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11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le génie littéraire allemand de l'entre deux guerres
Si l'on veut bien faire cet effort, il faut s'imaginer l'Allemagne de la fin des années 20, date de la parution de ce roman qui n'en est pas vraiment un, tant ses multiples facettes le tirent du côté de la philosophie, du fantastique, de la poésie, de la sociologie ou comme on l'a tant écrit du récit initiatique.
Quel courage a t-il...
Publié le 6 janvier 2012 par Patrick Gdt

versus
7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Vivre sans Mozart ?
J'avoue avoir été dérouté par ce livre.
Comment interpréter les multiples messages délivrés par l'auteur ?
Une vision terriblement pessimiste du sens de la vie.
Une plongée dans " le terrier du lapin d'Alice " ( cf. le Théâtre magique ) à la rencontre de son double féminin -...
Publié le 1 janvier 2011 par FINET Franck


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11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le génie littéraire allemand de l'entre deux guerres, 6 janvier 2012
Par 
Patrick Gdt "Patrick Gdt." (Paris France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Loup des steppes (Poche)
Si l'on veut bien faire cet effort, il faut s'imaginer l'Allemagne de la fin des années 20, date de la parution de ce roman qui n'en est pas vraiment un, tant ses multiples facettes le tirent du côté de la philosophie, du fantastique, de la poésie, de la sociologie ou comme on l'a tant écrit du récit initiatique.
Quel courage a t-il fallut à Hermann Hesse, ou quel désespoir, pour se laisser aller à ce flot ininterrompu d'expressions de son désenchantement, flot qu'il commue en un espoir illimité en la sagesse humaine. Il me vient à l'esprit des phrases musicales de Brückner ou de Schönberg qui viendraient à merveille illustrer le propos, tout comme ces portraits "décadents" d'Otto Dix ou George Grosz.
Certains ont écrit que ce roman était en fait le roman d'une crise existentielle. Celui du reste qu'à du traverser Hesse, tant les évocations autobiographiques sont fréquentes et les allusions nombreuses comme, juste pour taquiner et dérouter le lecteur, ces jeux de mots sur les noms propres (Harry Haller, Hermine, Hermann)
Nous y voilà, dans cette atmosphère germanique, hautement intellectuelle par certains aspects, mais que H.Hesse sent s'étouffer par la montée de courants politiques étranges. Il choisit pour s'exprimer de raconter le chemin d'un cinquantenaire, Harry Haller (Hermann Hesse???), en pension dans une ville charmante, errant au comble du désespoir de l'intellectuel qui a su "lire" le monde, les arts, les vanités humaines, désabusé de ses relations avec les femmes, avec les autres et ne voit comme issue à sa pauvre vie de solitaire, de "loup solitaire", que la mort par la lame d'un rasoir. Le fantastique s'invite dans le roman une première fois, sous la forme de visions étranges qui lui font découvrir que le monde peut être différent. Il rencontre d'autres personnes, une femme Hermine (ou Hermann?) qui l'hypnotise, un joueur de saxophone sud américain (Pablo), sorte de sorcier vaudou manipulant allègrement toutes sortes de substances permettant de quitter le réel pour mieux le retrouver. Il y a aussi la figure du Bal masqué, celle du Théâtre (des Insensés où seuls sont admis les "fous") et les nombreuses images oniriques des couloirs, des portes, des lumières, des musiques de l'au delà, etc....
On l'a compris, ce roman métaphore est une ondulation vertigineuse autour de la question essentielle du sens de la vie. Cette interrogation existentielle trouve sous la plume de Hesse, une solution éblouissante de génie. Le montage du roman parfait, les variations de style, le choix des personnages, la fin du roman, tout fait référence et modèle. On retrouvera dans ce roman de la maturité de Hesse, ses thèmes fétiches : le voyage initiatique et la spiritualité, le tout influencé très fortement par l'éclosion de la compréhension du psyché par la psychanalyse.
Il n'est pas surprenant, tant il dérange et réveille, que cet ouvrage fût classé par les nazis dans une catégorie tout proche de "l'entartete Kunst", l'art dégénéré, et interdit.
Pour finir la traduction est de très haute volée et offre une lecture en français en tous points fidèle à la lettre et à l'esprit.
Pour les séduits par cet ouvrage, le reste de l'oeuvre de Hermann Hesse est de la même qualité...
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35 internautes sur 37 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Apprivoiser le bonheur !, 1 mars 2003
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Loup des steppes (Poche)
Le "loup des steppes" est la pierre de touche d'une révélation, le perilleux trajet de la découverte de l'autre, des autres... en clair, de soi-même ! Alors, comment passer à côté ? Les amateurs de Kafka, du "terrier" par exemple, y retrouveront les péripéties d'un être qui tente de se comprendre en ressaisissant sa sphère d'intervention, les lecteurs de Ionesco, de "l'impromptu de l'alma", retrouveront un auteur qui n'hésite pas à se découper, se contredire, s'affronter par le texte pour en faire ressortir une unité inavouée, laissée libre d'interprétation... Mais la richesse du loup des steppes ne s'arrête pas là, il y a une issue, une solution des plus philosophiques en fin de compte : pourquoi donc s'évertuer à s'interroger sur le sens de la vie puisque la question à laquelle on tente de répondre est celle de savoir pourquoi on accepte de vivre... Aussi, je ne peux que vous conseiller de souffir avec ce vieux loup l'apprentissage de la vie et peut-être d'en retirer l'envie de vous replonger en vous-même pour vérifier si vous n'y avez pas oublié quelqu'un !
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3.0 étoiles sur 5 Vivre sans Mozart ?, 1 janvier 2011
Par 
FINET Franck (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Loup des steppes (Poche)
J'avoue avoir été dérouté par ce livre.
Comment interpréter les multiples messages délivrés par l'auteur ?
Une vision terriblement pessimiste du sens de la vie.
Une plongée dans " le terrier du lapin d'Alice " ( cf. le Théâtre magique ) à la rencontre de son double féminin - Hermine -
Seule l'éternité offerte par Mozart peut donner du sens.

