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28 internautes sur 33 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 HHhH ' tez le !
Curieux... Le talent des nouveaux écrivains français a trouvé ces derniers temps, le terreau de la 2ème guerre mondiale pour s'épanouir. Après L'Origine de la violence - PRIX RENAUDOT POCHE 2010 de Fabrice Humbert, voici HHhH de Laurent Binet.
Dans les 2 cas, il s'agit d'une approche originale mêlant Histoire et histoires.
Ici,...
Publié le 2 juin 2011 par ecce.om

versus
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Plaisant à lire , mais dérapages fâcheux !
HHhH/Laurent Binet/Prix Goncourt du premier roman 2010
Ce premier roman de Laurent Binet a été publié en 2010.
D’abord le titre demande à être expliqué : HHhH pour Himmlers Hirn heisst Heydrich, (traduction : le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich).
L’histoire en bref : c’est l’ «...
Publié il y a 12 mois par Gerard Muller


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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Plaisant à lire , mais dérapages fâcheux !, 9 septembre 2013
Par 
Gerard Muller "médicactus" (Nouvelle Caledonie) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : HHhH (Littérature Française) (Format Kindle)
HHhH/Laurent Binet/Prix Goncourt du premier roman 2010
Ce premier roman de Laurent Binet a été publié en 2010.
D’abord le titre demande à être expliqué : HHhH pour Himmlers Hirn heisst Heydrich, (traduction : le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich).
L’histoire en bref : c’est l’ « Opération Anthropoïd » au cours de laquelle Jozef Gabcyk et Kubis, deux résistants tchécoslovaques sont envoyés à Londres pour assassiner Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo et des services secrets nazis. Heydrich fut effectivement le bras droit d’Himmler.
Le contexte :
c’est en 1925 qu’Hitler crée le corps d’élite destiné à assurer sa sécurité qui deviendra en 1929 la Schutz Staffel, la SS, une véritable milice.
Parallèlement, Heydrich qui a l’esprit du renseignement, va créer la Sicherheitdienst (SD) , un service de sécurité plus terrible que la Gestapo : « information, manipulation, chantage et espionnage deviennent les drogues de Heydrich. »
Plus tard, Göring cède la Gestapo à Heydrich et Himmler. Dans le même temps, Eichmann organise la convocation des juifs : il réclame des victimes une coopération active car elles doivent se présenter d’elles-mêmes aux autorités allemandes.
L’invasion des Sudètes après celle de l’Autriche, et la prise de Prague en mars 1939 sont bien racontées avec un retour historique qui éclaire parfaitement les causes de cet acharnement d’Hitler contre la Tchécoslovaquie.
Le 31 juillet 1941, Heydrich met un dernier point à l’acte de naissance de la Solution Finale et il va en être le principal artisan avec efficacité et férocité et une loyauté à toute épreuve à l’égard d’Hitler. Devant une assemblée de notables du Reich, il affirme :
« La condamnation à mort a été prononcée pour l’ensemble des Juifs d’Europe. »
Leur nombre est estimé à l’époque à 11 millions. La moitié sera exécutée à terme.
Dans le même temps, il est nommé « Protecteur »( !) de Bohême –Moravie où il va faire du « nettoyage ».
C’est alors que vont entrer en scène Gabcik et Kubis les héros de cette histoire vraie.
L’originalité de ce roman c’est la réflexion à laquelle se livre l’auteur sur le rôle de la fiction romanesque quand elle s’articule avec la vérité historique. Sa recherche de sources fiables, la difficulté du travail d’historien pour savoir distinguer l’anecdotique de l’essentiel et séparer le vrai du faux représente un énorme travail.
Sur la forme, le style est simple, précis, facile et concis. Pas de grands développements venant alourdir le récit qui est passionnant à tout instant.
Il est tout juste regrettable que l’on sente par moment de façon trop prononcée le parti pris gauchisant, les idées de gauche étant parfaitement respectables par ailleurs. Ce léger manque d’objectivité vient parfois obscurcir les analyses souvent judicieuses auxquelles l’auteur se livre.
À noter aussi la mise au pilori d’écrivains comme Saint John Perse ou Claudel et Giraudoux que l’auteur voue aux gémonies sans que cela apporte quelque chose de tangible au récit.
Et Binet n’aime pas les romans de Flaubert excepté « Salammbo ». À chacun ses goûts !
Et puis cette phrase qui tombe comme un couperet sous la plume de Binet :
« Le sport, c’est quand même une belle saloperie fasciste. » Surprenant !
Ces dérapages fâcheux mis à part, ce récit d’un fait historique peu connu (la résistance tchèque) prend de l’ampleur dans les 100 dernières pages et l’histoire reste contée de façon originale et personnelle.
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49 internautes sur 56 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 intéressant mais parfois agaçant, 26 décembre 2010
Par 
HJ "lenina13" - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : HHhH - Prix Goncourt 1er roman 2010 (Broché)
La démarche de Laurent Binet est particulièrement originale dans le cadre d'un récit historique. Non seulement l'événement choisi est peu connu par les néophytes comme moi et la résistance tchèque peu évoquée, me semble-t-il, dans le monceau de romans français sur la 2ème guerre mondiale. Mais en plus il est intéressant de découvrir la démarche de l'historien qu'il est, ses motivations, ses sources . Mais il ne faut pas que les commentaires personnels prennent le pas sur le récit. C'est un peu ce qui se passe ici tant ses atermoiements sur des détails ralentissent l'action. Et pour la lectrice que je suis, peu m'importe ce que sa compagne ou son frère ou Marjane Satrapi (sic) pense de telle ou telle de ses formulations. Certes, il nous invite indirectement à nous méfier des ouvrages historiques où les faits sont livrés "tout cuits" par l'auteur dont l'imagination remplit les blancs laissés par l'Histoire. L'honnêteté intellectuelle de Laurent Binet est louable, mais il en fait parfois trop, la moitié de son roman étant livrée à des digressions plus ou moins intéressantes! J'avoue avoir été parfois très agacée par ce mélange des genres mais les cent dernières pages sont assez époustouflantes et ne serait-ce que pour elles, ce roman mérite d'être lu.
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155 internautes sur 180 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Avis partagé, 2 avril 2010
Par 
M. Christophe Piton "Christophe" (Strasbourg, France) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : HHhH - Prix Goncourt 1er roman 2010 (Broché)
Commençons par ce qu'il y a de positif. Le travail de documentation et de recherche de Laurent Binet a été colossal. Il a passé en revue une grande variété de sources, certaines célèbres, d'autres très confidentielles, pour trouver la matière historique de son roman. Je connais assez bien le sujet, mais j'ai appris beaucoup de détails sur les individus qui ont fait l'histoire que Laurent Binet raconte, qu'il s'agisse des résistants tchèques, à la fois héroïques et amateurs, des hommes politiques des démocraties, généralement pleutres et inconscients, ou des officiels nazis, dont la personnalité est toujours un surprenant mélange d'incongruité et d'inhumanité, de faiblesse morale, de vilenie et d'intrépidité (la "capacité" des nazis à traiter les actions les plus inhumaines sous l'angle purement technique est et restera pour moi un sujet de perpétuelle stupeur). De plus, Laurent Binet aime Prague, où se déroule l'essentiel de l'action de son oeuvre, et il connaît bien la ville. Comme Schliemann sur les ruines de Troie, il a marché dans les pas des personnages dont il narre la vie. Il parvient à transmettre cet amour, c'est indiscutable, et à nous plonger dans l'ambiance de Prague occupée avec un talent de romancier consommé.

