undrgrnd Cliquez ici RLit nav-sa-clothing-shoes Cloud Drive Photos FIFA16 cliquez_ici Rentrée scolaire Shop Fire HD 6 Shop Kindle Paperwhite cliquez_ici Jeux Vidéo Bijoux Montres Montres

Commentaires client

81
3,8 sur 5 étoiles
HHhH - Prix Goncourt 1er roman 2010
Format: BrochéModifier
Prix:21,25 €+Livraison gratuite avec Amazon Premium
Votre évaluation :(Effacer)Evaluez cet article


Un problème s'est produit lors du filtrage des commentaires. Veuillez réessayer ultérieurement.

53 sur 60 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
La démarche de Laurent Binet est particulièrement originale dans le cadre d'un récit historique. Non seulement l'événement choisi est peu connu par les néophytes comme moi et la résistance tchèque peu évoquée, me semble-t-il, dans le monceau de romans français sur la 2ème guerre mondiale. Mais en plus il est intéressant de découvrir la démarche de l'historien qu'il est, ses motivations, ses sources . Mais il ne faut pas que les commentaires personnels prennent le pas sur le récit. C'est un peu ce qui se passe ici tant ses atermoiements sur des détails ralentissent l'action. Et pour la lectrice que je suis, peu m'importe ce que sa compagne ou son frère ou Marjane Satrapi (sic) pense de telle ou telle de ses formulations. Certes, il nous invite indirectement à nous méfier des ouvrages historiques où les faits sont livrés "tout cuits" par l'auteur dont l'imagination remplit les blancs laissés par l'Histoire. L'honnêteté intellectuelle de Laurent Binet est louable, mais il en fait parfois trop, la moitié de son roman étant livrée à des digressions plus ou moins intéressantes! J'avoue avoir été parfois très agacée par ce mélange des genres mais les cent dernières pages sont assez époustouflantes et ne serait-ce que pour elles, ce roman mérite d'être lu.
0CommentaireCe commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonEnvoi de commentaires en cours...
Merci de votre commentaire.
Malheureusement, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer
Signaler un abus
160 sur 185 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Commençons par ce qu'il y a de positif. Le travail de documentation et de recherche de Laurent Binet a été colossal. Il a passé en revue une grande variété de sources, certaines célèbres, d'autres très confidentielles, pour trouver la matière historique de son roman. Je connais assez bien le sujet, mais j'ai appris beaucoup de détails sur les individus qui ont fait l'histoire que Laurent Binet raconte, qu'il s'agisse des résistants tchèques, à la fois héroïques et amateurs, des hommes politiques des démocraties, généralement pleutres et inconscients, ou des officiels nazis, dont la personnalité est toujours un surprenant mélange d'incongruité et d'inhumanité, de faiblesse morale, de vilenie et d'intrépidité (la "capacité" des nazis à traiter les actions les plus inhumaines sous l'angle purement technique est et restera pour moi un sujet de perpétuelle stupeur). De plus, Laurent Binet aime Prague, où se déroule l'essentiel de l'action de son oeuvre, et il connaît bien la ville. Comme Schliemann sur les ruines de Troie, il a marché dans les pas des personnages dont il narre la vie. Il parvient à transmettre cet amour, c'est indiscutable, et à nous plonger dans l'ambiance de Prague occupée avec un talent de romancier consommé.

Surtout, Laurent Binet parvient à s'extraire de l'attitude bien-pensante qui se borne à condamner l'horreur sans regarder en face le fait que la capacité de l'être humain à s'égarer dans l'erreur et le mal est tout simplement infinie. Autre grand courage de Laurent Binet : il ose exposer que les nazis eux-mêmes, qu'il s'agisse des simples soldats des Einsatzgruppen, des officiers SS ou des dignitaires du régime étaient eux-mêmes horrifiés par les actions d'extermination du régime au point de craquer et de sombrer dans l'alcool, la drogue ou la quasi-folie. L'exposé de cette réalité permet de briser le manichéisme habituel qui place d'un côté des nazis inhumains, barbares et cruels et le reste du monde, toujours bienveillant et animé des meilleurs sentiments de l'autre. Il montre que l'histoire de la seconde guerre mondiale est en fait celle d'une infinie complexité : on voit des résistants trahir, des nazis passer à l'ennemi, des agents doubles, triples, Himmler qui en donnait l'ordre mais qui s'évanouit devant une exécution de masse. Bref, il parvient à éviter l'anathème qui n'enseigne rien et, en cela, le roman de Laurent Binet est un exercice d'équilibriste réussi.

