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Daniel25, néo-humain devenu immortel par le biais du clonage et de diverses manipulations génétiques, prend connaissance de l'autobiographie de Daniel1, dernier humain dont il représente la lointaine reproduction. Daniel1 a aimé, souffert tout au long de son existence assez particulière. Amant de deux femmes (Isabelle qui n'aimait pas vraiment le sexe et Esther qui n'aimait pas vraiment l'amour), humoriste à succès et célébrité richissime, il a assisté à la montée en puissance de la secte des Elohimites qui attendent le retour des extra-terrestres et promettent l'immortalité à leur adeptes grâce aux nouvelles techniques de clonage. Deux millénaires plus tard, Daniel25, vit dans la plus totale solitude avec pour unique compagnon son petit chien Fox, nième avatar de celui de Daniel1. Il ne connaît ni envie, ni désir, ni amour et vit dans une sorte de contemplation permanente favorisée par la disparition des besoins alimentaires et de l'instinct sexuel. Est-il plus heureux pour autant ?
Dans ce livre magistral, Michel Houellebecq nous décrit un présent inquiétant et un futur peu engageant. Jamais son regard n'a été aussi acéré et aussi désespérant. Tous les problèmes et les dérives de notre société sont abordés et analysés sans le moindre complexe : la problématique de l'amour libéré de la procréation, l'inéluctable déclin des religions (Houellebecq n'oublie pas l'Islam), le désenchantement du monde, le retour inéluctable vers la barbarie, le jeunisme, les souffrances de la vieillesse et maintes autres lubies actuelles. Œuvre de philosophe visionnaire et de moraliste iconoclaste, ce livre est à mon sens le meilleur de l'auteur.
Indispensable pour qui veut comprendre notre monde et se faire une idée de ce que l'avenir nous réserve'
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le 31 août 2008
Ce livre est un "électrochoc".
Dans un style parfois très déstabilisant, pouvant heurter les âmes les plus "pures" dira-t-on, Michel Houellebecq nous entraîne dans une visite guidée de la société d'aujourd'hui. Sans paillettes, ni strass, tout y passe pour y être analysé au peigne fin. Si on se veut objectif, on reconnaît parfaitement nos traits les plus humains que l'on s'évertue à vouloir nier ou gommer pour paraître plus sain, ou saint ? Mais au fond nous plongeons facilement dans cette "abomination" refoulée.
La forme de l'ouvrage est aussi déroutante car on en appréhende que très doucement le sens, mais c'est effectivement bien vu de l'avoir écrit ainsi.
Un livre à lire lentement, à la vitesse de l'histoire, pour pouvoir en savourer tout le second sens.
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La possibilité d’une île/Michel Houellebecq/Prix Interallié 2005
Voilà un livre qui ne peut que frapper les esprits par son audace tant sur le fond que sur la forme.
Comme l’abord de ce long récit n’est pas simple, situons les conditions et les divers narrateurs.
Avec la fonte des glaces polaires et la réduction de la population mondiale de 14 milliards à sept cent millions d’individus, la fin du monde est arrivée ou presque d’autant que le Grand Assèchement perdure et entraine la disparition progressive de l’humanité : la Méditerranée n’est plus qu’une mare boueuse…et Daniel 1 le narrateur (qui doit être Houellebecq lui-même quoique revisité), se souvient de sa carrière d’humoriste à succès, de sa femme Isabelle et de la vie facile qu’il menait avant tous ces événements…
Donc Daniel 1 vit au début du XXI é siècle et rédige son autobiographie, ce que l’on appelle selon la loi des Fondateurs « son récit de vie ». Humoriste qui connaît la gloire et la richesse, il fait la rencontre des élohimites , secte hédoniste à la grande largeur d’esprit alliée à une certaine permissivité sur tous les plans, rencontre qui va influer sur sa vie . Il donnera son ADN et deviendra ainsi virtuellement immortel.
