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Figure historique et tutélaire du souverainisme de gauche, Jean Pierre Chevenement est aussi de ces hommes politiques qui sait que certaines idées dépassent largement le pratique clivage droite-gauche. Il en va ainsi de la remise en question profonde et perspicace qu'il fait de l'Europe dans laquelle nous vivons et qui, à en croire certaines éminences médiatico-politiques, est notre seul avenir possible, notre planche de salut. A la lecture de l'analyse très saine qu'il fait de 100 ans d'Europe, on se demande bien comment il peut encore adhérer au PS, mais sans doute un homme comme lui ne sera jamais à sa place dans un quelconque parti politique, alors celui ci ou un autre...

Bref, on l'aura compris, prenant prétexte des 100 ans du début de la guerre de 14 dont on n'a, à priori, pas fini d'entendre parler toute l'année prochaine, le Che nous met en garde contre toutes les récupérations auxquelles ne manqueront pas de se livrer nos élites européennes pour tenter de justifier encore quelques temps le fait de garder en vie ce malade sous respiration artificielle qu'est Bruxelle, jouant l'air connu de la diabolisation des nations. Cette diabolisation est d'ailleurs, selon Chevenement, la cause du déclin accéléré de l'Europe à l'issu du second conflit mondial.

On pourra toujours critiquer Chevènement sur ses comportements politiques, il est, néanmoins, unanimement reconnu pour la rigueur de ses analyses et celles présentés dans ce livre ne font pas exception à la rêgle. Il serait bon, pour notre démocratie, ou du moins ce qu'il en reste, que d'autres voix que la sienne s'élèvent pour dénoncer la dérive de l'Europe actuelle. A défaut de celà, le champs de la critique est laissé tout entier aux partis les plus extrêmes.

CREW.KOOS
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le 7 novembre 2013
C'est un livre majeur que publie Jean-Pierre Chevènement, à découvrir de toute urgence ! Grâce à une vue longue et une connaissance précise de l'histoire - un fait désormais rare chez les hommes politiques hélas - le président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) propose une critique acérée de l'Europe actuelle, de ses institutions post-démocratiques et technocratiques. La critique de l'euro est tout particulièrement incisive. Dans un monde marquée par une seconde mondialisation, où s'exprimera toujours plus une rivalité entre les Etats-Unis et la Chine, l'Europe ne pourra éviter la sortie de l'histoire qu'en étant refondée. Une Europe de la Méditerranée, une Europe des géométries variables, un euro monnaie unique transformée en monnaie commune, constituent une vision cohérente de l'avenir pour le XXIe siècle. Loin de la rêverie désincarnée, "L'Europe sortie de l'histoire" approfondie la cohérence et la constance de l'homme depuis le traité de Maastricht au moins et, en bien des cas, les événements ont donné raison à ses analyses. Combien d'autres peuvent s'en targuer ?
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le 11 janvier 2014
C'est J.P.Chevènement... on l'aime ou pas, on est d'accord ou pas, il ne laisse pas indifférent ! Son livre serait à faire lire à tous, et après on discute !!
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Un siècle de déclin européen.

Le dernier ouvrage de Jean-Pierre Chevènement, 1914-2014/ L’Europe sortie de l’histoire ?, est consacré au déclin relatif que connaît l’Europe depuis 1914 et aux causes de ce déclin. Parmi celles-ci, il pointe du doigt les conséquences désastreuses de la Grande Guerre mais aussi l’européisme qui serait responsable des difficultés que connaissent actuellement les pays européens. Il dénonce au passage la manipulation que l’oligarchie prépare et qui vise à condamner le bellicisme supposé des nations pour mieux valoriser la construction européenne à laquelle nous devrions soixante années de paix.

Les nations ne sont pas responsables de la Grande Guerre

Pour Jean-Pierre Chevènement ce ne sont pas les peuples, y compris le peuple allemand, qui sont responsables de la première guerre mondiale mais une partie des élites allemandes comprenant le Kaiser, le chancelier, le grand état-major et les membres des cercles pangermanistes, lesquels étaient, bien que peu nombreux (quelques milliers), très influents.

