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32 internautes sur 37 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
La puissance du classique,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Montagne magique (Poche)
Un jour Wagner a écouté Brahms et commenta: "Ça, c'est ce qu'on peut faire avec les formes classiques quand on sait le faire". C'est ce qu'on peut dire de cette oeuvre de Th. Mann. Classique, et par conséquent humaine et universelle et intemporelle. Un soulagement en face de la banalité.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
La vie hors du monde,
Par Nastasia Buergo (c'est fini) "découragée par ... (désormais sur www.babelio.com/monprofil.php?id_user=46049) - Voir tous mes commentaires (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR) (TOP 50 COMMENTATEURS)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Montagne magique (Poche)
La Montagne magique est un livre lent et qui gagne à être lu lentement. Il fait partie de ses livres dont on ne sait trop s'ils appartiennent au roman ou à l'essai et dont Les somnambules ou L'Homme sans qualités seront le couronnement. L'auteur nous berce tel l'océan avec de fréquents va-et-vient à partir de points d'ancrage, prétextes à des réflexions, à des digressions, sur divers aspects de la vie aussi insolites qu'hétéroclites. L'œuvre se présente comme un parcours initiatique pour le héros, Hans Castorp, soustrait à la réalité, à l'espace et au temps, dans une sorte de bulle que constitue un sanatorium d'altitude situé en Suisse au début du XXè, peu avant la première guerre mondiale.À l'origine, Hans Castorp vient rendre une visite de trois semaines à son cousin soigné pour une tuberculose dans cet établissement. Thomas Mann a soin de nous présenter la vision de son héros puis les innombrables modifications qui s'opéreront à mesure que s'allongera son séjour au Berghof. D'abord ancré dans le monde et extérieur à la vie si spéciale du sanatorium et de ses habitués, le regard du jeune Hans Castorp va progressivement, par touches, basculer vers l'intérieur de l'établissement et être totalement déconnecté de la réalité du monde extérieur. Il va multiplier les expériences et les rencontres. Au premier rang desquelles celle de Ludovico Settembrini, pédagogue, démocrate, littérateur et phraseur italien de premier ordre, le médecin en chef Behrens, caustique et pragmatique, puis le remarquable contradicteur de Settembrini, Léon Naphta obscur jésuite, moyenâgeux, théocrate et cynique. Au Berghof, Hans Castorp rencontrera aussi la passion amoureuse pour la belle Clawdia Chauchat qui viendra souvent à l'encontre de ses programmes bien réglés d'éveil au monde sous la houlette de ses mentors. L'auteur désirait, paraît-il, écrire un livre contradictoire avec la vision classique de l'existence, à savoir, la fascination que peuvent exercer la maladie et la mort. En manière de conclusion, je vais me risquer à donner ma version (je n'ai rien lu là-dessus, cette interprétation m'est toute personnelle) de l'explication du titre où, comme vous vous en doutez, il nous faut revenir à l'allemand. Dans la version originale, La montagne magique s'intitule "Der Zauberberg" et les germanophones trouveront une certaine ressemblance avec tout d'abord "Der Zauberlehrling", à savoir "l'apprenti sorcier" de Goethe que tout le monde connaît et dont le rapport avec Hans Castorp "expérimentant la séduction de la maladie et de la mort" semble assez évident, et d'autre part avec "Die Zauberflöte", à savoir "La Flûte enchantée" de Mozart. L'argument de cet opéra n'est pas sans rappeler certains éléments marquants du livre (le héros égaré dans un pays lointain et inconnu, la survenue du portrait de Pamina, qui ici prendrait immanquablement les traits de Clawdia Chauchat et de sa radio des poumons, etc.) et j'ai plaisir à deviner Tamino sous Hans Castorp (vous me donnerez votre avis si vous n'êtes