Commentaires en ligne


 
 
Moyenne des commentaires client
Partagez votre opinion avec les autres clients
Créer votre propre commentaire
 
 

Le commentaire favorable le plus utile
Le commentaire critique le plus utile


52 internautes sur 55 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une fascinante enquête qui interroge la société américaine
Laura Kasischke propose un roman en forme d'enquête sur un campus, qui brosse avec mordant et finesse un portrait de cette étrange communauté universitaire. Le récit est très efficace et prenant: l'auteur tresse avec habileté les fils de l'intrigue, qui entrent petit à petit en résonance jusqu'au moment où ils se...
Publié le 18 septembre 2011 par Lolly

versus
14 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Brouillard sur le campus
Ah, les campus novels ! Les auteurs anglo-saxons adorent en écrire, comme si le microcosme universitaire devenait une métaphore de la société, avec ses vertus publiques et ses vices cachés. Tom Wolfe, Dona Tartt, Philip Roth, Michael Chabon ..., sans parler de David Lodge, qui est un cas à part, la liste est longue. Les revenants...
Publié le 8 janvier 2012 par traversay


‹ Précédent | 1 25 | Suivant ›
Du plus utile au moins utile | Du plus récent au plus ancien

52 internautes sur 55 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une fascinante enquête qui interroge la société américaine, 18 septembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les revenants (Broché)
Laura Kasischke propose un roman en forme d'enquête sur un campus, qui brosse avec mordant et finesse un portrait de cette étrange communauté universitaire. Le récit est très efficace et prenant: l'auteur tresse avec habileté les fils de l'intrigue, qui entrent petit à petit en résonance jusqu'au moment où ils se rejoignent en une vaste enquête menée par trois personnages hésitants mais dont l'identité s'épaissit progressivement.
Mais outre l'intrigue et la dimension du secret à dévoiler, l'auteur propose une singulière vision du monde, une peinture personnelle de ce microcosme qu'est un campus américain. Kasichke met en place un jeu sur les rapports entre les clichés propres à la communauté universitaire et ce qu'elle est réellement. Une étonnante dimension poétique de certaines situations du quotidien peut apparaître, comme dans la scène d'ouverture du roman, qui est au centre du réseau des sens et des secrets et qui marque le texte du sceau de la mort et de la fascination. Kasischke capte également avec une grande finesse tout ce qui caractérise la vie de ces étudiants américains, tous semblables à certains égards.
Les Revenants offre un grand plaisir de lecture du fait de son apparence d'enquête qui met en lumière une redoutable machination , mais il soulève également des questionnements profonds au sujet de la société américaine contemporaine que l'on méconnaît souvent en pensant qu'elle se limite à des clichés entretenus par une mythologie dont le bien-fondé est rarement interrogé. C'est la grande qualité du roman : il parvient à faire coexister le plaisir de lecture, grâce à une intrigue efficace et séduisante, et la profondeur du questionnement sur certains aspects du monde contemporain, où l'image et l'apparence, la virtualité et la rumeur prennent souvent le pas sur la vérité et la profondeur.
Le roman interroge la séduction qu'exercent sur nous les mythologies et les fascinations morbides, et cette tentation pour le groupe de trouver un bouc-émissaire qui suffirait à expliquer, qui permettrait d'éluder le problème.
Un incontournable de la rentrée littéraire 2011.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Bizutage chez les saintes-nitouches..., 14 février 2012
Par 
ServaneL. (Midi-Pyrénées, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les revenants (Broché)
Nicole Werner étudiait à Godwin Honors Hall. Elle est morte dans un accident de voiture alors que son petit ami Craig conduisait vraisemblablement alcoolisé ou drogué...
Perry est le room-mate de Craig. C'est un bon gars...
Shelly travaille au département musique de l'université. Elle a vu l'accident de voiture mais très bizarrement, personne n'a jamais voulu prendre son témoignage en compte...
Mira est prof d'anthropologie, spécialité : la mort...
Josie est étudiante et « travaille » pour Shelly...
Nicole, Craig, Perry et les autres semblent des gens normaux qui n'ont rien à cacher et pourtant, au fil des pages, on s'aperçoit qu'il n'en est rien.
Tous ces personnages prennent vie sous la plume habile de Laura Kasischke. Grâce à eux, elle nous dépeint avec talent la société américaine via l'univers très spécifique des campus américains. Rien ne vous sera épargné et particulièrement les pratiques fort malsaines des sororités (pendant féminin des fraternités).
L'auteure nous balade dans l'univers glauque des communautés universitaires américaines, des bizutages, des saintes-nitouches issues du puritanisme, de l'uniformisation des genres et peut-être... des phénomènes paranormaux...
Tout l'art du roman est ici déployé : les personnages se rencontrent, les destins s'entremêlent de manière à captiver - voire happer - le lecteur. Ce pavé de près de 600 pages est véritablement un grand roman (bien que j'ai préféré le précédent de Kasischke « En un monde parfait »... mais c'est tout à fait personnel).
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