Par contre, Laurent Binet ne sait pas l'allemand, ce qui le conduit à faire une faute de langue presque à chaque fois qu'il utilise un terme allemand : les féminins deviennent des masculins, les singuliers des pluriels. Après tant de travail de recherche, il aurait pu se faire relire par un spécialiste germanophone de la période, ce d'autant plus qu'il se pose les questions que tous les historiens se sont posés avant lui sur la bonne méthode à employer en recherche historique. Comment établir un fait ? quel part doit-on laisser à l'intuition que suscite l'intimité avec son sujet dans l'écriture historique ? Ce questionnement est sain, mais était-il nécessaire de consacrer tant de pages aux atermoiements de Laurent Binet, à ses hésitations à admettre ou à refuser l'historicité d'un fait ? était-il nécessaire de nous faire part des inquiétudes au sujet de la possible réception de l'oeuvre par Marjane Satrapi, par son demi-frère ou par sa compagne du moment ? Bien souvent, HHhH devient une narration narcissique des méditations finalement assez plates de Laurent Binet sur le travail d'historien (décidément, Marc Bloch nous manque !). Qui a lu l'un des nombreux philosophes à s'être posés des questions sur les méthodes de l'historien ne pourra pas sans lassitude achever bien des pages de l'oeuvre de Laurent Binet.

