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5.0 étoiles sur 5 "Si vous n'êtes romain, soyez digne de l'être"
Eric Zemmour, dans son style unique à la fois documenté et précis, nous raconte une histoire de France sous la thèse assimilatrice dont il défend avec coeur et passion. Formidable penseur qui ne se limite pas une quelconque idéologie, il analyse en effet plusieurs chapitres de notre histoire Française grâce à de nombreux...
Publié le 18 mars 2010 par Sébastien Scagliola

versus
25 internautes sur 30 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un livre difficile pour spécialistes ou passionnés
Autant le dire tout de suite, "Mélancolie Française" n'est pas destiné à un grand public. Certes, ça a été un bestseller et il est à présent disponible en Livre de Poche, mais cela reste une lecture ardue pour le lecteur 'moyen' (si on peut dire). Eric Zemmour n'écrit pas un livre d'Histoire traditionnel. Il propose...
Publié il y a 18 mois par Phil-Don


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115 internautes sur 139 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "Si vous n'êtes romain, soyez digne de l'être", 18 mars 2010
Par 
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Mélancolie française (Broché)
Eric Zemmour, dans son style unique à la fois documenté et précis, nous raconte une histoire de France sous la thèse assimilatrice dont il défend avec coeur et passion. Formidable penseur qui ne se limite pas une quelconque idéologie, il analyse en effet plusieurs chapitres de notre histoire Française grâce à de nombreux outils d'analyses dont la plus marquante vient de Karl Marx...mais toujours en s'incarnant dans la culture Française, manière d'être qui lui permet d'être réellement pertinent dans la description qu'il en fait.

En premier lieu, Eric Zemmour pose les éléments de son analyse. Il nous démontre que lors de la chute de l'Empire Romain, La France s'est voulu en être l'héritière. De cette volonté de recréer le nouvel Empire Romain, en réunissant les 5 Gaules tel l'avait décrit auparavant l'Empereur César, découle la grandeur de notre France qui constitue, par ailleurs, l'un des piliers fondamentaux de notre Patrie, si ce n'est peut-être constitutive de la notion même d'être Français. Zemmour nous y conte alors une obsession Française qui de Phillippe Auguste à Clemenceau en passant de Louis XIV à Napoléon, ont tous crus toucher au but. En second lieu, Cette vision Impériale Française va venir se percuter tantôt avec notre Carthage éternel qu'est la puissance anglo-saxonne ou de notre ennemi de toujours -notre meilleure élève- la force Allemande.

Cette vision impériale Française, Zemmour nous la démontre à travers l'Assimilation et notamment le fameux vers de Corneille « Si vous n'êtes romain, soyez digne de l'être » qui a porté cette ambition Française. La thèse de Zemmour est donc de démontrer que l'impérialisme Français, parce qu'il s'est voulu l'héritier de l'Empire Romain, imposait l'universalisme, par ailleurs, empreinte d'un christianisme historique. Zemmour marque avec magnificence cette vision Impériale Française qui résulte avant tout d'une volonté d'apportée la « Paix Romaine », souvenir indélébile de quatre siècle de paix en Europe sous l'égide de l'Empire Romain marquant pour longtemps l'inconscient collectif. De ce fait, par son destin manifeste, la France est avant tout une France pacifique, civilisatrice. Ainsi jadis, il fallait être fidèle à Rome et dans cette mécanique impériale Française, il fallait être avant tout fidèle à la culture Française, empreinte d'un christianisme universel, qui veut qu'être Français ne se résume pas à une quelconque appartenance communautaire mais bien à une seule et même bannière : la culture Française. Zemmour démontre les différentes phases de notre passé historique où l'on s'en approche et où à chaque fois, en raison d'un certains nombres d'éléments cumulatifs, ce destin n'a pu être consacré. Il édifie cette thèse notamment grâce à une grille de lecture, très intéressante, de Karl Marx, qui permet de creuser un peu plus le sillon béant entre la vision Impériale Française et la vision anglo-saxonne. Ce ne sera pas la seule référence puisque Zemmour nous conte la France, au fur et à mesure des différents chapitres et moments historiques, avec talent par de nombreuses citations comme Stendhal, Albert Sorel, Talleyrand, Chateaubriand, Jacques Bainville... qui apportent de l'eau à son moulin de manière magistrale. Ainsi, Zemmour démontre que les maux de la France, cette « Mélancolie Française » résulte en réalité de la perte de cette volonté Impériale à la Française, c'est-à-dire la perte de l'assimilation à la francité. La France n'impose plus, elle se laisse dominer par d'autres règles qui ne sont pas siennes et qui la dé-structure dans ses fondements. Bien qu'à chaque fois, la France a su réinventer des raisons d'y croire que ce soit à travers les colonies, de Gaulle ou encore l'Europe. Cette édification de cette vision historique de la France compose l'essentiel de l'½uvre de Eric Zemmour avant de faire un parallèle, un prolongement avec notre France contemporaine sur le dernier chapitre s'intitulant « La Chute de Rome ».

