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12 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Littéralement ROMANESQUE, épique, passionnant, bref, à lire...
La vie riche et mouvementée de Joseph Kaplan au travers du XXème siècle, de Prague, à Alger, passant par le Paris d'entre deux guerres.. il aura connu des lieux magiques, des amitiés plus ou moins fulgurantes, des amourettes et des amours, et, surtout, vécu une bonne part des temps forts de l'Europe..

J'avais...
Publié le 17 novembre 2012 par petite binh

versus
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Un peu de déception...
j'avais lu avec beaucoup de plaisir le 1er roman de JM.Guenassia et en comparaison, j'ai été déçu par celui-ci. La déception n'est pas relatif au "compte" car ce récit fourmille de personnages (un peu trop d'ailleurs et il devient plus intéressant quand l'histoire se concentre sur peu d'entre eux) et d récits, mais...
Publié il y a 10 mois par Talon Andre


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12 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Littéralement ROMANESQUE, épique, passionnant, bref, à lire..., 17 novembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : La vie rêvée d'Ernesto G. (Broché)
La vie riche et mouvementée de Joseph Kaplan au travers du XXème siècle, de Prague, à Alger, passant par le Paris d'entre deux guerres.. il aura connu des lieux magiques, des amitiés plus ou moins fulgurantes, des amourettes et des amours, et, surtout, vécu une bonne part des temps forts de l'Europe..

J'avais déjà adoré le premier livre de JM Guenassia (Le club des incorrigibles optimistes), et c'est avec curiosité que j'ai entamé le deuxième... Je viens tout juste de lâcher ce roman littéralement ROMANESQUE que j'ai dévoré en 2 jours !
Tout d'abord, le plaisir de lecture s'explique par le fait que JM Guenassia a un talent rare et incontestable de conteur. Un style limpide, fluide, qui nous emmène partout avec lui. Il sait rendre vivants des lieux, des atmosphères, aussi bien que décrire avec justesse les caractères humains.

Joseph Kaplan traverse les époques, il croise des ambiances méconnues (Alger au temps de la colonisation, le Paris d'entre deux guerres et les bals du bord de Seine) autant que les grands moments de l'Histoire (le débarquement vu d'Algérie, les grandes époques de la Tchécoslovaquie commmuniste)..., mais toutes ces informations de contexte s'enfilent les unes aux autres, sans aucun ennui, au grès des multiples et toujours imprévisibles rebondissements qui vont jalonner l'existence centenaire du héros, ces derniers étant tout aussi crédibles les uns que les autres.
Joseph Kaplan n'est pas un militant politique. Il vit sa vie d'homme au gré des événements. C'est plutôt son entourage proche qui s'engage, qui combat, en l'entraînant dans la folle marche de siècle, au travers de combats féministes, socialistes, communistes.. le tout sans dogme ou envolées théoriques, mais au travers d'évocations concrètes, pour décrire l'impact du politique dans la vie quotidienne des hommes.
Comment parler de cette histoire sans tomber dans les poncifs, du style "la grande histoire et la petite".? ... je dirais juste que l'auteur force le respect, en démontrant qu'il est encore possible de nous faire revivre des évènements mille fois décrits, sans que l'on ait une seule fois l'impression de redite ou de déjà-vu.
J'ajoute que même la vie familiale de Kaplan est passionnante. Les relations filiales, amoureuses, amicales des personnages sont esquissées avec une telle force, qu'on entre dans l'intimité de chacun, au travers des joies, des peines, des frustrations, des abandons, des trahisons, des retrouvailles, qui font le canevas de toute existence, mais qui sont ici parfois exacerbées par les choix radicaux imposés par le contexte historique et social (le Mur, la Guerre...)

Comment vous convaincre de vous précipiter sur ce roman, et entrer ainsi dans la vie non pas héroïque, mais tout de même extraordinaire de Joseph Kaplan, qui, de la première à la dernière page, vous tiendra en haleine ?