Enfin perce dans ce roman l'univers intellectuel de Laurent Binet : son père communiste à la mode des années 1950-1960 (mais attention ! les crimes communistes, comme le fait que l'Armée rouge soit restée l'arme au pied pendant que les malheureux habitants de Varsovie s'insurgeaient contre l'occupant nazi sont, eux, passés sous silence, et le communisme soviétique reste un sujet d'affectueuse nostalgie), la mentalité de petit prof de l'Education Nationale qui n'a pas réglé son conflit d'adolescent avec l'autorité et qui le transpose dans son opposition à son ministre (page 277), les plaidoyers pro domo en faveur de "l'honorable corporation" des professeurs de l'Education Nationale (et pas du privé, horribile dictu), la conviction stupide qui le pousse à affirmer que la subversion est un bien en soi, la conviction que "le sport est une belle saloperie fasciste" (page 277 encore) - merci pour Pierre de Coubertin ! -, les références d'adolescent aux "Inrocks" et à Enki Bilal, l'observation oiseuse que "les patrons sont de tout temps obsédés par le rendement de leurs ouvriers", tout cela dénote le petit fonctionnaire protégé qui de sa vie n'a connu que l'école, et qui n'a jamais exercé de responsabilité face à son personnel, à ses fournisseurs ou à ses clients. Cette Weltanschauung de fonctionnaire corporatiste donne au roman de Laurent Binet un ton immature qui agace, page après page, et qui gâte un travail de documentation et d'écriture qui par ailleurs aurait pu faire un excellent roman.
1111 commentairesCe commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonEnvoi de commentaires en cours...
Merci de votre commentaire.
Malheureusement, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer
Signaler un abus
30 sur 35 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Curieux... Le talent des nouveaux écrivains français a trouvé ces derniers temps, le terreau de la 2ème guerre mondiale pour s'épanouir. Après L'Origine de la violence - PRIX RENAUDOT POCHE 2010 de Fabrice Humbert, voici HHhH de Laurent Binet.
Dans les 2 cas, il s'agit d'une approche originale mêlant Histoire et histoires.
Ici, la trame du récit repose sur le parcours du "bourreau blond" du IIIème Reich, Reynald Heydrich, de son ascension jusqu'à l'attentat dont il sera l'objet à Prague. A travers son "héros", instigateur de la "solution finale", Binet évoque de nombreux pans de cette période qui regorge d'épisodes tragiques (la "démission" munichoise, les massacres par les Einsatzgruppen, le martyre du village de Lidice...)
Mais, au delà et c'est son originalité, HHhH expose les étapes du cheminement de l'auteur, "suivi" dans son processus d'écriture d'un roman historique, avec ses doutes, ses certitudes et sa farouche volonté de respecter les faits sans nuire au "style".
Cette lutte permanente entre la fiction et la réalité est bien mise en valeur par exemple, dans un passage où l'auteur biffe, doute, puis réécrit à l'identique, une phrase décrivant l'état d'esprit d'Himmler apprenant que son protégé vient d'être abattu en vol, derrière les lignes soviétiques.
Ce parti pris qui consiste à soulever un peu le rideau des coulisses s'avère passionnant et, faut il le dire, plus intéressant que l'histoire de l'attentat elle même. Car au fond, Laurent Binet s'enthousiasme pour une ville (Prague) et un fait historique, de manière un peu excessive à mon sens. L'attentat relaté laisse plutôt l'impression d'un fantastique loupé, tant le commando semble se comporter comme une équipe de "pieds nickelés" (sauf l'immense respect que j'éprouve devant le courage de ces gens là), avec une mitraillette qui s'enraye, une absence de plan B, une improvisation totale qui préside à la suite héroïque...Quant à Prague, il est permis de penser que la qualifier de "plus belle ville du monde" ou de présenter la cathédrale Notre-Dame-de-Tyn comme le "décor le plus beau du monde", manque un peu de nuances.
Au delà de ça, je voudrais insister sur l'humour qui traverse ce récit pourtant tragique.
Quelques exemples savoureux :
- à propos du père de R. Heydrich : "On disait que ses blagues étaient trop drôles pour qu'il ne soit pas juif. Au moins, cet argument ne pourra pas être utilisé contre son fils qui ne se distinguera jamais par un très grand sens de l'humour".
- à propos de l'ambition de R. H souhaitant acquérir un pouvoir presque sans entrave : "on pourra reprocher beaucoup de choses à Heydrich, mais pas de ne pas tenir ses promesses".
- sur la politique d'Otokar, Roi de Bohème, consistant à faire venir dans son pays des colons allemands : "...à long terme, il s'agissait quand même d'une très mauvaise idée".
- sur la déportation d'une cinquantaine de jeunes allemands surpris en train de danser le swing : "Ce n'est pas parce que le Führer lui a confié la tâche historique de faire disparaître jusqu'au dernier juif d'Europe, qu'il doit négliger les petits dossiers".
- suite à un discours d'Heydrich vantant l'éducation et le sport : "Le sport, c'est quand même une belle saloperie fasciste."
- à propos des bienveillantes de Littel : "C'est Houellebecq chez les nazis."
- sur une phrase de Georges Sand (travailler beaucoup pour vivre très mal) : "Plus qu'une invitation à la digression, une vraie provocation".
...
Il faut noter pour les derniers hésitants, que même Claude Lanzmann souvent si agaçant dans son rôle de "vigie", voire de censeur, se fend d'un éloge à propos d'HHhh.
Excellent et recommandé sans réserve.
0CommentaireCe commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonEnvoi de commentaires en cours...
Merci de votre commentaire.
Malheureusement, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer
Signaler un abus
1 sur 1 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
HHhH un sigle mystérieux, pour « Himmlers Hirn heißt Heydrich , que l’on peut traduire par : « le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich ». Un titre des plus étrange choisi par Laurent Binet (ou par son éditeur comme le suggère la lecture du livre) pour un ouvrage récompensé du Goncourt du premier roman en 2010.

En 1942, la résistance à Londres met en place un attentat contre Reinhard Heydrich, protecteur de Bohême-Moravie. Cette opération prend le nom d’ « Opération anthropoïde », et consiste à parachuter deux tchéquoslovaques près de Prague afin d’assassiner celui que l’on surnomme « la bête blonde », et dont on murmure qu’il serait l’homme le plus dangereux du Reich après Hitler. Plus froid, plus calculateur, plus enclin au compromis, plus jeune, il incarne en effet pour beaucoup un dauphin bien plus menaçant que le numéro deux désigné, Himmler.