Eric Zemmour, qui a pris 2 ans pour réaliser cette ½uvre, nous conte un ouvrage qui tente de déceler les moments de notre histoire qui fait basculer le destin de la France dans un sens ou dans un autre, un ouvrage qui veut donner un sens à l'histoire de France. Sans aucun doute, un belle essai historique. Eric Zemmour démontre qu'il est indéniablement un grand penseur Français, défendeur de l'universalisme unificateur qui est spécifiquement issue de notre destin manifeste, qui tel un Chateaubriand, dans ses Mémoires d'outre-tombe en son temps, fige le portrait de notre France moderne en y décelant de terribles conséquences pour les années futures. Eric Zemmour met le doigt, avec une grande intelligence, sur notre mal être Français ce qui, inexorablement, ne laissera pas indifférent...

Bref, lisez-donc le dernier ouvrage d'Eric Zemmour, pour vous en faire votre propre avis, car cette ½uvre vaut vraiment le détour.

. 251 Pages.
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25 internautes sur 30 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Un livre difficile pour spécialistes ou passionnés, 10 décembre 2010
Par 
Phil-Don "phil-don" - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Mélancolie française (Broché)
Autant le dire tout de suite, "Mélancolie Française" n'est pas destiné à un grand public. Certes, ça a été un bestseller et il est à présent disponible en Livre de Poche, mais cela reste une lecture ardue pour le lecteur 'moyen' (si on peut dire). Eric Zemmour n'écrit pas un livre d'Histoire traditionnel. Il propose une thèse historique (la France a toujours voulu être la nouvelle Rome)qu'il développe de façon plus ou moins chronologique en se référant à l'histoire, l'économie, la géo-politique au travers les âges, les enjeux militaires et commerciaux des guerres et traités, etc... Les arguments sont érudits, documentés, soutenus par les citations les plus diverses. Le problème, c'est que tout le monde n'a pas la culture de l'auteur et qu'on a parfois du mal à suivre les raisonnements et à saisir les références. En effet, Zemmour expose sa théorie, la documente, mais ne fait pas de rappel; il semble considérer comme allant de soi que le lecteur partage les mêmes connaissances historiques, politiques, idéologiques, ... que lui. Or, je ne pense pas que beaucoup se rappellent la politique de tel ou tel ministre de Napoléon ou de Louis XV sur la simple évocation de son nom - par exemple.

