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83
3,8 sur 5 étoiles
Hygiène de l'assassin
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3 sur 3 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
J'ai bien aimé ce roman composé à 95% de dialogues incisifs et savoureux, une bonne matière à réflexion, faisant souvent sourire, ou au contraire donnant froid dans le dos tant la misogynie et le cynisme du principal personnage sont grands. Heureusement une brillante journaliste va clouer le bec à ce dernier, si je puis dire, et le pousser sans faillir dans ses retranchements. Contrairement aux autres journalistes, elle sait de quoi elle parle puisqu'elle s'est paluchée toute l'œuvre de l'écrivain et a ainsi pu l'analyser. J'y vois un hommage à la connaissance, au courage, à la vérité, à la justice, et à l'intuition. Si, si, tout cela :-). Un roman plaisant et plus dense que les autres, même si la fin parait redondante avec d'autres romans d'Amelie Nothomb.
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2 sur 2 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Beaucoup de dialogues, des échanges incisifs, provocateurs voire outranciers. Le sujet est intéressant : Prétextat Tach, prix Nobel de littérature se sait condamné à mourir très prochainement. Cinq journalistes ont "l'honneur" d'interviewer le grand écrivain, grossier personnage de mauvaise foi, plein d'arrogance et de mépris. Quatre d'entre eux seront, tour à tour mis mal à l'aise, insultés et renvoyés. Seule la cinquième qui a réellement lu toutes les oeuvres de Tach et qui les maîtrise à la perfection, saura renverser la situation et se révéler à la hauteur dans un duel interminable. On apprécie que cette journaliste puisse rivaliser face à un homme imbu de lui-même, misanthrope, misogyne et odieux. Amélie Nothomb sait manier le verbe, sa culture littéraire est riche, pourtant la première partie du roman est un peu longue.
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12 sur 14 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Cela fait maintenant dix-sept ans que je lis Amélie Nothomb. Mais jamais l''auteur n''a atteint un tel sommet que dans ce premier roman (tout au moins le premier à être édité), même si j''en ai également aimé tout autant d''autres, notamment "Les Catilinaires".
L''un des reproches que l''on peut établir à l''encontre de la plupart de ses productions est leur très faible longueur, même si la qualité d''une production ne se mesure pas forcément à son épaisseur, comme chacun le sait. Mais voilà au moins un reproche que je ne puis exprimer à l''endroit de ce premier volume. Dans son édition d''origine, on peut d''ailleurs constater qu''il n''est pas au même format que les autres. Et il est plus long, de surcroît (200 pages).

L''écriture est « enlevée », le rythme rapide, le style incisif et original. Pas le temps de s''ennuyer. Captivant, en quelque sorte, si je reprends des qualificatifs très communs.
Ce roman est aussi, de mon point de vue, quasiment celui de la maturité (dans le dernier volume sorti à ce jour, « Le voyage d'hiver », je reproche justement l''inverse, espérant justement que cet écrivain capable d'un tel talent revienne à sa verve passée, dont elle tente maladroitement à mon sens de retrouver la splendeur, tout en se dévoyant de plus en plus).

Ici, nous retrouvons un personnage qui a en commun avec beaucoup d''autres qui suivront une forme évoluée de cynisme et de regard sans concession ni sens de la diplomatie sur les choses de la vie ou les comportements sociaux (hypocrisie, mauvaise foi, mimétisme, ...'), sans d''ailleurs que le personnage lui-même soit parfait ou irréprochable aux yeux des autres puisque, bien au contraire, on peut l''affubler de nombreux autres défauts : misogynie extrême, caractère odieux et prétentieux, affabulation, misanthropie, parmi d'autres encore.
Les dialogues entre cet écrivain prix Nobel de littérature proche de la mort et ses interviewers journalistes sont incisifs et sans concession, mêlant humour sombre et parodie.