Pour Laurent Binet, se lancer dans un tel récit n’a rien d’évident. Oscillant entre biographie, fiction assumée, élément de sa vie privée (pourquoi ce sujet, cette ville, ces résistants, ce nazi ?), il louvoie entre différentes formes de narration et s’en explique au lecteur. Lorsque l’on traite d’un sujet historique, on est partagé entre la volonté de rendre un évènement dans toute son authenticité, de ne pas négliger des personnes qui ont joué un rôle clef, ou même modeste mais qui étaient bel et bien là, mais la tentation est forte de romancer des scènes, de rendre des dialogues plus percutants… dans certaines histoires, la réalité est néanmoins plus forte que la fiction ne pourra jamais l’être. Et cette histoire n’a après tout pas besoin de romanesque pour nous interpeler.

Comme souvent dans ce genre de récit, on ne peut être qu’éternellement surpris et choqué par des faits brutaux, qui ne cessent de nous heurter : l’annexion de la Tchéquoslovaquie sans réaction des autres pays européens voisins malgré les appels au secours de ses dirigeants, les lourdes représailles nazies à l’encontre des actes de résistances (la ville de Lidice entièrement rayée de la carte), la désinvolture d’un Heydrich, son engagement forcené dans le régime, alors qu’il se murmure qu’il aurait des origines juives. L’homme planifie activement la mise en place de la Shoah, aux côtés d’Eichmann.

Laurent Binet retrace sa fascination, son admiration pour les deux résistants tchèques. L’un est slovaque, Jozef Gabčík, l’autre est morave, Jan Kubis. Les deux hommes représentent un certain idéal de loyauté, d’intégrité et de courage, dans un pays brisé, et soumis. Mais malgré ses prétentions d’authenticité (il reproche d’ailleurs à de nombreux autres romans sur le sujet de chercher à trop romancer les faits, de s’éloigner d’une réalité qui parle pourtant assez d’elle-même, comme par exemple le livre goncourisé de J. Lindell, « Les bienveillantes »), l’auteur lui-même se laisser aller à un certain lyrisme tout personnel. Prague représente à ses yeux la plus belle ville du monde, sa littérature et sa culture exerce de toute leur influence sur lui, et malgré son désir de coller aux faits, il ne cesse de communiquer au lecteur une certaine passion pour la future république tchèque et un jugement sec sur les faits qui ont conduit à son écrasement par le nazisme.

Le 27 mai 1942, Prague, l’histoire se met pourtant en place devant nos yeux abstraits de lecteur. Heydrich, Kubis, Gabcik. Un trio improbable et pourtant lié pour dans ce cycle terrible de la violence et de la guerre. Mais ils ne sont pas seulement trois. Il y a Prague, la ville, ses habitants, son tramway, le Reich, Londres qui veut se débarrasser d’un dirigeant d’influence, le gouvernement tchèque en exil prêt à tout pour rappeler à l’occupant que la résistance existe encore, il y a ceux qui souhaitent seulement s’en sortir au mieux, ceux qui au contraire sont prêts à tout par loyauté et pour la liberté, ceux qui donnent leurs vies et ceux qui trahissent. C’est une histoire somme toute très humaine, mais un malin génie aurait décidé d’en faire une scène cathartique surdimensionnée, de plonger ses héros dans une toile où le hasard, le destin peut-être, fonctionnerait comme une machine infernale. Le genre de carrefour qui fait frissonner la fiction lorsqu’elle se prend à rêver au réel.

C’est un livre assez puissant, malgré ses hésitations, Laurent Binet nous propose une oeuvre originale et forte.

Toutes nos chroniques sont sur madamedub.com
Et notre maison d'édition dubeditions.com
0CommentaireCe commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonEnvoi de commentaires en cours...
Merci de votre commentaire.
Malheureusement, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer
Signaler un abus
1 sur 1 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
J'ai beaucoup aimé ce roman! Je sais, certains ne seront pas d'accord avec moi, mais c'est quand même vrai: j'ai beaucoup aimé ce roman. Reinhard(t) Heydrich, je le connais depuis l'âge de dix ans quand je l'ai découvert dans l'encyclopédie de la seconde guerre mondiale en huit volumes de chez Taillandier que mes parents venaient de m'offrir (vous imaginez aujourd'hui, offrir un "truc" pareil à un gamin de dix ans!).

