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5.0 étoiles sur 5 vie d'un vrai homme politique
bio de Clémenceau.

Pour la première biographie que je lis, c'est un régal. On se promène de la guerre de 70 à la grande Guerre et même un peu après. 600 pages pour raconter la vie d'un véritable homme politique sans parti réel (radsoc mais même pas soutenu la plupart du temps par son parti). J'étais...
Publié le 29 août 2011 par monsieur Mojette

versus
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1.0 étoiles sur 5 Biographie ou hagiographie ?
Clemenceau est l'un des grands personnages qui ont marqué non seulement notre histoire mais celle du monde par le rôle essentiel qu'il a joué dans la négociation du traité de Versailles. Traité qui devait apporter une paix inaltérable qui malheureusement volera en éclat 20 ans plus tard dans un conflit mondial des plus...
Publié il y a 7 mois par Duquesnoy


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23 internautes sur 26 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 vie d'un vrai homme politique, 29 août 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Clemenceau (Broché)
bio de Clémenceau.

Pour la première biographie que je lis, c'est un régal. On se promène de la guerre de 70 à la grande Guerre et même un peu après. 600 pages pour raconter la vie d'un véritable homme politique sans parti réel (radsoc mais même pas soutenu la plupart du temps par son parti). J'étais loin d'imaginer sa vie et je pensais que seul Zola avait défendu Dreyfus alors que Clémenceau a eu un impact fort sur ce dossier comme celui de la séparation de l'eglise et de l'état, ou son engagement pour l'abandon des colonies. L'épisode de la première guerre mondiale montre qu'un retraité de plus de 60 ans peut conduire à bout de bras une nation, après avoir tenu l'épée en duels multiples dans sa jeunesse. L'écriture est alerte et on ne s'ennuie pas sur aucun chapitre. L'auteur reste bien caché derrière son personnage ce qui est un gage de réussite pour une bio .
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5.0 étoiles sur 5 excellent, 14 février 2013
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Les passionnés d'histoire et de politique vont être gâte;. J'ai enfin compris ;la commune; et je comprend mieux le Tigre et cette periode historique.
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1.0 étoiles sur 5 Biographie ou hagiographie ?, 26 janvier 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Clemenceau (Broché)
Clemenceau est l'un des grands personnages qui ont marqué non seulement notre histoire mais celle du monde par le rôle essentiel qu'il a joué dans la négociation du traité de Versailles. Traité qui devait apporter une paix inaltérable qui malheureusement volera en éclat 20 ans plus tard dans un conflit mondial des plus dévastateurs entraînant 65 millions de morts. Face à la statue héroïque qui lui a été érigée par nos livres d'histoire dont ce dernier en souvenir du rôle capital qu'il a assumé pour la paix, cette biographie est lue avec une attention toute particulière pour cette période. C'est à à l'aune des faits et événements historiques en suivant le livre qu'il sera tenté de calquer l'approche de l'auteur sur ce point avec la réalité car nombreuses ont été les voix dont celles de grands hommes qui ont accusé ledit traité d'avoir été le ferment de la seconde guerre mondiale. Clemenceau mérite-t-il sa statue de héros, a-t-il agi avec toute la lucidité nécessaire d'un grand patriote pour préserver la paix en Europe ?
Le livre est plaisant à lire, alerte, documenté, nous suivons l'auteur dans son sillage, emporté par sa conviction plus que par notre esprit critique. Aussi, il faut s'arrêter et revenir en arrière pour examiner les faits et voir si les calques de l'histoire et de la réalité peuvent coïncider.
Il est évident que la France au sortir du conflit, terrassée par la saignée d'un 1,4 million de morts pour une population de 39 millions stagnante depuis 1880, situation aggravée par une économie atone de longue date, ne pourra se relever avant longtemps.
L'Allemagne est à l'opposé de ce schéma : en 1914 population de 68 millions massivement jeune en pleine expansion qui accomplit un bon de 33% entre 1880 et 1914 portée par une 'économie florissante, en 1914 l'Allemagne représente 8,8% du PIB mondial contre 5,3% pour la France. Malgré les amputations du traité de Versailles (1/8 de son territoire et 8 millions d'habitants) et 2,4 millions de morts elle restera, avec une industrie intacte, une puissance bien supérieure, puissance synonyme de danger incontestable pour la France et l'Europe. L'objectif du traité est de garantir la paix par des mesures adaptées et justes. Il n'échappe à personne que ce pays reste la 1ere puissance continentale, qu'elle dispose avec la rive gauche de la Rhénanie face à la faible Belgique d'un accès situé à moins de 250 km de Paris soit quelques jours de marche, faille qui aurait pu être fatale lors de la première offensive de 1914 sans une erreur stratégique du commandement allemand.
Il ressort bien que la priorité de Clemenceau outre la récupération de l'Alsace-Lorraine était de neutraliser cette rive gauche du Rhin d'une façon absolue.