Dernière chose : même la fin est très très réussie, ce qui est assez rare pour être souligné et apprécié !
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29 internautes sur 31 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 TOUT DROIT DANS LA SUITE DU CLUB DES INCORRIGIBLES OPTIMISTES, 31 août 2012
Par 
Kerbrat "le blog aubouquinmalin.eklablog.fr" (france) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La vie rêvée d'Ernesto G. (Broché)
L'auteur nous raconte la vie de Joseph Kaplan un médecin juif praguois né en 1910 et qui va devenir un centenaire. Traversant le siècle il va parcourir les évènements tels la guerre d'Espagne, la seconde guerre, le retour en Tchécoslovaquie à l'avènement du communisme et jusqu'au-delà de sa chute. C'est aussi la vie de sa famille qui est décrite et notamment celle de sa fille Helena qui va rencontrer un certain Ernesto G.

La première chose à faire c'est s'abstraire du Club des Incorrigibles Optimistes. Et l'on découvre un livre d'une rare puissance. Je m'étais dit que depuis Koestler peu d'écrivains avaient décrit le siècle existant avec autant de talent et de témoignage vécu. Jean Michel Guenassia apporte un démenti d'une rare qualité. Il est impossible de résumer un tel livre qui nous apporte toutes les palettes possibles d'un roman, avec une écriture riche et fluide,de l'humour, du réalisme, des intrigues rythmées et qui nous font réfléchir sur le siècle, en nous parlant d'évènements pas forcément connus. Et l'on envie que Mr Guenassia se lance tel Zola dans les Rougon-Macquart dans une peinture de la société du siècle dernier avec tant de brio !
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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le roman rêvé de Jean-Michel G, 17 novembre 2012
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : La vie rêvée d'Ernesto G. (Broché)
Ce roman, bien différent du Club, nous laisse entrevoir cependant le même talent de l'auteur pour nous tenir en haleine et pour nous attacher à ses personnages qui sont pourtant parfois des antihéros...personnellement j'ai dévore ce roman, et verse une larme en le quittant. Toute la premiere partie est captivante, mais la seconde partie, faisant apparaître le personnage Ernesto G est vraiment délicieuse et originale. Chapeau pour le clin d'oeil judicieux et charmant à des personnages que l'on retrouve dans le Club des incorrigibles optimistes !
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Mais qui est cet Ernesto,, 27 juin 2013
Par 
Feron Béatrice (Marbais, Belgique) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La vie rêvée d'Ernesto G. (Broché)
Joseph Kaplan est un danseur fabuleux. La valse et le tango l'emmènent sur toutes les pistes. Dans ses bras, les filles les plus empotées deviennent des sylphides.
Mais Joseph n'est guère physionomiste. Quand il les croise ensuite dans la rue, il les dépasse sans les reconnaître.
Devenu médecin, il part pour Alger à l'Institut Pasteur. C'est là qu'il intègre un petit groupe composé de Maurice, Christine, Nelly. La vie est belle. Pourtant, la guerre arrive qui va faire voler son bonheur en éclats.
A travers les aventures de son personnage, Jean-Michel Guenassia nous fait traverser un siècle à toute allure. Fiction et Histoire avec un grand H se mêlent habilement. Né en 1910, Joseph nous emmène sur les pistes de danse des établissements de Paris. Il nous parle avec enthousiasme du tango et de Carlos Gardel. Il sillonne ensuite les quartiers d'Alger et fait de nous des habitués du Café Padovani.
Mais même dans cette ville, les juifs sont raflés. Dans les djebels, les habitants souffrent de la faim, triment comme des esclaves, meurent du paludisme. Loin de ses éprouvettes, Joseph est confronté aux dures réalités du terrain.
Dans les années 40, l'avortement est interdit. Les femmes qui ont recours aux « faiseuses d'anges » y laissent souvent la vie.