Surtout, Laurent Binet parvient à s'extraire de l'attitude bien-pensante qui se borne à condamner l'horreur sans regarder en face le fait que la capacité de l'être humain à s'égarer dans l'erreur et le mal est tout simplement infinie. Autre grand courage de Laurent Binet : il ose exposer que les nazis eux-mêmes, qu'il s'agisse des simples soldats des Einsatzgruppen, des officiers SS ou des dignitaires du régime étaient eux-mêmes horrifiés par les actions d'extermination du régime au point de craquer et de sombrer dans l'alcool, la drogue ou la quasi-folie. L'exposé de cette réalité permet de briser le manichéisme habituel qui place d'un côté des nazis inhumains, barbares et cruels et le reste du monde, toujours bienveillant et animé des meilleurs sentiments de l'autre. Il montre que l'histoire de la seconde guerre mondiale est en fait celle d'une infinie complexité : on voit des résistants trahir, des nazis passer à l'ennemi, des agents doubles, triples, Himmler qui en donnait l'ordre mais qui s'évanouit devant une exécution de masse. Bref, il parvient à éviter l'anathème qui n'enseigne rien et, en cela, le roman de Laurent Binet est un exercice d'équilibriste réussi.

Par contre, Laurent Binet ne sait pas l'allemand, ce qui le conduit à faire une faute de langue presque à chaque fois qu'il utilise un terme allemand : les féminins deviennent des masculins, les singuliers des pluriels. Après tant de travail de recherche, il aurait pu se faire relire par un spécialiste germanophone de la période, ce d'autant plus qu'il se pose les questions que tous les historiens se sont posés avant lui sur la bonne méthode à employer en recherche historique. Comment établir un fait ? quel part doit-on laisser à l'intuition que suscite l'intimité avec son sujet dans l'écriture historique ? Ce questionnement est sain, mais était-il nécessaire de consacrer tant de pages aux atermoiements de Laurent Binet, à ses hésitations à admettre ou à refuser l'historicité d'un fait ? était-il nécessaire de nous faire part des inquiétudes au sujet de la possible réception de l'oeuvre par Marjane Satrapi, par son demi-frère ou par sa compagne du moment ? Bien souvent, HHhH devient une narration narcissique des méditations finalement assez plates de Laurent Binet sur le travail d'historien (décidément, Marc Bloch nous manque !). Qui a lu l'un des nombreux philosophes à s'être posés des questions sur les méthodes de l'historien ne pourra pas sans lassitude achever bien des pages de l'oeuvre de Laurent Binet.

Enfin perce dans ce roman l'univers intellectuel de Laurent Binet : son père communiste à la mode des années 1950-1960 (mais attention ! les crimes communistes, comme le fait que l'Armée rouge soit restée l'arme au pied pendant que les malheureux habitants de Varsovie s'insurgeaient contre l'occupant nazi sont, eux, passés sous silence, et le communisme soviétique reste un sujet d'affectueuse nostalgie), la mentalité de petit prof de l'Education Nationale qui n'a pas réglé son conflit d'adolescent avec l'autorité et qui le transpose dans son opposition à son ministre (page 277), les plaidoyers pro domo en faveur de "l'honorable corporation" des professeurs de l'Education Nationale (et pas du privé, horribile dictu), la conviction stupide qui le pousse à affirmer que la subversion est un bien en soi, la conviction que "le sport est une belle saloperie fasciste" (page 277 encore) - merci pour Pierre de Coubertin ! -, les références d'adolescent aux "Inrocks" et à Enki Bilal, l'observation oiseuse que "les patrons sont de tout temps obsédés par le rendement de leurs ouvriers", tout cela dénote le petit fonctionnaire protégé qui de sa vie n'a connu que l'école, et qui n'a jamais exercé de responsabilité face à son personnel, à ses fournisseurs ou à ses clients. Cette Weltanschauung de fonctionnaire corporatiste donne au roman de Laurent Binet un ton immature qui agace, page après page, et qui gâte un travail de documentation et d'écriture qui par ailleurs aurait pu faire un excellent roman.
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28 internautes sur 33 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 HHhH ' tez le !, 2 juin 2011
Par 
