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le 7 septembre 2012
Sans déflorer cette riche analyse économique, que penser de sa version rédigée en anglais? À son passif, le livre est vite écrit. Parfois, on dirait même qu'il a été dicté et à peine retouché. On est donc loin des analyses magistrales de Rogoff et autres historiens de l'économie. Mais ce n'est qu'un léger désagrément car, à son actif, les idées de l'ouvrage sont claires et pertinentes. La contribution de son bilan à la compréhension de la situation économique est donc largement positive.
Dans cet opus, on discerne ce que Krugman aime, à savoir Keynes, Roosevelt, un peu Stiglitz et Obama. Et puis il y a le reste. Et là, c'est wagon: il y a les auteurs libéraux (Smith, Ricardo, etc.), les libéraux contemporains, les néolibéraux, Friedman, Bush, les banquiers, Trichet, Bernanke, et tous les autres économistes qui n'ont, selon Krugman, rien compris. L'auteur se plaît d'ailleurs à mentionner des citations, contredites par les faits subséquents, de ses pairs. Je crois même que Krugman, qui est un tribun télévisuel vivace, pourrait être assimilé à un "libéral" aux Etats-Unis, dont la traduction contre-intuitive est "gauchiste". Au reste, Krugman est souvent opposé, dans des débats télévisuels, aux caciques du Parti Républicain américain, dont on comprend que les velléités d'un retour à l'étalon-or s'opposent violemment aux propositions de laxisme économique de Krugman.
Ceci étant, Krugman confirme une intuition que nos gouvernants devraient intégrer, à savoir que l'histoire économique indique que les politiques d'austérité budgétaire sont suivies de contractions et d'aggravations du chômage. Selon Krugman, l'Europe est donc dans l'erreur totale en imposant une contorsion budgétaire dont il rappelle qu'elle est toujours récessionnaire. Les résultats de la politique économique imposée aux pays méditerranéens en sont l'illustration.
Krugman cite d'ailleurs un nom, qu'il moque, pour expliquer l'affaissement de la zone euro: Jean-Claude Trichet, qui a cru discipliner la monnaie unique à coup de cravaches budgétaires alors que notre continent s'enfonçait dans la récession. L'amplitude de la crise est, selon Krugman, gravement sous-estimée. Mais alors, que faire, selon le lauréat du prix Nobel, pour s'extraire de cette dépression?
Paul Krugman préconise une relance keynésienne par la stimulation de la demande. Il faut une politique de déficit budgétaire expansionniste, c'est-à-dire fondée sur des investissements productifs.
Il pense à un "New Deal", comme sous Roosevelt. Selon lui, le message des marchés est d'ailleurs très clair: si les taux d'intérêt sont si bas, c'est qu'ils indiquent que, malgré le niveau des dettes publiques, ces dernières peuvent être augmentées pour stimuler l'économie.
Selon le prix Nobel, plus de dettes publiques résoudra l'excès de dettes actuel, si le produit des dettes est affecté à des projets de croissance. La croissance économique et l'inflation diminueront ensuite le coût de ces dettes supplémentaires.
Concomitamment, Krugman recommande une politique monétaire allégée, avec un assouplissement quantitatif conduisant à ce que la Banque Centrale fixe un taux d'inflation-cible, plus élevé, de l'ordre 3-4%, et des achats d'actifs au sein desquels les dettes privées seraient éligibles. Krugman recommande aussi d'utiliser la création monétaire pour financer les déficits budgétaires. Il s'agit donc d'une monétisation des dettes.