La Tchécoslovaquie existe encore. S'y rendre n'est pas une mince affaire. Quand Joseph arrive enfin à Prague, il y cherche en vain son père. Là aussi, la déportation a fait des ravages. La politique du pays est dangereuse. Les amis d'hier peuvent devenir des ennemis. Ces aimables voisins ne sont-ils pas des espions? Et quand on est emmené dans les geôles de l'Etat, on sait quand on y entre, jamais quand on en sortira, ni même si on en sortira un jour.
Mais quand apparaîtra Ernesto? Et qui est-il? Cette découverte est un moment fort du livre. Il vaut donc mieux ne pas lire la quatrième de couverture avant d'entamer ce gros roman, et surtout, ne pas consulter les avis des lecteurs qui vendent la mèche dans leurs commentaires et privent ainsi celui qui va entrer dans l'histoire du plaisir de la surprise.
Pas un temps mort dans cette formidable aventure qui nous fait faire des découvertes dans tous les domaines.
J'ai éprouvé une autre grande satisfaction. C'est celle d'avoir déjà lu « Le club des incorrigibles optimistes » et de pouvoir retrouver, dans ce deuxième roman, des personnages du premier. De me dire: « tout le monde se demande où a disparu untel et ce qu'il est devenu, et moi, je le sais! ».
J'ai éprouvé beaucoup d'admiration pour Joseph, capable de faire ce qui me paraît impossible: mettre les mauvais moments derrière lui et pardonner. Même âgé de cent ans, Joseph sait tirer un trait sur le passé et regarder vers l'avant.
Ce livre compte cinq cent trente-cinq pages, pourtant, j'en ralentissais la lecture parce que je n'avais pas envie de quitter Joseph et son univers.
Je peux donc dire que j'ai adoré et je le recommande chaudement.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Joseph K., héros de Kafka et incorrigible optimiste, 16 octobre 2012
Par 
jay (Paris) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La vie rêvée d'Ernesto G. (Broché)
Après avoir été enthousiasmée par « Le club des incorrigibles optimistes », j'ai entamé la lecture de « La vie rêvée d'Ernesto G. » avec un mélange d'envie et d'appréhension. Je n'ai pas du tout été déçue par ce second roman qui, sans être la suite directe, a une grande fraternité avec le premier. Le voyage pourrait paraître similaire : Paris, l'Algérie et les pays de l'Est mais les étapes sont traitées différemment. Paris n'est plus le centre de l'action. L'Algérie est vécue avant et pendant la deuxième guerre mondiale et non pendant les « évènements ». Quant aux pays de l'Est, la Tchécoslovaquie est au centre même si les pays « amis » sont évoqués et le communisme est vu ici par un homme qui reste dans son pays. Les personnages ont des points communs également : hommes et femmes malmenés par l'Histoire (Joseph, le héros, en premier lieu), personnages féminins aux antipodes de la potiche (il est d'ailleurs ici fortement question de féminisme), personnages historiques (dont l'Ernesto G. dont l'initiale est comme une devinette tandis que Sartre, Kessel ou même Noureev éclairaient le précédent roman). Un des incorrigibles optimistes du précédent roman revient même faire un tour de piste. Encore dans les détails, les clins d'oeil surgissent, qu'il s'agisse d'une partie d'échecs ou d'un homme toujours avec un livre à la main. Dans la forme aussi, il y a des permanences et des variantes. Quand, dans le premier roman, l'auteur confrontait le passé et le présent dans la narration, dans le second, il alterne plutôt les points de vue et les formes employées (narration omnisciente, pensées, lettres, journal ou rapports, tous signalés par des typographies différentes). Mais si ce second roman reprend des éléments du premier, il n'est en rien répétitif. Il donne plutôt l'impression de composer une fresque, d'intégrer une oeuvre plus large qui m'évoque les auteurs du XIXe siècle. Après « la Comédie humaine » de Balzac, Guenassia nous propose-t-il une « Comédie communiste » ? J'aimerais bien savoir s'il souhaite poursuivre cette démarche dans son prochain roman ou amorcer une rupture...