Pour ma part, même si j'ai compris les grandes lignes du bouquin - mais pas toutes ses finesses, je le crains, - je reste quand même déçu de cette lecture. Le chapitre le plus intéressant a été pour moi le dernier, qui traite de l'époque actuelle - et donc plus accessible. Quoiqu'il en soit, je ne recommande le livre qu'aux spécialistes ou aux férus d'histoire.
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124 internautes sur 152 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une thèse très pertinente sur le passé et l'avenir de notre pays., 10 mars 2010
Par 
Fontaine (Le Mans, France) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mélancolie française (Broché)
Après la lecture de ce texte, je constate que M. Zemmour dresse une thèse très pertinente sur l'envie de notre pays de devenir depuis des lustres une nouvelle "rome" mais aussi sur l'aspect projection dans le futur du livre qui montre à quel point la non assimilation des gens dans notre pays va devenir un facteur essentiel de communautarisme.
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26 internautes sur 32 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Rome et la France, 9 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mélancolie française (Broché)
M. Eric Zemmour a décidément un talent lorsqu'il s'agit de défrayer la chronique, l'homme est astucieux et habile, un brin provocateur, mais indéniablement mû par des motivations plus profondes que de la publicité facile pour son dernier livre, « Mélancolie française ». Au travers de ce dernier essai, entre le pamphlet et le genre historique, transparaissent une élégance stylistique évidente et une érudition solide, hélas ! devenues trop rares même parmi nos nombreux auteurs contemporains. La thèse principale est celle d'une continuité historique dans les aspirations de la France, laquelle se serait mue en l'héritière légitime de Rome, alors que l'Empire romain s'effondrait sous les coups de butoir des invasions barbares, couplées à la perte d'un sens martial, l'épuisement de la main d'aeuvre (la population des esclaves s'étant tarie du fait de l'arrêt des conquêtes) ou, à en croire l'historien et philosophe anglais Edward Gibbon, l'essor de la Chrétienté et la croyance en l'au-delà qui a fragilisé les valeurs romaines traditionnelles. La France aurait pris sur soi de reprendre le flambeau romain et de propager l'universalisme assimilationniste aux confins de l'Europe et, en premier lieu, dans notre espace géographique immédiat. Un universalisme flagrant dès la Révolution de 1789. On peut regretter que ce raisonnement soit largement construit par l'opposition systématique à la perfide Albion ou l' « engeance anglo-saxonne » que M. Zemmour dénonce. A vrai dire, cela vexerait plus d'un Britannique d'être amalgamé avec, admettons, un Américain, s'il est une chose que beaucoup peinent à comprendre, le syndrome étant très répandu parmi les Français, c'est bien que les « peuples anglophones » n'ont existé que dans l'esprit de Sir Winston Churchill (fils d'une Américaine et d'un Britannique), tout comme l'on pourrait dire que l'Allemagne n'exista jamais que dans les esprits d'Otto von Bismarck et d'Adolf Hitler. Cela est également vrai pour la Belgique, pure construction fantasmagorique, créée de toutes pièces comme une ligne de forteresses contre la France et en opposition contre des populations diamétralement opposées de par leur culture et, évidemment, linguistiquement. Eric Zemmour évoque la question belge au cours d'un long chapitre en expliquant pourquoi l'Etat belge est largement le reflet d'un éventuel futur super-Etat européen en cela qu'il est fondé sur un manque d'identité frappant, n'a aucune base historique ancienne, se bâtit contre la volonté de ses peuples et prétend défendre la diversité en travaillant à son extinction. Fort heureusement, M. Zemmour n'est pas un député du Parlement Européen, sans quoi il eut été condamné à verser 3000 en amende...

On peut toutefois déplorer une certaine myopie historique qui reporte la faute sur les Britanniques (Carthage contre la nouvelle Rome française, la mer contre la terre), puis sur l'Allemagne, alors que la France se voit épargner la critique, ayant pourtant elle aussi tenté d'unifier le continent par la force des armes. En outre, le « multiculturalisme » est décrit comme une invention « anglo-saxonne », ce qui d'une part ignore le fait qu'il n'existe aucune majorité en faveur du « multiculturalisme » dans la plupart des pays occidentaux, y compris et surtout aux Etats-Unis (fréquemment dénoncés pour un attachement au communautarisme qui n'est pourtant que l'apanage des élites), tandis que l'assimilation ou, à défaut, l'intégration sont vues comme les meilleures alternatives . A vrai dire, c'est là une dimension messianique qui a indéniablement existé en France et continue de perdurer par l'obsession des droits de l'homme et leur propagation, un fond de toile résolument tourné vers l'impérialisme culturel à défaut de pouvoir soumettre par la démographie ou les armes (et, de plus en plus, l'économie).

