisme contemporain, qui est le découlement logique du libéralisme fondateur, mais qui est aux antipodes de la pensée libérale première ; en effet, le Droit libéral doit refuser de s'inspirer d'une quelconque morale ou de la religion, puisque celles-ci relèvent de la sphère privée, et peuvent heurter une partie de la population, voire déboucher sur des horreurs ; de là découlent, premièrement, la lutte contre tous les "archaïsmes" (= traditions, auxquelles sont encore attachés les gens normaux), et la prolifération de lois pour "garantir des Droits aux opprimés" (je n'en ferai pas la liste ici, il y a trop d'"opprimés" !). Le Droit devient donc une machine glacée, d'une neutralité amorale, chargé de maintenir la cohésion de la société, aidé en cela par le Marché et la Croissance infinie, qui sont supposés mobiliser les Hommes et les rendre heureux (L'argent ne fait pas le bonheur, qui a dit cela ?) à la fin, car bien sûr, comme toute religion, le libéralisme promet aux hommes nouveaux le paradis terrestre, grâce à la Sainte-Trinité Droit-Marché-Science ; de là une fuite en avant perpétuelle : le fameux "Demain sera meilleur qu'aujourd'hui", qui semble être la panacée.

On constate que, sur le plan politique, Gauche et Droite marchent ensemble vers un avenir radieux ; les uns faisant sans cesse évoluer le Droit, tandis que les autres font évoluer le Marché ; parler de "néolibéralisme", d'ultralibéralisme", ou dire qu'être libéral, c'est être un réac facho, comme le font tous les sociologues d'Etat qui ne sont jamais sortis de l'université, est donc un contresens absolu, puisque pour survivre, le libéralisme a toujours besoin de transgresser les règles et lois, de tout bouleverser pour aller de l'avant (on comprend dès lors que soit ne soit fait contre les requins de la finance internationale, ni contre leurs "homologues" du bas de l'échelle sociale : les délinquants et criminels).

Ce qui était au départ un constat intellectuel pessimiste (et faux) s'est transformé peu à peu en idéologie intolérante (que l'on songe au nombre de lois mémorielles et liberticides qui réinstaurent le délit d'opinion, voire le blasphème, pour ne pas "stigmatiser"), et a fait évoluer la société vers un monde froid, procédurier (l'avocat est, avec l'"expert" et le psychologue, le nouveau curé de la société), égoïste, dans lequel la méfiance devient la règle, et le fric l'objectif de tout un chacun, et, disons le mot, stupide, puisque toute idée étant désormais susceptible de heurter la sensibilité de quelqu'un, il faut mieux voir les "people" étaler leurs seins siliconés sur les plateaux de télévision...

De lecture exigeante, mais point trop difficile pour peu que le sujet vous intéresse, cet essai de J.-C. Michéa vous éclairera vraiment sur les origines de la pensée libérale, et surtout sur la vacuité de notre société "merdiatique". Nous avons, hormis cette analyse très fine du Droit et du Marché, quelques passages sur l'enfant-roi, le désintéressement de tout le monde pour tout, et l'immaturité dans laquelle nous baignons maintenant jusqu'à un âge avancé.