19 internautes sur 21 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Fantômes amers, 8 octobre 2011
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les revenants (Broché)
Dès le prologue, Nicole, jeune et jolie étudiante, prototype de l'étudiante idéale, meurt dans un accident de voiture. Craig, son petit ami, sort indemne de l'accident - il conduisait. Il tente de reprendre le fil de sa vie en retournant sur le campus, qui semble hanté par le fantôme de Nicole. Comme souvent chez Laura Kasischke, on est plongé dans les névroses adolescentes. Fantasmes ou réalité ? Le récit se fait à quatre voix, deux étudiants, deux enseignantes, jusqu'à découvrir une (la ?) vérité. Il y a du thriller dans ce livre ... mais décidément, l'Amérique est bien amère et pleine de faux semblant. En tout cas, la dernière page tournée, c'est moi qui suis hantée !
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


14 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Brouillard sur le campus, 8 janvier 2012
Par 
traversay (Orléans, France) - Voir tous mes commentaires
(TESTEURS)    (TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les revenants (Broché)
Ah, les campus novels ! Les auteurs anglo-saxons adorent en écrire, comme si le microcosme universitaire devenait une métaphore de la société, avec ses vertus publiques et ses vices cachés. Tom Wolfe, Dona Tartt, Philip Roth, Michael Chabon ..., sans parler de David Lodge, qui est un cas à part, la liste est longue. Les revenants de Laura Kasischke appartient à cette catégorie, livre d'une efficacité redoutable, brillamment agencé, avec un halo fantastique qui nimbe le roman d'un brume inquiétante, avec son mystère à couper au couteau, qui ne trouvera son explication, assez claire, quoiqu'on en dise, dans les 100 dernières pages. Inutile de remettre en cause la virtuosité de Kasischke, elle est réelle. En revanche, on peut se permettre de critiquer, ne serait-ce qu'un peu, l'absence de spontanéité du livre, construit de manière très élaboré de façon à ménager ses effets (combien de chapitres qui se terminent à un moment crucial, comme dans une série télé ?), avec des récits qui mélangent deux temps différents et s'intéressent tour à tout à plusieurs personnages dont chacun a une vision particulière de l'événement fondateur, la mort de l'étudiante Nicole Werner dans un accident de voiture. Une technique très raffinée de thriller que la romancière maîtrise à la perfection, mais qui est tout de même basée sur une succession d'écrans de fumée destinés à tester le lecteur, à lui faire perdre pied, puis à lui redonner quelques indices pour le remettre sur la bonne voie. Manipulatrice et magicienne, Laura Kasischke cède à la tentation de dissiper le brouillard de ses intrigues dans une dernière partie, certes haletante, mais parfois à la limite du Grand Guignol, comme si elle s'adonnait soudain au bonheur du pastiche. Il est indéniable que Laura Kasischke est une conteuse hors pair, une illusionniste extrêmement douée, dont le grand art repose toutefois sur une mise en scène chiadée qui ne laisse rien au hasard.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 La mort lui va si bien., 8 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Revenants (Format Kindle)
Il y a des romans qui vous happent pendant la lecture, au point de vous faire vous relever la nuit, et qui vous hantent longtemps après avoir tourné à regret leur dernière page. Les revenants (The raising en version originale) ,de Laura Kasischke, est de ceux-là.

Hanter. C’est justement de cela qu’il est question dans cette histoire. Au départ, il y a cet accident de voiture. Nicole, jeune étudiante adorée de toutes et tous, décède brutalement. Craig, son petit ami qui était derrière le volant, s’en sort indemne… physiquement. Comment se remettre d’un tel drame ? Comment vivre avec la double peine de la culpabilité et de la perte de l’être aimé ? Les choses ne s’arrangent pas quand on prétend que Nicole, revenue d’entre les morts, n’a pas quitté le campus.

A ces questions s’en ajoutent d’autres : Pourquoi est-ce que personne ne prend en compte le témoignage de Shelly, première personne arrivée sur le lieu du drame ? Qu’est-ce qui pousse tous ces étudiants à s’inscrire aux cours de Mira, chercheuse qui s’intéresse à un sujet pour le moins singulier : la mort.