Ceci étant, il est difficile de concevoir la France autrement qu'un pays fermement républicain, pétri d'égalitarisme et assimilationniste. Au fond, ce que dit Eric Zemmour, c'est que l'assimilation était, au-delà de ses apparences hautaines, bien plus qu'un simple mépris de la culture d'autrui ou le postulat de la supériorité de notre culture, elle était une chance donnée à tous, quelles que soient leurs origines et indépendamment de leurs mânes, de se fondre dans le creuset national et d'avoir leur place dans la société française. La logique, l'auteur le dit à maintes reprises, est typiquement romaine et incroyablement avancée sur son temps car ne faisant pas reposer l'appartenance sur des critères ethnico-raciaux mais sur l'intériorisation de la culture et du mode de vie latins. Si l'Empire romain d'Occident perdura si longtemps, ce fut aussi par ce biais. Le déclin, Edward Gibbon comme Eric Zemmour (ou encore Alessandro Barbero, également cité au cours de l'ouvrage), ne vint que lorsque l'on renonça à garder le contrôle sur ce type de politique. Après leur christianisation et la disparition progressive de l'esprit martial, les Romains furent de plus en plus imprégnés d'humanitarisme, ce qui est sans doute à leur honneur, mais causa aussi dans une large mesure leur perte. En effet, les Romains, à plusieurs reprises et sur des échelles massives à l'époque, ouvrirent grandes leurs frontières (notamment sous la pression de tribus barbares contraintes au déplacement par l'avancée d'autres hordes barbares, notamment au cours de l'invasion hunnique en Gaule, arrêtée en 471 par Flavius Aetius aux Champs Catalauniques, dernière victoire militaire, quoique victoire à la Pyrrhus, significative de l'Empire). Las ! Les Romains remarquèrent avec une anxiété grandissante que les nouveaux arrivants ne s'adaptaient pas aux us et coutumes latins. Simultanément, la lassitude s'emparait des Romains, exténués d'avoir combattu, tentant d'échapper à l'engagement dans l'armée et tournés tous entiers vers les promesses d'un au-delà radieux alors que le culte de Mitras était relégué aux oubliettes. De nombreux historiens (dont ceux cités ici) attribuent la chute de l'Empire à l'abandon des maximes assimilationnistes, rendues ainsi, des siècles plus tard, par Corneille : « si tu n'es pas romain, sois digne de l'être ».

Dès lors, un pont est établi entre le présent et le passé, entre l'Empire romain déliquescent et une Union européenne qui a longtemps cessé de régner sur la planète, comprend à peine plus de 7 % de la population mondiale pour près de 25 % du PIB mondial, des extrapolations font état d'une part de 10 à 15 % à l'horizon 2050 tandis que les Etats-Unis se maintiendraient peu ou prou à leur niveau actuel (28 % du pays mondial pour 3 % de la population). Si les situations sont fort différentes, le parallèle n'est néanmoins pas inintéressant, loin s'en faut. C'est bien une Europe moribonde qui est la notre, criblée de dettes, toujours plus étatisée (la part des prélèvements obligatoires dans le PIB français dépasse désormais les 50 %) et moins libre, plus court-termiste qu'inquiète de son futur et de sa place dans les relations internationales, un court-termisme parfaitement reflété par l'état de nos finances publiques. Mais, surtout, l'Europe se meurt et devient grisonnante. Quelle ironie de se remémorer cette phrase d'un scientifique allemand parlant de « suicide biologique » en évoquant le cas de la France dans les années 1930 alors qu'une femme allemande a aujourd'hui en moyenne 1.37 enfants et que la population allemande passera de 82 millions d'habitants aujourd'hui à probablement 68 millions d'ici la moitié du siècle. Quant à la France, les statistiques peinent à dissimuler ce qui est évident, à savoir que le regain de natalité est du en bonne partie à l'immigration, une réalité qui est fardée par les naturalisations massives pratiquées. Est-ce un problème en soi ? Pas nécessairement, en gardant à l'esprit que 10 % de la population française aurait, ce n'est qu'un exemple, des origines italiennes, sans parler d'origines espagnoles, russes, polonaises et bien d'autres. Le vrai problème réside plutôt, M. Zemmour le fait remarquer, dans le fait de savoir si ces naturalisations sont un acte d'opportunisme ou une véritable adhésion à ce qui fait la France, à savoir l'acceptation de valeurs communes et partagées, largement héritées des Lumières mais également d'une morale chrétienne trop souvent brocardée mais dont l'apport ne fut pas des moindres y compris et surtout en matière d'humanisme et d'individualisme entendu comme le fait de placer l'être humain au centre des préoccupations. Le problème crucial est là, alors que les élites ont abandonné l'assimilation, le « multiculturalisme » divise en érigeant une société saucissonnée en compartiments montés les uns contre les autres, en recourant à l'apologie des « racines » contre le pays d'accueil. Les rôles sont désormais inversés ; les premiers résidents du pays doivent s'assimiler au « multiculturalisme ». Pourtant, le « multiculturalisme » est si aisément démontable ! Non seulement les germes de la division sont mauvais pour toute société normalement constituée mais, une fois de plus, les motifs avancés sont l'exact opposé de ce qui est observable. Par exemple, le « multiculturalisme » se fait le chantre de la diversité, pourtant, il veut partout amalgamer les populations, finalement, nous débouchons sur une impasse tautologique ; en promouvant la diversité, nous promouvons le conformisme à la diversité, c'est-à-dire que bientôt l'Europe ne sera plus européenne pas plus que l'Afrique ne devrait être africaine et la Chine chinoise. Qu'il serait triste et inutile de voyager dans un tel monde où les mêmes choses seraient visibles partout ! Enfin, l'argument de l'auteur n'est nullement celui de l'abolition de l'immigration, illusoire et probablement non souhaitable, mais celui de son contrôle et d'une politique assimilationniste qui cesserait de semer les germes de la sédition et de laisser pendre au dessus de nos têtes l'épée de Damoclès de la sécession et le spectre de la guerre civile. En effet, c'est un clivage radical que celui opposant la société française traditionnelle à la version radicale de l'Islam, la première est exogame, égalitaire et pacifiste (probablement trop pour son propre bien) tandis que la deuxième est endogame, fondamentalement inégalitaire (le mot même de « musulman » signifie « soumission à Dieu », l'emblème en étant le voile) et vise la domination universelle (ce qui est illustré par le fait qu'une majorité de musulmans français se déclarent désormais musulmans avant de se dire français).