A lire, ainsi que tous les autre ouvrages de cet auteur !
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7 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Pré-vision ou cri d'alarme?, 26 décembre 2011
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'empire du moindre mal : Essai sur la civilisation libérale (Poche)
Au-delà des origines et des mécanismes historiques et idéologiques du libéralisme qui servent ici de trame au cheminement de l'auteur, c'est en parcourant le dédale des incohérences et contradictions fondamentales et effectives de celui-ci que JCM justifie son idéal d'une "common decency" orwellienne, dans cette critique concentrée et didactique (clarifiée par le choix judicieux de reporter les références et extensions en de longues notes annexées à chaque chapitre, aussi denses que ceux-ci).
L' auteur entend démontrer que le stade actuel des libéralismes économiques et culturel (donc de droite comme de gauche'), est l'aboutissement inéluctable de leur doctrine originelle. Que le libéralisme n'est pas issu (contrairement à la plupart des théories du contrat social) de la percée humaniste de la Renaissance, mais s'est surtout constitué en remède aux conflits et guerres civiles des XVI° et XVII° siècles aux origines idéologiques morales et religieuses, éternelles fauteuses de troubles qu'il s'agissait d'éliminer en proposant un système axiologiquement neutre. "Fondé sur la défiance méthodique, la peur de la mort et la conviction qu'aimer et donner étaient des actes impossibles", le libéralisme se justifie et s'épanouit ainsi par l'égoïsme « naturel » qui est censé assurer une paix automatique et, à terme, la prospérité. C'est un modus vivendi qui, en déniant à l'homme toute capacité à une socialisation naturellement solidaire, prétend y pallier techniquement par l'exercice par chacun de son libre intérêt, garanti par le Marché et un Droit dont on voit que la prétention à interdire toute entrave à la liberté de l'autre conduit à un Meilleur des Mondes lobotomisé, devenu idéologique par la nécessité d'une éternelle Croissance faite Religion qui implique l'injonction consumériste actuelle. (On appréciera à ce propos la digression psychanalytique sur l'élimination par l'idéal libéral d'une autorité patriarcale, frontale, visible, au profit inconscient d'une suggestion sournoise de coloration matriarcale abusive, insidieuse, dont le non-respect ferait perdre à l'individu rétif son estime de soi).
Pourtant, "Dans la mesure où l'industrie (exploitation rationnelle et illimitée de la nature) constituait, dans tous les montages philosophiques libéraux, la forme idéale du détournement des énergies guerrières vers des fins estimées utiles à tous, il existait donc bien au cœur du libéralisme, un élément originel d'optimisme et d'enthousiasme. C'est cet élément qui a permis de justifier le culte religieux de la Croissance et du Progrès matériel qui est au principe de la civilisation moderne".
Ces idées, développées, largement complétées et argumentées, nous amènent à envisager l'emballement libéral, dans son refus fondamental d'intégrer la possibilité d'une bonté naturelle à l'homme, comme une fuite en avant vers une société globale technologique sophistiquée, habitée par un être nouveau déshumanisé et machinal qui (à la façon des civilisations décrites dans l'ouvrage passionnant de J.Diamond cité par JCM) fait le lit de sa régression intellectuelle et de la perte de son humanité (voire de sa disparition physique). " Le nouvel être humain que les élites libérales sont désormais décidées à imposer à l'échelle de la planète exige, en effet, que les hommes cessent précisément de se sentir hommes et se résignent enfin à devenir de pauvres monades égoïstes, condamnées à produire et consommer toujours plus, chacune luttant impitoyablement contre toutes les autres' Car s'il est ainsi toujours exact que l'homme n'est pas égoïste par nature, il est non moins exact que le dressage juridique et marchand de l'humanité crée, jour après jour, le contexte culturel idéal qui permettra à l'égoïsme de devenir la forme habituelle du comportement humain".
Souvent cité en référence dans cet ouvrage, « La culture du narcissisme » » de C.Lasch pourra en constituer un utile complément.
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9 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Une vision partisane du libéralisme, 7 juillet 2012
Par 
Amazon Customer (France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'empire du moindre mal : Essai sur la civilisation libérale (Poche)
Michéa dénonce dans cet ouvrage l'emprise du libéralisme sur la pensée actuelle et en particulier la gauche contemporaine. Il l'annonce d'entrée dès les premières lignes et le titre du premier chapitre "l'unité du libéralisme". Pour Michéa, on ne saurait distinguer un bon libéralisme d'un mauvais et la gauche se fourvoierait à vouloir séparer libéralisme économique et libéralisme politique et culturel. Les deux sont pour Michéa indissociables et pour ne pas avoir l'ultra capitalisme sans âme, il n'est d'autre possibilité que de rejeter toutes les formes du libéralisme, y compris politique. En cela, Michéa est marxiste, cela transparaît d'ailleurs à maints endroits.

Le problème du libéralisme serait de viser à mettre en place une société "sans qu'il n'y ait plus jamais lieu de faire appel à la vertu des sujets" (p33). Telle serait la solution trouvée au 17ème pour sortir des conflits de religion, et pour que la paix s'instaure. L'espace commun se réduirait au Droit et au marché, régulés par leurs propres lois et dans lesquels chacun pourrait vacquer à ses occupations et poursuivre ses intérêts. En quelque sorte, le libéralisme serait au mieux a-moral et au pire immoral. Ce problème serait au coeur du projet libéral, politique ou économique puisqu'ils ne sont que deux formes d'une même pensée et philosophie. Le libéralisme serait l'expulsion de la question morale du champ social et politique. Or, dire que la société libérale, y compris américaine, ne fait pas appel à la vertu des sujets montre simplement une méconnaissance profonde de la société et la pensée libérale contemporaine. On peut ne pas être d'accord avec la définition en jeu de la morale, mais on ne peut écrire qu'il n'est pas fait appel à la vertu des sujets. C'est simplement faux.

Le libéralisme étant pour Michéa par essence immoral, et comme par ailleurs, il est vain et illusoire de tenter de distinguer entre les différents libéralismes, il faudrait tous les rejeter.