pas d'accord avec moi). Deux mots encore, ce livre est de ceux qui continuent d'agir en nous bien après que nous les ayons refermés pour le dernière fois et qui jouissent d'un formidable pouvoir d'édification. Il n'est pas spécialement captivant à la lecture et en ceci peut en rebuter certains, quoique je vous encourage vivement à atteindre la fin du livre et notamment la rencontre avec Mynheer Peeperkorn. Mais c'est aussi et surtout un livre sur le temps, son souterrain et impalpable travail, son caractère insaisissable et inéluctable. J'en terminerais avec un extrait que je juge présenter une valeur de synthèse sur ce qui vient d'être dit : « Je suis ici, depuis assez longtemps, depuis des jours et des années, je ne sais pas exactement depuis quand, mais depuis des années de vie, c'est pourquoi j'ai parlé de « vie » et je reviendrai tout à l'heure sur le destin. Mon cousin, auquel je voulais rendre une petite visite, un militaire plein de braves et de loyales intentions, ce qui ne lui a servi de rien, est mort, m'a été enlevé, et moi, je suis toujours ici. Je n'étais pas militaire, j'avais une profession civile, une profession solide et raisonnable qui contribue, paraît-il, à la solidarité internationale, mais je n'y ai jamais été particulièrement attaché, je vous le confie, et cela pour des raisons dont je ne peux rien dire, sauf qu'elles demeurent obscures. Elles touchent aux origines de mes sentiments (...) pour Clawdia Chauchat (...) depuis que j'ai rencontré pour la première fois ses yeux et qu'ils ont eu (...) déraisonnablement raison de moi. C'est pour l'amour d'elle et en défiant Settembrini, que je me suis soumis au principe de la déraison, au principe génial de la maladie auquel j'étais, il est vrai, assujetti depuis toujours, et je suis demeuré ici, je ne sais plus exactement depuis quand. Car j'ai tout oublié, et rompu avec tout, avec mes parents et ma profession en pays plat et avec toutes mes espérances, (...) de sorte que, je suis définitivement perdu pour le pays plat et qu'aux yeux de ses habitants je suis autant dire mort. » Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
18 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
chef-d'oeuvre,
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Montagne magique (Poche)
C'est un roman pour lequel il faut prendre son temps - et le temps en est d'ailleurs l'un des sujets centraux (surtout la perception subjective du temps qui passe, sa relativité). Même les passages qui peuvent paraître un peu longs (et il y en a certains) font ainsi partie du processus de lecture qui devient un processus d'appropriation et d'apprentissage - une expérience forte et unique, à conseiller absolument.
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33 internautes sur 39 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un livre incontournable.,
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Montagne magique (Poche)
En toute subjectivité, Thomas Mann est pour moi le plus grand auteur allemand de ce siècle et ce n'est pas peu dire.La montagne magique est un roman d'une inestimable puissance tant par le style classique de l'écriture que par l'histoire racontée; la narration elle-même mais aussi le parcours que l'on fait en accompagnant Hans Castorp depuis le jour où il rend visite à son cousin dans un sanatorium, découvre cet univers de personnes malades et enfin de ces rencontres tout au long de ce séjour. Le livre est profond et lorsque je suis arrivé à la fin du voyage, j'ai ressenti comme une tristesse, celle d'avoir fini le livre. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
temps pur,
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Montagne magique (Poche)
L'écriture du temps pur, débarrassé de ce qui encombre notre quotidien mais aussi notre destin. Ennui, calme, mais surtout l'expérience fascinante de ce qui reste alors du temps: une sorte de vide merveilleux.