C’est une reconstruction a posteriori et une grossière facilité d’imputer aux « nationalismes » en général la responsabilité de la Première Guerre mondiale. C’est une manière d’exonérer les élites dirigeantes de leurs responsabilités. Dans leur majorité, les opinions publiques n’étaient nullement belliqueuses, bien au contraire, en Allemagne pas plus qu’ailleurs.

En soulignant les responsabilités des élites allemandes, Jean-Pierre Chevènement oppose un argument de poids à celui des européistes selon lesquels l’origine du conflit doit être cherchée dans l’existence même de nations qu’ils considèrent comme naturellement bellicistes. Il voit dans le pangermanisme, qui fut « une combinaison, spécifique à l’Allemagne, associant l’exaltation nationale et le projet, imprécis quoique lancinant, de créer un empire colonial sur le sol même de l’Europe », une des raisons qui ont poussé les élites dirigeantes à déclencher une guerre préventive contre la France et la Russie.

Les dirigeants civils et militaires allemands auraient, de plus, fait une mauvaise analyse du contexte géopolitique ; ainsi la réaction de la Grande-Bretagne à l’accroissement considérable de la puissance maritime de l’Allemagne a été sous-estimée. La Grande-Bretagne ne pouvait pas accepter de se faire dominer sur les mers ; sa réaction ne pouvait qu’être violente et elle le fut, contrairement à ce qu’avaient prévu les dirigeants allemands.

L’échec de l’européisme

Les européistes ont cru qu’ils pourraient créer un peuple européen en réalisant l’unification économique du continent. Dans ce processus la monnaie unique devait jouer un rôle déterminant, ce qui ne s’est pas vérifié. Bien au contraire, on peut craindre que l’échec de cette monnaie unique conduise à l’abandon de toute idée européenne, ce qui serait dramatique. On note un désamour à l’égard de l’idée européenne dans la quasi-totalité des pays européens, y compris en Allemagne où la proportion de ceux qui pensent que l’avenir de leur pays est lié à celui de l’Europe est passée de 62 à 41% entre 2010 et 2013. En fait, après avoir adhéré très largement à l’idée de dépassement des nations par l’Europe conçue comme première étape vers la société mondiale, les Européens reviennent progressivement depuis vingt ans à leurs enracinements nationaux. L’Europe économique et monétaire a échoué dans sa tentative de créer une nation européenne dont Helmut Schmidt dit qu’elle ne verra pas le jour au XXIe siècle. Cette opinion est cohérente avec ce que les sondages de l’Eurobaromètre nous apprennent : il n’y a que 3% des Européens qui se sentent uniquement européens et 7% qui se définissent comme européens et nationaux ; tous les autres se disent d’abord nationaux et ensuite européens ou seulement nationaux. Le renforcement des sentiments nationaux est la tendance forte de ces vingt dernières années et il traduit l’échec évident de l’européisme.

A l’appui de son raisonnement concernant l’impossibilité dans laquelle nous sommes de créer une fédération, Jean-Pierre Chevènement cite les travaux de Patrick Artus, lequel a évalué le montant des transferts qui seraient nécessaires à l’ homogénéisation des appareils économiques des pays de la zone euro et qui a conclu à des besoins supérieurs à 300 milliards d’euros par an pendant une douzaine d’années, ce qui est totalement impossible parce qu’il faudrait que l’Allemagne contribue à cet effort titanesque à hauteur de 250 milliards par an, ce qu’elle ne peut pas faire.