ecce.om - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : HHhH (Poche)
Curieux... Le talent des nouveaux écrivains français a trouvé ces derniers temps, le terreau de la 2ème guerre mondiale pour s'épanouir. Après L'Origine de la violence - PRIX RENAUDOT POCHE 2010 de Fabrice Humbert, voici HHhH de Laurent Binet.
Dans les 2 cas, il s'agit d'une approche originale mêlant Histoire et histoires.
Ici, la trame du récit repose sur le parcours du "bourreau blond" du IIIème Reich, Reynald Heydrich, de son ascension jusqu'à l'attentat dont il sera l'objet à Prague. A travers son "héros", instigateur de la "solution finale", Binet évoque de nombreux pans de cette période qui regorge d'épisodes tragiques (la "démission" munichoise, les massacres par les Einsatzgruppen, le martyre du village de Lidice...)
Mais, au delà et c'est son originalité, HHhH expose les étapes du cheminement de l'auteur, "suivi" dans son processus d'écriture d'un roman historique, avec ses doutes, ses certitudes et sa farouche volonté de respecter les faits sans nuire au "style".
Cette lutte permanente entre la fiction et la réalité est bien mise en valeur par exemple, dans un passage où l'auteur biffe, doute, puis réécrit à l'identique, une phrase décrivant l'état d'esprit d'Himmler apprenant que son protégé vient d'être abattu en vol, derrière les lignes soviétiques.
Ce parti pris qui consiste à soulever un peu le rideau des coulisses s'avère passionnant et, faut il le dire, plus intéressant que l'histoire de l'attentat elle même. Car au fond, Laurent Binet s'enthousiasme pour une ville (Prague) et un fait historique, de manière un peu excessive à mon sens. L'attentat relaté laisse plutôt l'impression d'un fantastique loupé, tant le commando semble se comporter comme une équipe de "pieds nickelés" (sauf l'immense respect que j'éprouve devant le courage de ces gens là), avec une mitraillette qui s'enraye, une absence de plan B, une improvisation totale qui préside à la suite héroïque...Quant à Prague, il est permis de penser que la qualifier de "plus belle ville du monde" ou de présenter la cathédrale Notre-Dame-de-Tyn comme le "décor le plus beau du monde", manque un peu de nuances.
Au delà de ça, je voudrais insister sur l'humour qui traverse ce récit pourtant tragique.
Quelques exemples savoureux :
- à propos du père de R. Heydrich : "On disait que ses blagues étaient trop drôles pour qu'il ne soit pas juif. Au moins, cet argument ne pourra pas être utilisé contre son fils qui ne se distinguera jamais par un très grand sens de l'humour".
- à propos de l'ambition de R. H souhaitant acquérir un pouvoir presque sans entrave : "on pourra reprocher beaucoup de choses à Heydrich, mais pas de ne pas tenir ses promesses".
- sur la politique d'Otokar, Roi de Bohème, consistant à faire venir dans son pays des colons allemands : "...à long terme, il s'agissait quand même d'une très mauvaise idée".
- sur la déportation d'une cinquantaine de jeunes allemands surpris en train de danser le swing : "Ce n'est pas parce que le Führer lui a confié la tâche historique de faire disparaître jusqu'au dernier juif d'Europe, qu'il doit négliger les petits dossiers".
- suite à un discours d'Heydrich vantant l'éducation et le sport : "Le sport, c'est quand même une belle saloperie fasciste."
- à propos des bienveillantes de Littel : "C'est Houellebecq chez les nazis."
- sur une phrase de Georges Sand (travailler beaucoup pour vivre très mal) : "Plus qu'une invitation à la digression, une vraie provocation".
...
Il faut noter pour les derniers hésitants, que même Claude Lanzmann souvent si agaçant dans son rôle de "vigie", voire de censeur, se fend d'un éloge à propos d'HHhh.
Excellent et recommandé sans réserve.
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4.0 étoiles sur 5 Laurent Binet traque le nazi, 12 septembre 2014
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : HHhH (Poche)
HHhH un sigle mystérieux, pour « Himmlers Hirn heißt Heydrich , que l’on peut traduire par : « le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich ». Un titre des plus étrange choisi par Laurent Binet (ou par son éditeur comme le suggère la lecture du livre) pour un ouvrage récompensé du Goncourt du premier roman en 2010.