Mais je n''en dis pas plus sur le contenu de l''histoire, que vous puissiez savourer pleinement ce roman très réussi, celui qui m''a donné l''envie de lire chaque année Amélie Nothomb, même si de plus en plus nombreuses sont les déceptions au fil des années (mais je ne désespère pas qu''elle revienne à sa hargne et son envie initiales, lorsqu''elle se sera rendue compte elle-même qu''elle a eu un peu trop tendance à se relâcher ces derniers temps et s''écarter de ce qui faisait l''Amélie Nothomb que tant ont encensée...' Mais comme je la crois pleine de bonne volonté et en réalité exigeante avec elle-même, je suis sûr qu''elle saura nous ressortir au moins un très bon roman dans les années qui viennent).
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1 sur 1 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Amélie Nothomb, née en 1967 à Kōbe au Japon, est une écrivaine belge francophone. Elle partage sa vie entre la France et la Belgique. Hygiène de l’assassin, paru en 1992, est son premier roman.
Le célèbre romancier Prétextat Tach, lauréat du prix Nobel de littérature, atteint d’un cancer des cartilages n’a plus que deux mois à vivre. Aussitôt la nouvelle tombée, les journalistes tentent de décrocher l’interview ultime. Les quatre premiers ressortent de leur entretien, sonnés et écœurés par le personnage. L’écrivain, obèse de quatre-vingt-trois ans ne pouvant plus marcher, se nourrit abominablement, fume vingt cigares par jour, mais ne boit pas et pratique l’abstinence depuis une éternité. Imbu de sa personnalité, méprisant, cassant, il se joue des journalistes prenant plaisir à les humilier. Jusqu’à l’entrée du cinquième intervieweur, une jeune femme.
Le roman débute alors réellement. Les interviews ou affrontements précédents étaient à sens unique, l’écrivain manipulant à son gré les journalistes, la jeune femme, elle, s’avère beaucoup plus retorse que prévue. Le manipulateur devient le manipulé et Nina, la jeune femme, va réussir à faire cracher le morceau à l’obèse, le poussant dans ses derniers retranchements, l’obligeant à avouer le secret enfoui depuis son adolescence et par-là même à se découvrir lui-même. Le dragon est terrassé certes, mais Nina en sort-elle réellement indemne ?
Curieux roman. Si le fonds m’a semblé intéressant, la forme m’a moins convaincu. On trouve déjà dans ce premier roman la touche caractéristique d’Amélie Nothomb, une légèreté certaine dans le ton comme dans l’écriture avec néanmoins ces réflexions pertinentes, ce questionnement tout azimut, ces touches de culture jamais ostentatoires mais qui rappellent discrètement au lecteur qu’il a un roman d’écrivain entre les mains.
Cette légèreté tient à l’écriture, le livre n’est constitué que de dialogues faits de phases très courtes mais qui ne sonnent pas toujours justes, mais elle est aussi présente – hélas – dans les propos parfois trop outranciers de l’obèse, comme sa critique non argumentée sur la laideur des femmes en général, « toutes les femmes sont des boudins » et sa misogynie tellement outrée qu’elle n’est ni crédible, ni drôle, « Les femmes actuelles sont encore pires que les ménagères d’antan qui, elles au moins, servaient à quelque chose ». Il s’agit pour Amélie Nothomb ne montrer son personnage principal sous son aspect le plus crasse et répugnant bien sûr, mais j’ai trouvé la manière trop lourde. Ceci dit, le roman date de 1992, en vingt ans nos mentalités ont peut-être évolué plus vite qu’on ne le croît ?