« La duplication rigoureuse du code génétique, la méditation sur le récit de vie du prédécesseur, la rédaction du commentaire : tels étaient les trois piliers de notre foi, inchangés depuis l’époque des Fondateurs. »
Plusieurs siècles plus tard, ses descendants clonés, Daniel 23, 24 et 25 lisent ce récit de vie et le commentent…
Ce quatrième roman de MH se sert du thème du clonage et de la création artificielle d’une nouvelle humanité pour porter un regard critique et entamer une réflexion sur la société contemporaine et particulièrement sur la relation homme-femme.
Premier point : avec Houellebecq on ne s’ennuie pas ! On peut s’agacer parfois, sourire souvent, être franchement surpris, mais jamais connaître l’ennui.
D’entrée l’un des thèmes favoris de M.H. donne le tempo :
« Mon incarnation actuelle se dégrade. » C’est sans appel. Il faut vivre avec cette idée d’une obsolescence programmée et inexorable de toute chose.
Et le second thème, c’est la misogynie :
« Le bienfait de la compagnie d’un chien tient à ce qu’il est possible de le rendre heureux ; il demande des choses si simples, son ego est si limité. Il est possible qu’à une époque antérieure les femmes se soient trouvées dans une situation comparable—proche de celle de l’animal domestique. » Nous voilà fixés et sans illusions. Et d’ajouter plus loin : « Les femmes manquent d’humour en général, c’est pourquoi elles considèrent l’humour comme faisant partie des qualités viriles. »
Le sens critique de M.H. ne faiblit jamais et les humoristes de tout poil, dont il fait partie,(bonjour l’autodérision), en prennent pour leur grade :
« Finalement, le plus grand bénéfice du métier d’humoriste, et plus généralement de l’attitude humoristique dans la vie, c’est de pouvoir se comporter comme un salaud en toute impunité, et même de pouvoir grassement rentabiliser son abjection, en succès sexuels comme numéraire, le tout avec l’approbation générale. »
Après les humoristes, ce sont les réalisateurs de films qui sont visés :
« Les réalisateurs de film, j’eus vite l’occasion de m’en rendre compte, ne sont pas d’un niveau très élevé : il suffit de leur apporter une idée, une situation, un fragment d’histoire, …on rajoute quelques dialogues, trois ou quatre saillies à la con…et ils s’émerveillent…Les réalisateurs de films couchent avec leurs actrices, c’est connu ; certains films, même, ne paraissent pas avoir d’autre motivation essentielle. »
La provocation est l’arme préférée de M.H. Elle permet de retenir l’attention du lecteur que le propos soit une vérité insoupçonnée ou totalement incongrue.
« Quant aux droits de l’homme, bien évidemment, je n’en avais rien à foutre ; c’est à peine si je parvenais à m’intéresser aux droits de ma queue. »
« Le jour du suicide de mon fils, je me suis fait des œufs à la tomate. Un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort, estime justement l’Ecclésiaste. Je n’avais jamais aimé cet enfant : il était aussi bête que sa mère, et aussi méchant que son père. Sa disparition était loin d’être une catastrophe : des êtres humains de ce genre, on peut s’en passer. »
C’est Houellebecq, il faut s’y faire et l’on est seulement au début du livre !!
Ensuite le couple est pris pour cible :
« La solitude à deux est l’enfer consenti… »
Et après c’est au tour d’écrivains tels que Sartre, Genet , Teilhard de Chardin ou Céline d’être réduits à des nullités. Seuls à ses yeux trouvent grâce Jean Sébastien Bach, Samuel Barber, et Agatha Christie.
La société occidentale fait l’objet d’un traitement spécial :