Ces personnages, pour ne citer qu’eux, sont tous hantés d’une manière ou d’une autre par une ou plusieurs personnes parties trop tôt, mais aussi par le poids du passé, par leurs erreurs, par la colère ou le sentiment d’injustice.

Laura Kasischke nous prend dans les filets d’un récit qu’elle tisse en alternant habilement les points de vue des différents personnages principaux, mais aussi le passé et le présent.

L’un des grands atouts de cette histoire est qu’il est difficile de deviner où elle va nous mener tant sa nature est singulière : Sommes-nous vraiment au coeur d’un récit fantastique ? Le mystère est-il ce qui intéresse l’auteur ?

Il serait criminel de répondre ici à la première question, mais on peut tout de même se risquer à apporter quelques éléments de réponses à la seconde : Nous sommes en présence d’un vrai-faux thriller. L’étrangeté de l’intrigue nous accroche, mais ce sont bien les thèmes très forts qui sont abordés que l’on retiendra (Notre approche de la mort, la relation entre les vivants et les morts, le sentiment de perte, etc)

Le roman pourra donc décevoir les amateurs purs et durs de thrillers tant Laura Kasischke fait des choix narratifs radicaux (dans la dernière partie de son roman) comme un clin d’oeil à ses lecteurs qui auront compris ce qu’elle souhaite nous dévoiler : Un long moment (plus de six cent pages tout de même !) de poésie douce-amère et de réflexions pertinentes sur les humains qui se débattent pour exister et trouver du sens à leur vie et à celles des autres.

(Retrouvez toutes mes critiques et bien d'autres articles sur ce blog : [...]
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Aux limites du thriller, 21 octobre 2013
Par 
Eminian - Voir tous mes commentaires
(TESTEURS)    (TOP 500 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Revenants (Broché)
Laura Kasischke est née en 1961 à Grand Rapids, dans l’État du Michigan. Elle a fait ses études à l'Université du Michigan. Ella a publié des recueils de poésie, également parus en revues, pour lesquels elle a gagné de nombreux prix littéraires. Romancière, deux de ses romans, La Vie devant ses yeux, et A suspicious river ont été adaptés au cinéma. Laura Kasischke vit actuellement à Chelsea, dans le Michigan, avec sa famille et enseigne l'art du roman à l’université d’Ann Arbor. Son roman Les revenants est paru en 2011.
Après un accident de voiture ayant coûté la vie à sa petite amie Nicole, Craig n’a plus de souvenirs précis du drame suite à un traumatisme crânien. Exclus temporairement pour plusieurs mois de son université du Midwest, voué à la vindicte des autres étudiants, surtout féminines, le considérant comme un assassin, il reprend néanmoins les cours. Perry est son seul ami et soutien (j’avoue avoir pensé à Harry Potter et son pote Ron Weasley). Bientôt des faits troublants vont venir perturber le calme apparent du milieu universitaire. Perry croit revoir Nicole sur le campus, Craig reçoit des cartes postales signées du nom de la décédée. On apprend qu’une étudiante, Denise, aurait disparu le soir même de l’accident de voiture. Shelly, membre de l’établissement, premier témoin sur les lieux du drame, affirme que les choses ne se sont pas déroulées comme l’ont relaté les journaux…
Un résumé particulièrement raccourci car le roman de plus de cinq cents pages est riche en personnages, évènements et faits secondaires. On a parfois le sentiment, à le lire, qu’il est trop long ou qu’il y a trop de digressions et pourtant en même temps, on comprend que c’est inhérent au genre, perdre le lecteur pour mieux lui faire perdre pied et l’emmener, sonné par l’avalanche de détails à priori secondaires, sur le chemin voulu par l’auteur. J’ajouterai aussi que si ce n’est pas évident au début, tous les personnages et faits trouveront leur place logique dans la construction narrative élaborée par Laura Kasischke.
Le mystère, car c’est bien de cela qu’il s’agit ici, est d’autant plus prégnant que le décor est parfaitement agencé par l’écrivain. Une université américaine avec ses fratries, ici sororités d’étudiantes, avec leurs rituels secrets de bizutage ; une enseignante en thanatologie et autres folklores liés à la mort, ce qui amène des passages croquignolets sur les morts qui se réveillent et autres zombies des croyances populaires, qui tentera d’aider Perry et Craig à comprendre se qui s’est passé le soir du drame et ce qui survient aujourd’hui. Autant dire que le lecteur est vite intrigué et captif de la narration. D’autant plus que le récit, fait de courts chapitres, alterne passé et présent, qu’au fil de la lecture les acteurs révèlent des facettes de leur personnalité qui surprennent et qu’astucieusement, chaque chapitre se clôt sur une situation de suspense restant en plan durant le suivant et ne reprenant qu’après cet interlude.
Laura Kasischke, à travers ce roman qui n’est pas non plus un thriller même si la limite est ténue, aborde le problème de la mort et du deuil, et quand il s’achève, certains resteront peut-être un peu sur leur faim, comme lorsqu’on se réveille d’un mauvais rêve, sans savoir vraiment si ce qu’on a vécu était vrai, ni surtout si tout est bien fini. Néanmoins un bon roman, je ne peux le nier, même si à mon sens il y a plus de technique que de style.

