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Dans ces entretiens, le grand écrivain qu'est Marguerite Yourcenar donne sans fioritures sa vision sur la vie, l'être humain, la religion, la littérature, l'avenir de notre planète, la femme, la politique et le sens de ses aeuvres majeures.

Une vision pessimiste sur la vie en général et sur l'avenir de la planète
Pour l'auteur, `naître, c'est être introduit dans un engrenage dont on ne sortira qu'usé et brisé et cela après avoir vu d'autres êtres autour de soi usés et brisés, ce qui est encore pire.' Elle ne nie pas les moments de bonheur, mais il y a un fond d'inconscience et d'égoïsme chez tous ceux qui déclarent que la vie est belle.
Pour elle, l'avenir de la planète est encore plus noir : `Regardons à nu la cupidité d'une part, la crédulité et l'ignorance de l'autre, qui ont construit ce monde où l'air, l'eau, la terre, les aliments, le silence même, sont pollués; où les gadgets remplacent les réalités; où les tensions et les frustrations causées par une démographie incontrôlée préparent les guerres 'absolues' de l'avenir.'

Une vue pessimiste sur l'homme
Pour Marguerite Yourcenar, l'homme est imparfait et aucun rêve de perfection n'est à demi réalisé sans entraîner aussi la violence et la terreur.
Les plus grands réformateurs se sont généralement heurtés à cette quasi-impossibilité de changer l'homme, et leur leçon s'est généralement perdue après eux.

La religion
Pour l'auteur, l'imposture n'est pas dans les dogmes, les rites, les légendes, qui peuvent être admirables et nourrissants pour la psyché humaine, mais dans l'insolente assertion qu'eux seuls sont pour ainsi dire en ligne directe avec Dieu.

Le féminisme
Elle est extrêmement dure pour les féministes. Pour elle, le féminisme n'est pas loin d'être une forme de racisme à l'envers. Il est agressif et il est conformiste en ce sens que la femme semble aspirer à la liberté et au bonheur du bureaucrate qui part chaque matin, une serviette sous le bras, ou de l'ouvrier qui pointe dans une usine. Cet homo sapiens des sociétés bureaucratiques et technocrates est l'idéal qu'elle semble vouloir imiter.

La politique (dans ses oeuvres majeures)
Juste après la fin de la guerre, en 1945, elle entrevoyait encore la possibilité d'une réorganisation du monde. Mais c'est une espérance qui s'est perdue. Dans les `Mémoires d'Hadrien' il y a un maître esprit qui s'efforce de recomposer un univers, une terre stabilisée après des années de guerre. Dans `L'Oeuvre au Noir' Zénon s'enfonce de plus en plus dans des cercles infernaux d'ignorance, de sauvagerie et de rivalités imbéciles.
Pour elle, l'homme de gauche, en conformité avec son credo, manifeste sa foi, non en un certain progrès, mais en un progrès certain, ce qui est plus grave, et le fait ressembler au chrétien des premiers temps croyant à la prochaine venue du Seigneur, à la parousie.

Littérature et écrivains
Le public qui cherche des confidences personnelles dans le livre d'un écrivain est un public qui ne sait pas lire.
De plus, cette obsession française du 'culte de la personnalité' (la sienne) chez l'écrivain la stupéfie toujours. Ce culte est affreusement petit-bourgeois: je, moi, mon, ma, mes.'

Ces entretiens sont un must pour les amateurs de littérature mondiale et les fanas de l'auteur.
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Composé d’une trentaine de chapitres thématiques, Les Yeux ouverts n’est pas un livre écrit par Marguerite Yourcenar mais le recueil d’entretiens avec le critique Matthieu Galey. L’auteure des Mémoires d’Hadrien, qui en a relu les épreuves de plus ou moins bonne grâce, ce qui se remarque ponctuellement, ne le considérait pas vraiment comme sien.

Où l’on voit Galey se faire rembarrer par Yourcenar, qui le reprend, le contredit (« Mille fois non ! »), et l’on devine une tension croissante et comme une hostilité sourde entre les deux interlocuteurs. La dame était autoritaire, et MG, qui pose de bonnes questions, instruites par une connaissance précise de l’œuvre de MY, passablement misogyne.

Restent ces trois cents pages. D’une fermeté souveraine, Yourcenar parle comme elle écrit, et s’il entre une part de composition dans son jeu, la vaste érudition dont fait montre cette femme qui dans l’enfance n’avait jamais été « scolarisée » n’en demeure pas moins impressionnante. La sérénité de son regard sur le monde est celle d’une authentique philosophe, qu’anime une constante exigence de perfectionnement. La vigueur de ses plaidoyers en faveur de l’homme, dans le sens de la liberté, comme de la planète, qu’elle savait gravement menacée, force l’admiration.

« On est optimiste, dit-elle, chaque fois qu’on regarde une fleur, ou un beau morceau de pain, et l’on est pessimiste chaque fois qu’on pense à ceux qui dénaturent le pain et tuent les fleurs. »

Nulle confidence intime — la forteresse du moi demeure solidement barricadée —, mais une véritable leçon de vie, inspirée de grands maîtres (Montaigne, Tolstoï, Gandhi).
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le 26 août 2010
Depuis longtemps introuvables, jadis édités par les Editions du Centurion, reparus au Livre de Poche et épuisés un long moment, voici enfin offerts aux lecteurs les entretiens que Marguerite Yourcenar a accordés au journaliste Matthieu Galey.

