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Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle
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le 4 mars 2013
Comme son titre l’indique, cette BD, adaptation d’un roman d’Eugène Sue, évoque la vie d’un jeune africain, Atar Gull, fils d’un chef de tribu. Il va se faire capturer (dans des circonstances peu claires) et sera vendu comme esclave à un armateur nantais par le chef d’une autre tribu. La traversée de l’Atlantique s’avèrera plus mouvementée que prévue.Finalement, arrivé à Port Royal, Atar Gull va être acheté par un planteur local de l’île relativement humain, Tom Will. Rapidement, il gagne la confiance de son maître. Mais un évènement dramatique va changer le cours des choses et transformer l’esclave modèle en une redoutable machine à vengeance. L’histoire se finira à Nantes “ bouclant la boucle ” du récit.
Outre le choix d’un point de vue “ original ” (à savoir celui de l’esclave), plusieurs éléments ont retenu mon attention :
De nombreux personnages secondaires bien croqués en quelques traits et répliques
L’absence de propos trop moralisateur (mise à part bien sûr, une critique de l’esclavagisme !)
Des dialogues pertinents et plusieurs scènes d’action qui rythment le récit

On peut peut-être regretter la part un peu trop importante de la traversée maritime par rapport à la vie dans la plantation proprement dite. Il y avait matière à faire 2 albums !
Fabien Nury, un scénariste particulièrement prolifique actuellement a choisi de travailler avec un dessinateur peu connu du grand public (et de moi en particulier) : Brüno. Le trait est un peu surprenant au départ mais il y a un travail sur les visages, sur les couleurs de fond qui ne laisse pas insensible.
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5 sur 6 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
500 PREMIERS RÉVISEURSle 6 novembre 2011
« - Mais alors... Pourquoi les hommes pleurent-ils ?
- Ils pleurent pour leur tenir compagnie. »

Nury et Brüno signent ici un « one shot », adapté du roman d'Eugène Sue impitoyable de noirceur. Mais plus que les mécaniques fatales de l'époque et de la vengeance qui mènent tous les personnages vers des morts le plus souvent violentes, c'est la complexité de leurs personnalités qui fait surtout le sel de ce roman graphique. Ici, si l'on me permet ce discutable jeu de mots pour une histoire d'esclavage, personne n'est tout noir où tout blanc, et même les personnages les plus cruels et sinistres recèlent une blessure ; tous vivent dans la conscience de leur époque, où l'esclavagisme, s'il est encore légal, commence à sentir le souffre.

Nury scinde son récit en trois unités de temps et de lieu, parfaitement cohérentes entre elles, en faisant monter tout du long la tension et la folie, à laquelle, en fin de compte, personne n'échappe. Brüno, de son côté, sert le scénario avec son style si particulier et sa maestria habituelle.
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En tant que grand fan unique du trait de Brüno, Atar Gull s'est logiquement retrouvé il y a près de deux ans dans mon cabas sans grande conviction de l'intérêt d'une histoire qui ne m'intéressait à vrai dire pas plus que cela.

C'est donc après ma lecture de l'excellent Tyler Cross du même duo d'auteurs que ma curiosité me piqua à ouvrir d'un peu plus près cette adaptation d'un roman d'Eugène Sue que je connaissais davantage pour ses Mystères de Paris que cette sombre histoire de vengeance.

Et pourtant quelle claque monumentale...

Cela faisait bien longtemps que je n'avais plus lu une oeuvre aussi riche et complète faussement aiguillée par le dessin de Brüno et toujours aussi bien colorée par une Laurence Croix qui magnifie ambiance et climax par sa palette nuancée.

Il s'agit d'un drame terriblement humain en plusieurs actes ou époques à une sombre époque où le bois d'ébène était considéré comme une simple "marchandise" monnayable et convoitée dans des desseins purement lucratifs.

Et on oublie que ces hommes fiers sont simplement les égaux des occidentaux dans leurs qualités comme dans leurs faiblesses.

Un parallèle rapide pourrait être fait entre la destinée d'Atar Gull, qui aurait pu être un roi, et celle du héros de Tarantino, Django.
La différence est que tout aussi cruel soit le film Django Unchained, de larges plages d'humour noir mais néanmoins d'humour traitent de l'esclavage alors que dans cette adaptation rédigée par Fabien Nury, il n'y a pas un seul instant qui prête à rire ou à sourire et la destinée de Atar Gull et des siens, arrachés de leur tribu par des "négriers" ou des pirates, est d'une horreur sans égal qui prête à réfléchir activement sur la montée du racisme actuelle en France. No comment....

Par chance ce n'est pas parce que cette histoire est horriblement triste et mélancolique qu'elle est dénuée de charme comme de poésie, j'étais habitué aux cadrages intelligents de Brüno sur ses oeuvres précèdentes et j'avoue avoir été soufflé par la réalisation purement cinématographique de celle-ci.

Qu'il s'agisse d'une tempête représentée sur deux pages où l'on sent presque l'eau et la houle ruisseler sur nos visages ou d'une scène d'échange de "marchandise", chaque partie contemplant ses acquisitions qu'il s'agisse d'or pour l'un ou d'hommes noirs pour l'autre, le montage en parallèle est d'une rare intelligence.

Je ne sais pas s'il faut féliciter Sue ou Nury mais les dialogues sont également inspirés, faisant clairement passer les esclaves pour de simples objets le plus naturellement du monde, il s'agit d'une horreur peu ordinaire qui le devient aux yeux de ces hommes qui considéraient leurs frères africains comme de simples objets. Tout simplement effarant...