" Les hommes ont été créés pour vivre , pas pour penser. Celui qui réfléchit quitte alors la terre ferme pour rejoindre l'eau et se noiera un jour ."

" L'optimisme irréprochable du bourgeois , cette volonté de faire prospérer le médiocre, le normal, le passable."

" Le suicide comme issue de secours "

" L'immense vanité , le caractère aventureux et douloureusement désespéré de l'existence humaine "

" Il n'est pas bon que l'humanité fasse un usage excessif de son intellect , qu'elle tente grâce à la raison de mettre de l'ordre dans des domaines qui ne sont pas du tout accessibles à celle ci . Cela donne naissance à des idéaux . "

Voilà quelques phrases extraites de l'oeuvre et - me semble-t-il - en donnent la couleur .

Il m'est difficile d'apporter une critique définitive mais je pense que chacun d'entre nous peut en retirer quelque chose d'essentiel.
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16 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un roman d'initiation, 15 juillet 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Loup des steppes (Poche)
Le loup des steppes de Hermann Hess, l'auteur m'avait été conseillé pour un autre de ses textes , mais je suis tombé par hasard sur ce dernier avec l'aide des 1001 livres qu'il faut avoir lu ...dont je fais assez régulièrement la publicité.

Un coup de chance pour une oeuvre de maître, un livre d'éducation... Camus disait à peu près que si l'on voulait être philosophe il fallait écrire des romans... Le loup des steppes est une révélation dans le sens où l'on peut se muer entièrement dans le personnage principal : Harry Haller, pour peu qu'on ait un tantinet descillé les yeux...C'est à dire se regarder sans concessions mais en éclatant de rire...