Par contre, le roman ouvre des portes à la réflexion sur la littérature quand Nothomb s’interroge sur l’intérêt d’interroger un écrivain sur son livre, « soit il répète tout haut ce qu’il écrit dans son livre, et c’est un perroquet ; soit il explique des choses intéressantes dont il n’a pas parlé dans son livre, auquel cas ledit livre est raté puisqu’il ne suffit pas » ; ou bien quand elle évoque ceux qui parlent de livres qu’ils n’ont pas lus, « il existe aujourd’hui des brochures qui permettent à des analphabètes de parler des grands auteurs avec toutes les apparences d’une culture moyenne. » Et enfin, sa théorie sur les lecteurs-grenouilles qui lisent sans lire vraiment et le rôle de l’écrivain, « Modifier le regard : c’est ça, notre grand-œuvre. »
Au final, un avis mitigé car partagé entre de bons moments quand le fonds aborde des questions essentielles ou bien quand par la narration, à la fin du roman Nina accule l’obèse dans les cordes à l’issue de leur combat verbal ; mais aussi déçu par des passages pas très bien négociés comme les interviews simplettes des trois premiers journalistes ou l’outrance de l’obèse parfois.
Conclusion, un roman dont on a plus plaisir à discuter, qu’à lire. Au bout du compte, c’est peut-être mieux, non ?
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`Prétextat TACH, 83 ans, prix Nobel de littérature, n'a plus que 2 mois à vivre. Monstre d'obésité et de misanthropie, il joue avec une cruauté cynique à éconduire les journalistes venus l'interviewer. Les 4 premiers fuient épouvantés. La cinquième, Nina, aura raison de lui et de son secret: sous les mots se cachent le crime, et sous l'aeuvre, l'imposture. La littérature, la vraie, est faite de larmes et de sang.'
Tel est la quatrième de couverture de l'édition de poche.
C'est le deuxième roman d'Amélie NOTHOMB que je lis après Les Catilinaires qui m'avait surpris et beaucoup amusé; il s'agissait déjà d'une confrontation avec un personnage monstrueux et pétri de défauts. Constitué à 80% de dialogues, `Hygiène de l'assassin' m'a intéressé du début à la fin, avec une nette montée en puissance à partir de la cinquième et décisive interview. En effet, l'écrivain et la journaliste se livrent à une véritable joute oratoire, un duel sans merci pour notre plus grand plaisir.
Pour son premier livre (paru en 1992), Amélie NOTHOMB a choisi un sujet original à travers lequel apparaissent certaines de ses préoccupations : la littérature, l'existence, la nourriture, la mort.
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« Si je suis célèbre, c'est parce que personne ne me lit». Ce paradoxe est signé Prétextat Tach, écrivain nobélisé n'ayant plus que deux mois à vivre et qui se fait un malin plaisir de désarçonner et d'écraser les journalistes venus l'interviewer. Jusqu'à ce qu'une journaliste d'une tout autre trempe ne vienne se mesurer à lui...
« Hygiène d'un assassin » procure une lecture très tonique: les dialogues sont de véritables combats au terme desquels il y a toujours un vaincu, les répliques sont mordantes et souvent désopilantes, les thèmes abordés nombreux : ce qui fait la valeur d'un écrivain, la définition de l'amour, et surtout, le sens à donner au sujet d'un lointain crime passionnel.
Ce qui peut déranger est l'absence totale de morale chez cet écrivain misanthrope et sa vision esthétisante d'un acte criminel. La journaliste qui s'oppose à lui ne cesse certes de lui signifier à quel point il mérite l'opprobre --ce en quoi ont largement échoué les journalistes trop complaisants qui la précédèrent--, mais la fin du roman révélera que les victoires peuvent se transformer en défaite. Et ce par la faute de cette polysémie qui fait qu'un même acte se laisse interpréter de manière opposée.
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5 sur 6 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Un écrivain génial et odieux n'est pas sorti de chez lui depuis 30 ans . Avant de mourir , son orgueil le pousse à accepter d'être interviewé pour dire une dernière fois à la vulgate son génie . Manque de pot , ses interlocuteurs sont médiocres, jugés indignes de son intellect et il les congédie les uns après les autres .