Pour revenir au livre, il est piquant de remarquer que l'auteur minimise toutes les couleuvres que Clemenceau a avalé, souligne la lutte acharnée qu'il a accompli pour défendre les intérêts de la France alors qu'il s'agit de reculades intolérables, discrédite ses opposants même les plus éminents en passant sous silence leur points de vue ou en affichant des critiques hors sujet et tendancieuses et enfin agence sa démonstration avec des passages tendres ou émouvants sur la vie de Clemenceau pour déporter la narration dans le lyrisme. Il serait ici trop long de donner tous les passages liés à cette algorithme littéraire mais quelques exemples permettront au lecteur de comprendre la méthode et de se faire son opinion.

Ainsi page 456 tandis que nous sommes aux préliminaires de la négociation de l'armistice, il est écrit : Le colonel House exigea l'acceptation des 14 points de Wilson faute de quoi les Etats-Unis signeraient une paix séparée. Français et Anglais s'y rallièrent... Ce qui semble être le litige qui opposera au préalable Poincaré et Clemenceau mais ce point est évité par l'auteur et noyé dans une querelle épistolaire. Mais page 473 le traité est signé malgré les réserves de Poincaré sur la Rhénanie. Ainsi alors que nous avons subi les plus graves dommages de guerre, assuré le rôle de commandement militaire des forces alliées, fournit le plus grand contingent avec 3,7 millions d'hommes contre 300.000 pour les USA, le texte laisse à penser qu'il est normal d'accepter ce « diktat » sans discussion, émanant d'un homme étranger au continent européen mais qui entend régenter ce territoire qu'il connaît peu et alors que c'est la France seule qui reste sous la menace mortelle de l'invasion allemande. Face au mépris de notre droit élémentaire Clemenceau aurait dû se révolter, prendre l'opinion à témoin, menacer de quitter la table de négociations alliée et négocier seul avec l'Allemagne : tout cela semble la fatalité et aucune critique n'est émise.De même Foch, homme prestigieux, commandant en chef des forces alliées, qui avait réussi a conduire la France à la victoire sera systématiquement dénigré par la même rhétorique. D'emblée il s'oppose à lui sur la question de la Rhénanie mais son point de vue est tu car Clemenceau le soupçonnait d'être en coquetterie avec Poincaré. Bien plus tard, page 506, Clemenceau est en voyage aux USA et Foch le critique fort opportunément. Mais au lieu de répondre à ces attaques sévères qui mettaient en doute son intégrité, Clemenceau ne dit mot et laisse les journalistes américains le faire à sa place avec un procédé vil( ne pas répondre mais dénigrer)ce que l'auteur acquiesce en concluant « mais les américains se chargèrent de le défendre contre ce maréchal en passe de devenir une bourrique politique ». Page 538 Or voici que paraissait ce mémorial de Foch etc.. Au livre insultant, il répondra par un autre. S'ensuit tous les bienfaits que Clemenceau a prodigué à Foch( dixit Clemenceau) ; Il faut que le pays et l'étranger sache enfin la vérité. Suit un passage mélodramatique pour atteindre notre commisération Fatigué, vieilli, les yeux jaunes, le masque terreux, éprouvant des difficultés à marcher, il continue, il veut hurler la vérité.
En quoi le livre de Clemenceau répondit-il aux critiques de Foch, quelle est leur validité : nous n'en saurons rien. Nous revenons au tragique pour assister à l'agonie du vieux tigre accompagné du décor mortuaire et du lyrisme idoine : Le ciel a offert ses larmes : la pluie a transformé le chemin en bourbier etc.. sur ' de page. Arrive à la fin du chapitre l’épitaphe qui dédouane Clemenceau de toute responsabilité Outre le rétablissement … d'une vérité travestie par le livre de Foch, il avertit ses compatriotes sur le danger d'une nouvelle invasion allemande faute de vigilance. .. La France sera ce que la France aura mérité. Pons Pilate n'aurait pas dit mieux.