Je ne connais pas le parcours de l'écrivain et cependant il ne doit pas être négligeable dans le sens où il nous mène dans un parcours quasi initiatique...
les idées, la raison, la philosophie, la vie, la mort, le suicide, la thiase dionysiaque, le théatre magique, le rire , tous les ingrédients d'un périple magique comme peuvent le vivre les mystiques ou...les schizophrènes... selon..
.
Harry Haller, cinquantenaire avait tout misé sur le Beau, l'Art, les Idées, en bref, l'Intellect , avant de se donner le coup de rasoir décisif face à un monde devenu absurde, un monde qui ne lui apportait que souffrance et désillusions... il tombe sur le récit du Loup des Steppes et la soirée pour les Insensés où seuls sont admis les Fous... et sa vie prendra une tournant décisif, une quête du graal moderne , une véritable Initiation dans son sens le plus noble avec le rencontre de Hermine, sorte de parèdre amante mystique à la fois contraire et complément indispensable, qui lui montrera la vie d'une manière différente avec ses amusements mais dont l'issue sera d'une manière fatale , sa rencontre aussi avec pablo authentique chamane moderne ...le Fou et le Génie ne déambule-t-il pas sur la même corde raide ?

Le théatre magique, les enfers , l'épi de blé d'Eleusis symbolisé par les multiples "moi", sa rencontre avec de nombreux personnages célèbres, les non-dits, les non-faits enfin réalisés, les psychotropes...

Mieux que Papus, Crowley et Castaneda réunis...

Le livre fut salué dès sa parution en 1927, entre deux guerres mais interdit et pour cause par le régime nazi .
Le loup de steppes nous met un miroir devant les yeux, celui du Loup , des antagonismes des ambiguités de notre âme , des culpabilités, des désirs, des désespoirs... qui portent notre visage et que l'on brise sans concessions...
Un livre culte que viens de découvrir et dont j'ai acheté les autres ouvrages avec Demian et Siddhartha e.a, il fera comprendre je pense beaucoup au lecteur occasionnel mais aussi très certainement à la personne "engagée"...
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13 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Nous sommes tous schizophrènes !, 26 mars 2012
Par 
Blue Boy (France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Loup des steppes (Poche)
Alors que je ne connaissais rien de Hermann Hesse, je suis tombé par hasard sur ce bouquin dans un grenier. Je ne le connaissais que par son titre et sans me poser de questions, je l'ai arraché à la poussière et aux toiles d'araignées. Ce récit quasi autobiographique est vraiment envoûtant. A la fois poétique et philosophique, il se lit comme une quête initiatique, s'accompagnant d'une réflexion passionnante sur certains aspects de la culture occidentale et sa façon d'envisager le monde et l'être humain. Hesse, influencé par le bouddhisme et la culture asiatique, remet en cause le moi occidental qui interdit la multiplicité de notre être en cultivant l'égocentrisme de chacun, se révélant par là même oppressant, source de névroses et de conflits.