J'avais été impressionné par sa photo en costume d'escrime, son profil d'aigle et son physique de bon aryen. Comme un film sur l'attentat de Prague venait de passer aux Dossiers de L'Ecran, je m'étais empressé de lire les quinze pages du chapitre qui lui était consacré dans mon encyclopédie. Depuis toutes ces années, il est resté pour moi celui qui symbolisait le mieux la monstruosité nazie, implacable mais pas inattaquable.

Laurent Binet est un cas, et que son roman se passe au pays de Kafka n'est peut-être pas un hasard. Dès les premières lignes j'ai été conquis, comme dans une petite Blitzkrieg littéraire j'ai rendu les armes très vite et totalement collaboré aux propos de l'auteur. Qu'il mélange sa propre vie avec celles des résistants tchèques et slovaques ou celle du bourreau de Prague ne m'a absolument pas choqué et c'est même ce qui donne de la force au récit.

Sûr que ce genre d'ouvrage risque de furieusement indisposer les académiciens de l'Histoire avec un grand H (trois ici, avec un petit), mais ce traitement est si rare qu'il serait idiot de faire la fine bouche. Ne pas se méprendre, ce roman n'a rien à voir avec Les Bienveillantes (que j'ai bien aimé au demeurant) si ce n'est leur cousinage Goncourtesque. Ici tous les personnages ont bel et bien existé et si l'auteur se permet quelques hypothèses c'est surtout parce qu'il est en totale empathie avec eux.

Je n'aurais jamais imaginé pouvoir sourire avec un sujet pareil. Mélanger humour, absurde et fidélité à l'Histoire, tout en gardant une extrême émotion envers toutes les victimes de cette tragédie est la grande réussite de ce roman.
0CommentaireCe commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonEnvoi de commentaires en cours...
Merci de votre commentaire.
Malheureusement, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer
Signaler un abus
1 sur 1 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 19 novembre 2012
J'ai bien aimé ce bouquin. Pas pour le prix Goncourt du premier roman, parce que ça, je m'en cogne. D'une part le sujet m'intéresse, moi qui suis très peu porté sur l'histoire, j'arrive à m'intéresser à cette proximité historique qu'est la seconde guerre mondiale, et je ne me lasse jamais de récits s'y rapportant, que l'on y parle des bons, des mauvais, ou de tous ceux entre les deux.

Le sujet donc, m'intéressait. Ensuite, le style a fait le reste. L'auteur adopte un ton distancié, il prend du recul vis à vis de lui même, de son récit, de ses recherches. C'est rare, dans une sorte de récit biographique comme ça, de voir l'auteur pointer le bout de son nez. Exprimer un doute, une incertitude. Ca permet que la lecture soit aérée, on respire un peu d'air frais quand l'Histoire raconte les cruautés qu'on lui connaît.

J'ai bien aimé ce bouquin parce que, si je n'en avais pas connu l'auteur, j'aurai pu penser qu'il s'agissait d'un Emmanuel Carrère.

Autant dire que c'était forcément très bien.
11 commentaireCe commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonEnvoi de commentaires en cours...
Merci de votre commentaire.
Malheureusement, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer
Signaler un abus
1 sur 1 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 6 février 2013
Une histoire parfaitement documentée et tout à fait passionnante, servie de parenthèses historiques tout aussi intéressantes que le coeur du récit.

Bémol: ce livre porte presque autant sur le sujet choisi que sur les introspectives de l'auteur, qui sous couvert d'honnêteté laisse parfois transparaitre un narcisime un peu sommaire, qu'il semble prendre de moins en moins de soin à dissimuler au fil des pages... on finit même pas prendre un rythme régulier: un chapitre de commentaires sur ce qui vient d'être écrit vient s'insérer tous les deux ou trois chapitres!

Ceci dit cette manie est agaçante, précisément parce que le roman est superbe et que l'on est avide d'avancer dans le récit. D'où ces 4 étoiles car je ne voudrais pas dissuader les futurs lecteurs (j'ai moi-même hésité à l'acheter à la vue des commentaires qui vont dans le même sens.)