Elément encore plus fascinant : Clemenceau ne semble par avoir compris le « jeu de rôles » que mettront en œuvre les anglo-saxons face auxquels il va se retrouver seul puisque par son attitude dédaigneuse à l'encontre de son allié italien et son absence de soutien pour la revendication légitime du rattachement de la ville de Fiume donc en raison d'un manque de hauteur inexcusable se privant d'un allié irremplaçable et d'une carte maîtresse dans son jeu, il se trouvera balloté entre ces homologues qui prendront alternativement le masque du gentil et du méchant à son insu,ce que l'auteur accrédite. Page 470 sur la question de la Rhénanie « Furieux Clemenceau se rendit auprès de Wilson qui aussitôt rappela à l'Anglais que la parole donnée valait etc.. Loyd George céda une nouvelle fois la mort dans l'âme ». Sauf que dans les faits c'est la partie adverse qui gagne, la France n'obtient presque rien, d'une annexion, nous passons à une occupation pendant une durée de 15 ans, puis à une occupation conditionnée dont on verra le piètre résultat plus tard., Clemenceau se contentera d'une promesse d'assistance de ses alliés en cas d'agression de l'Allemagne pour laquelle le président Wilson n'avait pas mandat, donc d'une promesse creuse. De même à propos de l'annexion de la Sarre, c'est Wilson qui joue le rôle de méchant : « Wilson se montra résolument hostile à tout espèce d'annexion. Cette fois Clemenceau reçut l'appui de Loyd George et la France obtint la propriété des Mines », mais pas l'annexion : nouvelle défaite érigée en victoire par l'auteur. Mais l'aveuglement de Clemenceau se serait poursuivi pendant tout le traité quand on considère sa déclaration ambiguë formulée en 1921 à l'encontre de Loyd George : « j'ai à vous dire que, dès le lendemain de l'armistice je vous ai trouvé l'ennemi de la France ». A quoi l'autre de répondre : « Eh bien, n'est-ce pas notre politique traditionnelle. » Si on analyse bien ces propos, on peut considérer que Clemenceau n'aurait jamais fait ce reproche à son homologue dans le cadre des négociations houleuses, fait improbable, mais qu'il réalise pleinement après coup l'antagonisme de son interlocuteur, assertion dont il pourra se couvrir pour rejeter la responsabilité sur l'autre devant l'opinion. De même en 1926, lors du second voyage de Clemenceau aux USA afin d'obtenir des concessions sur le paiement des dettes de la France, démarche vaine qui ouvrira enfin ses yeux sur le visage de ses amis yankees « Clemenceau avait voulu dire leur vérité aux américains qui n'étaient plus que des hommes d'affaires ». Notons le « qui n'étaient plus » au lieu de « qui étaient » dédouanant Clemenceau de toute lucidité opportune comme si l'histoire de l'homme lui avait toujours échappé, le fait que les pays n'ont pas d'amis mais que des intérêts. Toute cette démonstration ne vise qu'à nous insérer en trame de fonds qu'il était un patriote déterminé, armé des meilleurs intentions, d'une grande intégrité dont ont profité ses alliés. Nous verrons cette plaidoirie à différents moments: « Au Sénat qui devait ratifier à son tour le traité, il avoua modestement : Nous ne faisons pas de miracle »