En 1942, la résistance à Londres met en place un attentat contre Reinhard Heydrich, protecteur de Bohême-Moravie. Cette opération prend le nom d’ « Opération anthropoïde », et consiste à parachuter deux tchéquoslovaques près de Prague afin d’assassiner celui que l’on surnomme « la bête blonde », et dont on murmure qu’il serait l’homme le plus dangereux du Reich après Hitler. Plus froid, plus calculateur, plus enclin au compromis, plus jeune, il incarne en effet pour beaucoup un dauphin bien plus menaçant que le numéro deux désigné, Himmler.

Pour Laurent Binet, se lancer dans un tel récit n’a rien d’évident. Oscillant entre biographie, fiction assumée, élément de sa vie privée (pourquoi ce sujet, cette ville, ces résistants, ce nazi ?), il louvoie entre différentes formes de narration et s’en explique au lecteur. Lorsque l’on traite d’un sujet historique, on est partagé entre la volonté de rendre un évènement dans toute son authenticité, de ne pas négliger des personnes qui ont joué un rôle clef, ou même modeste mais qui étaient bel et bien là, mais la tentation est forte de romancer des scènes, de rendre des dialogues plus percutants… dans certaines histoires, la réalité est néanmoins plus forte que la fiction ne pourra jamais l’être. Et cette histoire n’a après tout pas besoin de romanesque pour nous interpeler.

Comme souvent dans ce genre de récit, on ne peut être qu’éternellement surpris et choqué par des faits brutaux, qui ne cessent de nous heurter : l’annexion de la Tchéquoslovaquie sans réaction des autres pays européens voisins malgré les appels au secours de ses dirigeants, les lourdes représailles nazies à l’encontre des actes de résistances (la ville de Lidice entièrement rayée de la carte), la désinvolture d’un Heydrich, son engagement forcené dans le régime, alors qu’il se murmure qu’il aurait des origines juives. L’homme planifie activement la mise en place de la Shoah, aux côtés d’Eichmann.