Krugman pense que la monétisation des dettes n'entraînera pas immédiatement d'inflation car l'économie est engluée dans un piège de la liquidité, c'est-à-dire un moment où la stimulation monétaire est inopérante. C'est peut-être correct, à moyen terme, mais l'extraction d'un piège de la liquidité par la création monétaire finit pourtant toujours par l'inflation. Krugman ne le conteste pas, et c'est la raison pour laquelle il anticipe de devoir rehausser les objectifs d'inflation des banques centrales.
En bon adepte de Keynes, Krugman reprend les arguments de l'économiste néo-zélandais Phillips (1914-1975) qui opposa une politique de plein-emploi et une basse inflation. Krugman privilégie la mise à l'emploi à l'inflation, en écho à la phrase prophétique de Keynes qu'il est "plus grave, dans un monde appauvri, de provoquer le chômage que de décevoir le rentier".
Je crois que l'analyse de Krugman est correcte dans la recommandation d'une stimulation budgétaire et monétaire, plutôt que dans des politiques de contraction et d'austérité. Certes, aux yeux de certains, il semble préconiser ce qui s'assimilerait à une course en avant, mais tout économiste sérieux sait que cette crise se terminera par une dépréciation monétaire qu'il faut supporter pour stimuler la mise à l'emploi et le remboursement des dettes.
En d'autres termes, Krugman nous dit que la crise n'est pas le moment de discipliner l'économie, et qu'il vaut mieux chercher la preuve de la croissance future dans une stimulation budgétaire que dans des vertus budgétaires contre-cycliques. En annexe de son ouvrage, Krugman illustre d'ailleurs ce propos en rappelant qu'une analyse précise des années qui ont précédé les guerres (comparables à des chocs économiques) disqualifie les politiques d'austérité.
Quand on achève cet ouvrage, on comprend que la politique de contraction budgétaire imposée pour garder la cohésion de l'euro sous le mode allemand est probablement la plus grande erreur d'appréciation économique des premières années de ce siècle. Sans se prétendre être un spécialiste de la zone euro, Krugman recommande d'ailleurs une politique assouplie de la BCE, la stimulation de la demande intérieure par les pays forts (c'est-à-dire une politique de déficit budgétaire, à l'opposé des règles d'or et autres retours à l'équilibre à marche forcée) et une remise en ordre des systèmes fiscaux de certains pays faibles.
Sans mettre en oeuvre ces étapes, on comprend que nous porterons longtemps les stigmates de la politique européenne en termes de chômage et ses conséquences, à savoir des chocs sociaux, qui n'en ont pas encore été révélés.
Prf. Dr. Bruno Colmant. Membre de l'Académie Royale de Belgique.
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le 22 novembre 2013
Voilà, tout est dit dans le titre de mon commentaire ...
Vous voulez encore plus mériter de le savoir ?
- Lisez Stiglitz, lisez Dupont-Aignan (L'arnaque du siècle, Les Voleurs de la République ...), lisez Allais, etc...
- Lisez, lisez, lisez ...
Au fur et à mesure, une forme d'évidence prendra forme : nous allons dans le mur, parce que nos "responsables", surtout européens, ont une idéologie délétère qui nous y mène tout droit.
Non seulement notre "maladie" actuelle a été déclenchée par ces Diaphoirius , mais les "remèdes" qu'ils nous imposent sont en train de tuer le malade !
En France, nos deux principaux partis politiques considèrent (et font croire) que cette "médecine" est la seule qui vaille !
Toute autre option est tenue pour être "irresponsable", "populiste", et nous précipiterait dans le chaos.
Rassurez-vous : il y a des gens très sérieux qui pensent le contraire.
Cela vaut le coup d'entendre leur voix.
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le 27 décembre 2012
Pas évident de mettre une étoile au grand Krugman, mais Paul est définitivement à côté de la plaque dans ce livre.