« Augmenter les désirs jusqu’à l’insoutenable tout en rendant leur réalisation de plus en plus inaccessible, tel était le principe unique sur lequel reposait la société occidentale. »
Et plus loin suite à la canicule de 2003 :
« Des scènes indignes d’un pays moderne, preuve que la France était en train de devenir un pays moderne, que seul un pays authentiquement moderne était capable de traiter les vieillards comme de purs déchets, et qu’un tel mépris des ancêtres aurait été inconcevable en Afrique, ou dans un pays d’Asie traditionnel. »
Le narrateur juge sévèrement cette société mais avec non seulement lucidité et discernement mais encore un humour décapant et réprobateur.
Quant à la conception de l’amour, c’est à vouloir le fuir :
« L’amour rend faible, et le plus faible des deux est opprimé, torturé et finalement tué par l’autre qui de son côté opprime ; torture et tue sans penser à mal, sans même en éprouver de plaisir ; avec une complète indifférence ; voilà ce que les hommes, ordinairement appellent l’amour. »
Et pourtant, « aucun sujet n’est davantage abordé que l ‘amour, dans les récits de vie humains comme dans le corpus littéraire qu’ils nous ont laissé…Aucun sujet en somme ne semble avoir autant préoccupé les hommes…L’amour semble avoir été pour les humains de l’ultime période l’acmé et l’impossible, le regret et la grâce, le point focal où pouvaient se concentrer toute souffrance et toute joie. »
Sur la religion :
« Jamais, à aucun moment de l’histoire humaine, une religion n’avait pu prendre l’ascendant sur les masses en s’adressant uniquement à la raison. »
C’est assez bien dit.
Et pourtant il va faire la rencontre de Belle alias Esther. Et là va débuter une période de sa vie fabuleuse, d’une richesse inouïe sexuellement parlant, qu’il nous décrit avec force détails d’un brûlant érotisme.
Après s’être en quelque sorte défoulé en posant les bases de son récit, MH nous fait entrer dans le vif du sujet à savoir l’emprise sur le monde de la confession élohimite…
Récit hallucinant et monumental qui amène à se poser de nombreuses questions sur l’avenir de l’humanité. Quels hommes serons-nous dans 3000 ans ? Des néo-humains, êtres autotrophes comme les végétaux, menant une existence anagogique dépourvue de passions ou des sauvages sanguinaires vêtus de peaux de bêtes retournés à l’âge de pierre, résidu caricatural des pires tendances de l’humanité ordinaire ? Les néo-humains de ce roman seront-ils nos descendants ? Ou bien seront-ce les sauvages ? Et que seront les Futurs annoncés ?
Un ouvrage étonnant et passionnant.
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le 7 avril 2006
Nécessaire de lire ce livre, comme tous les précédents de l'auteur, d'abord pour juger sur pièce et non au travers des nombreuses critiques. Ensuite parce que Houellebecq n'écrit comme nul autre. L'histoire ? comme d'habitude désespoir social, misère sexuelle, utopies, fantasmes, solitude, rêves inachevés, influences. Houellebecq regarde tout ça de haut, avec un cynisme qui surprend, qui dérange fort et quand ce cynisme commence à agacer, le voilà tendre, attendrissant, très profondément humain. Il est clair que Houellebecq est indispensable, sa musique est fascinante, les thèmes qu'il aborde sont incontournables. Oui il est narcissique, mégalomane, incontrôlable, inclassable, attendrissant, provocant, différent, provocateur. C'est vraiment heureux que cet auteur existe. Jetez vous sur ce livre, (mais aussi sur les autres), vous serez allergiques ou contaminés, enfin un auteur qui ne laisse pas indifférent !
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le 22 juin 2015
Voilà... je reste silencieux comme assommé par tant de génie...
je suis une nouvelle fois frappé par le talent d'un auteur incroyablement
dénigré par une partie de la critique en France.