En tout cas, je suis prête à suivre cet auteur encore, qui, malgré les atrocités de l'Histoire, parvient à préserver des éclats de vie et d'espoir. Coups du sort et autres avanies semblent là aussi pour rehausser les bonheurs, les joies et les moments partagés avec les proches. J'aime toujours autant la fluidité de son style et la justesse avec laquelle il saisit les sentiments et les comportements. Il y a peut-être un peu moins d'humour que dans son précédent roman mais peut-être un peu plus d'émotion.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Une imagination fertile, 6 décembre 2012
Par 
Dr King - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : La vie rêvée d'Ernesto G. (Broché)
Voici un roman mi-fiction, mi-histoire qui raconte la vie d'un médecin tchécoslovaque au vingtième siècle. C'est la vie et le parcours de Joseph Kaplan que l'on découvre à travers ce roman. Un médecin donc, qui va traverser les pays et continents pour y pratiquer la médecine et faire des recherches compliquées. Mais ses origines et surtout ses racines juives vont lui amener de nombreuses contrariétés. Il fuit donc son pays d'origine, se retrouve à finir ses études à Paris puis prend la direction d'Alger où il travaillera pour l'institut Pasteur. Mais en ce début de second conflit mondial, il est prévenu de rafles en cours à Alger par son directeur qui lui permet également de se cacher. Après plusieurs années de solitude, il redécouvre les loisirs de la liberté mais est de nouveau obligé de partir, et revient s'installer avec sa femme en Tchécoslovaquie. Et c'est dans un pays rongé par le totalitarisme et qui vit sous le joug de son voisin russe que le Dr Kaplan va être obligé de prendre dans son sanatorium un patient et faire transférer les autres dans les hôpitaux alentour. C'est un ordre intimé par la sécurité intérieure...
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Un peu de déception..., 4 mai 2014
Par 
Talon Andre (france) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La vie rêvée d'Ernesto G. (Poche)
j'avais lu avec beaucoup de plaisir le 1er roman de JM.Guenassia et en comparaison, j'ai été déçu par celui-ci. La déception n'est pas relatif au "compte" car ce récit fourmille de personnages (un peu trop d'ailleurs et il devient plus intéressant quand l'histoire se concentre sur peu d'entre eux) et d récits, mais il manque beaucoup de "sens", c'est un peu creux et heureusement qu'il y a l'Histoire (de la guerre, du communisme) pour donner un peu d'épaisseur à ce roman.
La lecture reste plaisante et on passe un bon moment, mais totalement sans passion.
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5.0 étoiles sur 5 Le plaisir de la lecture avec JM Guenasssia, 15 octobre 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : La vie rêvée d'Ernesto G. (Broché)
Après les émotions offertes par la lecture du passionnant roman « Le club des incorrigibles optimistes », je me suis plongé avidement dans le second roman de JM Guenassia « La vie rêvée d’Ernesto G ». Si l’identification au personnage principal du roman, Joseph Kaplan médecin Pragois, est bien évidemment plus difficile qu’avec le jeune narrateur du « Club » Michel Marini, même âge que moi à l’époque, mêmes souvenirs, même vécu pour un certain nombre de situations, ce nouveau roman n’en est pas moins aussi passionnant et nous replonge dans une autre grande saga historique avec la rencontre de nombreux personnages, dont certains figurant dans « le Club ». JM Guenassia maîtrise parfaitement cette conjonction de destins et, une fois encore, sait remarquablement intégrer les parties romanesques dans sa traversée de l’histoire du XXème siècle, toujours bien documentée, avec ses rêves parfois déçus, ses illusions souvent perdues, ses tragédies mais aussi finalement avec la vie qui reprend toujours le dessus, ce qui est, de nos jours, bien réconfortant !
Bernanos a écrit : « Si l’optimiste est un imbécile heureux, le pessimiste en est un, malheureux. » Avec JM Guenassia on a envie d’être un imbécile heureux !
« La vie rêvée d’Ernesto G » est un roman bien écrit, très vivant et passionnant de bout en bout tant JM Guenassia sait remarquablement maintenir le souffle et le suspens de ses romans jusqu’à la dernière page. Quand l’histoire est finie, on se sent « orphelin » et il ne nous reste plus qu’à attendre impatiemment la suite de toutes ces aventures qui, je l’espère, aboutiront à une suite de l’inoubliable « Club des incorrigibles optimistes ».
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4.0 étoiles sur 5 La désillusion du siècle passé, 6 février 2013
Par 
Cetalir "Cetalir" (France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : La vie rêvée d'Ernesto G. (Broché)
Jean-Michel Guenassia s'était fait connaître avec le « Club des Incorrigibles » récompensé du Prix Goncourt des lycéens en 2009. Comme il l'explique dans une interview disponible sur YouTube, il a longtemps cherché à donner une suite à ce roman y renonçant finalement devant la difficulté à faire revivre ses personnages dans un nouveau contexte. C'est alors que l'idée lui est venue de concevoir un nouveau personnage qui va devenir le point central de son nouveau roman « La vie rêvée d'Ernesto G. ».