Mais l’européisme bruxellois que le Jacobin Jean-Pierre Chevènement dénonce n’est-il pas un sous-produit de l’idéologie universaliste issue de la Révolution française dont l’impérialisme napoléonien a constitué une première mouture guerrière et en quelque sorte « trotskyste » avant la lettre ? Jean-Pierre Chevènement plaide pour un patriotisme républicain enraciné non pas dans la longue histoire d’un peuple particulier mais dans une idéologie, celle du citoyen-individu qui a pour horizon l’unification de l’humanité. Tout au long de son livre, il nous rappelle d’ailleurs que le projet européen doit être inspiré par la philosophie des Lumières, laquelle est individuo-universaliste et conduit donc inéluctablement au cosmopolitisme promu par l’organisation de Bruxelles. Nous touchons là du doigt la contradiction essentielle du « souverainisme » d’inspiration révolutionnaire. Par ailleurs, s’il a raison de dire que la démocratie impose des frontières, il a tort de penser qu’elle est indissolublement liée à l’idéologie de la Révolution française. La démocratie appartient à l’histoire multi-millénaire des peuples européens ; les révolutionnaires français se sont d’ailleurs inspirés des expériences grecques mais ils les ont dénaturées en faisant de la nation révolutionnaire un agrégat d’individus, ce que n’étaient pas les cités grecques qui étaient essentiellement des communautés ethniques dont la trame était à la fois familiale, historique et culturelle. De même, le républicanisme est une vieille tradition européenne qui remonte au moins à la fondation de la République romaine et il est parfaitement possible d’être « républicaniste » sans adhérer à la philosophie des Lumières et en rejetant l’idéologie de la Révolution française, mais en ayant recours aux traditions philosophiques et politiques européennes de l’Antiquité et de la Renaissance.

Vers un redressement de l’Europe

Jean-Pierre Chevènement ne s’étend pas longuement sur les mesures qu’il faudrait prendre pour redresser l’Europe. Il évoque brièvement la construction d’une confédération de nations qui pourrait devenir un jour une fédération mais la seule précision qu’il apporte concerne la transformation du Parlement européen qui devrait, à son avis, être constitué de délégations des parlements nationaux. Il plaide en faveur

« d’un projet européen auquel pourraient s’associer ceux des pays qui le souhaiteraient et qui embrasserait l’industrie, la défense, la régulation des échanges avec l’extérieur, la politique économique et monétaire et l’énergie. Un plan européen d’investissements devrait être élaboré pour un montant global d’au moins 1000 milliards d’euros et qui concernerait les universités, la recherche, les réseaux numériques, les filières industrielles d’avenir, l’énergie, les infrastructures de transport, les lignes à grande vitesse européennes… Le financement de ce plan serait assuré par des émissions d’emprunts libellés en euros (monnaie commune) et garantis par l’Union, c’est-à-dire, en dernier ressort, par les Etats. »
La transformation de la monnaie unique en monnaie commune et la dévaluation des monnaies des pays qui jugeraient opportun d’assurer une protection monétaire de leurs économies, comme le propose Jean-Pierre Chevènement, seraient-elles suffisantes pour permettre un redressement économique de l’Europe, compte tenu des dumpings salariaux, sociaux, monétaires, fiscaux et environnementaux que pratiquent les grands pays émergents ? Il est permis d’en douter et de penser que de nombreux pays européens ont besoin de reconstruire leurs systèmes industriels à l’abri de frontières ; bien qu’il évoque la nécessité d’une régulation des échanges, il se dit clairement opposé au protectionnisme. Il est vrai que la mise en place d’un protectionnisme au niveau européen serait très difficile dans l’état actuel des choses du fait de la divergence des intérêts des différents Etats et notamment de l’Allemagne qui profite, pour l’instant, du libre-échange.

Il n’aborde pas le sujet de l’OTAN, ni celui du Traité transatlantique, par contre il se dit favorable à une politique familiale volontariste mais tout aussi favorable à des flux migratoires « qui doivent être organisés pour servir le développement » ! Nous retiendrons un point important de son projet qui concerne l’insufflation d’un esprit européen au sein de la confédération qu’il appelle de ses vœux. En effet, il eût mieux valu commencer par là, en oubliant les Lumières, plutôt que par la création d’une monnaie unique.

Malgré toutes les réserves que l’on peut émettre, cet ouvrage est d’un grand intérêt, y compris sur le sujet des spécificités de l’histoire allemande et sur celui des relations franco-allemandes auxquelles il a consacré de longs développements.