J'ai découvert Michel Houellebecq au détour d'un film (eh oui le cinéma
ouvre à tout), "Near Death Experience" et je devais me douter que ce
thème de la mort qui rôde serait une clé maîtresse de son oeuvre
littéraire (et cinématographique... mais que je n'ai pas encore découvert !).
Comme chez Kubrick, qui avait une grande conscience de la fragilité
de la vie humaine, de son insignifiance à l'égard du cosmos.
Comme disait Camus, le seul problème philosophique sérieux chez
l'homme est le suicide. La mort comme échappatoire, comme porte de
sortie et comme ultime frontière où delà duquel il n'existe ni joie mais
surtout ni souffrance.

Car Houellebecq, c'est ce qui me frappe de livre
en livre, est un romantique certes lucide voire désespéré mais un
romantique ! Comment ne pas voir dans ses descriptions parfois
crues et cruelles de la tristesse de la chair et de la sexualité comme
voie du salut, une authentique quête de l'amour vrai où le "Je" se
confond dans l'être aimé, dans un absolu, à l'image de la parabole
finale de "la divine comédie" de Dante !

"Les particules élémentaires" et "la possibilité d'une île" à mes yeux
ses deux chef d’œuvres (allez j'ose le mot "classique") mêlent à la
fois une étude sociologique (voire ethnologique) des rapports humains
dans un futur proche (science-fiction) où se mêle un langage scientifique
parfois très pointu sur le clonage, un Verbe mystique de premier choix
en quête de transcendant et de résurrection, et un langage introspectif assez
cru sans concession d'un héros qui contemple sa condition humaine
tantôt avec mépris tantôt avec orgueil. A l'image de son auteur,
les héros de ses romans manient avec grâce l'art des paradoxes,
cynisme, romantisme, humanisme, masochisme, poésie,
vulgarité, tolérance, racisme, élégance, obscénité...

Le but est le roman total, une forme qui doit permettre
de contenir l'éventail le plus grand des moyens de transmettre
un message, une histoire, de l'individu à l'universel...
c'est la définition même de l'art... que ce soit celui de la divination,
de l'admiration ou de la provocation.

Mais laissons les naïfs croient que la littérature n'est que de beaux
objets livresques poussiéreux dans de belles bibliothèques de salon...
Haha la littérature et je ne le compris hélas que trop tard est tout
le contraire... le verbe a toujours était le scandale de ce monde,
un rare domaine à mon avis où la critique reste malgré tout de
qualité et où les écrivains jouissent d'une grande liberté.
L'image c'est autre chose et les Saintes Écritures y sont sans doute
pour quelque chose...

En bref, grande et belle réflexion sur l'Amour, la vieillesse,
la quête d'immortalité, la peur de la filiation, la peur de disparaître,
"La possibilité d'une île" est un des meilleurs livres que j'ai eu
la chance de lire. Bref après ça on peut mourir tranquille ^^!
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le 31 janvier 2006
En fait, ce livre contient deux recits. Le recit de Daniel 1 est une satire mordante de la mediocrite de nos societes occidentales modernes (partouzes desincarnees, impossibilite de nouer des relations viables avec autrui, opportunisme, etc...). On a également accusé Houellebecq de sympathie pour certaines sectes(pas de nom...). La partie de la retraite de Daniel chez les Elohim est au contraire emprunte d'une grande lucidité quant a la folie de ce type de mouvements. Le recit de Daniel 25 evoque le film Alphaville de Jean-Luc Godard dans lequel des androides eprouvaient de la nostalgie pour l'ancienne humanité. La fin du livre est un petit morceau d'anthologie de litterature apocalyptique...
Ne vous fiez pas a la reputation de l'auteur, lisez plutot son TEXTE!
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le 29 juillet 2010
On se demande parfois comment et pourquoi Houellebecq écrit ce qu'il écrit. On imagine directement tout ce à quoi il s'expose personnellement : psychanalyse publique, vindicte intellectuelle, politique, religieuse, adoration malsaine, familiarités, tutoiements, au mieux ... Quel risque ! On en frémit pour lui, plus encore que pour ses personnages... C'est une des particularités de son style.

Ce qui surprend, dans cet opus, c'est qu'il parvient encore à franchir quelques échelons, à l'instar de Sergueï Bubka dans le monde moins polémique du saut à la perche.

Je sais seulement, pour ma part, pourquoi je le lis : parce qu'il me fait rire, quelle que soit l'horreur de ce qu'il décrit. Personnellement, je trouve que c'est une excellente thérapie, un excellent point de vue. Il s'agit donc moins d'apprécier les thèmes qu'il travaille (la dépression, l'horreur quotidiennes, qu'il sait décrire comme objectives), encore moins d'y descendre volontairement, que de saisir les solutions pratiques et immédiates qu'il propose pour vingt euros environ.
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le 20 mai 2014
J’avais interrompu ma lecture de La Possibilité d’une île, de Michel Houellebecq, parce que celui-ci prétendait que le vide du ciel profond était manifeste; mais, voyant que dans une interview donnée récemment au Figaro il se disait nostalgique de l’émerveillement de l’enfance, et du temps où il composait des poèmes épiques sur le modèle de Hugo et Tolkien, je l’ai reprise. Il affirmait également adorer La Chanson de la croisade albigeoise, qui pour moi aussi est un grand texte. Et puis il disait que le dernier tiers de cette Possibilité d’une île était ce qu’il avait réalisé de plus beau, ce qui était le plus proche de la prose poétique dont il avait la secrète ambition.

