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La confusion des sentiments
Format: PocheModifier
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4 sur 4 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Des romans de Stefan Zweig (je les ai tous lus), ce n'est pas celui qui m'a le plus marqué, mais il reste entièrement fidèle à ce qui fait le génie de l'auteur autrichien : son sens aigu de la psychologie et l'art de captiver son lecteur, ainsi que d' entretenir le suspense.

Lu il y a maintenant une bonne vingtaine d'années, je ne me souvenais plus trop du thème, du contenu, de ce qui se cachait derrière le titre.
L'histoire d'un jeune étudiant encore immature qui préfère profiter des petits plaisirs de la vie à travers une existence momentanément déstructurée, en faisant la fête permanente et en multipliant les conquêtes féminines, repoussant l'âge de devenir adulte, jusqu'à ce que les circonstances l'amènent à se raviser, à la faveur de la rencontre avec un professeur fabuleux qui va l'éveiller au monde du savoir, dont il ne se départira plus désormais.

Mais surtout l'histoire de l'interaction entre plusieurs personnages, qui va donner lieu à des situations troublantes qui vont entraîner à la fois une série de confusions dans les sentiments de ce jeune homme, un peu dépassé par certains événements qui lui échappent, comme de certaines de ses fréquentations, mais aussi de la confusion tout court, dont nous ne comprendrons le sens qu'à la fin.
Je n'en dis pas plus, afin de ne pas gâcher l'intrigue.
Du grand Zweig, comme toujours.
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14 sur 16 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Cette oeuvre, fabuleuse, est très certainement celle qui le représente le plus.
Stefan Zweig nous donne, ici, une grande leçon de psychologie et d'humilité ; on en tire, immanquablement, quelque chose de ce message, qu'il a voulu nous transmettre...

L'admiration naïve, confuse et innocente de Roland pour son professeur le mène dans un combat perdu d'avance : avec pudeur, il va donner tout ce qu'il a en lui de meilleur, afin d'obtenir le regard et la fierté de cet homme-là, qui, lui-même, est perdu dans une confusion, d'amour et d'amitié, inavouable au jeune homme.

La confusion des sentiments, sur les conseils d'une amie, est le premier roman que j'aie lu, en 1985, sur les relations entre hommes, et qu'elles soient assumées ou non. Je l'ai relu, depuis, deux fois, et, malgré les qualités incontestables de la multitude de ses contemporains, sans vieillir d'un pouce, il reste, pour moi, l'unique oeuvre psychologique homosexuelle.
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2 sur 2 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 13 septembre 2010
Un excellent ouvrage de Zweig, extrêmement prenant.

Finesse des personnages, tension de l'histoire palpable (sans être oppressante), écriture d'une grande fluidité : un petit chef d'oeuvre. C'est un grand plaisir que de lire ces lignes, l'écriture est tellement fluide et naturelle qu'on se laisse simplement porter par les mots et la beauté de l'ouvrage.

L'ensemble du livre sonne juste, on le referme en ayant le sentiment d'avoir lu qqch d'entier, d'abouti : l'art de Zweig a trouvé un certain accomplissement dans ce volume.

A conseiller sans hésitations !
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11 sur 13 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
"Quant à moi je ne pouvais pas bouger, j'étais comme frappé au coeur. Passionné et capable seulement de saisir les choses d'une manière passionnée, dans l'élan fougueux de tous mes sens, je venais pour la première fois de me sentir conquis par un maître, par un homme ; je venais de subir l'ascendant d'une puissance devant laquelle c'était un devoir absolu et une volupté de s'incliner."

Il est de ces titres de livres qui suscitent directement l'admiration. La confusion des sentiments. En trois mots, Stephan Zweig nous plonge sans détour dans le vif du sujet. Doutes, tourmente, souffrance, délectation, désir : la ronde capricieuse des sentiments est décrite dans ce court roman avec une précision, un réalisme et une sensibilité remarquables.

L'histoire est celle d'un vieux professeur, R. de V. qui au soir de sa vie revient sur sa jeunesse et la rencontre décisive qui bouleversa son existence. Celle qu'il eut tout jeune étudiant à l'université avec un professeur fascinant, son "maître", qui le plongea dans les affres de la création et de la connaissance. Cet homme érudit, passionné, excellent professeur, cache cependant un lourd secret. Le jeune R. de V. tente de le mettre à jour et ce faisant se confronte aux sentiments les plus conflictuels qui puissent être donnés à l'aube de sa vie d'homme.

Stephan Zweig a un réel talent pour décrypter avec méticulosité la naissance des sentiments, l'obsession, la vénération. Il sait effleurer avec finesse les tabous, les choses cachées, ces sentiments à peine ressentis qu'ils s'envolent et laissent seulement une trace derrière eux, telle la fumée qui trahit le feu qui brûle. On ne peut que saluer l'intelligence avec laquelle il traite d'un sujet réellement audacieux pour son époque. L'homosexualité est ainsi devinée en filigrane tout au long du livre, mais avec une profonde telle délicatesse et vérité.

