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le 20 juin 2005
Outrepas, journal de Renaud Camus pour l'année 2002, est un livre indispensable: il permet en effet de relire cette année 2002, dont les événements politiques demandent l'interprétation lucide et détachée d'un observateur intelligent. D'autre part, ce Journal est habité par la conscience que la France telle que nous la connaissons et l'aimons se meurt en tant que nation, civilisation, langue, culture. Cette mort, Renaud Camus la vérifie partout, dans le saccage des paysages, la dévastation du langage et de la vie culturelle, la transformation accélérée des paysages les plus beaux en banlieues. Il n'en tire aucun prétexte pour désespérer, au contraire: il conduit le lecteur par toutes les routes, dans tous les musées, devant tous les paysages, et lui apprend à regarder ce qu'on ne voit plus; il lui fait découvrir des tableaux, des musiques, des perspectives, des villes dont on se détournerait par habitude de la laideur, lassitude, manque de désir. Le danger qui les menace rend plus précieux encore les pans de belle réalité que le désastre n'a pas encore touchés. Cette curiosité et ce désir infinis pour les choses et les êtres fait du Journal de Renaud Camus un très bon guide de voyage, un devisement du monde tel qu'il est, et le meilleur des livres de peinture, dans la lignée et l'esprit des Salons de Diderot et de Baudelaire. Livre d'art, de politique, de méditations, mais aussi appel d'air, appel à sortir et à aimer ce qui tombe: jamais, dirait-on, journal intime ne fut plus ouvert au monde extérieur et à son amour.
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500 PREMIERS RÉVISEURSle 26 septembre 2012
Surtout connu par une armée de fidèles lecteurs pour son Journal, son château de Plieux dans le Gers et son exploration acharnée et novatrice de l'hypertextualité (un conseil, rendez-vous ici [..], Renaud Camus construit une œuvre luxuriante, polymorphe et érudite. Parmi ses chantiers récents, les « Demeures de l'esprit », maisons d'écrivains ou de savants, judicieusement sélectionnées, visitées, photographiées, ressuscitées complètent le paysage littéraire de ce personnage hors du commun, ou plutôt du commun de l'époque.

Outrepas est le journal de l'année 2002, le recueil de la perception camusienne des événements, minuscules ou pas, intimes ou collectifs, heureux ou pénibles. Il s'agit d'une mise en abîme permanente reposant sur la bathmologie, science des niveaux de langage, chère à l'auteur et inspirée de Roland Barthes.

Certains replis de sa réflexion ont parfois prêté à polémique, notamment au cours de ce qui fut appelée « l'affaire Camus », où ce dernier connut un lynchage médiatique sans concession sans avoir la possibilité, ou presque, de se défendre. Comment en aurait-il pu être autrement avec un homme à la pensée aussi inactuelle ? Renaud Camus concentre ses plus vives attaques sur ce qu’il appelle le « soi-mêmisme », cette pulsion toujours plus narcissique qui fait refuser aux contemporains de considérer l’autre, dans son altérité, et qui, inavouable, se dissimule le plus souvent sous un discours qualifié par le diariste de « sympa », dont le fondement est l’apologie du multiculturalisme, de l’immigration à tout crin, du relativisme culturel et même, à l'époque, l’adhésion de la Turquie à l’Europe. Il faut avoir lu les analyses précises et subtiles de l’auteur pour comprendre que ces gens, abandonnés tout entier à l’esprit de mode, par ignorance ou par faiblesse, pis encore par arrivisme, ne recherchent en l’« autre » que l’image d’eux-mêmes. Ce n’est pas tant le Turc dans son «étrangèreté» qui les passionne, mais la capacité du Turc à leur ressembler.

Epris des beautés de ce monde, l’auteur brasse tout un univers intellectuel nourri d'une vaste culture musicale et artistique (peinture notamment) et veille sur un monde toujours menacé par les ténèbres de la barbarie. Travaillant des heures durant à son ordinateur, Renaud Camus tente de cultiver frénétiquement le relief de son existence, d'observer le monde et ses palpitations, et combat sans relâche l'angoisse du temps qui passe, du temps qui lui manque encore et toujours.

Personne n'a oublié le coup de tonnerre politique du 22 avril 2002. C'est pourquoi on ne s'étonnera pas de voir posées, dans le courant de 2002, les bases du parti de l'in-nocence (au sens du refus de la nuisance, l'incivilité) dont Renaud Camus deviendra le président jusqu'à se lancer, dix ans plus tard, dans la course à l'élection présidentielle, alliant plus encore, s'il en était besoin, la dimension politique de son oeuvre et de sa vie.

Son écriture de l’intime, au fils des pages, réussit à nous lier à lui, en dépit de ses travers, de ses obsessions et de ses agacements. Camus devient passionnant dès qu'il parle de lui, de son château qui menace ruines, de ses chiens, de son amour. Camus reste exemplairement libre, ce qui le rend exceptionnel dans une époque étouffée par le conformisme bien-pensant.
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