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15 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Vers le vrai Saint Augustin, 11 janvier 2011
Par 
Sir "Sir" (France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Augustin et la sagesse (Broché)
Lucien Jerphagnon est professeur émérite des Universités et il se remémore ses difficultés lorsqu'il a dû présenter pour la première fois à ses étudiants saint Augustin, le sage d'Hippone, un des pères et un des docteurs de l'Eglise.

Il existe une image d'Epinal de Saint Augustin : l'adolescent terrible, insensible à la foi de sa mère Sainte Monique et qui se convertit tardivement pour ensuite devenir l'un des premiers grands penseurs de la foi, qui se lamente en repensant souvent dans ses écrits à son passé pécheur; la réalité est bien plus complexe : le cheminement de Saint Augustin n'est pas une erreur de jeunesse mais la conséquence de ses qualités intellectuelles rapidement comprises par son père qui finance ses études puis repérées par ceux qui récusent la foi chrétienne, en particulier les manichéens. Mais la connaissance de la philosophie grecque va conduire progressivement Augustin à la sagesse puis à la foi. Son influence sera considérable parce qu'il est certainement un des plus grands penseurs de son époque (que nous connaissons d'ailleurs pour une grande partie par ses écrits).

L'auteur explique quelle est cette sagesse qui nous échappe aujourd'hui mais qui est chez Augustin la synthèse de la connaissance grecque et de la foi chrétienne. Cette réunion n'était pas évidente avant lui et il a fallu un grand intellectuel pour expliquer et réussir ce qui ne sera plus remis en cause ensuite et tous (Saint Thomas d'Aquin, Descartes...etc) se réclameront de son héritage...

Ce petit livre de 120 pages est agréable à lire et je le recommande.
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9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Excellent livre, 8 octobre 2011
Par 
Caton "Caton" (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
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Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Augustin et la sagesse (Broché)
Dire et expliquer le choc que peut provoquer saint Augustin en quelques pages seulement - des pages tour à tour émouvantes, amusantes et profondes -, c'est tout l'art de Lucien Jerphagnon. Dans ce livre encore, il prouve que le penseur, l'historien et le styliste, si disjoints chez tant d'autres, ne faisaient qu'un en lui. A recommander !
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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 CET HOMME VOUS FERAIT DEVENIR CHRETIEN !, 29 janvier 2012
Par 
BAGRATION "GEKKO MODO, L'AMI DES BETES" (FRANCE) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Augustin et la sagesse (Broché)
Satané Lucien ! Sa conviction, son érudition, son sens de l'humour dresse de Saint Augustin un portrait chaleureux profond et profondément questionnant ! (désolé pour le jargon...) à tel point que je vais lire (un de ces jours) les Confessions...Je n'en suis pas encore (mais là j'ai un vrai doute,enfin de temps à autre) à vouloir me convertir à Dieu mais ce terrible professeur de Philosophie fout un joyeux b...l dans ma tête (selon son expression). Voilà un homme aimable et je comprends comme disait Michel Onfray (pas ma tasse de thé) qu'on puisse l'aimer...

Diable d'Homme !
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "Notre religion, où se trouve la vraie sagesse", Saint-Augustin, Cité de Dieu, 9 novembre 2012
Par 
Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR)    (TOP 500 COMMENTATEURS)    (TESTEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Augustin et la sagesse (Broché)
Lucien Jerphagnon (1921-2011) fut professeur émérite des Universités et membre associé de l'Académie d'Athènes. Ce brillant professeur de philosophie, disciple en droite ligne d'Henri Bergson par Vladimir Jankélévitch maîtrise l'art difficile de faire comprendre les matières ardues de la pensée à des profanes. Il le fait avec le sourire non pas de l'être supérieur s'adressant à de piètres et laborieux esprits qu'il croit inférieurs, mais avec ce divin sourire de l'ironie si cher à Jankélévitch :

"Car le but de l'ironie n'était pas de nous laisser macérer dans le vinaigre des sarcasmes ni, ayant massacré tous les fantoches, d'en dresser un autre à la place, mais de restaurer ce sans quoi l'ironie ne serait pas ironique : un esprit innocent et un coeur inspiré." (L'ironie)

Ainsi donc Lucien Jerphagnon décida de présenter à ses étudiants de 1962-1963 quelques textes de Saint Augustin. S'adressant à un public chrétien ou non, croyant ou pas, il sut les enthousiasmer sur ce philosophe chrétien du quatrième siècle qui est l'un des docteurs de l'Eglise.

Augustin fut converti par "l'Hortensius" de Cicéron (texte disparu depuis) et prit à coeur la finalité de la philosophie "amour de la sagesse": "cet attachement à découvrir les vraies valeurs, la manière d'y atteindre le ferme propos de s'y engager un peu plus concrètement". Augustin cherchera alors à acquérir "la science des choses divines et humaines" (p.49)

Augustin se rapprochera des manichéens, branche hérétique de l'Eglise, puis s'en détachera à nouveau grâce à la philosophie, cette rencontre qui illuminera sa vie, avec les platonicien : "c'était du dedans de soi qu'il lui semblait maintenant découvrir le monde extérieur : avec le regard de son âme" (p.74).