Sur la méthode tout d'abord, on contestera, comme cela a été fait par un autre lecteur, la parabole de la crêche qui ne tient pas car il manque trop de paramètres pour l'étendre à l'économie globale, notamment les capacités d'emprunt qui génèrent de la liquidité, l'ouverture des marchés, etc. Par ailleurs, il est étonnant que, pour appuyer ses propos et à l'instar du dernier Stielglitz, Krugman appuie sa démonstration en expliquant que les extrêmistes libéraux ou conservateurs ont tort. Krugman aurait été plus crédible en démontant les arguments des modérés centristes qui ne suivent pas sa direction.

Sur le fond, on aimerait y croire à son joli conte de fées, à Paul. Mais ça ne marche pas. La croissance presse-bouton grâce à la dépense publique, c'est tout simplement irréaliste.
Premier point, Krugman reconnaît que les expériences prouvant sa théorie sont rares et se limitent grosso modo à la WW2 et la guerre de Corée. 280 pages pour nous expliquer qu'il nous faut une bonne guerre, c'est long! Blague en coin, si la WW2 a permis aux USA de sortir de la crise de 1929, c'est aussi parce que l'industrie des autres pays occidentaux était ravagée et qu'il y a eu un transfert de richesse inédit. La dépense publique ne permet pas de se protéger d'un (dés)avantage comparatif.
Deuxième point, si l'on veut bien croire que la dépense publique peut compenser une baisse de la dépense privée, il ne faut pas pour autant croire que cette dépense publique est structurellement "bonne". On est ici dans un discours naïf: comme certains prétendent que le marché est efficient grâce à une main invisible, Paul nous explique que dépenser sur les deniers publiques va tout régler. De fait, si la dépense publique peut générer un effet multiplicateur de croissance, ce n'est pas en construisant n'importe quel éléphant blanc que cela sera possible. Par exemple, l'état des infrastructures est déjà excellent en France. Pense-t-on qu'une ligne de TGV Vesoul-La Flèche va permettre de décupler la croissance? (ou un nouvel aéroport à Nantes?). Sur ce sujet pourtant crucial, i.e. Quelle dépense publique?, Paul ne consacre même pas une page et lance en l'air une ou deux idées banales (refaire les routes défoncées des USA).
Troisième point, Paul qui a juste titre trouve inique le TBTF, comme un fléau à supprimer, pourquoi vante-t-il les mérites d'un nouvel aléa moral, à savoir la suppression massive des dettes privées dont l'effet serait une nouvelle bulle évidemment! Il ne s'agit pas là d'un sujet moral (il faut payer les pots cassés) comme il le prétend, mais bien un sujet économique. La suppression de la dette sans contrepartie peut avoir des effets néfastes, comme l'a montrée la crise financière de 2007/2008.
Quatrièment point, si Paul de ne veut pas prendre le temps de parler de l'Europe, qu'il ne nous serve pas un chapitre tièdasse sur le sujet, qui tente de trouver un dénominateur commun à tous les pays de l'Euro. Si les taux ont été bas en Espagne du fait de l'Euro, cela a contribué à créer une bulle immobilière mais ce n'est pas la seule raison car cette bulle n'est pas apparue en Italie ou au Portugal ou dans aucun autre pays de la zone si ce n'est l'Irlande. Tous les maux que nous vivons ne sont pas à mettre sur le compte de l'Euro. Si la Grèce a triché, ce n'est pas non plus le fait de l'Euro. Et les événements à venir prouveront que Paul a tort de mettre en pièce les réformes structurelles dans ces pays, qui ne payent pas pour leurs péchés, mais qui simplement préparent l'avenir. Sur le sujet toutefois, je rejoins Paul sur le fait que les taux bas en France (ou aux US ou en Allemagne) ne sont pas un satisfecit de la politique économique mais simplement un mouvement de balancier vers les actifs jugés "RELATIVEMENT" les plus sûrs dans un contexte de risque accru. Dans le cas de la France, on citera aussi volontiers les achats massifs de titres par des pays comme la Suisse qui veulent baisser leur monnaie.

Au final, on se demande pourquoi Paul ne prend pas pour exemple un pays où la dépense publique a toujours été très forte et qui vit dans la stagnation / dépression / crise depuis les chocs pétroliers, la France. Chez nous, on a dépensé. Cela a des résultats positifs comme des écarts de richesse relativement faibles et en réduction sur les dernières années. Cela a d'autres effets comme le chômage de masse et un pouvoir d'achat qui recule relativement aux pays comparables.