Bruno Guillard
25/11/2013

Voir aussi :

L’Union européenne contre l’Europe
La Novlangue de l’Union européenne (première partie)
« Contre l’Europe de Bruxelles. Fonder un Etat européen ? » de Gérard Dussouy

Correspondance Polémia – 28/11/2013
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Jean-Pierre Chevènement est, sans conteste, l'un des hommes politiques français de ces cinquante dernières années, ayant à ce point allié des convictions fermes et fortes à une culture politique impressionnante. Sans doute, ses convictions viennent-elles justement de sa culture politique, de même que - cela on peut le supposer - cette culture s'est-elle construite sous l'influence de ses convictions. Trois thèmes dominent chez Chevènement : la République, la Nation et l'Europe. Dans sont précédent livre, La France est-elle finie ?, il traitait de la Nation ; dans celui-ci, il traite de l'Europe, encore que dans les deux, il traite en réalité des deux sujets. Toujours est-il que dans « 1914-2014 - L'Europe sortie de l'histoire ? », s'il s'intéresse à l'Europe, ce n'est pas tant, cette fois, de sa construction progressive, de son fonctionnement et de ses politiques, mais plutôt de ses racines, de sa raison d'être ainsi que de son devenir. On pourra être surpris du parallèle qu'esquisse le titre intriguant de l'ouvrage : ce rapprochement qui est fait entre les années d'où surgit le premier grand conflit mondial et la période actuelle qui voit l'Europe à la croisée des chemins. Ce « parallèle instructif » est pleinement revendiqué par l'auteur (p. 35). Il s'agit bien pour lui d'étudier attentivement l'issue guerrière de la première mondialisation en 1914 et d'en analyser les causes profondes, pour tenter de répondre à l'interrogation : « quel sort la seconde mondialisation, effectuée depuis 1945 sous l'égide américaine, réserve-t-elle à l'Europe dans un monde que domineront de plus en plus les Etats-Unis et la Chine ? ». Il y a beaucoup de matière dans ce livre, à la fois livre d'histoire et livre politique. Plusieurs thèses même s'y mêlent. J'en ai repéré au moins trois :
1) Ce ne sont pas les nations - et encore moins les peuples - qui sont responsables de la Première guerre mondiale, ni de la Seconde d'ailleurs. Chevènement estime, quant à lui, que la première grande boucherie du XXe siècle résulte plutôt des thèses pangermanistes, promues par une minorité élitaire de politiques et d'industriels allemands, cherchant à contester l'hégémonie britannique et à s'étendre sur l'Europe continentale.
2) C'est la critique des nations, accusées de bellicisme, qui a servi de lit idéologique à une construction européiste, technocratique, coupée des peuples et, estime l'auteur, « docile aux orientations venues de Washington » (p. 41). Un homme, en particulier, aurait joué un rôle déterminant dans cette orientation : Jean Monnet qui a beau avoir été panthéonisé n'en est pas moins l'une des bêtes noires du Ché.
3) Dès lors, et « paradoxalement, la `construction de l'Europe' s'est révélée le plus sûr moyen d'accélérer son déclin » (p. 122). En dépit de la doxa ambiante, l'Europe n'a été grande à travers l'histoire que par ses nations. « Chacune a apporté quelque chose d'unique au patrimoine de l'humanité : la Renaissance italienne, les rêves de découvertes des navigateurs portugais, la splendeur hispanique, la peinture flamande, le parlementarisme britannique, les Lumières et la Révolution françaises, la musique et la philosophie allemandes, le roman russe, etc. » (p. 51). Et ce n'est que par ses Nations que l'Europe pourra vaincre les défis qui s'élèvent aujourd'hui face à elle.
À brasser tant et tant de sujets, Chevènement est parfois quelque peu rapide. On aimerait en savoir un peu plus sur son projet de « monnaie commune » qui, avec la description qu'il en fait dans l'ouvrage, n'emporte pas, en l'état, la conviction. Il paraît aussi toujours très désinvolte et décevant vis-à-vis des questions écologiques... En revanche, il y a une vigueur dans l'écriture et une finesse dans l'analyse qui font de chacun de ses ouvrages un grand plaisir de lecture. Celui-là, en tout cas, mérite d'être lu par tous ceux qui s'intéressent à l'Europe, refusent les diktats actuels - « t'es contre Bruxelles, t'es contre l'Europe » - et pensent, au contraire, qu'une autre Europe est possible.
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le 17 mai 2014
Contrairement à ce qu'on dit souvent Jean Pierre Chevènement n'est pas anti-européen. Mais il pense que celle-ci doit se faire avec les peuples européens et démocratiquement. Il suffit d'ouvrir les yeux pour constater que, contrairement à l'espoir de ses créateurs, l'Euro n'a pas fait avancer l'Europe mais l'a fait reculer. Il faut sortir de l'euro, monnaie unique et revenir à l'Euro monnaie commune qui aurait (comme c'était de cas de l'Ecu) des déclinaisons nationales (franc-euro, mark-euro...) dont les parités internes à l'U.E. seraient fixées par l'UE, en fonction de la compétitivité des économies. en même temps de nombreuses entreprises communes (comme Airbus ou le CERN), devraient être encouragées. De même, et la crise Ukrainienne en montre la nécessité nous devrions avancer vers une diplomatie et une défense commune.
Homme des frontières est fasciné par l'Allemagne qu'il connaît très bien et respecte, mais qui ne saurait devenir le "chef" de l'Europe.
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le 19 avril 2014
Très bon livre. A la fois politique et historique. Tout est expliqué. Pour comprendre notamment qui a voulu l'UE (certainement pas les peuples) et dans quel but inavoué. Pour comprendre aussi les dérives actuelles de cette UE qui est un carcan plutôt qu'une chance pour les nations qui composent l'UE.
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Jean-Pierre Chevènement est un homme politique profondément républicain sans nul doute inspiré des grands acteurs du gaullisme dit de gauche (Léo Hamon), bien que le gaullisme ne soit pas de droite en soi, du moins pas de la "droite" dont on l'entend depuis une trentaine d'années, c'est-à-dire résumée au libéralisme. Chevènement est pétri de culture historique et de lecture de l'Histoire suivant les principes et enseignements de l'historien royaliste Jacques Bainville dont je suis un passionné. Les récentes lectures de Bismarck de l'historien Bled ainsi que de Histoire de deux peuples, continuée jusqu'à Hitler de Bainville, celle régulière de Les conséquences politiques de la paix "Une paix trop douce pour ce qu'elle a de dur, et trop dure pour ce qu'elle a de doux" qui brisa le Peule allemand en préservant le militarisme prussien qui l'avait jeté dans la guerre, m'ont permis d'apprécier "1914-2014" à sa haute valeur.