« M***! Lança Perry en rendant la carte à Craig, après quoi il lui tourna le dos, le cœur toujours affolé, les mains tremblantes. M***, m*** et m***! » Jusqu’à présent, il s’était montré sceptique. Il n’avait pu croire à rien de tout cela. Il avait été en quête de quelque chose, sans s’attendre à le trouver. La panique lui causait à la gorge une constriction entraînant une quasi-aphonie, quand Craig déclara, d’un ton de pondération qui lui était inhabituel : « Elle n’est pas morte, Perry. Ou bien. Ou bien elle est … autre chose. »
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Mort et fureur de vivre !, 16 septembre 2013
Par 
FINET Franck (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Revenants (Broché)
Poétesse et écrivaine américaine née en 1961 à Lake Charles (Louisiane - Etats-Unis d'Amérique), Laura Kasischke conquiert le Grand Public en 1996 avec son roman " A suspicious River ", rapidement adapté au cinéma.

Un roman consistant (664 pages) qui a pour toile de fond un campus universitaire américain.
Entre Polar et roman sociologique, l'auteure dépeint avec maestria une certaine jeunesse étudiante pour qui le respect scrupuleux des codes est la condition de l'intégration.
Une micro-société aux règles hiérarchiques strictes. Des fonctionnements de groupe ou les rites d'admission/exclusion prédominent.
Le thème principal du roman est la Mort, appréhendée de façon récurrente, sous des formes diverses (Suicide, fantôme, ...). Un rapport à la Mort qui jalonne notre existence au point de prendre parfois plus de place que les vivants.

Un bon roman qui aurait gagné en concision. Style et qualité narrative indiscutables. Les personnages restent attachants et conservent leurs parts de mystère qui nous poussent à poursuivre la lecture.
Le dénouement reste néanmoins prévisible même si l'auteure se plait à y laisser une libre interprétation .
Une belle expérience de lecture néanmoins.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Thriller ésotérique, 25 mai 2014
Par 
Ouhman (Paris 18) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 100 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Revenants (Broché)
Le souvenir de Nicole Werner, décédée dans un accident, perturbe la vie d'un campus universitaire et principalement celle de trois personnes : Craig, son petit ami qui conduisait la voiture ; Shelly, l'unique témoin du drame ; Mira, une professeur dont le cours traite des façons d'appréhender la mort à travers les cultures.

Passionnante, acide, intelligente, Laura Kasischke est avant tout une habile manipulatrice sachant créer des personnages à son image. Son roman fait penser à ces jeux pour enfants consistant à relier des points dans l'ordre, dans lesquels l'idée que l'on se fait du dessin final évolue au fil du tracé, pour nous surprendre quand même une fois achevé.

Autant prévenir les lecteurs que ce genre de procédé rebute : bien que son récit soit construit avec une rigueur de chef d'orchestre, l'auteur choisit d'y laisser des zones d'ombre. Dans ce tableau en pointillés, à l'image de la vie, ni les personnages ni le lecteur n'obtiennent la réponse à toutes leurs questions. Personnellement, cette légère frustration de final en points de suspension ne m'a pas gâché l'ensemble, au contraire.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