Les penseurs critiques n'auront pas plus voix au chapitre. Keynes, l'un des plus grands économistes du XXe qui affirma dans son livre Les conséquences économiques du Traité de Versailles de 1919 que les sommes réclamées à l'Allemagne étaient insupportables, se voit passé à la trappe et dénigré par le fait qu'il était « l'éminence grise « de Loyd George. De même Bainville, classé au rang des meilleurs historiens français du XXe sera discrédité par le syntagme « maurrassien Bainville ». Pourtant dans son ouvrage Les Conséquences politiques de la paix, publié en 1920, l'auteur analyse parfaitement la situation où l'Europe recomposée par le traité de Versailles souffre de plaies béantes : corridor de Dantzig, 3 millions de sudètes allemands rattachés à la Tchécoslovaque, Fiume, la Rhénanie, la dissension des alliées sur l'exigence des réparations, les promesses creuses de Wilson, la Pologne prise dans l'étau germano-russe, la conséquence de l'humiliation de l'Allemagne et la vengeance à venir : « Tôt ou tard, l'Allemagne sera tentée d'en user. Elle y sera même poussée par les justes duretés que les Alliés ont mises dans les autres parties de l'acte de Versailles. Tout est disposé pour faire sentir à 60 millions d'Allemands qu'ils subissaient en commun, indivisiblement, un sort pénible. Tout est disposé pour leur donner l'idée et la faculté de s'en affranchir, et les entraves elles-mêmes serviront de stimulants ». Un monument de lucidité. Mais l’anathème est quant même prononcé car l'auteur est maurrassien et son point de vue ne saurait être repris dans la Bible de l'histoire. Pourtant son verdict de 1920 était prémonitoire : « Une paix trop douce pour ce qu'elle a de dur, et trop dure pour ce qu'elle a de doux. »

D'autres aspects de la vie de Clemenceau, nous éclaireront sur la face cachée de Janus : la façon dont il a expulsé sa femme de France en profitant de son mandat politique, la façon dont il matera malgré sa fibre sociale la révolte des viticulteurs du Languedoc en faisant tirer sur la foule, son esprit anticolonialiste qui le portera à honorer lors d'un grand voyage les colonies anglaises en 1921 en étant reçu et logé par les gouverneurs britanniques mais en se gardant bien de mettre un pied dans les colonies françaises, son attitude dans le redécoupage entre la France et l'Angleterre des colonies ottomanes où Clemenceau cèdera sans discussion les puits de pétrole de Kirkouk aux Anglais.

M Winock en avant-propos pose la question « pourquoi un nouveau Clemenceau après tant de biographies.. »

Cette question reste pendante à la fin du livre, à croire quant matière historique aussi il existe des entités trop grandes pour tomber, au mépris de la vérité...
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5.0 étoiles sur 5 "Gouverner, c'est tendre jusqu'à casser, tous les ressorts du pouvoir.", Clemenceau, 14 décembre 2013
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Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Clemenceau (Broché)
Georges Clemenceau (1841 - 1929), dont le portrait fut très bien brossé sur France TV dans l'émission animée par Stéphane Bern "Secrets d'Histoire" ce mois-ci, est un homme passionnant à découvrir.

Français, il l'est dans tous ses excès : l'amour de la répartie, du bon mot, la défense du point d'honneur se réglant en duels à coups de revolver ou l'épée en main, l'amour de la Patrie, des valeurs républicaines, tout en affirmant la nécessité de respecter l'individu et ses droits. Homme de contradictions qui souvent s'évanouissent dès lors que le contexte qui les fait naître est compris, Clemenceau fut un passionné.

Michel Winock, professeur émérite à Sciences-Po, régale son lecteur des presque 700 pages de son intelligente biographie, contribuant, de manière nécessaire, à mieux appréhender les importantes pages de l'Histoire contemporaine de la défaite de Sedan, la naissance puis l'écrasement de la Commune, à la guerre de trente ans comme le préfigurait déjà, en 1915, l'historien Jacques Bainville (La guerre démocratique : Journal 1914-1915).

Clemenceau, fils de médecin "bleu" en Vendée, anticlérical, deviendra lui-même médecin. Il partit quatre années aux Etats-Unis, trouva son épouse, revint en France et fut élu de la commune de Montmartre jusqu'à la Commune. Son courage est à la hauteur de son sens aigu de l'honneur car seul, devant les émeutiers aux mains sanglantes, il voulut s'opposer au meurtre de deux officiers généraux. Il quittera la Commune, qui de mouvement patriotique antiallemand, échappa au contrôle républicain. Radical de gauche, en cette fin de XIX° siècle signifiait, avant la création des mouvements socialistes, une position à l'extrême gauche de l'Assemblée nationale où il fut député. Ses talents oratoire, sa détermination sans faille sur les principes de justice sociale, du droit, le conduisirent à défaire de nombreux gouvernements et lui valut le surnom du "Tigre": ceux-ci étaient en effet définis par la majorité, fluctuante, de l'Assemblée Nationale. Il n'hésitera pas à mettre en avant son camarade de classe le Général Boulanger, créature politique qui, lui échappant, sera son adversaire ensuite.