De la traversée des océans aux plantations en Jamaïque, les auteurs insufflent un rythme sans égal se contentant de sublimer leur héros silencieux, Atar Gull d'un charisme sans égal.

Ce personnage restera passif jusqu'à un élément déclencheur qui va réveiller toute sa fureur et sa vengeance sera aussi horrible que féroce et laissera plus d'un lecteur sur le carreau à l'issue de cette histoire complète dont la conclusion formera une boucle subtile avec l'introduction.

Atar Gull deviendra t-il par ses actes réfléchis aussi barbare que les hommes qu'il souhaite condamner ? La réponse sera aussi évidente que la Loi du Talion d'autant plus que personne n'en sortira indemne avec d'habiles pirouettes scénaristiques que je préfère taire pour en garder toute la saveur.

L'un des derniers aspects non négligeables subsiste par la description des seconds rôles, qu'il s'agisse du terrible Brulard qui mériterait presque un livre à la gloire de ses "méfaits" ou du capitaine du Catherine ainsi que du "brave" maître d'Atar Gull, toutes ces personnes restent dans un recoin même lointain profondément humains.

Rarement touché comme je l'ai été, je ne peux qu'attribuer une note maximale à une oeuvre intelligente sans être manichéenne et que je recommande à tous. Il s'agit peut-être cette fois de la plus belle œuvre à l'heure actuelle de Brüno, en tous cas surement de la plus percutante dans un ensemble qui frôle la perfection.

Fabien Nury ne restera plus longtemps inconnu à mes yeux par la récente acquisition de sa série culte Il était une fois en France dont j'espère ressentir à sa proche lecture le même uppercut.

Il serait d'utilité publique d'enseigner et de prodiguer cette destinée sans faire de leçon de morale dans un monde qui perd ses repères sur les différentes races ou estimes de soi comme d'autrui...

Touchant sans être déprimant, poétique sans être barbant, Atar Gull cumule divertissement et réflexion. Une oeuvre inestimable à ne pas louper.
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Publiée deux ans avant Tyler Cross, cette adaptation en BD du roman d’Eugène Sue par Fabien Nury et Brüno est particulièrement réussie. La synergie entre les deux auteurs semble décidément fonctionner à merveille. J’ai éprouvé un plaisir équivalent voire supérieur à cette lecture que pour leur tant acclamé polar-western de l’an dernier, tant l’intrigue est passionnante. Cela étant, il ne suffit pas que le matériau d’origine soit bon pour faire une adaptation de qualité, ça se saurait. Mais c’est sans compter sur le talent narratif de Nury, qui n’écrème que l’essentiel, actualisant de belle manière un roman du 19ème pour en faire un récit rythmé et percutant, superbement servi par le dessin moderne et cinématographique de Brüno, agrémenté lui-même d’à-plats de couleurs flamboyantes et bien choisies.

Quant à l’histoire en elle-même, elle constitue une puissante matière à réflexion à propos de l’éternelle question du bien et du mal, par le biais de personnages très bien campés. D’abord Atar Gull, très éloigné du cliché du bon sauvage en cours à l’époque où fut écrit le roman, dont on peut comprendre la haine légitime qui l’anime, mais qui, tout en jouant « l’esclave modèle », finira par se révéler incroyablement machiavélique. De même son propriétaire, le planteur de coton Will, qui passe pour un « bon » maître alors qu’il n’hésite pas à punir cruellement et sans états d’âme ses esclaves, notamment le père d’Atar Gull, dont la mort va faire du fils sa Nemesis. La vengeance de ce dernier, digne d’un supplice chinois, sera spectaculaire et plongera le lecteur dans l’effroi le plus glacial, questionnant avec acuité le bien-fondé de la loi du Talion.

Ceux qui ont apprécié Tyler Cross auraient tort de passer à côté d’Atar Gull. Pour ma part, J’espère que ces deux auteurs réenfourcheront au plus vite leur tandem prodigieux. Du coup dans certaines situations, j’aime à croire en ce dicton débile : « jamais deux sans trois ».
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le 15 décembre 2011
Que dire, Nury est au sommet, le scénariste d'Il était une fois en France, prouve encore une fois avec cet album qu'il est de la race des plus grands, et qu'il n'a aujourd'hui que très peu d'équivalent. L'histoire de cet esclave prêt à tout pour se venger est dense, âpre, dure, mais totalement maitrisée. La vraie surprise, c'est Brüno dont le style graphique, très ligne claire se fond avec une grande maestria dans la noirceur de ce récit et le sert à merveille. Meilleur bouquin de l'année pour moi à égalité avec Quai d'Orsay.
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le 28 août 2015
C'est vraiment une très belle BD, tant le dessin que le scénario. L'histoire est très dure, mais on est scotché du début à la fin. Puis on a envie de la relire. Des BD pareilles ne courrent pas les rues...
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C' est l' histoire d' ATAR GULL le fils d' un chef d' une tribu africaine qui fait prisonnier par une tribu rivale est emmené en esclavage en Jamaïque. Là il décide de se venger du planteur qui est devenu son maître bien qu' il fasse partie des libéraux.

C' est une excellente BD qui replace de façon réaliste dans le contexte historique l' esclavage. Elle nous montre de façon réaliste la traite triangulaire, les conflits entre tribus dont profite les esclavagistes. Elle nous montre aussi les enjeux maritimes qui en résultaient au vu des profits et des enjeux économiques. Les conflits politiques et économiques aussi dans les colonies dont les esclaves étaient les enjeux. Ma réticence concerne la fin de l' histoire j' imagine mal un fils de chef de tribu se contenter d' une vengeance individuelle.
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