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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 quelle écriture !, 28 décembre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La Volga naît en Europe (Broché)
Un correspondant de guerre italien sur le front de l'est... c'est déjà intéressant, mais quand il s'appelle Malaparte cela devient fascinant. On suit les troupes allemandes et roumaines en Ukraine dans l'été et la poussière de 1941, puis la guerre en Finlande avec un intérêt croissant... et puis ce style, ces notations originales sur des "détails" que l'on ne trouve dans aucun livre d'histoire : les paysans ukrainiens, les "bivouacs noirs", la résistance des troupes "russes", le "nettoyage" des champs de bataille... Fascinant vous dis-je...
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 vision de la guerre à l'Est...., 9 août 2014
Par 
Darko "From Hell !" (Bretagne - France depuis 1492) - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Volga naît en Europe (Broché)
Curzio Malaparte n'est pas le premier venu. Aux premières heures de la Grande Guerre, alors qu'il a tout juste 16 ans, le jeune italien fera partie de ces "étrangers amis de la France" qui viendront s'engager pour défendre la Patrie des droits de l'homme contre l'impérialisme germanique. Il rejoindra ainsi le 4ème régiment de marche du 1er Etranger, encore appelé Légion Garibaldienne car composée essentiellement d'italiens et commandée par un petit-fils de Garibaldi. Le dernier poilu français, Lazare Ponticelli, fit également partie de cette unité. Elle sera décimée dans les combats de l'Argonne et dissoute en 1915. A l'entrée en guerre de l'Italie aux côté des alliés le 24 mai 1915, Curzio Malaparte s'engage dans la brigade des chasseurs alpins de l'armée italienne. Il sera sévèrement gazé lors de combats en France, mais survivra...

On le retrouve en 1941, comme correspondant de guerre pour le journal Corriere de la Serra. Il est alors en délicatesse avec le pouvoir fasciste qui a déjà censuré 9 de ses ouvrages et fini par le condamner à 5 ans de déportation aux Iles Lipari, entre 1933 et 1938, pour son livre "technique du coup d'Etat". Il a couvert, au coté des troupes italiennes, la campagne d'Ethiopie en 1939 et la calamiteuse campagne de Grèce en 1940 . Lorsque l'Allemagne envahit l'URSS en juin 1941, il part pour le front de l'est suivre les armées de l'Axe dans ce qui s'annonce comme le choc titanesque des maîtres de la terre, un "fléau biblique" des temps modernes...

L'ouvrage "la Volga naît en Europe" compile les articles de presse écrits durant cette période et comprend deux parties. Dans une première partie, Malaparte retrace l'avancée des troupes allemandes et roumaines en Ukraine entre juin et septembre 1941, mais ayant déplu au commandement nazi, il est renvoyé en Italie où il sera assigné à résidence pendant 5 mois. Dans la deuxième partie, on le retrouve à partir de mars 1942 au siège de Leningrad au coté des troupes finlandaises... La qualité littéraire de ses articles apparaît d'emblée évidente, leur intérêt historique aussi, bien que la première partie soit plus riche que la seconde où, passées les premières impressions, il ne se déroule plus grand chose, contraignant le journaliste à user et abuser des descriptions de paysages forestiers et neigeux....

Malaparte, qui connait bien l'Allemagne et l'URSS, développe dès le départ une conception originale de l'affrontement entre les deux nations. Il explique que si l'armée allemande a pu vaincre aussi facilement les armées polonaise, française et yougoslave c'est avant tout parce qu'il s'agit d'une armée moderne, mécanisée, composée de spécialistes autonomes et efficaces, d'ouvriers-soldats formés à la discipline des usines et de la production industrielle (et on pourrait rajouter à la discipline du parti national-socialiste), tandis que les armées vaincues étaient restées des armées de conscription, des armées de paysans, lentes, peu mobiles et peu mécanisées, des armées conçues sur le modèle de l'autre guerre, celle d'avant...

Malaparte constate rapidement que l'armée soviétique est conçue sur le même modèle que l'armée allemande : une armée mécanisées dont les corps d'élite sont formés des ouvriers spécialisés des usines métallurgiques du Don et de la Volga, fer de lance de la révolution bolchévique. Ils sont secondés efficacement par les ouvriers agricoles des kolkhozes qui ont remplacé la paysannerie traditionnelle, éradiquée par le collectivisme. Une armée disciplinée et efficace, forgée par vingt années d'industrialisation forcée et d'endoctrinement communiste. La guerre à l'est se résume donc pour le journaliste dans l'affrontement entre deux "morales ouvrières", un affrontement dans lequel les aspects idéologiques auront au moins autant d'importance que les aspects militaires. Selon le mot du journaliste, "la guerre entre la Russie et l'Allemagne relevait moins de Clausewitz que de Marx".

Si dans un premier temps la supériorité matérielle de la wehrmacht lui permet d'enchainer les succès et de conquérir rapidement les vastes plaines ukrainiennes, il apparait aussi que ce territoire sans fin met à rude épreuve la machine de guerre nazie et que la résistance russe, farouche et ordonnée, se montre de plus en plus efficace au fur et à mesure de la progression des armées du Reich. Un officier allemand fait alors cette confidence à Malaparte : "les soldats russes sont les meilleurs que nous ayons rencontrés jusqu'à maintenant" . De fait, si les allemands bénéficient du meilleur armement, ce sont les soviétiques qui affichent la meilleure maîtrise tactique de la profondeur du territoire. "Dans l'immense étendue de la plaine russe, l'armée allemande se perdait comme un fleuve dans le sable"....