Le sujet est trop complexe et ardu pour le penser de façon simpliste comme le fait Paul. Il faut au contraire admettre la difficulté de l'environnement. Il faut penser une politique industrielle et une distribution public/privé.
En Europe, n'écoutons plus les conservateurs terroristes ultra minoritaires "écolos / verts". Profitons des avancées technologiques comme le gaz de schiste ou les imprimantes 3D pour préparer sereinement l'évolution de notre consommation d'énergie et la relocalisation de nos industries, à l'instar de ce que font les US. Rendons l'état plus efficace pour donner de l'oxygène au secteur privé et arrêter ce monumental crowding out qui tue l'entreprise. Et régulons, régulons au niveau de l'Europe, coordonnons-nous. Mais surtout ne croyons pas les niaiseries de Paul.
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le 11 février 2013
Voici un livre imposé en classe de 1ère ES dans le cadre des cours de Sciences Économique et Sociales... Il faut aimer!
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le 27 août 2013
Ce livre n'est nullement une analyse économique, mais une propagande. Krugman expose ses arguments, si je puisse dire, en niant tous autres arguments opposés au sien. Le résumé de ce livre et de chaque chapitre soit dit en passant est simple : "Ils ont tord, j'ai raison".

Deux exemples concrets de la pensée et de l'incompétence de l'auteur:

- Nul ne peut nier que le parti républicain est un parti extrémiste. (???)
- Krugman confond David Cameron et James Cameron, ce qui remet en question toute l'œuvre.

Pourquoi avoir acheté ce livre ? Notre professeur d'économie nous y a contraint, ce qui est honteux. Rien à ajouter, à part la qualité de service procurée par Amazon.
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le 22 janvier 2013
Un pamphlet clair et précis contre l'austérité, le libéralisme et la doxa des puissants du moment par un keynésien prix Nobel d'économie. Un livre qui fait du bien.
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le 5 septembre 2012
Les lecteurs qui connaissent Krugman retrouveront ici son image favorite : la crèche parentale des Sweeney's.

Dans la crèche, les parents peuvent échanger une heure de garde d'enfant aujourd'hui contre une heure de garde d'enfant plus tard. C'est tout ; et c'est déjà quelque chose. Lorsque les parents (« pour des raisons dans lesquelles il n'est pas nécessaire d'entrer ici ») décident de thésauriser des tickets, l'économie de la crèche part en vrille. Ils offrent plus de gardes aujourd'hui pour pouvoir confier leurs enfants à la crèche plus tard, malheureusement il n'y a pas assez de demande. Dans le cas de la crèche, les gérants décident d'imprimer plus de tickets, ce qui permet aux parents de les thésauriser jusqu'au point où ils offrent autant de services de garde qu'ils en demandent. On est sortis de la spirale déflationniste.

Mais dans la crise actuelle, un autre paramètre doit être pris en compte. Les taux sont à zéro et imprimer de la monnaie n'a plus d'effet sur la demande. Les parents veulent garder des enfants aujourd'hui et personne (eux-mêmes) n'a besoin de leurs services. Les tickets sont thésaurisés à l'infini sans pour autant rétablir l'équilibre entre l'offre et la demande.

Comme tout modèle, celui-ci simplifie la réalité en faisant abstraction de certains paramètres. Il en retient un : la demande de tickets, c'est-à-dire la demande de monnaie, ou encore la « préférence pour liquidité ». Puis Krugman croit utile d'ajouter un deuxième paramètre qui ne figure pas dans l'exemple de la crèche : la préférence pour des services de garde d'enfant demain relativement à un service de garde aujourd'hui, c'est-à-dire la préférence temporelle ou taux d'intérêt.

Conclusion (provisoire) : en temps normal, la planche à billets suffit ; en temps de crise, le déficit public s'impose. Sinon, les taux resteront à zéro et l'investissement ne repartira pas, et la demande avec lui. C'est la conclusion keynésienne.

Oui, mais...

Ce que Krugman ne dit PAS, ce sont les hypothèses implicites (mais cruciales) de son modèle, et les paramètres qu'il a omis. Il fait des hypothèses et des simplifications, soit !, mais encore faudrait-il en avertir le lecteur.