Georges Bernanos, dans La grande peur des bien-pensants, m'avait aidé à comprendre que le cléricalisme s'était associé à la classe des dirigeants fortunés, pour, après l'écrasement de la Commune, justifier une nécessité de retour à "l'ordre moral" imposant l'ordre tout court, et la continuité de la misère ouvrière. Bernanos, le catholique, était aussi anticlérical. Il est important d'avoir en mémoire cette association contre nature, l'Eglise dans ses idéaux, promus par les catholiques dits sociaux tels que Ozanam, ne pouvait légitimer un ordre bourgeois inégalitaire reposant sur la misère entretenue d'une classe de serviteurs. L'anticléricalisme, s'il ne se résume pas à la critique de cette mainmise "fort en gueule", ne peut pas ne pas se comprendre en ne sachant pas cela. Clemenceau sera partisan avancé, plus radical encore que Aristide Briand, de la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat (1905) que l'historien Jacques Sévilla a commenté (mais sans se référer à l'odieux du cléricalisme (Quand les catholiques étaient hors la loi).

Il fut reproché à Clemenceau ses amitiés avec un financier véreux dans l'affaire de corruption politique du canal de Panama. Winock le défend bien, démontrant les partis pris de ses adversaires, dont l'antisémite Edouard Drumont, sujet de l'ouvrage précité de Bernanos.

Clemenceau, dur sur le premier jugement de Dreyfus, fut progressivement conquis à l'idée que la justice n'avait pas été pleinement rendue. Sans prendre parti pour Dreyfus, il accepta sans retour, de défendre la nécessité d'un procès en révision. Il voulait rester sur le terrain solide du droit :

"Pour le moment, sans affirmer une innocence dont je n'ai point de preuves, je me borne à demander la loi égale pour tous, car les garanties de justice ne peuvent être supprimées à l'égard d'un seul sans que le corps social tout entier soit menacé dans son ensemble" - p.305. C'est tout à son honneur de l'avoir affirmé avant Jean Jaurès.

Rédacteur en chef du quotidien l'Aurore, il encouragera Zola à publier son article dont il trouvera le titre connu de tous : "J'accuse". Le combattant Clemenceau, convaincu de l'innocence de Dreyfus, foncera dans son combat pour la justice.

Opposant radical à Jules Ferry dans sa politique colonialiste, Clemenceau avait bien compris que l'Allemagne y trouvait un intérêt : que les Français se défoulent dans leur volonté d'expansion géographique hors de l'Europe et épuisent leurs budgets militaires dans de vaines conquêtes. Clemenceau, comme Charles Maurras, sera un homme politique éveillé au risque allemand, contrairement aux idéalistes pacifistes emmenés notamment par Jaurès.

1906 sera une année de paradoxes pour Clemenceau. Défenseurs des droits sociaux, de la semaine de 40 heures, il sera contraint, pour faire respecter la loi, en tant que ministre de l'Intérieur, de réprimer plusieurs mouvements de grèves du fait même de leur violence destructrice des biens d'autrui. Ennemi d'un nouvelle église sans dieu, pressentie dans le communisme, Clemenceau se fit d'irréductibles ennemis à gauche. Il sut aussi moderniser la police pour stopper les bandes anarchistes et de gangsters en créant ce qui devint la légende des "Brigades du Tigre".