On a cependant parfois des difficultés à comprendre les élans excessifs du jeune garçon, son attitude de jeune vierge énamourée, et on est souvent dérouté par les proportions que peuvent prendre ses réactions. Il y a peut être un décalage entre l'époque de l'histoire et celle du lecteur, qui fait que l'on a souvent du mal à réellement se sentir concerné par les affres du narrateur. Si pour certains l'absence de rationalisation dans les histoires de Zweig constitue son point fort, il est pour moi clairement une faiblesse dans ce récit.
Par ailleurs, on a souvent l'impression que la traduction trahit le lyrisme original des mots allemands pour former des phrases à rallonge. Le résultat quelque peu pompeux du passage de la langue allemande à la langue française n'est pas forcément des plus heureux.
Mais la fin du récit est plutôt magistrale dans son genre : le dénouement et toute la passion, le trouble et la souffrance qu'il porte est admirable. On y retrouve avec fébrilité les questions du poids de la société et de la morale, du regard des autres, et de la difficulté de vivre dans le secret.

Quant à l'histoire, elle met avec brio le doigt sur l'ambiguïté d'une relation entre hommes, s'interrogeant sur les pulsions, et l'ambivalence de la relation maître/élève. On frôle les hautes sphères de la création intellectuelle, celles dans lesquelles les esprits se retrouvent et où les corps sont frustrés de ne pouvoir connaître une telle fusion.

[...]
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1 sur 1 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Un enseignant qui va prendre sa retraite se rappelle ses années d’étudiant. Il se souvient d’un professeur de littérature qu’il adorait, un homme marié que gouvernait une homosexualité aussi secrète qu’impérieuse.

Le maître avait posé la main sur son épaule, étreint ses mains. Ils s’étaient noyés dans le regard l’un de l’autre, avaient partagé un unique baiser, « sauvage et désespéré », avant de se séparer pour toujours.

Quelque quarante ans plus tard, cet amour impossible demeure ancré dans la mémoire du narrateur, qui dit de son ancien professeur n’avoir aimé personne plus que lui.

On songe à cette phrase de Nietzsche : « C’est entre ceux qui sont le plus proches qu’est l’abîme le plus étroit et le plus difficile à franchir. »

Dans une lettre à S. Zweig du 4 septembre 1926, en réponse à l’envoi de La confusion des sentiments lors de sa parution, Freud récuse l’idée d'amour contre nature, l'amour d'homme à homme n'étant pas selon lui contre la nature humaine, « car celle-ci est bisexuelle. »
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11 sur 13 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 10 juin 2004
Peu de mots paraissent assez fort pour décrire l'attention circonspecte dans laquelle nous plonge ce roman.L'auteur nous mène avec brio vers la clef du mystère de ce professeur solitaire évoluant dans un univers feutré où le silence est d'Or pour éveiller l'esprit à la beauté des mots....Bien souvent, il nous rapproche de la solution, de la clef de ces comportements si étranges de ses trois personnages principaux pour toujours finir par nous en éloigner. Chaque théorie effachaudée par notre esprit de lecteur envouté et impatient est peu à peu détournée au fur et à mesure que le voile du roman se lève comme si l'auteur se targuait d'en être le seul à en connaitre le dénouement. Et c'est dans l'expectative et les nerfs vibrants d'une attente trop longtemps contenue que les dernières lignes se déroulent sous nos yeux ébahis....et nous laisse dans une etrange confusion de sentiments...
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le 7 octobre 2002
Zweig est un magicien... Mais pas vraiment. Il est un auteur unique en ce sens qu'il est capable de nous faire plonger dans les méandres de l'esprit humain, de nous associer aux sentiments de ses héros à tel point que nous ressentons leurs émotions comme notre. A chaque pas de cette analyse que nous partageons, ce que ressent le héro est pour nous une évidence, nous ressentons la même chose que lui. Ce n'est donc pas de la magie, mais du génie, tout simplement.
La confusion des sentiments oeuvre emblématique pleine de sensibilité et de délicatesse est une preuve de cette puissance descriptive et analytique. A lire absolument.
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S Zweig est décidément le maître des passions et des sentiments.
L'enthousiasme de la jeunesse, la naïveté de l'adolescent, la passion d'apprendre, l'admiration jusqu'à la soumission, l'amour jusqu'à la souffrance (si il y a un ouvrage qui permet de comprendre la différence entre amour et sexualité c'est bien celui-là).
Tout cela servi par une écriture dense et intense capable de restituer toute la richesse des sentiments humains, d'organiser une montée sous pression continue qui interdit de relâcher le livre avant la dernière page...
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5 sur 6 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
On est presque obligé de s'effacer devant un tel chef d'œuvre, dont la qualité est inversement proportionnelle à la longueur (127 pages) et qui décrit si bien les sentiments les plus enfouis, le non-dit'. L'auteur possède un style sublime alliant puissance et finesse. Il l'utilise à merveille aussi bien lorsqu'il reprend les mots du professeur racontant l'épopée du mouvement shakespearien à ses élèves, que lorsqu'il décrit le trouble de ce même professeur vis-à-vis du jeune étudiant. Ses mots vibrent et nous élèvent vers des hauteurs célestes, insoupçonnées. C'est un vrai plaisir littéraire et à mon avis représente, parmi tout ce que j'ai pu lire à ce jour, ce qui se fait de mieux en matière de littérature avec un grand L.

Après un tel livre, on se dit que les plus beaux sentiments ne s'expriment que par le silence, les regards et les gestes, et qu'il fallait toute la sensibilité et l'élégance de Zweig pour formuler ce postulat à l'aide des mots... Que dire de plus, sinon que j'ai le cœur au bord des larmes à chaque lecture et que je ne me lasse pas de le relire.
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11 sur 13 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 5 août 2002
Cette nouvelle est un chef d'oeuvre de beauté. L'histoire nous captive, nous retient, les sentiments des protagonistes sont exprimés avec justesse et poésie. A conseiller à tous les amoureux de la littérature. A Lire absolument.
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