1) Pas de prix relatifs : la crèche produit un seul service, qui se décline en garde d'enfants aujourd'hui et garde d'enfants plus tard. Mais le prix, c'est-à-dire le ratio auquel on peut échanger un garde aujourd'hui contre une garde plus tard, ce prix est figé. 1 heure = 1 heure. Certains parents seraient prêts à garder deux heures aujourd'hui pour bénéficier d'une heure en retour. Cela résoudrait le problème, mais le système ne le permet pas. Dans l'économie keynésienne cela se traduit par : « les prix sont rigides à la baisse » et il y a surproduction générale par opposition à excès dans certains secteurs et pénurie dans d'autres. Krugman n'en dit pas un mot. Pourtant, si les travailleurs au chômage doivent retrouver du travail dans un autre secteur, ce n'est pas du tout la même chose que de revenir dans leur dernier emploi.

2) Pas de capital : le service de la crèche ne peut pas être stocké, congelé, mémorisé. La seule manière d'avoir une garde d'enfants demain est que quelqu'un garde vos enfants (on n'a pas encore de robots gardes d'enfants). Par conséquent, si toute la crèche désire épargner, ce n'est pas prévu, pas possible. Mais dans l'économie réelle, l'épargne est vitale, et la fabrication de biens durables, d'usines, etc. est créatrice d'emplois tout autant que la fabrication des biens de consommation (pensez : esquimo ou marshmallow). Dans la crèche, si les gens veulent épargner, ils se retrouvent au chômage ; dans l'économie, non.

3) Pas de taux d'intérêt : dans la crèche, il est quand même possible pour un individu d'épargner, même si la crèche ne peut pas accumuler de capital dans son ensemble. Un parent peut échanger une heure de garde aujourd'hui contre une heure plus tard en thésaurisant un ticket. Sa créance sur la communauté des parents devient son capital. La dette de l'un est le capital de l'autre. Mais dans le modèle de Krugman, même ce mécanisme fonctionne mal puisque, comme on l'a vu, le prix est figé. Si un parent décide d'épargner plus, il faut que les autres parents aient simultanément - par hasard - le désir opposé. Sinon son projet échoue.

Quelle conclusion un lecteur averti peut-il tirer de ce modèle de la crèche parentale ? Que SI les hypothèses sont satisfaites, ALORS des conséquences en résultent. Plus exactement : SI il n'y a aucun prix relatifs permettant de réallouer les ressources en excès vers les secteurs en pénurie, ALORS des ressources resteront inutilisées (chômage). SI il n'y a pas de capital et que la société décide d'épargner, ALORS les gens se retrouveront au chômage. SI il n'y a pas de marchés financiers permettant d'acheter une créance sur d'autres agents, et qu'un seul individu décide d'épargner, ALORS il en résultera du chômage.

Mais dans l'économie IL Y A des prix relatifs. Il y a eu trop d'investissements dans certains secteurs et de consommation de certains produits. Le problème n'est pas nécessairement une surproduction générale, mais plutôt une surproduction à certains endroits (immobilier, automobile, finance) et une pénurie ailleurs. Dès lors, la phrase d'Andrew Mellon prend tout son sens : « Liquidez les actifs ! Liquidez le travail ! Liquidez les stocks ! » signifie que des ressources doivent être libérées dans les branches où elles sont en excès, afin de pouvoir être utilisées là où elles seraient plus utiles.

Dans l'économie réelle, IL Y A aussi du capital et des produits financiers. Un individu ou une société qui décident d'épargner, cela ne mène pas l'économie dans le gouffre comme dans le modèle simplifié à l'absurde de Krugman.

Pour toutes ces raison, le livre de Krugman est anti-pédagogique. Il prétend enseigner à son lecteur non-initié un raisonnement économique de base, ce qui serait une bonne chose. Mais en réalité il le trompe avec un sophisme, en occultant les prémisses et en attirant l'attention uniquement sur la conclusion.

Krugman a écrit de bonnes choses, notamment La mondialisation n'est pas coupable. Ici, il nous livre un remake de Pourquoi les crises reviennent toujours, à la limite de la malhonnêteté intellectuelle. Comme il l'écrit lui-même candidement : « Mon but est d'exercer une pression, par l'intermédiaire d'un public informé, afin que nous changions de cap et qu'il soit mis fin à cette dépression. » Drôle de conception de l'information...
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le 30 juillet 2013
Un livre reçu dans les délais qui m'a apporté entière satisfaction au moment des vacances où il est souvent difficile de se procurer ce que l'on veut!
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