Lucien Jerphagnon précise les deux thèmes qui seront présents dans toute l'oeuvre d'Augustin : "l'indigence de l'intelligence et l'absolue transcendance du mystère divin" (p.85). Augustin, toujours passionné de convaincre, luttera toute sa vie contre la sottise, celle notamment des théologiens se piquant de science et se trompant, rendant confus le message de la Bonne Nouvelle, l'obscurcissant et entravant le développement de la connaissance. "La sottise est un cas particulier du mystère, de l'incessant combat du péché et de la grâce." (p.87) Augustin s'inscrit comme disciple de l'apôtre Paul qui valorisait les deux intelligences nécessaires et complémentaires de la raison et de la foi (donnée par la grâce divine).

"C'est en s'investissant tout entière au coeur même de la foi que l'intelligence recevra du mystère ce qu'elle en peut accueillir. (...) Comprendre est récompense de la foi" (p.89)

Pour comprendre ce qui peut choquer le lecteur non chrétien, et l'interroger sur la compatibilité foi-raison, leur alliance dans la quête de la connaissance de Dieu, et donc de la sagesse, Jerphagnon expose l'essentiel en quelques mots. Suivant les stoïciens, l'ordre du monde est divin et donc parfait. S'y soumettre est une nécessité pour les stoïciens. Pour le chrétien en va-t-il de même ?

"Qu'irait-on changer à la perfection ? Bien évidemment, les chrétiens feront de même, mais dans le contexte d'un salut gracieusement accordé, en espérance toutefois, par l'amour divin. Cette soumission n'est donc plus simple acceptation d'un "c'est comme çà". Elle n'a rien non plus de cette indifférence hautaine qui se laisse voir dans certains textes, d'ailleurs fort beaux, d'un Epictète, d'un Musonius, d'un Marc Aurèle. De la part du chrétien, elle est au contraire abandon confiant, filial. Elle est empressement fervent, voire joyeux, puisqu'elle est réponse reconnaissante à un amour. Certes, par essence, l'âme humaine garde toujours son libre arbitre, cette possibilité de choisir aussi mal que l'ont fait ses premiers ancêtres au jardin d'Eden. Mais habitée par la grâce, elle ira au-devant des divines exigences: c'est alors qu'elle trouvera son authentique liberté. Et qu'elle trouvera du même coup son bonheur, puisque c'est la divine Sagesse en personne qui parlant en elle, lui suggère ce qui est bien, de même qu'elle lui révèle ce qui est vrai: "Donne Seigneur, ce que tu ordonnes, et ordonne ce que tu veux (Les Confessions, X.29.46)"; Là est selon Augustin l'essence de la liberté pour l'âme estropiée, comme il l'a dit et redit, par le péché originel. Et donc, "là où est l'Esprit - entendons: l'Esprit Saint-, le plaisir n'est pas à pécher, et là est la liberté; là où l'Esprit n'est pas, le plaisir est à pécher, et c'est l'esclavage (De l'esprit et de la lettre, XVI.28)" - p. 100-101

Comme le signale Bagration - que je remercie à nouveau pour m'avoir invité à découvrir Lucien Jerphagnon- , "Les Confessions" constitueront une de mes prochaines lectures.
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 L'IMMENSE SAVOIR..., 29 janvier 2012
Par 
XENOPHON - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Augustin et la sagesse (Broché)
...associé à la lucidité, la dureté, la finesse, l'humour, la drôlerie...cela donne le Pr Jerphagnon...et un merveilleux moment de culture dédiée à la Sagesse et à la vision chrétienne qu'en avait St Augustin...L'homme Augustin est saisi dans sa Foi et ses Ambitions Mondaines...Saint Augustin est pris d'un bloc dans ce Savoir et cette Recherche Eperdue à la Lumière du Divin et de son Envoyé...
Tout cela en quelques 120 pages...Seul un immense érudit doublé d'un homme à la personnalité étonnante pouvait réussir ce tour de force...
A lire bien sûr
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 ... et les mots pour le dire viennent aisément, 8 janvier 2013
Par 
Veilleur - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Augustin et la sagesse (Broché)
J'ai été conquis par ce petit livre simple à lire qui a le mérite en peu de page d'exposer clairement le cheminement intellectuel d'Augustin, dans ce bas empire romain en décrépitude. L'auteur nous présente le futur docteur de l’Église avec un émerveillement manifeste, une pointe d'humour assez fine et surtout une grande clarté. Ce n'est pas le moindre mérite de ce court ouvrage que nous replacer dans l'époque et de nous montrer quels étaient les débats en vigueur à ce moment dans la quête de la sagesse.

J'ai découvert Augustin avec ce livre et Lucien Jerphagnon me pousse à aller plus loin. Dire que j'ai une vieille édition des "Confessions" du XVIIIème siècle dans ma bibliothèque, reçue par héritage, et que je n'ai jamais ouverte ! J'en ai presque honte maintenant.

Cela m'incite à consulter les autres livres de Lucien Jerphagnon, dont la clarté me rappelle celle de trois autres personnes : Marcel Clément, auteur de la Soif de la Sagesse ; Jean Daujat pour sa face interne de l'histoire et bien entendu Joseph Ratzinger pour ses livres limpides.
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Augustin et la sagesse
Augustin et la sagesse de Lucien Jerphagnon (Broché - 21 juin 2007)
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