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"La Grande peur des bien-pensants" (paru en 1931) est l’essai-pamphlet dont la postérité fut la plus grande pour son auteur Georges Bernanos (1888-1948). D’abord, précisons que ce n’est pas une œuvre de jeunesse puisque l’auteur avait 43 ans lorsqu’il rendit hommage à Édouard Drumont : qui était un authentique révolté de la droite anarchiste et sensible à la question sociale (il ne fut pas qu’un antisémite comme le dit l’étiquette...)

Cet ouvrage peut être placé à côté de « L'Exégèse des lieux communs » (1902) de Léon Bloy ; toutefois, la grande différence entre les deux hommes et les deux essais c'est l’expérience pour la France et les français de la guerre de 14-18 et le contexte des années 1920-1930 qui donnent une tonalité propre à la colère antibourgeoise et antilibéral du chrétien révolté qu'était Georges Bernanos (judéocritique et en même temps résistant en 1940).

Je conseille cet essai comme premier Bernanos à lire et à avoir, je trouve qu’il a mieux vieilli que certains de ses romans (Je ne dis pas que les romans sont moins biens, je dis simplement qu’ils ont un peu pris de l’âge. Ainsi, pour pouvoir lire de grands romans comme le "Journal d’un curé de Campagne" (1936) - Lisez "La Grande peur des bien-pensants" en premier ou en même temps.
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La grande peur des bien-pensants est celle décrite par Georges Bernanos en 1930, des bourgeois chrétiens de la fin du XIX° siècle, dont la richesse, issue et sanctuarisée par la Révolution française de 1789, les conduit à vouloir toujours détenir plus de capital, écraser les pauvres, dénaturant le travail, se gorgeant du fruit du travail des autres, rétive au risque, conservatrice pétrifiée. Les idéaux de cette bourgeoisie se clament fort et s'écroulent à la première pichenette. L'âme de la France n'est plus. La France est aux mains de capitalistes qui ne partagent plus la Foi de cette Fille aînée de l'Eglise, qui a forgé l'Histoire de notre Nation. Bernanos entreprend donc l'éloge de Edouard Drumont, preux chevalier à avoir voulu défendre les idéaux de la Nation, en combattant ceux qui, d'après lui, militaient activement pour s'en enrichir et la dépraver : les Juifs.

Il est dur pour un lecteur du XXI° siècle de comprendre les ressorts de l'antisémitisme de la fin du XIX°. La Barbarie nazie a démontré le paroxysme de la haine de l'Autre en ayant voulu détruire toute existence juive. Il importe, non pas d'oublier ce que la haine radicale peut produire, mais de ne pas faire l'histoire à l'envers et de condamner l'antisémitisme militant de Drumont avec le regard ulcéré des camps d'extermination nazis. L'antisémitisme, mot créé en cette fin de XIX° siècle faisait le pendant d'un autre vocable abondamment utilisé, d'anticléricalisme, qui aboutit entre autres au bannissement de congrégations religieuses catholiques et à la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905. Etre anticlérical ne signifiait pas (forcément) être anti-catholique. Bernanos lui-même, catholique fervent, se définissait comme anticlérical, distinguant la fonction politique de la religieuse. Cependant il importe de se rappeler le climat violent anticlérical et anti-catholique qui prévalait à cette époque : le système des fiches institué par le général André qui renseignant avec le concours très actif de la franc-maçonnerie la confession catholique des officiers leur barrant tout avancement et provoquant souvent leurs démissions, la préparation de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat (1905) en furent des manifestations nationales très sensibles.

Drumont fut antisémite dans sa lutte contre les Juifs qui détenaient les pouvoirs financiers (Banques), de presse et politiques. Il fustige les complices du scandale de Panama, les corruptions diverses notamment dans le camp radical (Clémenceau) qui l'amenèrent à se battre plusieurs fois en duel : épée, pistolet. Car le Peuple Juif a son génie, ses lois, ses commandements, son histoire. Apatride, il imposait, avec ses complicités allemandes dénoncées par un ami de Drumont, Léon Daudet, collaborateur à la "Libre Parole", organe de presse fondé et dirigé par Drumont, une vision politique à la France qui sapait ses fondements. L'erreur d'avoir confondu la tenue de ses pouvoirs par les Juifs oubliant que s'ils en avaient été écartés, ils auraient été remplacés par aussi capitalistes qu'eux, est donc marginale par rapport à ce concept de "sans patrie" qui caractérisait le Peuple Juif en ces temps-là, depuis la dispersion par Titus.

L'ouvrage est donc difficile à lire. Il heurte très souvent, conduit au sentiment de révolte, nourri de l'incompréhension. Comment pensaient certains de ces intellectuels en la fin du XIX° siècle après l'écrasement de la Commune (les pages de Drumont pour la défense de la Commune sont belles et le rapprochent de Karl Marx), la tentative de coup d'Etat qui fit long feu avec le général Boulanger, la montée du pouvoir allemand (Bismark) ? Les lectures d'ouvrages de Léon Daudet me mettent sur la voie. Cette époque très lointaine ne l'était cependant pas pour Bernanos. En 1930, ce dernier en ressentait les mêmes traits.

Essayer de comprendre ne signifie pas cautionner. Les réductions de Drumont sont infamantes, réduisant l'être à son appartenance systématisée à un "Peuple". Bernanos aurait dû s'en souvenir. Combien de soldats français, patriotes exemplaires ont versé leur sang pour la Nation en étant de confession juive !
Le raisonnement est donc partiel.
Mon questionnement sur ces failles et limites, nourri de cette lecture, se poursuit.