Les dernières élections régionales ont montré une forte progression du Front National (un fait dont Eric Zemmour ne se satisfait pas), un parti que d'aucuns avaient d'ores et déjà enterré, pour la première fois, il a progressé partout où il était présent au second tour, montrant qu'il ne s'agit non plus d'un réservoir de voix commode pour l'UMP mais d'une force politique indépendante. Cela montre une préoccupation des Français pour les questions d'immigration étant donné la méconnaissance générale des autres points défendu par le parti, une question que gauche comme droite ont trop longtemps refusé de traiter par tabou, par crainte. Le moment est venu pour l'autruche de sortir sa tête du sable pour présenter une alternative crédible et non sectaire, tendant la main à ceux désireux de s'assimiler à la société française et de devenir des Français à part entière, une approche sévère mais juste qui pourrait détourner les Français de tentations plus extrêmes. Malgré certains défauts et des points de vue sur l'Histoire parfois curieux, voire un certain messianisme culturel devenu quelque peu exaspérant (malgré l'assaut sur l'autre messianisme français : la RDH comme l'appelle M. Zemmour, à savoir la religion des droits de l'homme), « Mélancolie française » présente l'avantage d'un débat sur un sujet trop souvent ignoré et que M. Bolkestein lui-même n'a pas hésité à qualifier de « problème n°1 » en Union européenne ainsi qu'une réflexion fort intéressante, mêlant parallèle historique et faits contemporains. Que l'on soit a priori bien disposé ou pas envers ce livre, sa lecture vaut sans aucun doute le détour et fut rafraichissante car sortant des moules actuels.
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54 internautes sur 67 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un ouvrage courageux et clairvoyant, 15 mars 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mélancolie française (Broché)
Excellent livre qu'on ne saurait cependant appréhender dans toute sa profondeur sans un certain bagage et une vision au second degré car l'empire dont il est question ici n'est certes pas celui d'une puissance militaire pure et dure, mais civilisatrice comme le furent en leur temps les empires égyptien, babylonnien, perse, crétois, gréco-romain, byzanthin etc. Le flambeau est passé de main en main et la quête prométhéenne n'est d'ailleurs pas finie ni dans le monde, ni pour la France. On ne sait de quoi est fait demain. Bref, un livre de réflexion sur hier, aujourd'hui, et le demain que l'on souhaite. Autrement dit, tout sauf du Pif Gadget même si certains esprits chagrins ont souhaité l'aborder dans ce sens.
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21 internautes sur 26 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une approche de la France originale et peu conforme à la pensée unique, 12 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mélancolie française (Broché)
Ce livre, malgré son titre "facile", n'est pas, dans sa première partie, très aisée à lire quand on n'a pas une bonne culture historique. Toutefois, on s'habitue au rythme et la notion d'empire prend corps.
Puis, sous ce prétexte culturel, on en vient aux regrets de n'être plus de vrais Français et à évoquer un passé pas si éloigné dont l'auteur éprouve la nostalgie et nous avec lui.
Bonnes réserves pour échapper à la pensée unique.
A lire.
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13 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une thèse intelligente, mais une faiblesse : la monarchie française n'a jamais eu de vocation impériale, 5 avril 2010
Par 
Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR)    (TOP 500 COMMENTATEURS)    (TESTEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mélancolie française (Broché)
Jacques Bainville, dans son avant-propos à l'exceptionnelle "Histoire de France" écrivait :