Survient alors Nina journaliste agressive et maline qui lui révèle son intuition : et si son dernier roman racontait les crimes commis par cet écrivain il y a 70 ans ? Et si la littérature avait permis à ce prix Nobel de se confesser sans être inquiété par la justice ?
S'ensuit un dialogue entre les deux personnages entre respect et haine dont l'enjeu est teinté d'orgueil : le perdant devra ramper devant son vainqueur !

Dans ce premier roman , Nothomb enchaîne des coups de génies et des maladresses de débutante . Le livre est court , très rythmé et ouvre des parenthèses charmantes et subtiles sur les effets de la littérature sur son public . Un cri de révolte m'a particulièrement touché ; celui où Nothomb, par le biais de son ogre symbolique, dénonce le manque d'implication de lecteurs boulimiques de romans qui les enchaînent sans rien ressentir . Pour Nothomb , un roman fait souffrir son auteur et devrait marquer au fer rouge la vie de son lecteur , lui faire changer sa vie voire la déglinguer ! Or , nous enchaînons les livres comme des trophées de notre musée imaginaire sans savoir en parler !

Il y a également un vrai suspense jouissif dans l'affrontement verbal et non moins dangereux entre ces deux figures symboliques : jeune Vs vieux ,ogre Vs enfant, homme Vs Femme , intérieur Vs extérieur. A certains moments on pense aux joutes verbales entre Hannibal Lecter et Clarence Sterling du "Silence des Agneaux" . C'est d'autant plus vrai que face au monstre , Nina devra lutter pour garder son âme ,et que, comme tout monstre , Pretextat Sachs égrène des vérités dures à entendre ; la fin du roman rappelle fortement celle d'Hannibal. Cet affrontement est à la fois celui d'un maître face à une élève douée , d'un criminel face à son interrogateur et lecteur ne peut pas ignorer la tension érotique entre les deux combattants.

Si ,sur le fond le roman est irréprochable , Nothomb semble souffrir sur la forme . Ni nouvelle , ni roman , ni pièces de théâtre , l’hésitation de l'auteur peut finir par agacer celui qui aimerait bien que la belle se décide à conter sans tricher . Conçu sous forme de dialogues , des didascalies pataudes interviennent ponctuellement comme un cheveu sur la soupe , une narratrice omnisciente apparaît subrepticement et les journalistes de la première partie ont une personnalité interchangeable ( sans doute l'effet recherché ).

Quelques clichés un peu éculés autour de Louis Ferdinand Céline : La littérature rengorge de personnalités peu aimables et dérangées . C'est toujours énervant qu'il n'y ait que l'auteur duVoyage au bout de la nuit qui revienne systématiquement. Enfin , quelques dialogues exagérément sophistiqués semblent parfois peu crédibles...

Pourtant c'est bien le plaisir qui finit par triompher dans cette joute verbale où les mots peuvent tuer et faire ramper l'autre aux pieds du vainqueur. Au delà de l'intrigue peu crédible , Hygiène de l'assassin est une brillante dissertation sur le pouvoir du langage , écrit ou oral . Ce langage qui peut permettre de cacher un crime et de se révéler à l'autre Le choix de l'illustration du livre de poche montrant Ophélie noyée est très judicieux ( soufflé il est vrai par l'auteur ).
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1000 PREMIERS RÉVISEURSle 24 novembre 2012
L'histoire bizarre, particulière qui a été déjà commentée plusieurs fois depuis 20ans, on l'aime ou on ne l'aime pas. Selon moi, l'histoire est plutôt bien menée et je pouvais facilement y entrer et ceci surtout grâce à une magnifique interprétation de Gulia Clara Kessous. A la fin de ce roman, il y a une interview avec l'auteure enregistrée à Paris en juin 2012 ce qui donne évidemment un plus à ce livre audio car elle raconte dans quelles circonstances le livre a été écrit, comme elle a refait le manuscrit de « L'hygiène de l'assassin » et plein d'autres anecdotes que j'ai beaucoup aimées.
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le 7 août 2013
Une histoire surprenante, où le sarcasme se mêle avec délice aux répliques savamment orchestrées. Mais le style se veut un peu lourd, et le vocabulaire utilisé nécessite l'emploi régulier du dictionnaire. L'auteur semble avoir voulu montrer sa verve et ses connaissances linguistiques, qui nous détournent parfois du sujet... Cela en devient pompeux par moment, voire désagréable, lorsque l'on a l'impression que le but est de coller le maximum de mots "savants" par paragraphe...
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le 1 avril 2012
Que l'on aime ce roman ou pas, je pense qu'à minima, on peut louer le courage de mle nothomb qui assume l'originalité de son écriture. Même plus, avoir une plume aussi torturée nous laisse à y voir un peu de sa personnalité ... L'histoire porte donc sur un homme dont la fin est proche et qui livre une interview à une femme qui va le repousser dans ses retranchements. Les dialogues entre les 2 personnages sont incisifs. Livre original qui vaut le détour
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