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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une histiore travestie en légende., 31 août 2014
Par 
Abenaki "Livre et musique" (Gard et Paris) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Spartacus (Broché)
Bien écris et facile à lire, voici un ouvrage que je conseille sincèrement sur un personnage qui demeure assez énigmatique car n'étant le héros d'aucune nation, d'aucun peuple, pas même vraiment d'un mouvement.
SPARTACUS.. C'est un nom qui claque. Lire l'ouvrage de Teyssier, c'est aussi en coller une à la légende du personnage. Nous avons ici une belle preuve que le cinéma n'est pas un cours d'histoire. Et tous ceux qui pensent connaître l'histoire du révolté thrace grâce au film (chef-d'œuvre du reste) de Kubrick vont devoir réviser leurs fiches.

Tout d'abord, l'auteur nous présente l'époque et la société romaine. Puis nous donne un cours en quelques pages seulement sur l'histoire de la gladiature. Très intéressant. On s'aperçoit alors très vite que les gladiateurs au temps des faits (-73/-71 av. J.-C.), n'ont plus grand chose à voir avec ceux de la Rome du IIème ou IIIème siècle de notre ère.
La révolte de Spartacus n'avait certainement pas pour but de mener des dizaine de milliers d'esclaves et/ou de gladiateurs hors d'Italie. Teyssier nous explique clairement qu'à l'origine, ils n'étaient que quelques dizaines et que le Thrace aurait probablement préféré que cela reste ainsi. Ils seraient alors devenu un groupe de renégats parmi tant d'autres à travers tout l'Empire naissante, particulièrement redoutable certes du fait d'être tous des gladiateurs, mais avec le temps, le Sénat les auraient peut-être bien oublié.
Mais leurs premiers succès contre les toutes premières légions romaines, leur audace aussi et leur efficacité ont fait ameuter des dizaines, puis des centaines et enfin des milliers d'esclaves venant de partout. Et c'est sans le vouloir que Spartacus s'est retrouvé avec une armée improvisée.
Les gladiateurs étant la lie de la société chez les Romains, ils ne furent guère pris au sérieux et surtout, le Sénat ne voulut pas les considérer comme des ennemis digne d'intérêt. Ce fut la grosse erreur du Sénat et de Rome. Cela résultera sur presque deux ans de guerre.

L'aubaine des révoltés fut aussi l'époque. A ce moment là, Rome avait envoyé ses meilleurs généraux faire la guerre avec leurs meilleurs légions en Espagne d'une part (Pompée contre Sertorius) et de l'autre il y avait la guerre en Bythinie contre Mithridate VI, roi de Pont (Légions romaines commandées par Lucullus). A ceci s'ajouta les pirates qui harcelaient très efficacement les navires de ravitaillement pour Rome et les braises d'une guerre civile non encore complètement éteintes. Donc les conditions étaient idéalisées pour la révolte des esclaves.
Maintenant il faut bien voir les faits d'un point de vue historique. Loin d'être un combattant pour la liberté des esclaves, Spartacus étaient avant tout un gladiateur évadé d'une école de gladiateurs (à Capoue). Son armée probablement non désirée devenant un "pot pourri" multilingues, les ethnies très diverses, beaucoup d'entre eux n'étant attendu nul part, l'idée de quitter l'Italie s'est imposée plus qu'elle ne fut un but. Mais après la première désillusion (impossibilité de traverser le Pô) et l'illusion sicilienne, force est de reconnaître que l'exode des révoltés étaient sans but. Rien à voir donc avec le film de Kubrick. Il ne fut jamais question de marcher sur Rome (pas de machine de siège). Les chefs étaient nombreux, le seul moyen de se faire à peu près comprendre était des rudiments de latin. Bref, Spartacus n'était pas le chef suprême. Il fut même parfois contesté, perdit de nombreux alliés qui se détachèrent de lui (pour aller se faire massacrer ailleurs), et c'est visiblement contre son grès qu'il mena la dernière bataille qui semblait perdue d'avance.