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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
le plus grand chef d'oeuvre du 20e s.,
Par Navada (Bruxelles Belgique) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Montagne magique (Broché)
De l'influence de la maladie sur le génie. De l'attrait de la maladie au point de la souhaiter jusqu'à en mourir.C'est vrai. Pas simple à lire. On le commence à 18 ans, on l'abandonne. On le reprend à 40, on le termine puis on le comprend à 50. J'attends toujours de rencontrer quelqu'un avec qui en discuter sérieusement. Cet ouvrage vous marque profondément mais il faut le lire jusqu'au bout. Les ouvrages de Thomas Mann, comme tant d'autres, finirent en autodafe sous le IIIe Reich. Prix Nobel en 1929, je ne comprends pas pourquoi son oeuvre ne figure pas dans La Pleiade. Quelqu'un peut-il me renseigner ? A conseiller également : Mort à Venise, bien sûr mais surtout les Buddenbrook et ce petit bijou inachevé que sont les Confessions de Felix Krull Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
L'oisiveté sous surveillance médicale,
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Montagne magique (Poche)
Attention chef d'oeuvre. Moins connu que La Mort à Venise, plus difficile peut-être, ce roman de Thomas Mann ne s'aborde pas n'importe comment. Roman de l'infini, roman qui se construit dans la circularité et la répétition à l'image de son héros, Hans Castorp.Et ce dernier tourne en rond. Il tourne en rond comme un malade dans sa chambre d'hopital. La question principale que soulève T. Mann est : Castorp est-il malade? parce que cette question revient à dire : Ne sommes-nous pas tous un peu malade? D'ailleurs le roman finira par se perdre dans la guerre, maladie universelle. Si un medecin cherche, ne trouvera-t-il pas à chacun une maladie? Nous avons tous notre part de mauvaises mines, de pâleurs, de délires et de phobies. Quand un médecin nous la représente, nous sommes étonnés du diagnostic et là, nous nous sentons malade. Mais rien n'a changé en fait, que quelqu'un nous le dise ou pas, nous sommes ce que nous sommes. Et Castorp tombe dans un piège ; on le dit malade alors il se met à penser qu'il l'est. Ce travail en miroir, sous le regard d'autrui, notamment par l'association de Hans à son cousin (son doppelganger), est le jeu du livre. Des questions secondaires viennent agrémenter l'immobilité d'une intrigue dont la stagnation est un principe revendiqué. Ne croyez pas que vous allez vous ennuyer. Au contraire vous allez comprendre. Le jeu se répète et toujours un peu d'avantage nous donne des indications. Ce livre est un embargo, un siège, du temps sacrifié et perdu, mais Hans en aurait-il fait un meilleur usage en dehors du sanatorium? Pas sûr. Surtout si l'on considère le poids réel d'un destin: à quoi bon? Hans s'abandonne dans l'oisiveté mais que faire d'autre? Où aller? Relatif mais aussi génial, vivant, solide et dense, cette oeuvre prouve une fois encore combien nos vies oscillent entre la fixation et le mouvement, entre L'Iliade et l'Odyssée. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
21 internautes sur 27 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
un monument,
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Montagne magique (Poche)
à réserver aux passionés de lecture, ouvrage un peu long à lire. Thomas Mann nous emmène dans un voyage philosophique, initiatique au travers de la maladie, certains passages sont de grandioses métaphores sur l'humanité.
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Armez-vous de patience, la guerre vaut d'être livrée,
Par Rosebud33 "Rosebud33" (France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Montagne magique (Poche)
Le roman de l'ennui par excellence. D'une longueur infinie... mais d'une justesse et d'une beauté incroyable. Un monument de la littérature mondiale, certes difficile à gravir mais indispensable. Je l'ai lu en deux fois, en reprenant mon souffle avec un polar bien nerveux entre les deux parties. Les dernières pages sont stupéfiantes... mais n'ont strictement aucun intérêt si vous cherchez à les lire avant d'avoir lu le reste, elles ne sont stupéfiantes que par contraste avec le reste de l'oeuvre.
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4.0 étoiles sur 5
Avec le temps.,
Par Ralph "Le Prince du Désert" (Lyon, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : La Montagne magique (Poche)
J'ai nommé Gustav Mahler responsable de la bande originale parce que La montagne magique sonne comme une symphonie de ce compositeur à mes oreilles. Question d'époque, bien sûr. Mais pas seulement.La suite de mon commentaire est ici : [...] Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles |
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La Montagne magique de Thomas Mann (Poche - 1 janvier 1991)
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