Et effectivement, il a une remarquable faculté à présenter de façon claire, simple, limpide, maîtrisée, des fantasmagories futuristes; la science-fiction française, à cet égard, est souvent tombée dans un irréalisme excessif. Les dernières scènes rappellent les premières de Niourk, de Stefan Wul: le néo-humain Daniel25 parcourt un monde dévasté et asséché. Mais alors que Wul achevait son récit par la création déroutante d’un monde nouveau, Houellebecq se contente de plonger son héros dans de vaines rêveries, au sein desquelles tout est indifférencié. L’intelligence, l’érudition du second lui permet de présenter les concepts de la philosophie occidentale d’une manière nette. Et puis il sait rendre poignante l’évocation intérieure: le drame de l’homme, qui aspire à un monde fabuleux, plein d’amour, sans pouvoir le trouver, est bien exprimé. Il profite à cet égard de la tradition classique: renoue avec le roman d’analyse de madame de Lafayette, ou avec les pièces de Racine. Même ses clones ont une épaisseur psychologique; leurs émotions sont pourtant atténuées.

Il y a de surcroît davantage de tristesse que de cynisme. La lumière intérieure, désespérément abstraite, inaccessible, crée une vraie poésie.

Naturellement, je trouve nombre des généralités énoncées par notre auteur absurdes. Il prétend par exemple que tout le monde admeshiva_30.jpgt que l’homme naît, vit, meurt seul; mais pas du tout: il n’y a qu’au sein de la pensée matérialiste qu’on l’admet, et en particulier dans celle qui est cultivée à Paris: car dans les couches populaires, ou en Amérique, on s’efforce de combler le vide par des illusions liées aux machines, ou à la tradition familiale. Houellebecq affirme, lui, que Platon et saint Paul se sont fourvoyés, quand ils ont évoqué la chair unique qu’Héphaïstos pour le premier, le Christ pour le second, feraient des êtres qui se sont aimés: pour lui, pure illusion. À la rigueur, il croit davantage aux miracles des machines, à travers ses clones; mais même eux ne trouvent pas le monde rêvé: les êtres idéaux, appelés les Futurs, restent une projection incertaine.

Laquelle n’est pas sans rappeler les deux abstraits tels qu’ils se dessinent au fond des tragédies de Racine, de nouveau. À l’époque en France on ne croyait pas à leur existence; mais on osait parfois les assimiler aux anges, leur donner un semblant de réalité. Ce flou est aussi celui de Houellebecq.

L’ange gardien, de fait, empêche que l’homme se sente seul dans beaucoup de traditions. Le Coran affirme qu’il accompagne l’homme toute sa vie, notant ses actions sur un livre qu’il lui présente à la mort; François de Sales allait dans le même sens; et en Asie, on est toujours entouré d’esprits, ou du Bouddha: même physiquement isolé, l’homme n’est jamais seul. Or, l’union finale avec l’être aimé, passe dans la tradition mystique par ce sentiment d’union avec l’ange: l’âme-sœur est la matérialisation de celui-ci. Teilhard de Chardin, dont Houellebecq dit à tort le plus grand mal, rappelle que l’union avec le Christ passe par l’entrée de l’humanité dans un corps unique; l’union avec le dieu créateur renvoie à l’union intime avec l’esprit de l’univers. Il est inexact que pour tout le monde l’homme naît, vit et meurt seul, mais notre écrivain procède à la manière méprisante de Paris: il néglige les opinions qu’il trouve trop méprisables pour être prises en compte; il fait comme si elles n’existaient pas. Il affirme d’ailleurs que l’Islam, dernier bastion de la religiosité ancienne, finira lui aussi par plier sous l’extension de ce matérialisme mystique représenté dans son livre par les Élohimites, qui se proposent de refaire l’être humain et de lui donner une éternité physique.