Autre commentaire intéressant du journaliste, il constate que si les allemands ne redoutent aucun de leurs ennemis, ils craignent en revanche la nature, réminiscence du lien particulier qui a toujours uni le germain aux forces telluriques. Il suffit que la nature soit hostile pour que l'allemand l'interprète aussitôt comme un mauvais présage et perde sa confiance; et force est de constater que la nature russe va se montrer particulièrement cruelle avec les troupes du Reich. Depuis les fondrières bourbeuses des routes ukrainiennes jusqu'à l'enfer glacial du siège de Stalingrad, l'armée allemande va progressivement se déliter à tel point que Malaparte fera ce constat : durant cette bataille ce seront les troupes roumaines et italiennes qui se comporteront le mieux au combat.

Enfin une anecdote révélatrice : en arrivant dans un village ukrainien, le catholique Malaparte est horrifié de voir qu'une église orthodoxe uniate (qui reconnait l'autorité du pape) a été transformée en entrepôt agricole. Il considère l'URSS, "pays sans Dieu", comme une abomination, mais on n'en saura guère plus..."Le problème religieux est sans doute un des plus graves de tous ceux que la guerre contre la Russie offre à l'attention de l'Europe civilisée; et pour bien des raisons, ils intéressent directement tous les peuples de l'Occident, soit à cause de son importance et de sa complexité, soit à cause des conséquences qu'entraine inévitablement la politique antireligieuse des Soviets et qu'elle aura longtemps dans la vie du peuple russe". On aurait aimé savoir si, à ce moment précis, Malaparte considérait l'Allemagne comme faisant partie de "l'Europe civilisée" ? Précisons toutefois à sa décharge qu'il avait déjà eu l'occasion d'affirmer qu'il considérait l'alliance entre l'Italie fasciste et l'Allemagne nazie comme une hérésie en raison même de l'atavisme multiséculaire opposant romains et germains (Les faits ne tarderont pas à lui donner raison...)

Toujours est-il que la formulation est malheureuse, même s'il parait légitime de s'interroger sur cette notion de "pays sans Dieu". N'importe qui d'un peu lucide sait qu'il n'y a pas de Dieu, maintenant est-ce une raison suffisante pour interdire d' y croire ? La réponse est "non" . Chacun construit sa propre cosmogonie. Certains hommes, esprits rationalistes, se contentent du big bang et des avancées des sciences dures pour expliquer le monde, tandis que d'autres ont besoin de mystère et de transcendance pour donner un sens à leur vie et calmer leur angoisse existentielle face à la mort. Interdire Dieu et lui substituer le culte de la machine et le panthéon des héros de la Révolution n'est certainement pas ce que le communisme à fait de plus intelligent, car il s'est coupé d'emblée de la masse du petit peuple pour au moins deux générations et peut-être plus........Mais peut-être le clergé orthodoxe était-il trop lié à l'ancien pouvoir tsariste pour pouvoir s'adapter au nouveau régime ? Les nazis, eux, s'accommoderont fort bien de l'idée de Dieu, même en accomplissant le contraire de se que prônent les Saintes Ecritures, démontant ainsi que le problème, ce n'est pas la religion, mais le fanatisme...

Malaparte est ravi de voir les vieilles femmes du village nettoyer leur église pour essayer de la rendre à sa destination première. Sur ce, arrive un officier d'artillerie allemand, il rentre dans l'église, en ressort et dit à ses hommes : "mettez les chevaux à l'intérieur !".

Voilà, un bon résumé de la guerre à l'Est : un peuple de fanatiques combattant un autre peuple de fanatiques....
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5.0 étoiles sur 5 Miroir indispensable de Kaputt, 25 juin 2014
Par 
Georges Dumas (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La Volga naît en Europe (Broché)
A cause des rééditions qui s'enchaînent depuis quelques années, voire des inédits qu'on arrive encore à exhumer cinquante ans après sa mort, je ne peux pas prétendre avoir lu tout Malaparte. Mais avec une vingtaine de livres au compteur, je peux à tout le moins suggérer que je le connais bien, le caméléon de la littérature italienne étant mon fidèle compagnon de lecture depuis que j'ai découvert Kaputt il y a vingt ans maintenant.
Kaputt justement. Avec "La Peau", "Sang", "Technique" et "Il y a quelque chose de pourri", c'est évidemment un des meilleurs livres de Malaparte, et s'il ne fallait en garder qu'un seul, ce serait celui-ci. Et celui que je recommanderais comme premier choix pour qui n'a jamais lu de Malaparte.
Une fois cela dit, pour quiconque a été transporté par la cruauté baroque et le souffle épique de Kaputt, la lecture de ce recueil d'articles du correspondant de guerre Malaparte rassemblés sous le titre "La Volga naît en Europe" est un complément superbe dont il serait idiot de se priver après toutes ces décennies où le texte était devenu introuvable. Les Belles Lettres ont fait un beau travail en rééditant ce texte truffé d'images saisissantes et d'intuitions historiques et politiques vertgineuses, avec une introduction et une préface particulièrement éclairantes. D'ailleurs, on est surpris de savoir que ces textes soient des articles publiés dans le Corriere della Serra, tant leur qualité littéraire les rapproche plutôt du genre de la nouvelle ou du récit.
C'est un grand livre, assurément, une autre manière d'aborder la campagne de Russie que Malaparte a suivi aux côtés des armées allemandes, italiennes et roumaines que celle qu'il a livrée dans Kaputt. Même inspiration, mêmes faits, mais un traitement différent, lyrique mais moins lyrique, poétique mais moins poétique : un texte écrit dans une langue magnifique mais qui colle plus aux situations vécues ou vues que dans Kaputt où l'imagination de l'auteur crée des images plus fortes encore, mais fantaisistes.
Un grand livre donc.
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La Volga naît en Europe
La Volga naît en Europe de Curzio Malaparte (Broché - 15 octobre 2012)
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