"La tâche de l'historien consiste essentiellement à abréger. S'il n'abrégeait pas, - et la remarque n'est pas nouvelle, - il faudrait autant de temps pour raconter l'histoire qu'elle en a mis à se faire."

Eric Zemmour construit une thèse de la construction de l'histoire de France, "celle d'être reconnue comme l'héritière de Rome, de son Etat, de sa langue, de sa manière unique d'assimiler les étrangers - à la fois hautaine et égalitaire - et même de sa façon d'imposer la paix en Europe."

Si l'Angleterre fut notre Carthage, l'Allemagne (la Prusse) fut son plus fidèle élève, imitateur comme l'a brillamment exposé René Girard dans "Achever Clausewitz", ouvrage cité et clairement exposé par Eric Zemmour.

Les remarques brillantes se succèdent :

- "La "nation" allemande, vue par les élites françaises, est depuis deux siècles une projection du moi français sur une Allemagne transformée en une France idéale. Les rôles sont inversés, mais le désir mimétique demeure." (p. 90).

- Après Waterloo, "Mme de Staël glorifiait le premier général d'un siècle (Wellington) où avait vécu Napoléon. Elle ouvrait le bal de ces intellectuels français libéraux et progressistes qui ne cessèrent depuis lors de se chercher un maître étranger, qu'il soit anglais, allemand, russe, américain. Et demain, chinois, indien, arabe ?" (p. 80)

- "Contrairement à ce qu'écrivait Montesquieu, et ce que prétendent tous nos théoriciens libéraux [ricardiens] depuis lors, ce n'est pas le doux commerce qui a fait la fortune du Royaume Uni, mais l'implacable défense militaire du commerce." (p.67)

- "Le raciste hiérarchise les individus en fonction de leur race; le Français pense que tout étranger, quelles que soient son origine, sa race, sa religion, peut accéder au nirvana de la civilisation française. Attitude un brin arrogante, xénophobe même, mais aucunement raciste. Le raciste, à l'instar de l'Anglais, considère qu'un Indien, malgré tous ses efforts, ne parviendra jamais à parler avec l'accent d'Oxford."

Provocateur, Zemmour est digne d'intérêt quand il s'exprime qu'une idéologie du métissage a remplacé la vertu de l'assimilation, vecteur de notre Histoire.

"Sur les ruines de l'assimilation, le culte du métissage fut édifié comme le miroir inversé de la race pure. Le métissage nous apporterait la réconciliation universelle. Outre que ce discours est historiquement faux - le métissage entre conquistadores et Indiens n'ayant nullement empêché massacres et pillages - il est erroné intellectuellement. Ainsi comme le note pertinemment Pierre-André Taguieff, le métissage "obligatoire" est souvent associé à l'exaltation de la diversité, deux notions antagonistes. Le mot "race" est devenu dans notre société le tabou suprême, comme le sexe au XIX° siècle. Celui-ci est refoulé parce qu'on aimerait tant qu'il n'existe pas; mais il nous obsède. Le puritain voyait le sexe partout; l'anti-raciste moderne voit des racistes partout." (p.234)

Bien entendu, Zemmour ne s'oppose pas au métissage comme ses détracteurs le lui reprochent. Il dénonce l'idéologie du métissage (qui rappelle celle du "melting-pot" américain) qui dégénère en communautarismes, poison de la Société, anti-Histoire de France.