L'Union Européenne a été pensée contre les Etats. Pour les "pères" de l'Europe, le nationalisme, responsable des dernières guerres mondiales, était indissocié de la Nation. Transcender la Nation devenait un devoir. Faire gouverner les nations par des technocrates s'imposait dès lors comme une nécessité fédératrice. Pour les européistes, la Nation est dangereuse : il faut la mater, la fondre dans le chaudron commun d'une divinité que l'on impose comme réalité (TINA : "There is No Alternative" - pour reprendre l'antienne de Margaret Thatcher): la monnaie unique, l'euro. L'euro est l'aboutissement du rêve européiste. Son organisation (la monnaie) n'obéit pas aux principes démocratiques. Les Peuples se sont désaissis dès Maastricht de la possibilité d'influer sur la politique monétaire de la BCE dont l'objet premier n'est pas le plein emploi des citoyens aspirant pourtant au bonheur (c'est le marketing politique qui est systématiquement utilisé et usé jusqu'à la corde), mais la lutte contre l'inflation - la stabilité monétaire. Je renvoie le lecteur au très bel ouvrage de Coralie Delaume, l'animatrice du blog "L'Arêne nue" Europe Les Etats désunis. Les Peuples, définis dans la Nation, défendus par la Nation sont donc livrés aux dieux des Marchés, dont la croyance absolue des promoteurs européistes, malgré 2008 (crise des subprimes) continuent à incanter le principe faux, homicide, liberticide de "l'autorégulation". L'autorégulation (la main divine) non seulement permet de se passer des Nations, des Etats, mais par principe suppose leur disparition. Le seul bon citoyen est le consommateur. Tout est organisé pour cette fin de consommation : liberté des capitaux, ouverture des frontières, refus de lutte contre le dumping social, environnemental mais surtout monétaire. Puisque l'Europe, de fait réduite à l'Union Européenne, de fait réduite à la zone euro, c'est l'euro, alors un euro fort, c'est une Europe forte ! Or, comme l'a démontré l'économiste Jacques Sapir, proche de Chevènement dans Faut-il sortir de l'euro ? la conséquence monétaire de la politique de stabilité des prix, credo obligé, statutaire de la BCE, qui a conduit l'euro à des niveaux d'appréciation structurellement sur-appréciés par rapport au dollar américain (et au Yuan puis au Yen) par tranche de 10%, la sur-appréciation de l'euro par rapport au dollar américain coûte à la zone euro, 1% de PIB. L'euro est sur-apprécié de 25%.

