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4.0 étoiles sur 5 Où la sensibilité intelligente de Sturgeon fait recette, 12 mai 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'homme qui a perdu la mer (Poche)
On retrouve dans ce célèbre recueil de nouvelles des thématiques chères à l'auteur de "Cristal qui songe" et des "Plus qu'humains". Le recueil commence par une nouvelle assez inhabituelle, "Ca" (pas grand chose à voir avec le magnus opus de Stephen King, si ce n'est l'atmosphère fantastique), à mi-chemin entre la science-fiction et le fantastique. "Ca" est une créature mal identifiée -elle ignore elle-même si elle est vivante ou non- qui traîne dans les bois aux alentours de la ferme des frères Drew. La nouvelle alterne les points de vue de 6 "personnages" (en comptant le chien et la créature elle-même), qui vont tous se confronter à la chose prédatrice -dont la nature ne sera révélée que dans les dernières phrases. "Ca" est un récit d'horreur et de suspense très réussi dans son genre où la psychologie des personnages est particulièrement soignée. Quant à déterminer s'il s'agit de fantastique ou de science-fiction, on pourrrait se poser la même question à propos de "l'homme qui rétrécit" et "Je suis une légende", les deux classiques de Matheson. Le débat est le même.

"Et la foudre et les roses" est cette fois bel et bien une nouvelle de science-fiction. Dans un monde post-apocalyptique, les USA, presque complètement décimés par les bombes, s'apprêtent pourtant à riposter jusqu'à l'arrivée d'une chanteuse ensorcelante qui insuffle espoir et humanisme...On entre là en plein dans la veine sensible et romantique de Sturgeon, qui réussit (une fois n'est pas coutume) à éviter le piège de la sensiblerie par l'intelligence de son propos. Ce n'est pas la nouvelle la plus marquante du recueil, même si elle rappelle étrangement la scène finale des "Sentiers de la gloire" de Kubrick...

Changement de ton avec "La merveilleuse aventure du bébé Hurkle" -où l'invasion extra-terrestre est revisitée sur un mode surprenant et humoristique. La chute, où on découvre en quelques mots la véritable nature du narrateur, est amusante et bien dans le ton du récit. Une des nouvelles les plus connues de l'auteur.

"Le contact de ta main", la nouvelle la plus longue du recueil, est sans doute celle qui rappelle le plus la thématique centrale des "Plus qu'humains" et de "Cristal qui songe", à savoir la victoire des différences réunies sur l'individualisme borné. On peut se demander si Wrenn et ses semblables appartiennent à une race extra-terrestre ou à une humanité évoluée qui se serait affranchie des défauts dont Osser incarnerait le stéréotype. En tout cas, on est en plein dans les préoccupations (et les rêves) de Sturgeon, qui n'a de cesse de fantasmer sur une communication parfaite -ce fameux "gestalt"-qui résoudrait tous les problèmes de l'humanité. Et particulièrement ceux des plus démunis.

"L'éveil de Drusilla Strange" raconte le parcours d'une femme magnifique (mais laide aux yeux de "La Fontaine", la race à laquelle elle appartient) aux pouvoirs extra-sensoriels surprenants, dans le monde humble des humains. Elle va se confronter à une autre femme, un membre insoupçonné de sa race, qui va porter un sérieux coup à son snobisme et son inaltérable sentiment de supériorité. Nouvelle assez étrange -mais ce qualificatif pourrait s'appliquer à toute l'oeuvre de Sturgeon-, "L'éveil de Drusilla Strange" parle essentiellement des femmes auquel l'auteur prête un rôle supérieur d'éducatrices dans le monde commun et vulgaire des hommes. On devine sans peine quelques liens autobiographiques avec la vie de Sturgeon...

"L'homme qui a perdu la mer" est peut-être la nouvelle la plus réussie et la plus poétique du recueil. Elle donne en tout cas une illustration forte et singulière de l'abandon/isolement à travers l'analogie entre la mer et l'espace. C'est le genre de nouvelles qui rend parfaitement compte du pouvoir évocateur que peut avoir la science-fiction. De ce point de vue, Bradbury et Sturgeon font vraiment figures de cousins littéraires.

"Epitaphe", qui clôt ce recueil, est une nouvelle plutôt humoristique où on apprend que la seule race jugée capable de succéder à l'humanité sont les loutres...Ce texte se rapproche -du moins dans le ton- de "La merveilleuse aventure du bébé Hurkle" en ironisant sur la prétendue supériorité de l'humanité.

En bref, un très bon recueil -sans doute meilleur que "Les talents de Xanadu", du même auteur -qui donne un excellent aperçu de la variété des talents de Sturgeon.
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L'homme qui a perdu la mer
L'homme qui a perdu la mer de Theodore Sturgeon (Poche - 1 janvier 1999)
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