Annonçant la guerre à venir, Bernanos, qui prit la défense des Républicains contre Franco, écrit :

"Ces prévisions, je le crains, vont faire pleurer de rire un certain nombre de gens obèses qui veulent absolument que la dernière guerre ait été l'oeuvre d'une poignée de hobreaux poméraniens ligués contre les vertueuses nations anglo-saxonnes et voient toujours la Révolution sous les espèces naïves d'un ouvrier culotté de velours finalement mené au poste par le bon sergent de ville, à la demande d'un monsieur en redingote décoré de la légion d'honneur. L'inconscience véritablement stupéfiante de ces lâches finit par les égaler aux plus braves: tant qu'ils pourront déguiser un de leurs chiens en gendarme, l'autre en juge et le troisième en agent du fisc, ils vivront de biscuits et de conserves au milieu de la ville en flammes attendant tranquillement d'heure en heure la victoire du parti de l'Ordre. Qu'ils l'attendent donc ! Nul homme capable de pitié n'aurait le triste courage de cacher à la jeunesse de notre pays une vérité désormais trop évidente, qui la vise entre les deux yeux ainsi que la bouche noire d'un browning: la guerre est l'état normal, naturel,n nécessaire d'une société qui se flatte de ne devoir absolument rien aux expériences du passé, s'organise pour suivre pas à pas la science dans ses perpétuelles transformations. La loi de ce monde sera la plus dure des lois biologiques, celle de la concurrence vitale. Il se condamne à détruire sans cesse sous peine de fixation, d'arrêt, c'est-à-dire de mort. D'ailleurs toute destruction est légitime, puisqu'elle ouvre la voie au progrès, coupe à l'humanité en marche le chemin de la retraite." - p. 355

Cette bourgeoisie pétrifiée, fut communément la cible d'intellectuels de tous bords, aimant la France. Je pense précisément aux critiques acérées de Marc Bloch -L'Etrange Défaite - et à celles de Léon Blum - A l'échelle humaine.
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le 7 septembre 2011
Ce remarquable livre est bien évidemment à replacer dans son contexte, tant celui de sa date de création que sa place dans l'oeuvre de Bernanos. Ce livre est aussi un hommage à celui que Georges Bernanos appelait "mon maître" : Edouard Drumont. La réputation sulfureuse que confère une lecture actuelle de cet auteur peut amener à une interprétation erronée de ce livre. Mais voilà, éclairée tant sur l'époque fustigée que sur le "maître", qu'une société bien-pensante - celle de 2011- qui ne l'a même pas lu vous à la géhenne, "la grande peur des biens pensants" brosse un tableau critique, féroce de ces notables dont certains ont été glorifiés par une légende républicaine bien écrite et qui n'en demeure pas moins mensongère. Le style de Bernanos, son engagement servi par une intelligence rare posent un regard nécessaire sur des temps qui ont plus d'importance sur notre temps qu'on ne le pense et sur les moeurs de la république.
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le 22 mars 2013
Petit livre de Bernanos pour fustiger, selon ses conceptions propres d'écrivain catholique, l'attitude pusillanime de rejet qu'ont eue la bourgeoisie conservatrice et l' église à l'égard de Drumont du temps de sa "splendeur". Ces mêmes conservateurs qui s'aplatirent devant une IIIè république arrogante, anti-cléricale, laïcarde et corrompue que Bernanos exécrait.
Il est très révélateur de remarquer qu'au début du 19ème siècle, la "bien-pensance" était l'apanage des catholiques traditionalistes, et qu'elle est devenue aujourd'hui emblématique du droit-de-l'hommisme et de l'antiracisme hystérique de la gauche.
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le 16 décembre 2009
Un livre de référence, à coupler bien sûr avec "les grands cimetières sous la lune", etc. L'avantage, avec Bernanos, c'est qu'on ne peut contester son honnêteté, à lui qui a dit, alors qu'on l'invitait à l'Académie française : "Le jour où je n'aurai plus que mes fesses pour penser, j'irai les asseoir là-bas" (ou à peu-près)
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le 1 juin 2013
Livre sympathique, quoique pas forcément évident à lire ! A travers la description de la vie de Drumont, c'est une critique sous-jacente de ces conservateurs bien prompts à se révolter contre des lois touchant leurs intérêts mais qui se laisseront toujours faire. A lire en ce moment !
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le 13 avril 2013
Bernanos empreint d'anti-sémitisme, c'est à découvrir, lui qui a été proche de la spiritualité ! Le format du livre de poche est sympa et facilement transportable
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le 13 mars 2013
Je n'ai pas de critiques vraiment importantes à faire et donc je ne me rappelle pas de celles qu'il faudrait faire, le cas échéant.
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le 26 juin 2011
Et Georges n'avait pas mûri. Un peu moins de passion et un peu plus de tête style Aron auraient fait tant de bien à notre catholique de choc ... toute sa vie
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le 21 février 2013
je n ai mis qu une note mauvaise car très déçu par l ouvrage .L oeuvre date .La seule chose importante est la découverte que Bernanos avait pris position dans la guerre d Espagne au même rang que Malraux mais sans l action .
une biographie de bernanos est certainement plus interresssante que cet ouvrage
A deonceille a ceux qui aime le bon style la synyaxe simple et le bon gout
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