A lire, donc!
0CommentaireCe commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonEnvoi de commentaires en cours...
Merci de votre commentaire.
Malheureusement, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer
Signaler un abus
2 sur 2 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 4 juin 2013
Les pérégrinations personnelles (son histoire avec son ex) et le sarcasme de l'auteur (sur les Bienveillantes par exemple) pourrissent littéralement le sujet qui, lui, vaut vraiment la lecture. Ce livre mériterait une réédition avec uniquement les parties concernant la vie des deux héros Tchèques.
0CommentaireCe commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonEnvoi de commentaires en cours...
Merci de votre commentaire.
Malheureusement, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer
Signaler un abus
Sous un titre énigmatique (qu'explique la quatrième de couverture), Laurent Binet retrace le parcours de Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo et des services secrets nazis, bras droit d'Himmler et "protecteur" de Bohême-Moravie, après l'occupation de la Tchécoslovaquie par les Allemands en mars 1939. Le point d'orgue du récit est l'attentat subi par Heydrich en 1942, du fait de deux résistants (un tchèque et un slovaque), dans le cadre d'une opération pilotée par Londres.
Le texte tient à la fois de l'essai historique et du roman ; la documentation sur laquelle s'appuie Binet est considérable ; son travail d'enquête est méticuleux ; fréquemment il confronte son approche du sujet à celle d'autres auteurs qui se sont, avant lui, intéressés au "bourreau de Prague". Personnellement, j'aime plutôt le style de l'auteur, nerveux et sans fioritures, imagé mais sans céder aux clichés littéraires, non sans humour (noir) non plus vis-à-vis d'un objet pourtant des plus dramatiques : l'occupation de la Tchécoslovaquie, démantelée, par les nazis. La fin du livre - l'attentat proprement dit et le combat sans espoir des résistants cachés dans une crypte d'église - est d'une rare efficacité. Binet fait aussi le choix d'écrire l'histoire du roman, en l'intriquant avec son récit principal. Il met alors en scène son travail fastidieux, ses hésitations, ses options, ses sentiments accompagnant l'écriture de l'essai. Si parfois son procédé peut avoir un côté agaçant - par exemple lorsqu'il en profite pour régler ses comptes avec sa copine qui l'a traité de "petite m***" (p. 77) -, cela aide à suivre l'auteur dans sa recherche, lui permet d'assumer pleinement sa subjectivité et donne indéniablement une grande vivacité à la narration. Au total, une lecture passionnante sur un des personnages les plus odieux du régime nazi.
0CommentaireCe commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonEnvoi de commentaires en cours...
Merci de votre commentaire.
Malheureusement, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer
Signaler un abus
J’avoue que j’avais beaucoup entendu parler de ce livre sans en connaître le point le plus important, le style. Ecrire un roman historique sur un ancien chef nazi, ce n’est pas forcément nouveau. Mais décrire tout au long du livre les états d’âme de l’auteur, c’est original dans une certaine mesure. Bien sûr, il faut trouver le juste milieu entre les deux pour ne pas noyer l’essentiel, la biographie, dans des pérégrinations de l’esprit

Pour ma part, j’ai considéré que ce juste milieu a été trouvé. On arrive à se faire une idée assez claire du bourreau de Prague, Reinhard Heydrich, et l’on ressort avec une compréhension assez globale de l’opération Anthropoïde visant à assassiner le « protecteur » de Bohême-Moravie, et réalisée sur l’initiative du Président Beneš, en exil à Londres.

Les apartés qui jalonnent le livre, de manière bien plus vivante que des notes de bas de page, nous convient à se référer à des livres, films et autres documents pour nous renseigner plus amplement sur cette opération ou sur la vie de Reinhard Heydrich.

Bref, un livre que j’ai lu très rapidement et qui m’a donné l’envie d’en lire davantage sur cette page sombre de l’Histoire.
0CommentaireCe commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonEnvoi de commentaires en cours...
Merci de votre commentaire.
Malheureusement, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer
Signaler un abus
     
 
Les clients ayant consulté cet article ont également regardé
La mort est mon métier
La mort est mon métier de Robert Merle (Poche - 26 avril 1976)
EUR 8,00

La septième fonction du langage: roman
La septième fonction du langage: roman de Laurent Binet (Broché - 19 août 2015)
EUR 22,00

L'Origine de la violence - PRIX RENAUDOT POCHE 2010
L'Origine de la violence - PRIX RENAUDOT POCHE 2010 de Fabrice Humbert (Poche - 7 avril 2010)
EUR 7,10