Il a une vision de la vie mécaniste, héritée de Descartes, qui me paraît plutôt grotesque - même si dans certains cercles elle aussi apparaît comme une évidence! Il faut dire que dans les grandes villes les machines et les bâtiments et routes tracés au cordeau tiennent une telle place qu’on en oublie la spécificité de la vie: on la ramène à ce mathématisme qui s’est emparé du paysage au cours des temps. Houellebecq est victime de cette fantasmagorie, de cette tentation de créer, à partir de l’intelligence, un monde nouveau. Il s’en prend donc à l’écologie, qu’en fait il ne comprend pas du tout.

Il est globalement néoclassique: son romantisme est surtout un discours. Aucune image au bout du compte ne le cristallise.
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Que lit-on quand on lit Houellebecq? Du roman, de la science fiction, de la critique sociale...? De la poésie? Sûrement pas de la poésie, est c'est le principal reproche que je vous adresserai Michel : vous n'êtes pas doué pour cela. Et vos vers à côté de ceux de Baudelaire (que vous citez) font pâle figure! Le manque d'humour aussi...
On est donc environ en 4000 post jésus et Daniel 25, 24ème clone de l'humain Daniel1 continue sa lignée clonique en (re)prenant connaissance des écrits de son vénérable ancêtre qui a eu l'obligeance d'adhérer à une secte qui a su cloner l'humain et ainsi créer des générations de néo humains dénués de tout désirs, de toute joie de vivre et en même temps de toute contrainte et tout malheur liés à la vie en société. Seule la perpétuation du souvenir de number one et l'espoir d'un Futur (lequel?) qui va s'accomplir les motive à vivre cette "vie" solitaire, avec juste quelques connexions avec d'autres néo humains dispersés aux 4 coins de la planète qui a pris un mauvais coup nucléaire et météorologique. Quelques hardes d'humains ayant eu l'indécence de survivre et de se reproduire viennent s'électrocuter sur les grillages de protection de ces privilégiés (ça rappelle effectivement quelque chose comme les mexicains à la frontière texane ou, plus proche de nous, les africains dans la méditerranée..).

Seulement voila....notre D25, malgré tout, s'ennuie ferme dans cette vie de nanti post humanité et, victime d'une pulsion qu'il ne sait lui-même définir (un atavisme ? une envie de vivre l'humanité comme D1 ?), il décide de partir avec son fidèle Fox, clebs cloné de D1, à l'aventure au-delà des grilles... Cette partie du récit est peut-être trop courte. D25 rencontre bien sûr quelques humains, pires que le pire des animaux, passant leur temps à survivre, s'enfiler et s'entretuer. Cela renforce D25 dans ses enseignements légués par la Saeur Suprême (Susan ?) que, contrairement à ce que dit ce très vieux Kant : « chaque humain doit être traité comme un animal » ! Ensuite il erre sur les vestiges de ce que fut l'Espagne et la Méditerranée, flinguant au passage quelques humains....qui ne sont que des animaux après tout dans la rhétorique de D25. (Note du critique : Louis le quatorzième a rédigé une ordonnance qui disait de considérer les esclaves comme des meubles... Tout était dit : libre place à la mondialisation de l'esclavagisme!).
Puis il trouvera la mer (mère ?), pour finalement se laisse porter infiniment dans la béatitude innocente et bienfaisante cette matrice (eau salée à 37 degrés) d'où finalement il n'aurait jamais du sortir. Car les ennuis commencent vraiment là pour le petit homme, le seul des mammifères à hurler lorsqu'il sort du ventre de sa mère ! J'interprète peut-être le message que vous avez voulu laisser Michel...Tant pis vous n'aviez qu'à être plus explicite !
De la bonne fiction après tout. MH aime Lovecraft, c'est plutôt satisfaisant.