Zemmour conclut que "la romanisation s'essouffle, l'assimilation n'est plus de saison, la francisation, comme disait le général de Gaulle, reste en panne" (p.251).

Réinventer un projet pour la France passe-t-il donc bien par le retour à sa vocation universelle, celle d'héritière de Rome ?

J'y répondrai que la thèse de Zemmour est intéressante, mais que cette vocation universelle est née dans le pré carré de l'Ile de France, incarnée dans la monarchie sauvée par Jeanne d'Arc, très éloignée de la vision impériale qui fut celle de l'Empire Romain Germanique (dit "saint") de l'autre côté du Rhin reprise sans doute par les Etats-Unis. La France n'a aucune vocation impériale. Au contraire. Notre Nation, par sa taille, rassure les "petites" Nations, y puisera ses alliées, pourra promouvoir un vrai projet citoyen.

Rome sans l'Empire, est-ce pensable ?
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44 internautes sur 55 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Des lendemains qui chantent..., 9 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mélancolie française (Broché)
Je viens de terminer 'Mélancolie Française' d'Eric Zemmour.
On pourra reprocher le style un peu trop journalistique de cet essai mais le fond est très intéressant et enrichissant. Pour en finir avec les critiques, je dois dire d'Eric Zemmour suppose peut-être à tort que tous ses lecteurs potentiels sont aussi érudits et férus d'Histoire de France que lui. On regrettera le manque de notes en bas de page pour les références qu'il donne et j'ai du passer plus de temps que je ne l'avais imaginé au départ sur `Google' pour retrouver et aussi vérifier les informations données. Mais au final ce fut un exercice formateur et véritablement passionnant.
Sans vouloir révéler les détails du livre pour ceux qui seraient intéressés par sa lecture, je dois dire que les critiques que j'ai pu lire a propos de l'ouvrage sont assez pauvres en arguments. Le seul commentaire que l'on retrouve dans l'ensemble de ces critiques c'est celui qui consiste à considérer le fond, et notamment le dernier chapitre, comme la manifestation d'un pessimisme Zemmourien maladif qui le discréditerait automatiquement. Une manière de déconsidérer les problèmes posés par Zemmour basée sur l'adage que « tout ce qui est excessif est forcément insignifiant ». C'est une critique bien facile, utilisée avec consistance depuis 20 ou 30 ans par nos brillants intellectuels pressés de maintenir coûte que coûte le peuple dans une léthargie propre a le rendre docile et malléable, ouvert au `métissage obligatoire' ciment de leur vision paradisiaque du `vivre ensemble'. Une pratique qui permet de balayer d'un revers de la main tout ce qui gêne la bien pensance gauchisante ambiante sans pour autant se donner la peine d'argumenter.
Au contraire de ses confrères, Zemmour analyse sans idéologie les conséquences de l'immigration de peuplement et tente d'établir sans complexes a qui profite le crime, démontrant ainsi à qui veut bien l'entendre que jamais la gauche et leurs dogmes humanitaristes de façade n'ont autant été au service de la mondialisation, étendard d'un capitalisme sans frontières au service d'une superclasse mondiale et contre les états-nation et leurs peuples. Rien de nouveau sous le soleil pour ceux qui ont suivi l'historique de la création de l'idée d'un Nouvel Ordre Mondial, notamment les travaux de H.G Wells et l'existence attestée de groupes financiers surpuissants qui influencent considérablement un monde politique des plus corrompus, ou tout simplement impuissant face a la puissance financiere.
Tout ce que les gocho-bobo-altermondialistes dénoncent sans jamais vouloir admettre leur part de responsabilité considérable dans le désastre annoncé. Peut-être ont-t-ils peur de réaliser qu'ils ont été et continuent d'être manipulés par des lobbys financiers puissants et influents qu'ils exècrent à raison tel le groupe Bilderberg pour ne citer que le plus célèbre d'entre eux.