10 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Bon cru, 14 octobre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les revenants (Broché)
Laura Kasischke plonge ses griffes dans les désordres affectifs de la middle class américaine, pour dévoiler toutes sortes de fêlures derrière les belles vitrines de l'harmonie et de la réussite. Elle ne cesse de mettre en scène des femmes apparemment bien rangées, mais sacrément dérangées. Comme si, avec leurs tailleurs impeccables, ces sosies d'Emma Bovary dansaient sur des volcans - un cocktail de frustrations, de chagrins invisibles et de nausées silencieuses.
Accident de voiture, Nicole trépasse, le petit copain qui conduisait peine à s'en remettre. La situation est d'autant plus compliquée qu'il continue à croiser la défunte sur le campus, et que l'illusion est partagée par d'autres. Ce n'est là qu''une des nombreuses pistes de ce college novel mâtiné de fantastique. On y avance au rythme d'un rebondissement par chapitre, comme dans une série télé addictive. Un bon cru.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Descente aux enfers, 21 décembre 2013
Par 
Cetalir "Cetalir" (France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Revenants (Broché)
Avec ce huitième titre, la grande romancière américaine signe une réussite absolue qui marque aussi une étape dans sa production littéraire. Jusqu’ici, c’est à des personnages, essentiellement féminins, à la vie banale mais précipités dans le gouffre de l’indicible qu’elle donnait vie. Une façon pour elle d’accuser les dérives et les désastres produits en masse par la vie et la société américaines.

Avec « Les revenants » c’est un roman dense (près de six cents pages), à la puissance maléfique, labyrinthique et mené de main de maître qu’elle nous offre. Un livre pour démontrer que l’ambivalence, la manipulation, le désir de nuire n’attendent pas le nombre des années…

Tout commence par une scène quelque peu fantomatique, étrange, porteuse de plein d’interrogations qui seront autant de pierres jonchant les multiples chemins empruntés par la romancière. Alors qu’elle roule tranquillement de nuit, une femme voit soudain la voiture qui la précède quitter la route. Accourant sur les lieux de l’accident, elle y trouvera deux jeunes gens, muets, blancs, ne portant pas la moindre tache de sang sur eux, le jeune homme couvrant de sanglots le corps inanimé d’une jeune femme. Elle sera le premier témoin de la scène, celle qui appellera les secours et se fera chasser par eux à leur arrivée.

Pourtant, rien dans les narrations successives de l’accident dans le canard local, malgré ses appels, ses rencontres avec les journalistes, ne traduit, de près ou de loin ce qu’elle aura constaté par elle-même. Jusqu’à ce qu’elle renonce à insister et comprendre.

A partir de ces quelques éléments, L. Kasischke tisse une toile arachnéenne d’une tension de plus en plus forte prenant au piège des victimes ciblées, toutes sur le campus de la petite ville universitaire où se déroule le roman. Centrée autour d’un nombre restreint de personnages, la romancière nous donne à voir et entendre ce qui agite un campus dont une étudiante vient précisément de décéder dans l’accident de voiture. Elle était jeune, belle, rayonnante, symbolisant la promesse d’un futur radieux et idéal américain. D’où un déchaînement féroce auprès de son assassin d’autant plus involontaire qu’il était son fiancé, chassé du campus, traumatisé et n’y revenant que plusieurs mois plus tard, amnésique, déphasé et ayant perdu tout goût de vivre.
Tout cela pourrait n’être que banal si ce n’était la fâcheuse propension de la belle victime à apparaître de jour ou de nuit, vêtue de façon érotique de façon à séduire un lot de jeunes garçons qui vont commencer à décéder les uns après les autres de façon aussi bizarre qu’anormale.

Il semble régner une sorte d’omerta sur ce campus où il apparaîtra que les confréries typiquement américaines (les fraternités et sororités que l’on trouve sur chaque campus américain, qui sélectionnent leurs membres et les soumettent à des épreuves appelées à les souder à vie) jouent un rôle éminemment dangereux. Où le pouvoir universitaire est lié par celui de l’argent des donateurs, eux-mêmes parents d’étudiants membres de ces confréries. Où le désir de recherche de la vérité est systématiquement sévèrement puni, au besoin de la mort ou de l’ostracisme, condamnant d’avance les meilleurs éléments de la jeunesse américaine à une vie de combines, de petits ou grands arrangements, auxquels tous sont liés par de multiples liens sociaux aussi secrets que férocement durables.

Plus on avance dans ce roman sombre mais magistral, plus le pire de ce que l’humanité est capable d’imaginer et d’ourdir n’est jamais loin. Un roman qui semble aussi clairement nous dire qu’il n’y a aucun espoir en dehors de la fuite ou du renoncement. Un livre superbe, à lire toutes affaires cessantes.

Retrouvez mes notes de lecture sur thierrycollet-cetalir.blogspot.com
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


‹ Précédent | 1 25 | Suivant ›
Du plus utile au moins utile | Du plus récent au plus ancien

Ce produit

Les Revenants
Les Revenants de Laura Kasischke (Broché - 3 janvier 2013)
EUR 8,10
En stock
Ajouter au panier Ajouter à votre liste d'envies
Rechercher uniquement parmi les commentaires portant sur ce produit