La thèse ne m'a pas convaincue tant sur le fond que par la forme. Je ne vais pas relever tous les points de désaccord ils sont trop nombreux et il y a trop souvent des généralisations abusives, des commentaires qui tordent le sens d'un texte pour servir la thèse. Je ne mentionnerai que la définition du libéralisme p. 29 : "Comme le souligne clairement Benjamin Constant, 'le but des modernes est la sécurité dans les jouissances privées; et ils nomment liberté les garanties accordées par les institutions à ces jouissances.' On ne saurait mieux dire que la liberté que vont célébrer les libéraux [...] n'est d'abord que l'autre nom d'une vie tranquille (et si possible agréable) et d'une aspiration à un repos historique bien mérité." Il y a là une lecture partisane et biaisée de la formule de Constant. Constant ne dit pas que la liberté est une vie tranquille mais des garanties données par des institutions. La lecture de Michéa est erronée. Michéa n'a pas compris ce que Constant voulait dire. Ce type de problème est fréquent tout au long du livre et rend l'argumentation caduque voire fallacieuse.

Les auteurs libéraux cités à l'exception de Fukuyama sont essentiellement les premiers penseurs : Constant, Adam Smith, mais Michéa ne cite jamais un auteur comme John Rawls qui pourtant s'est posé les questions de justice et de morale dans une société libérale et reste incontournable parmi les penseurs contemporains du libéralisme.

La pensée libérale et ses limites, ses critiques est un sujet qui m'intéresse. J'avais été également attiré par la mention de George Orwell dont je suis un grand admirateur. Je rejoins Michéa sur la nécessité de prôner, à la suite de Orwell, une décence commune au coeur de la société comme limite au libéralisme. C'est l'un des rares point d'accord avec sa pensée.

Cet ouvrage m'a surtout permis de clarifier ma pensée et mes points de désaccord avec la philosophie que Michéa incarne.
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6 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le genre d'essai qui vous imprègne pour le restant de votre vie, 16 août 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'empire du moindre mal : Essai sur la civilisation libérale (Poche)
Je ne peux que recommander cet ouvrage critique de la société marchande pour ceux qui, comme moi, ont toujours compris depuis leur plus tendre enfance que le monde actuel n'était pas - et n'a jamais été - un "aboutissement naturel" de notre société. Le monde a fait des choix qui nous ont conduit là où nous sommes aujourd'hui. Notre société chrématistique a décidé de troquer la transcendance contre l’immanence, Dieu contre le mythe de la réussite individuelle et enfin le caractère extérieur de l'objet des peurs contre leur intériorisation profonde dans la psyché de l’individu. Nous en sommes réduits à des monades économiques, électrons libres individualistes recherchant la maximisation de leur propre intérêt afin de laisser la main invisible réaliser son merveilleux travail. Nous avons libéré l'homme de la religion mais avec celle-ci les valeurs qui y étaient associées. La disparition des valeurs, des codes, de la pudeur, de l'empathie, de l'honneur, de la réserve...tout cela doit permettre de réaliser un "vide d'air" dans la chambre économique dans laquelle nous, petites monades, nous agitons par mouvements chaotiques. Seule la justice intervient pour être certaine que chacun maximise bien son propre intérêt sans trop empiéter sur celui des autres. Vous l'aurez compris, si certains dans les commentaires ci-dessous se plaisent à souligner que la thèse de Michéa sur une fusion idéologique de la gauche et de la droite n'est pas démontrée dans les faits (en mettant en avant l'aile conservatrice de la droite Vs de la gauche) on ne peut pas nier que plus aucun politique n'ose remettre en cause les fondements de notre société, de plus en plus anomique. Cet essai est plus un ouvrage sur la chronologie de la société de consommation ainsi que la désagrégation du tissu social, que sur la révision d'une dichotomie Gauche-Droite.

Je peux vous l'assurer, on en ressort marqué, et pour m'être procuré les autres volets (La doublé pensée ; Impasse Adam Smith et la Culture du Narcissisme de Lasch) c'est celui-ci que je recommande car il en représente la synthèse. Les deux autres contiennent trop de redites et digressions tandis que celui de Lasch est trop centré sur l'Amérique et d'un style lourd à lire qui date un peu.
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15 internautes sur 24 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 brilliant!, 16 janvier 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'empire du moindre mal : Essai sur la civilisation libérale (Broché)
Pour ceux qui ont déjà travaillé le sujet,une formidable synthèse et bien au-delà.Pour ceux qui abordent le sujet,la possibilité de s'épargner bien des égarements.Bref, et sans hésitations,un chef-d'oeuvre .
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L'empire du moindre mal : Essai sur la civilisation libérale
L'empire du moindre mal : Essai sur la civilisation libérale de Jean-Claude Michéa (Poche - 10 mars 2010)
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