Un ouvrage passionnant, clairement découpé en chapitres thématiques, dans lequel la grande intellectuelle s'exprime sur sa vie, son oeuvre et les questions historiques ou philosophiques qui sous-tendent ses écrits.

Julian Morrow
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C’est au milieu des années 70 que j’ai découvert Marguerite Yourcenar, à l’occasion de la réédition par Folio de ses deux principaux romans, Mémoires d’Hadrien (1951) et L’œuvre au noir (1968). Pour la première fois, je réalisais qu’un grand roman ce n’est pas qu’une histoire mais son alliance avec ce qu’on appelle un style.
Marguerite Yourcenar, née Marguerite Antoinette Jeanne Marie Ghislaine Cleenewerck de Crayencour en 1903 à Bruxelles et décédée en 1987 à Bar Harbor, dans l'État du Maine (États-Unis), est une écrivaine française naturalisée américaine en 1947, auteur de romans et de nouvelles « humanistes », ainsi que de récits autobiographiques. Elle fut aussi poète, traductrice, essayiste et critique littéraire. En 1939 Marguerite Yourcenar, bisexuelle, part pour les États-Unis rejoindre Grace Frick, alors professeur de littérature britannique à New York et sa compagne depuis une rencontre fortuite à Paris en 1937. Les deux femmes vécurent ensemble jusqu'à la mort de Frick d'un cancer en 1979. Elles s'installent à partir de 1950 sur l'île des Monts Déserts (Mount Desert Island, dans le Maine), qu'elles avaient découverte ensemble en 1942, et nomment leur maison Petite-Plaisance. Marguerite Yourcenar y passera le reste de sa vie. Première femme élue à l'Académie française, le 6 mars 1980.
Les Yeux ouverts, paru en 1980, collecte une série d’entretiens avec Matthieu Galey (1934-1986), critique littéraire et chroniqueur à L’Express. Je me dois de préciser que Yourcenar n’aima pas ce livre, en critiquant la couverture donnant l’impression qu’elle l’avait écrit, mais surtout parce qu’elle estima en avoir trop dit sur elle-même et pas assez sur ses véritables préoccupations.
Laissons de côté ce différent, si vous aimez les livres et les écrivains, vous vous devez de lire cet ouvrage. Outre une part biographique relatant son enfance, son père, ses nombreux voyages dans le monde dont il n’est pas obligatoire d’être friand, tout le reste est absolument passionnant. Car le reste aborde l’art d’écrire, la genèse d’une œuvre littéraire, comment l’écrivain s’attaque à la rédaction d’un roman ; la documentation engrangée, les voyages sur les lieux, l’imprégnation de l’atmosphère de l’époque où vivait son héros. Marguerite Yourcenar qui n’a pas sa langue dans sa poche, nous donne sa vision du rôle de l’écrivain « Il est utile s’il ajoute à la lucidité de lecteur, le débarrasse de timidités ou de préjugés, lui fait voir et sentir ce que ce lecteur n’aurait ni vu ni senti sans lui », lecteur qui en prend pour son grade « Certains lecteurs se cherchent dans ce qu’ils lisent et ne voient rien d’autre qu’eux-mêmes. » Et le monde littéraire n’échappe pas à ses piques acerbes, « Ce qui me frappe néanmoins dans la masse des poèmes et des romans français qui arrivent jusqu’à moi, c’est à quel point ils demeurent étroitement subjectifs, clos dans des rêves, des cauchemars, de molles rêveries souvent, ou parfois d’arides déserts personnels. » Ces propos tenus en 1980 semblent encore d’actualité. Si je n’avais pas emprunté cet ouvrage à la bibliothèque, j’en aurais souligné des lignes et des lignes. J’ai noté aussi un très intéressant passage sur les traductions, exercice auquel elle s’est livrée.
Erudition impressionnante, indépendance d’esprit l’éloignant des dogmes et des théories, écologiste de la première heure, ses réflexions sur le monde comme il va (déjà mal en 1980), ses analyses des sentiments (amour, passion etc.) ne manquent pas de pertinence. Il y aurait tant à dire sur ce bouquin et cette femme éprise d’orientalisme, un peu hippie - « J’ai du respect pour les hippies » - par son rejet du matérialisme, touchée par la grâce de l’humanisme. « Mais voici de longues années qu’il ne se passe pas un matin où, en me levant, je ne songe d’abord à l’état du monde, pour m’unir un instant avec toute cette souffrance. Et on réussit pourtant à être heureux, parfois, malgré cela, mais d’une autre espèce de bonheur. »
A lire absolument, mais je crois l’avoir déjà dit.

« Je ne trouve pas encore aujourd’hui délicieux d’ouvrir ma porte chaque fois qu’un jeune écrivain frappe au heurtoir : tant de gens n’ont rien à dire. Et puis il y a si peu de chose qui passe entre deux êtres, dans une conversation d’une demi-heure. Pourquoi ne pas aller relire les livres de l’écrivain qu’on aime ? La solitude de l’écrivain est très profonde. Chacun est unique, a ses problèmes à lui, ses techniques à lui, qu’il a soigneusement acquises ; il a aussi sa vie. Il n’a pas grand-chose à gagner à causer avec des connaissances (ou des inconnus) sur des sujets de littérature. »
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le 1 août 2007
Comme d'habitude la lecture de la pensée de marguerite Yourcenar est un pur bonheur.
dommage que le livre soit arrivé froissé ! ce ne serait pas tres grave si ce fut la premiere et unique fois !
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