Vient ensuite l'histoire concomitante de D1, contemporaine donc.
C'est la grande peur de vieillir et la difficulté d'aimer qui marque ce récit de la vie de D1, qui en vaut une autre après tout.
D1 est un comique célèbre et richissime (MH n'aime pas la pauvreté et les pauvres) qui, après diverses expériences pas convaincantes, rencontre une femme (belle et bonne situation) qui l'aime mais qui ne remplit pas ses aspirations au niveau sexuel. Après quelques années de bonheur il divorcera à l'amiable (c'est plus facile quand on est bourré de tunes !), puis la femme se suicidera peu avant que lui ne s'euthanasie pour la cause da la secte Elohim (qui rappelle bien sûr les raéliens par leurs aspirations). Il rencontrera ensuite une jeune femme libérée qui répondra à se aspirations érotiques et pornographiques, qui ne l'aimera pas et qui le mettra face à cette douloureuse évidence : je suis vieux, elle est jeune !....
Sexe et amour sont-ils conciliables en une seule personne ? That is the question !!!

Mourir : la belle affaire !! Mais vieillir...vieillir.. (Brel). Michel, tu nous touches nous les cinquantenaires qui percevons le début de nos limites, de nos insuffisances, notre proche et inéluctable décrépitude... Ceci dit le héros s'estime vieux déjà à 45 berges... un peu exagéré, à moins d'avoir eu une vie d'alcoolo/tabagique ou d'être très malade. Non, la limite de la vieillesse semble augmenter grâce à notre vie facile, sans guerre et sans famine : soyons en reconnaissants !!! Après, le culte du corps jeune, beau et désirable (comme pour les grecs et les nazis, vous le dites) est réel dans notre société, véhiculé par les pubs aseptisées, où des filles de 20 ans s'exaltent pour un produit anti rides !
Chez vous Michel, la femme de plus de 50 ans n'est pas à la fête : simplement jetable comme un kleenex, car ne correspondant pas aux critères sociaux du sexuellement désirable. C'est vrai que les hormones ne sont pas sympathiques pour les femmes, ni les hommes globalement...Mais on connait des femmes de plus de cinquante ans qui s'accomplissent ou continuent de se réaliser, et pas seulement sur un plan spirituel !- au-delà de 50 ans !! Vous caricaturez !!
Là où je serai plutôt d'accord -ayant la cinquantecinquaine bien accomplie- c'est que le problème vient de l'homme... Aucune gloire à vieillir, de voir son corps diminué alors que l'esprit est en pleine bourre. Je suis d'accord : l'acte sexuel tel que le connait le mâle est unique et incomparable. Mais bon il faut bien faire quelque chose entre temps ! On ne peut pas passer son temps à être obsédé par ces corps parfaits mais éphémères ! Vous, vous avez choisi l'écriture et en plus vous vous êtes enrichi ! (Note du critique : je pense que le vieillard est devenu inutile car il n'a plus rien à transmettre dans ce monde de zap et de buzz qui va si vite, où la vérité d'hier n'est plus valable aujourd'hui, et où les valeurs pour lesquels il a parfois combattu deviennent labiles, Aucune expérience qu'il a vécu ne peut être transposée et transmise : le jeune en sait désormais plus que lui.. mais est aussi désarmé face à l'avenir. Car même pour lui ce monde va aussi décidément trop vite, même si parfois il semble s'adapter). Bon, de là à autoriser l'inceste sous prétexte que ce serait un dû des nouvelles générations aux anciennes... ; Hum... la branlette pour les handicapés et puis pour les vieux...Pourquoi pas ? Le mâle n'a peut-être que pour dernière image sur son lit de mort un sexe féminin entrouvert (telle que cruellement et magnifiquement peint dans l'origine du monde)... Eros supplante philia et agapè, et nous tient, nous les mâles, jusqu'à la mort ! Si ce n'est que ça la mort, avant la lumière blanche, alors oui : la belle affaire ! Pas sûr que les femmes rêvent de choses identiques, à savoir un sexe de mâle dans sa toute puissance..... Vous ne le savez pas plus que moi Michel.
Par ailleurs, je ne pense pas que les jeunes femmes rêvent de se faire enfiler par tous les orifices à tout moment comme vous l'écrivez. Pur fantasme de mâle sur l'infini et l'immédiateté de la jouissance : qu'il soit fanatique, islamiste, chrétien ou autre obsédé. Non, elles rêvent surtout d'amour éternel et.... de bébés. Possibilité d'une île effectivement, même si un jour il faudra la quitter.... L'interdiction de l'inceste, avec la maxime kantienne de traiter tout humain comme un égal et comme une fin et non comme un moyen, est le fondement d'une humanité authentique, d'un vivre ensemble acceptable. Après, chacun est libre et consentant dans la mesure de ses propres désirs et souffrances..... L'homme est ainsi fait : tiraillé par sa raison (devoir) et ses émotions (désirs). Cela ne changera pas, vous le savez aussi bien que bien moi Michel, et la plupart de nos choix sont conduits par les émotions. Un homme nouveau ne s'invente pas....

