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5.0 étoiles sur 5 "bien parler et bien mourir,ce fut leur destinée", 9 février 2014
Par 
jean-marie lambert - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Girondins, T. 1 (Broché)
"Bouquins" a eu l'heureuse idée de rééditer la monumentale "histoire des Girondins" de Lamartine,indisponible depuis longtemps en édition courante.Cette oeuvre célèbre pour son influence idéologique réelle sur son temps est un document hors de pair sur l évolution de l'aristocrate Lamartine vers la révolution de février.
Mais ce n'est pas que cela:certes,l'exactitude historique n'est pas toujours irréprochable;mais le récit est palpitant,montrant un ensemble de "scènes dramatiques":Varennes,les 20 juin et 10 août 1792,les massacres de septembre,Valmy...
Ce premier volume vaut aussi par d'extraordinaires portraits des acteurs du Drame,avec des mentions particulières pour Mirabeau,Danton,Marat,Théroigne de Méricourt...et,bien sûr,Dumouriez,Brissot,Vergniaud et les Girondins,qui donnent curieusement son titre à un ouvrage qui est,en fait,une histoire de la Révolution Française dominée par la figure de...Robespierre.
Et,bien sûr,le style du grand poëte fait le prix de l'ouvrage:une superbe prose,qui fait de cette "Histoire" une oeuvre littéraire de grande qualité.
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9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Les girondins démythifiés, Robespierre réhabilité, 1 mars 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Girondins, T. 1 (Broché)
Comme tous les hommes de sa génération, Lamartine ne connaissait de Robespierre, avant d'entreprendre son grand-oeuvre, que ce que la propagande thermidorienne en avait dit : Robespierre, le tyran, Robespierre le sanguinaire, Robespierre le meurtrier des braves Girondins. Lamartine amorce donc ses recherches avec l'objectif de démontrer qu'avec la chute des Girondins, "La Révolution avait perdu son printemps", comme il l'écrit dans le tome 1.
Mais, chemin faisant, il découvre que les Girondins n'étaient pas que "jeunesse, beauté, illusion, génie, éloquence antique". Ils étaient également des fervents adeptes d'un libéralisme effrénés qui les conduit, alors que le peuple meure de faim à déclarer, comme Roland, membre éminent des Girondins et ministre de l'intérieur : "La seule chose, peut-être, que l'Assemblée puisse se permettre sur les subsistances, c'est de déclarer qu'elle ne doit rien faire, sinon supprimer toute entrave à la liberté des transactions" (16 novembre 1792).
Quant à Brissot, le chef des Girondins, il écrit en avril 1793 : "Mettre des entraves au droit de propriété, c'est ruiner les propriétaires", et l'impôt progressif, défendu par Robespierre est, selon lui, "un impôt absurde, destructif de l'égalité".
Il faut dire que, quelques semaines plus tôt, Robespierre a déclaré (le 2 décembre 1792) qu'il était "inacceptable de ne considérer les denrées les plus nécessaires à la vie que comme une marchandise ordinaire" et que, "le premier des droits de l'Homme [étant] d'exister, la première loi est donc celle qui garantit à tous les membres de la société les moyens d'exister." Il en résulte pour lui que si "la liberté du commerce est nécessaire", cette nécessité s'arrête là "où la cupidité homicide commence à en abuser. [...] Les aliments nécessaires à la vie étant aussi sacrés que la vie elle-même, tout ce qui est indispensable pour la conserver est une propriété commune à la société tout entière ; il n'est que l'excédent qui soit une propriété individuelle [...] Nul n'a le droit d'entasser des monceaux de blé à côté de son semblable qui meurt de faim".
Robespierre récidive à plusieurs reprises aux cours des semaines suivantes, s'attaquant par exemple au système de l'esclavage dans les colonies (où plusieurs Girondins ont de solides intérêts financiers).
Ce faisant, il a en quelque sorte donné un coup de pied dans un essaim de guêpes, s'attirant une salve d'attaques virulentes de la part des leaders girondins. Ainsi, Cambon, le 27 février 1793, et Barère le 18 mars réclament la peine de mort pour "quiconque envisagerait des mesures attentatoires aux propriétés territoriales, commerciales ou industrielles". Vergniaud, le 10 avril, affirme que "toute tentative de révolution des propriétés trouvera en [lui] un adversaire irréductible". Enfin, Pétion, récemment rallié aux Girondins à partir du moment où il s'est enrichi, déclare le 24 avril : "Braves habitants de Paris, vous n'avez pas un instant à perdre pour arrêter les progrès des méchants. [...] Vos propriétés sont menacées. Parisiens, sortez de votre léthargie et faites rentrer les insectes vénéneux dans leurs repaires".
C'est donc une lutte des classes qui oppose les Girondins aux Sans-culottes, dont Robespierre se fait le porte parole à partir de 1792. Et la peur du peuple, presque une haine, que ressentent les Girondins se traduit par leur opposition résolue (du moins jusqu'au 10 août 1792) au suffrage universel. Là aussi, ils se heurtent à la position défendue par Robespierre.
Dernier grand clivage entre les deux camps, celui qui concerne la guerre : les Girondins la veulent et finiront par l'obtenir ; Robespierre s'y oppose, et tous les événements qui suivront confirmeront ses prédictions : trahisons des officiers, guerre de libération tournant rapidement à la guerre d'invasion, jusqu'à la montée de la dictature militaire de Bonaparte.

Lamartine prend ainsi conscience que Robespierre, loin d'avoir été le tyran assoiffé de pouvoir et de sang qu'ont inventés ses adversaires après l'avoir éliminé, a été l'homme de tous les combats démocratiques et humanistes : pour le suffrage universel, pour l'égalité, contre la peine de mort, contre la guerre, contre l'esclavage, contre le saccage des églises...
Au contraire, par aveuglement idéologique, les Girondins ont été les défenseurs des avantages acquis et de l'inégalité sociale la plus crue, ne concédant finalement au peuple qu'une égalité symbolique, celle des droits, et encore pas tous, puisque le droit de grève leur est interdit et que, sans la révolte des sans-culottes le 10 août 1792, le peuple n'aurait même pas obtenu le droit de vote.
L'Histoire des Girondins, de Lamartine, devient donc, au fil des pages, une réévaluation des faits qui redonne sa juste place à Robespierre et fait litière du mythe des "braves girondins".

Un livre important, donc, mais dont l'énormité (près de 2000 pages) l'a trop destiné à un public de spécialistes et de passionnés, l'empêchant du coup de contribuer à dissoudre la propagande thermidorienne, qui imprègne encore l'immense majorité des gens aujourd'hui. A défaut, on pourra donc compléter cette lecture par celle de livre d'Henri Guillemin "Robespierre, politique et mysticisme" (1987), qui montre très clairement la lutte à mort entre les Girondins et Robespierre, ainsi que la très récente biographie de Robespierre par Cécile Obligi : "Robespierre, la probité révoltante".
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Les Girondins, T. 1
Les Girondins, T. 1 de Alphonse de LAMARTINE (Broché - 23 janvier 2014)
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