Une des particularités de ce livre est d'être assez court (200 pages) mais très dense et très puissant quand à son contenu. C'est quand je lis ce genre d'ouvrage que je sais pourquoi je ne pourrais vivre sans littérature. Je conseille fortement ce chef d'œuvre qui va ainsi directement dans mon top 10. Lors de cette lecture, on se sent littéralement changé à l'intérieur, avec une façon différente d'appréhender la vie, plus zen, plus détaché, plus riche intérieurement. Un livre que je relirai volontiers. D'ailleurs j'en profite au passage pour féliciter mon moi intuitif ! ;-)
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11 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 la vie: un théâtre magique ?, 24 octobre 2010
Par 
Gerard Muller "médicactus" (Nouvelle Caledonie) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Loup des steppes (Poche)
Ce récit en fait se divise en plusieurs parties, avec une introduction, (un faux avant-propos de l'éditeur), qui a son importance car elle nous permet de situer l'histoire. Ensuite commencent les carnets d'Haller avec en incrustation le « traité sur le loup des steppes », texte relativement complexe de nature philosophique. Puis l'histoire proprement dite de Harry Haller reprend avec la rencontre d'Hermine qui va être déterminante dans la vie et la réflexion de Haller.
Ce magnifique roman écrit en 1927 a une valeur prémonitoire : il annonce déjà la deuxième guerre mondiale. Hermann Hesse (Harry Haller) - notez les initiales-, sera d'ailleurs mis au ban de la société allemande pour ses idées pacifistes qui ne sont pas dans l'air du temps. Peut-on y voir une forme d'autobiographie ? Ce n'est pas douteux.
Harry Haller est un drôle de personnage. Un personnage complexe, agoraphobe, et misanthrope apparemment. Il aime cependant la compagnie et joue le jeu des convenances sociales. Sa haine de la foule ne l'empêche pas de se retrouver dans un dancing bruyant et bondé. Désabusé dans un monde qui lui est incompréhensible, il se sent étranger et éprouve une nostalgie sans objet. Son besoin de solitude, d'indépendance et de liberté va de pair avec une dénonciation de l'hypocrisie et du mensonge qui régit la vie en société et caractérise le bourgeoisisme. Alors il se livre à une réflexion sur l'homme et sa dualité : homme et loup, et sa pluralité qui fait qu'un homme peut présenter des centaines de facettes différentes. Effet miroir, antagonisme et schizophrénie, contradictions transparaissent au fil des pages de ce chef d'œuvre où un certain pessimisme et un désespoir aux accents kierkegaardiens et même camusiens nous amène en une situation où l'idée du suicide apparaît comme un refuge pour le cas où cette vie deviendrait insupportable. Cette tendance suicidaire aide Haller à vivre paradoxalement. Cette vie d'écœurement et de souffrance, de désespoir et de fausseté, d'ambiguïté et de cautèle, de perversion et de futilité, dans un univers parfois kafkaïen ne vaut pas la peine d'être vécue semble-t-il. Toutefois, Haller a peur de la mort, du dernier instant précisément.
Et puis c'est la découverte d'un autre monde avec Hermine qui lui apprend à trouver l'indispensable équilibre entre le monde des autres et le soi, et Maria qui « ouvrent des brèches dans l'édifice de ses valeurs esthétiques ». Hesse nous offre une magnifique description de la fête dans la scène du dancing, et nous introduit dans un monde fantastique dans l'évocation du théâtre magique peuplé d' « insensés », où se déroulent des scènes d'une violence inouïe notamment lors de la partie de chasse. C'est un peu l'éloge de la folie.
Un roman riche, en conclusion, et enrichissant assurément, qui nous offre une réflexion saisissante sur le thème de la place de l'Homme sur terre, et dans lequel on peut sentir l'influence de Nietzsche et à un degré moindre de Jung. La multiplicité de la personnalité est mise en évidence dans la scène de la partie d'échec avec les figurines. À noter la très belle traduction de A. Cade. C'est un ouvrage non seulement de philosophie mais encore un chef d'œuvre de la littérature.
Quelques passages forts pour finir :
« L'homme n'est rien d'autre qu'une passerelle étroite, périlleuse, entre la nature et l'esprit. »
« 'la splendeur de l'instant et la misère de son flétrissement' »
« 'l'immense vanité, le caractère aventureux et douloureusement désespéré de l'existence humaine' »
« Réfléchir une heure ; rentrer en soi-même pendant un moment et se demander quelle part on prend personnellement au règne du désordre et de la méchanceté dans le monde, quel est le poids de notre responsabilité ; cela, vois-tu, personne n'en a envie ! »
« Même si tu sais que ton combat ne sera pas victorieux, ton existence n'en est pas banale et absurde pour autant. Elle est bien plus banale lorsque tu luttes pour une bonne cause, pour un idéal, avec la certitude d'atteindre ton but. » ( Cette phrase a des accents très camusiens et Guillaume d'Orange s'y retrouve : « "Point n'est besoin d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.".
Bien d'autres passages sont dignes d'être mis en exergue . Au demeurant, le mieux reste de lire ce magnifique livre.