Laurent Binet retrace sa fascination, son admiration pour les deux résistants tchèques. L’un est slovaque, Jozef Gabčík, l’autre est morave, Jan Kubis. Les deux hommes représentent un certain idéal de loyauté, d’intégrité et de courage, dans un pays brisé, et soumis. Mais malgré ses prétentions d’authenticité (il reproche d’ailleurs à de nombreux autres romans sur le sujet de chercher à trop romancer les faits, de s’éloigner d’une réalité qui parle pourtant assez d’elle-même, comme par exemple le livre goncourisé de J. Lindell, « Les bienveillantes »), l’auteur lui-même se laisser aller à un certain lyrisme tout personnel. Prague représente à ses yeux la plus belle ville du monde, sa littérature et sa culture exerce de toute leur influence sur lui, et malgré son désir de coller aux faits, il ne cesse de communiquer au lecteur une certaine passion pour la future république tchèque et un jugement sec sur les faits qui ont conduit à son écrasement par le nazisme.

Le 27 mai 1942, Prague, l’histoire se met pourtant en place devant nos yeux abstraits de lecteur. Heydrich, Kubis, Gabcik. Un trio improbable et pourtant lié pour dans ce cycle terrible de la violence et de la guerre. Mais ils ne sont pas seulement trois. Il y a Prague, la ville, ses habitants, son tramway, le Reich, Londres qui veut se débarrasser d’un dirigeant d’influence, le gouvernement tchèque en exil prêt à tout pour rappeler à l’occupant que la résistance existe encore, il y a ceux qui souhaitent seulement s’en sortir au mieux, ceux qui au contraire sont prêts à tout par loyauté et pour la liberté, ceux qui donnent leurs vies et ceux qui trahissent. C’est une histoire somme toute très humaine, mais un malin génie aurait décidé d’en faire une scène cathartique surdimensionnée, de plonger ses héros dans une toile où le hasard, le destin peut-être, fonctionnerait comme une machine infernale. Le genre de carrefour qui fait frissonner la fiction lorsqu’elle se prend à rêver au réel.

C’est un livre assez puissant, malgré ses hésitations, Laurent Binet nous propose une oeuvre originale et forte.

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Et notre maison d'édition dubeditions.com
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Un auteur très prétentieux, 11 août 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : HHhH (Poche)
L'histoire aurait pu être intéressante sans les commentaires prétentieux de l'auteur qui pollue ce roman. En effet les avis de sa petite amie, ses doutes imaginaires et ses fantasmes sur son écriture nuisent vraiment à cet ouvrage.
Dommage l'histoire était au départ intéressante. Je pense que Monsieur Binnet à très certainement besoin de faire un gros travail d'analyse.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
2.0 étoiles sur 5 Gâchis, 4 juin 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : HHhH (Poche)
Les pérégrinations personnelles (son histoire avec son ex) et le sarcasme de l'auteur (sur les Bienveillantes par exemple) pourrissent littéralement le sujet qui, lui, vaut vraiment la lecture. Ce livre mériterait une réédition avec uniquement les parties concernant la vie des deux héros Tchèques.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Franchement remarquable., 8 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : HHhH (Poche)
Lu cet été, le récit d'un acte de résistance historique entremêlé des réflexions-mêmes de l'auteur sur l'écriture en cours de son livre d'une remarquable maturité.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Prague, 13 mars 2013
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Prague en guerre, la résistance et les aller retour entre la perception de l'auteur et les faits historiques, précis et sensible.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Superbe roman historique, mais avertissement aux lecteurs impatients, 6 février 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : HHhH (Poche)
Une histoire parfaitement documentée et tout à fait passionnante, servie de parenthèses historiques tout aussi intéressantes que le coeur du récit.

Bémol: ce livre porte presque autant sur le sujet choisi que sur les introspectives de l'auteur, qui sous couvert d'honnêteté laisse parfois transparaitre un narcisime un peu sommaire, qu'il semble prendre de moins en moins de soin à dissimuler au fil des pages... on finit même pas prendre un rythme régulier: un chapitre de commentaires sur ce qui vient d'être écrit vient s'insérer tous les deux ou trois chapitres!

Ceci dit cette manie est agaçante, précisément parce que le roman est superbe et que l'on est avide d'avancer dans le récit. D'où ces 4 étoiles car je ne voudrais pas dissuader les futurs lecteurs (j'ai moi-même hésité à l'acheter à la vue des commentaires qui vont dans le même sens.)

A lire, donc!
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