Autre image d'Épinal écornée : il n'y avait probablement guère de femmes, d'enfants ou de vieillards dans l'armée de Spartacus. Trop handicapant, ils auraient considérablement ralenti une si importante troupe dont l'un des principaux moyens de survie était d'être constituée de personnes qui lui étaient utile. Encore un exemple? Les gladiateurs révoltés n'épargnaient pas leurs prisonniers romains. Ils furent des centaines (peut-être des milliers) à être exécutés ou immolés. Nous sommes très loin d'un guide "Moïsien" avec un immense mouvement de solidarité vers la liberté. Chacun se battait plus pour soit même plutôt que pour tous.
Enfin nous apprenons aussi que la mort par la crucifixion de masse que connurent les derniers survivants (estimés à 6000 sur...environ 80 000 à 100 000) était une peine réservée au rebut de l'humanité chez les Romains. Les révoltés savaient donc tout à fait ce que pouvait avoir comme conséquence une défaite et que la mort sur le champ de bataille était la meilleure fin qu'ils pouvaient espérer. Là-dessus l'auteur exagère à mon avis un peu sur les bilans des batailles. Ne dit il pas que si une armée de 10 000 Romains étaient vaincus, Rome perdaient 10 000 soldats? Il n'y avait donc jamais de survivant dans les batailles? Il en va de même pour chaque affrontement.

Tout au long de la lecture des comparaisons sont régulièrement faite entre Spartacus, qui en passant semblerait avoir eu des origines nobles, et l'ennemi qui 150 ans plutôt traumatisa Rome : Hannibal. Mais plus encore avec Vercingétorix. Je note que Teyssier un moment affirme que le Thrace et l'Arverne eurent comme point commun de connaître nombre de victoires avant la défaite. A ma connaissance la seule victoire de Vercingétorix fut Gergovie. mais passons (d'après le "Vercingétorix" de J. Harmand), je ne suis pas historien....
Au finale, cette guerre, appelée "la troisième guerre servile", aura eu pour conséquence que les Romains se seront d'avantage méfiés par la suite et des esclaves et des gladiateurs. Mais elle n'aura rien changé aux conditions des esclaves. 20 ans plus tard c'est avec des centaines de milliers d'esclaves que Jules césar reviendra de sa victoire sur les Gaulois. On peut, je pense, juste dire que la troisième guerre servile a accéléré des évènements politiques qui auraient probablement eu lieu de toute façon. Si ce n'est l'émergence de Jules César, qui ne joua aucun rôle lors des faits, mais dont l'accélération des conséquences politiques lui donna une occasion qu'il saisit, devenir le troisième homme du premier Triumvirat (avec Crassus et Pompée). Dire que la révolte de Spartacus fut un évènement historique majeure est une vérité en demi-teinte.

A la tête d'une armée aux origines et intérêts souvent très diverses, une armée qu'il ne parvint jamais à vraiment unifier, Spartacus ne fut à aucun moment un prophète, un guide ou un révolutionnaire (il n'a jamais cherché à changer la société romaine). L'auteur exprime brillamment cette erreur si courante de projeter sur des personnes ayant vécu en leur temps avec les idées et valeurs de leur temps, des idées et des valeurs de notre XXème-XXIème siècle. Commettre cette erreur contribue systématiquement à ne rien comprendre ou fort peu l'histoire des hommes concernés.
La troisième guerre servile fut une irruption de violence soudaine et tout à fait imprévue au pied du Vésuve, comme une prémonition, qui mit en lumière les faiblesse de la Rome d'alors mais aussi sa capacité d'adaptation. Menée par un tacticien aux talents évidents, avec un coup d'œil certain, excellent organisateur aussi, sa révolte, si elle a eu quelques petites chances de mener à la victoire (il aurait suffit de traverser le Pô ou d'éviter la trahison des pirates) a peut-être, j'écris bien peut-être, plus été un conflit perdu d'avance.
Malheur aux vaincus.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 une référence, 14 novembre 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Spartacus (Broché)
Le meilleur ouvrage sur ce personnage a la fois énigmatique et fascinant
Une écriture facile. On se retrouve tout de suite plongé dans cette belle aventure humaine.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Très bon livre, 13 mars 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Spartacus (Broché)
Ce livre est très détaillé et tout est bien expliqué, il a complètement changé l'image que je me faisais de Spartacus et de cette révolte.
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Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 tres bon, 13 mars 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Spartacus (Broché)
livre je le conseil a tous les fans de la serie qui veulent en savoir plus sur l' histoire de spartacus
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Spartacus de Eric TEYSSIER (Broché - 5 janvier 2012)
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