Chevènement explique clairement qu'un euro fort convient aux intérêts allemands, exportateurs de produits à forte valeur ajoutée, bénéficiant d'un réservoir de main d'oeuvre à très bon marché dans leur Hinterland. Pas de salaire minimum, dumping salarial et politique de déflation salariale compétitive par rapport à ses voisins européens dont la France ont contribué pendant une dizaine d'années à créer les excédents commerciaux himalayens allemands au détriment des déficits abyssaux des PIIGS devenus GIPSIS en y intégrant la France. La police n'est pas allemande, mais celle des Marchés financiers qui sanctionnent les Etats notamment par les taux d'emprunt plus élevés (spéculation, risque plus fort).

Le libéralisme est une source foncière de l'européisme qui conduit l'Europe à l'implosion. Jacques Sapir l'avait déjà démontré La fin de l'eurolibéralisme. Il y a également l'atlantisme obligé qui mute le concept d'alliance (allié) en vassalité (soumission à la politique nord-américaine). Cet atlantisme interdit à l'Europe de se penser comme véritable acteur politique avec sa propre histoire. L'atlantisme dénie de principe tout droit à la Russie de continuer à écrire cette histoire européenne commune.

Chevènement, par une étude brillamment conduite du rapport des deux Nations françaises et allemandes sur un siècle, met en lumière la nécessité de défendre la Nation, tout en refusant catégoriquement le nationalisme. Faut-il rappeler que la cour constitutionnelle de Karslruhe a refusé le concept de "Peuple européen" ? - qui n'a aucun sens il est vrai (la Cour constitutionnelle allemande précise à raison que l'UE est une "construction juridique fondée sur le droit international", 2009). Il n'existe que des Peuples nationaux ayant une histoire du vivre ensemble, souhaitant ce vivre ensemble en Europe, et donc bâtir une Europe forte à repenser, à reconstruire contre le mythe du fédéralisme qui n’a aucun sens historique (la Suisse a mis des siècles pour y parvenir, la Yougoslavie a implosé dans le sang). Souverainisme n'est pas du tout équivalent à nationalisme ni à populisme, travers obligé de la frustration des peuples éconduits par leurs oligarchies politiques (je rappelle que le référendum sur le TCE de 2005 a donné majoritairement un NON malgré une campagne médiatique pour le OUI et que trois ans après, sous Sarkozy, 92% des élus français ont passé le OUI - Traité de Lisbonne, en total déni de démocratie).

Vive la France ! Vive l'Europe de l'Atlantique à l'Oural !
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le 20 novembre 2013
GAGNER LA PAIX ENSEMBLE, c'est le titre de la conclusion de ce livre
Ce livre est remarquable, il doit être donné à étudier et commenter par tous les élèves des classes de 1ères (c'est leur programme d'histoire me semble-t-il) ainsi qu'aux jeunes et moins jeunes qui s'intéressent à leur avenir quelques soient leur nationalité, leur pays, la couleur de leur peau, leur religion
a mettre dans toutes les mains
MERCI M.CHEVENEMENT
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TEMPLE DE LA RENOMMEEle 28 novembre 2013
Il faut une 3ème guerre mondiale...pas des trucs à la gomme...Non une destruction complète de l'espèce humaine sans qu'on puisse laisser une chance à quiconque de recommencer...Nous sommes une gigantesque erreur de l'Evolution...Ceci étant, ça ne m'empêchera de casser une bonne petite croûte ce soir...Quant à être sorti de l'histoire, il a raison JPC...Infirmière ma soupe please...
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