La relation avec le monde musulman, asservi a l'Islam et donc mur pour la mise en place d'un Nouvel Ordre Mondial selon les thèses élaborées par ces brillants « illuminés » devient d'un coup limpide. Si le peuple est rétif à l'expansion de la mondialisation sans garde fous, changeons le peuple. Deux Milliards de musulmans potentiellement fideles a l'Islam, force politique indiscutable, c'est 2 Milliards de clients prêts a la soumission marchande puisque déjà prêts a la soumission a Allah. L'Europe de demain, Islamique car démographiquement musulmane sans contestation possible, c'est l'avènement d'un monde a forte connotation totalitaire (on est forcément suspicieux quand des groupes financiers expliquent qu'ils veulent le bien de l'humanité avant tout). l'Europe faible car divisée et gérée en fédérations de communautés allogènes juxtaposées a l'échelle d'un continent c'est la mort cérébrale des états-nations et des peuples qui les composent aujourd'hui. L'islamisme c'est le cheval de Troie de la mondialisation à outrance qui ouvre la porte aux pires cauchemars imaginés par un George Orwell avec 1984... Bref, une lecture que je vous recommande afin que vous vous fassiez votre propre opinion sur le sujet.
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35 internautes sur 44 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Ouvrage brillant !, 26 mars 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mélancolie française (Broché)
Eric Zemmour est écrivain et penseur de la vieille école, il rassemble en lui tout le génie de l'école Française instruit à la grande littérature Française et manifeste les maux de la France avec un génie et un style qui n'appartient qu'à lui. En lisant ce livre, j'ai pu apprécier une histoire Française faite d'ambition et de volonté impériale, qui s'ancrait avant tout dans une France Civilisatrice, comme le fut en son temps les civilisations babyloniennes ou Égyptienne, par la défense de sa vision politique et économique, sociale et culturelle. Cette manifestation Impériale de la Francité réalisait l'ambition de la France et de son peuple. Une histoire Française faite d'universalisme, d'espoirs, de rêves, d'entreprises mais qui se retrouve toujours devant faire face à des trahisons, des coup bas, d'ennemis insatiables (Les puissances Anglo-saxonnes et la force Prussienne) qui ne veulent pas d'un voisin géant Français à côté d'eux. Notre destin aura été alors de mener notre ambition Française en évitant tantôt les pièges, tout en consacrant notre idéalisme civilisateur, mais se heurtant, au final, à des volontés contraires car aux intérêts divergents. La France dans son histoire avait le choix soit de se battre et lutter pour défendre sa civilisation soit se soumettre aux puissances étrangères qui selon le temps et son époque ont été l'Angleterre, la Prusse et aujourd'hui l'Empire USA et à moindre échelle l'Europe qui fut, au départ, espoir d'une France renouvelée. Zemmour impose son essai historique de manière grandiose en démontrant que notre « mélancolie Française » vient du fait que nous avons perdus l'ambition d'être maitre de notre destin et que nous avons sacrifiés notre Francité en se soumettant à d'autres puissances qui n'ont eu de cesse de vouloir nous détruire. J'oserais dire que nous avons posés les armes comme Vercingétorix aux pieds du nouvel Empire ou encore que nous avons remis les clés de la maison France à des instances étrangères. Zemmour réalise un essai historique alternant des faits concrets et historiques, en s'interrogeant par des uchronies loin d'être inutiles et même inexorablement intelligente, où il prolonge par des analogies contemporaines en s'interrogeant de notre future qui s'empêtre dans un marasme d'éléments que nous avons déjà connus par le passé. Cet ouvrage est simplement Brillant ! Bravo Monsieur Zemmour !
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23 internautes sur 29 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Mélancolie belge ?, 9 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mélancolie française (Broché)
Le long commentaire de Perceval, ci-dessus, résume parfaitement ma pensée. Etant citoyen du Plat Pays cher à Brel et supposant que je ne suis pas seul à visiter ce site, j'informe l'internaute que Zemmour consacre un chapitre sur la Belgique, la RDA de la France. Avec culot et un certain cynisme jubilatoire, il brosse un portrait incisif de l'histoire de ce pays somme toute artificiel. Au moment où un Belge est `au sommet' et que la Belgique prendra prochainement les rênes de l'UE, que la bataille du séparatisme est plus virulente que jamais, Zemmour a raison d'inclure ce cas d'école géostratégique européen dans son excellent essai. Mieux vaut être informé ! Bravo, Zemmour.
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Mélancolie française
Mélancolie française de Eric Zemmour (Broché - 3 mars 2010)
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