Quand la première guerre mondiale survint, Clemenceau voulant jouer le premier rôle, s'abstint de démonter les gouvernements. L'union sacrée ne dura que quelque temps, se délitant à gauche en 1917. Une forte minorité socialiste réaffirma son attachement au pacifisme, à l'ouverture aux négociations sur les termes d'une paix blanche illusoire et infamante avec L'Allemagne. 1917 est l'année des mutineries dans l'armée, au Front, mais aussi de grèves à l'arrière. A 76 ans, Clemenceau devient président du Conseil sous la présidence de la République de Poincaré. Réaffirmer solidement le principe de guerre jusqu'au bout (mettre à genou l'Allemagne, récupérer les territoires de l'Alsace et la Lorraine annexés) passera par la lutte contre les traîtres, pacifistes meneurs et les condamnations de Caillaux et de Malvy (réclamées par Léon Daudet). Clemenceau mit fin aux malversations des pacifistes (Winock ignore - je le regrette- les travaux de Simon Epstein sur le pacifisme de gauche et ses actions jusque dans la Collaboration pendant la seconde guerre mondiale - Un paradoxe français : Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance)

Clemenceau favorisera l'unité du commandement allié en amenant Foch à assurer les fonctions de généralissime. La version des faits présentée par Winock diffère (mais il faut aller dans les nuances de la politique) de celle du Général Weygand, qui assista Foch durant toute la guerre (cf. Mémoires. tome 1 : idéal vécu).

La paix laborieusement négociée sous la pression américaine conduira à l'impasse que Jacques Bainville pressentira avec un rare talent prophétique dès 1919 dans l'ouvrage Les Conséquences politiques de la paix. Au soir de sa vie, Clemenceau, blessé par les attaques de Foch (qui avait, contre lui, promu l'annexion de la Rhénanie), écrira un testament de politique internationale, réglant ses comptes au passage aux "ânes" Briand et Poincaré, mais aussi, rappelant aux Etats-Unis, militants d'un côté comme les Britanniques, pour la montée en puissance économique de l'Allemagne en l'encourageant à ne pas payer à la France sa dette de guerre, et exigeant de l'autre de la France qu'elle paye la sienne, que les Français, dans l'attente de la montée en puissance des troupes sur le Front en 1918, avaient, pour le compte des Etats-Unis, payé en sang : Grandeurs et misères d'une victoire.

Ami du peintre Claude Monet, écrivain "immortel" (il ne siégera pourtant jamais à l'Académie Française), combattant sans relâche de la peine de mort (il obtint la grâce de celui qui lui tira des coups de pistolet dont une balle fut presque fatale), cet humaniste patriote français a sauvé la République, conduit la France dans l'affirmation de ses droits, dans son honneur national.

Le lecteur se recueille devant la mémoire de ce grand homme.
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5.0 étoiles sur 5 un grand homme, 20 janvier 2014
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un vrai démocrate bien dans son époque mais qui nous serait si utile d'avoir de nos jours comme premier ministre ou président ! il savait se faire entendre face à ses détracteurs, dans tous les cas de figure et surtout face à nos ennemis des périodes de guerre.
Merci Mr Winock, un grand homme à faire entrer au Panthéon, mais quand ? Peut-être pour le centenaire de sa mort même s'il ne voulait reposer qu'en terre vendéenne dans la plus simple simplicité !!! Merci Mr Clemenceau pour ta vigueur et ton être au service de cette France en plein apprentissage de démocratie.
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5.0 étoiles sur 5 Une biographie politique, 4 janvier 2014
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Dans cet excellent ouvrage, l'auteur nous livre avec clarté et érudition une véritable biographie politique de Clemenceau.

Ce livre permet au lecteur d'appréhender à la fois les enjeux politiques et sociaux de l'époque à travers le parcours d'un monument de l'Histoire de France.

On y découvre ainsi le "Clemenceau politique" dans un contexte de construction des valeurs républicaines, de grandes mutations économiques et d'explosion des nationalismes et des grands combats du socialisme de lutte.
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5.0 étoiles sur 5 Clemenceau, 19 avril 2013
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Médecin avant tout, journaliste, homme politique..
La volonté d'un homme au service de ses idées et de sa nation.
J'ai vraiment aimé
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5 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Très belle biographie, 10 septembre 2012
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Une biographie passionnante ou le conteste politique de l'époque est très bien expliquée. Ce qui donne un livre clair et bien écrit, à recommander.
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Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 bonne biographie, 12 février 2014
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Très bon livre sur ce personnage historique haut en couleurs!!!
Avec lui, on revisite l'histoire de France en plus!!! Bon, parfois un peu ardu, avec les méandres de la politique mais très intéressant au demeurant.
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Clemenceau
Clemenceau de Michel WINOCK (Broché - 6 janvier 2011)
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