Autre question que vous soulevez : pourquoi les humains s'obstinent à se reproduire ? Question difficile et fondamentale bien sûr. Peut-être qu'ils ne sont pas aussi pessimistes que vous sur l'avenir de l'humanité, peut-être simplement pour se faire plaisir. (Note du critique : et aussi moins cons qu'un ordinateur qui s'obstine à ne pas proposer « pas » pour une faute de frappe évidente... La technologie, ce que l'homme aurait fait de mieux comme vous dites... hum... en partie oui, à condition de ne pas en être obsédé là aussi). Je me suis donc reproduis, non pas pour que mes enfants puissent me torcher un jour : j'espère leur éviter cette humiliation et pouvoir m'euthanasier avant (il y a des aides soignantes payées pour cela, elles ne sont pas toutes maltraitantes (vous ne les aimez pas : trop pauvres ?). Ni pour qu'ils soient heureux, même s'ils je leur souhaite... Ça on peut les aider jusqu'à leur 15 ans mais après, c'est leur vie, leur autonomie. Et sûrement pas pour perpétrer mon nom : rien à faire !! Alors : un mystère effectivement...La possibilité d'une île... ....que je ne verrai pas...
Reste le mystère de la Foi. C'est vrai qu'en tant qu'athée -comme vous- je suis assez désarmé face aux manifestations individuelles ou collectives de Foi. Comme subjugué, voire envieux oui, d'un amour et d'une espérance aussi profonde, finalement authentique mais qui m'est totalement étrangère. Je n'ai pas été élevé dans cet esprit et je n'ai pas (encore) été appelé (mais pour cela ne suffit-il pas d'arriver à cet amour inconditionnel, cette compassion des bouddhistes que vous citez? D'un autre côté aimer l'humanité dans son ensemble et n'aimer personne en particulier, est-ce vraiment aimer ? L'impossible équation de la compassion et du détachement. (Im)Possibilité d'une île... spirituelle...).
Les meilleurs pages de l'ouvrage sont probablement celles des rencontres de D1 avec la secte. A la fois spectateur détaché et participant actif (il cautionne un meurtre pour la bonne cause quand même), il donne des portraits assez intéressants (le prophète et sa cour).
Mais aussi -en filigrane car ce n'est jamais explicite mais il l'a vécu- la description d'un état dépressif profond : la vie dans toute sa vacuité, sans but, sans désir, sans espérance. Heureusement, les médocs....

MH.... On lit ses livre une fois...on y revient rarement... Il n'est pas maudit comme Rimbaud, Artaud... même s'il s'en donne l'attitude bourgeoise (maudit par qui, par quoi ?). Provocateur plutôt, qui lève de vraies questions.... Leur répond à sa manière d'être humain qui fait ce qu'il peut, du mieux qu'il peut, comme nous tous finalement.
Les hommes, l'humanité, parfois on aime, parfois on déteste, souvent on s'en désespère, mais on en fait partie, et en aucun cas, même le plus extrémiste des ermites, on ne peut se soustraire à cette condition. On a la liberté de l'interroger, de la critiquer, c'est un bien. C'est ce que vous faites Michel.
Un bon livre, franchement. Je ne vous mets pas la note maxi à cause de votre désamour des aides soignantes.
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le 3 juillet 2014
Je n'aimais pas le personnage... Donc, logique ou pas je ne voulais pas le lire. Et puis il ne faut pas mourir idiot, et j'ai lu la possibilité d'une île. Un choc, un bonheur littéraire, une écriture puissante, marquante, qui de loin m'a évoqué Céline.
Un autre livre de Houellebecq (plus tard) tout devient possible!
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