Ce sera, Joseph Kaplan, qui traversera le siècle. Né en 1910 à Prague, il fête son centième anniversaire un siècle plus tard, ultime témoin d'une vie qui aura vu les pires abominations de l'histoire humaine, le vingtième siècle n'ayant pas été avare d'horreurs sans précédent. Comme le Josef K. du Château de Kafka auquel il est fait un explicite clin d'aeil, il aura été le jouet de l'Histoire, pris dans le tourment des guerres et des révolutions qui ont balayé cent années d'une existence peu banale.

Joseph Kaplan est un homme profondément attachant parce que viscéralement fidèle en amitié comme en amour, dévoué et capable de se livrer corps et âme à des projets susceptibles de changer le monde sans chercher à en tirer le moindre profit personnel. C'est ce qui en fait la force mais aussi la limite quand autour de lui les trahisons, les revirements, la paranoïa sous toutes ses formes se mettent à frapper aussi aveuglement que férocement.

Cet amoureux de Gardel dont il possède tous les disques aurait pu avoir une vie facile. Bel homme, danseur exceptionnel, il collectionnait les conquêtes féminines pendant ses études de médecine commencées à Prague et poursuivie à Paris. Repéré pour son intelligence et ses travaux, il sera embauché par l'Institut Pasteur et envoyé à Alger pour y travailler sur la mise au point de vaccins propres à combattre les virus qui déciment cheptels et hommes.

Avec la seconde guerre et les rafles de juifs qui s'abattent sur l'Algérie, il lui faudra fuir dans le bled, y survivre trois ans avant que de décider, la guerre à peine achevée, de retourner en Tchécoslovaquie avec la femme de sa vie, Christine, autour de laquelle se structurent les deux-tiers du roman. Il y trouvera un pays ravagé par la guerre et emporté par l'utopie communiste. Il y passera la fin de ses jours et y connaîtra la gloire comme la peine la plus extrême.

Alors qu'il aurait pu fuir au moment où les frontières se sont ouvertes pour trois mois, lors du printemps de Prague, il restera sur place pour protéger sa fille Héléna, point d'ancrage du dernier tiers du roman. Devenu responsable d'un sanatorium perdu loin de tout, il recevra alors, sur ordre de la terrible police secrète, un malade urugayen, Ernesto G., ravagé par la tuberculose, le paludisme et la dysenterie. Un homme au passé glorieux que nous découvrirons avec lui, personnage historique dont on découvre ici une page de sa vie méconnue même si elle fait l'objet d'ici d'une version romancée. C'est avec cet épisode que sa vie basculera définitivement. Envolées les dernières illusions, il ne restera plus du communisme qu'un régime froid, manipulateur, profondément destructeur pour lequel les vies ne comptent pas sauf à faire avancer une cause devenue folle, dogmatique et sans but. Un régime qui finira par s'écrouler de lui-même non sans avoir détruit autour de Joseph bien des destins, bien des histoires, bien des êtres.

L'auteur, à travers cette longue fresque romanesque, nous rappelle que le siècle passé fut un long siècle plein de désenchantement où beaucoup devinrent martyrs et peu des héros malgré eux. Il n'est pas certain que le vingt-et-unième siècle fasse mieux...

Un beau livre qui se lit avec intérêt sans toutefois susciter de la passion.

Retrouvez mes notes de lecture sur thierrycollet-cetalir.blogspot.com
Publié aux Editions Albin Michel - 2012 - 535 pages
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3.0 étoiles sur 5 moins inspiré que le "Club", 11 février 2015
Ce commentaire fait référence à cette édition : La vie rêvée d'Ernesto G. (Poche)
Tout comme certains, j'ai découvert cet auteur avec son premier livre, "Le club des incorrigibles optimistes" Dont j'ai adoré l'elan, l'atml'atmosphère et la subtitlé avec laquelle l'auteur a saisi les personnages et leurs états d'âme. En comparaison, ce second livre m'a plutot décue en depit de la vie a reborebondissements de son principal heros. Je trouve qu'il est moins inspiré, plus "calculé" que le premier, un Peu creux même...En fait, pendant les 100 premieres pages le héros ne fait que danser, et sortir avec ses amis et je trouve que ca manque d'interet, c'est assez plat et repetitif. Ensuitte, sa vie commence a prendre tournure sur fond d'evenements historiques plus ou moins compliques qui donnent de l'epaisseur au recit.
Cela reste une lecture plaisante mais n'est pas aussi attachant et inspiré que le "Club". J'ai bien aimé les quelques liens que l'auteur fait vers la fin du livre avec les prsonnages du "Club".
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La vie rêvée d'Ernesto G.
La vie rêvée d'Ernesto G. de Jean-Michel Guenassia (Poche - 8 janvier 2014)
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