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17 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 La solitude de la liberté, 17 mars 2006
Par 
Damien Coullon (Paris) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Loup des steppes (Poche)
Quel message se cache-t-il dans ce roman et son théâtre magique, "réservé aux insensés" ? Pas évident. Harry, le loup des steppes. Harry, l'homme qui n'a pas vécu. Harry, l'homme qui cherche un destin tragique. Harry, l'intellectuel sérieux : "A l'instar de tous les êtres humains, Harry croit savoir ce qu'est l'homme". Autant de figures qui trouvent un écho dans une certaine partie de nous.
Récit d'une quête désespérée d'un bonheur triste et froid, romantique, le Loup des steppes n'est pas une oeuvre très facile à comprendre complètement. A partir d'un diagnostic lucide sur le vide de la liberté (c'est la partie la plus intéressante et la plus facilement accessible à mon avis) : "Ainsi le loup des steppes fut-il détruit par sa liberté. Il atteignit son objectif, s'affranchissant progressivement de toute contrainte. Personne ne pouvait lui donner d'ordre ; il n'avait pas à se conformer à la volonté de quelqu'un ; il décidait de sa conduite de façon libre et indépendante [...]. Cependant, lorsqu'il se fut installé dans cette liberté, Harry s'aperçut tout à coup que celle-ci représentait une mort. Il était seul. Le monde le laissait étrangement tranquille et, de son côté, il ne se souciait plus des gens, ni même de sa propre personne, s'asphyxiant lentement dans cette existence solitaire, sans attaches, où l'air se raréfiait.", Harry va voir sa vie bouleversée par sa rencontre avec Hermine, qui va peu à peu lui faire découvrir le côté sensible ou sensuel de la vie qu'il a toujours méprisé, mais à une seule condition : qu'il obéisse à tous ses ordres puis qu'il la tue au moment où il en tombera amoureux.
Etonnant, donc, et pas franchement positif, on attend un message d'espoir qui ne vient pas : "Au commencement, il n'y avait ni innocence ni ingénuité." Certaines phrases claquent comme des coups de revolver, dans un style très percutant, très direct et teinté d'un certain pessimisme, chose assez inattendue chez Hesse. Une sorte de pillule contre le romantisme, en quelque sorte.
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4.0 étoiles sur 5 Il n'y a pas seulement un seul loup dans chaque homme, 10 août 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Loup des steppes (Poche)
Harry Haller prend tout au sérieux et on comprend pourquoi il est si malheureux. Il a une vision réductionniste de l’existence, s’imaginant être tiraillé par deux entités inconciliables, l’une policé, l’autre, rebelle et incontrôlable, son « loup des steppes », sans se douter que dans chaque homme, il y a , non pas avec un loup, mais toute une ménagerie de bestioles peu disposées à vivre ensemble. C'est de cette façon que l'auteur interprète le bouddhisme qui conçoit l'identité de soi comme une illusion. Harry va rencontrer Hermine, son âme sœur puisque tout son contraire. Elle va lui apprendre l’art de vivre avec insouciance et de faire la paix avec ses démons intérieurs.
Bon, on a vite compris l’allusion. Harry Haller, c’est Herman Hesse. Hermine, c’est son « femina », son double féminin, et le livre, une séance de psychanalyse et d'individuation jungienne, avec comme repères, Goethe, Nietzsche, le Bouddha, des références qui reviennent souvent dans ses œuvres.
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11 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Que ce livre est beau!, 26 septembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Loup des steppes (Poche)
"C'est parmi les hommes de
cette espèce qu'est née l'idée horrible et dangereuse
que la vie humaine tout entière n'est peut-être qu'une
méchante erreur, qu'une fausse-couche violente et
malheureuse de la Mère des générations, qu'une
tentative sauvage et lugubrement avortée de la Nature.
Mais c'est aussi parmi eux qu'est née cette autre idée,
que l'homme n'est peut-être pas uniquement une bête
à moitié raisonnable, mais un enfant des dieux destiné
à l'immortalité."

"Même le suicide, pauvre Loup des steppes, ne te
servirait à rien; tu devras malgré tout suivre le chemin
le plus long, plus pénible et plus difficile du devenir humain;
tu devras souvent encore multiplier ta dualité, compliquer
ta complexité. Au lieu de réduire ton espace, de simplifier
ton âme, tu deviendras de plus en plus le monde, tu devras
finalement faire entrer l'univers entier dans ta poitrine
douloureusement élargie, pour parvenir peut-être un jour
au repos, à la fin."
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11 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le Livre, 26 janvier 2005
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Loup des steppes (Poche)
Un livre à posséder impérativement dans sa bibliothèque, à lire et à relire pour comprendre ce qui est écrit entre les lignes.
Un livre à lire à différents âges pour être sûr d'en appréhender toutes les histoires...
Un livre à méditer sans modération
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Le Loup des steppes
Le Loup des steppes de Hermann Hesse (Poche - 1 janvier 1991)
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