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5.0 étoiles sur 5 Merci Madame!
La première fois que j'ai découvert Toni Morrison, je n'ai pas vu la nuit passer... Mais j'aurais été bien incapable d'analyser mon émotion.
Longtemps après, je reviens de "Home" et l'émerveillement est le même.
Les vies de Frank Money, au retour de la guerre de Corée, et de sa soeur Ycidra, sont bien loin...
Publié il y a 23 mois par Monique

versus
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3.0 étoiles sur 5 De jolis moments emprunts de mélancolie, mais une histoire trop évasive
A l'heure du grand barnum des prix littéraires, il est utile de se rappeler que Toni Morrison, c'est quand même un Prix Pulitzer et un Prix Nobel de littérature, excusez du peu. Alors forcément, même si les critiques littéraires n'avaient pas été totalement dithyrambiques à la sortie du livre, on s'attend à un roman...
Publié il y a 8 mois par Pierre-yves Champenois


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37 internautes sur 38 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Merci Madame!, 6 septembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Home (Broché)
La première fois que j'ai découvert Toni Morrison, je n'ai pas vu la nuit passer... Mais j'aurais été bien incapable d'analyser mon émotion.
Longtemps après, je reviens de "Home" et l'émerveillement est le même.
Les vies de Frank Money, au retour de la guerre de Corée, et de sa soeur Ycidra, sont bien loin d'être tranquilles et pourtant les mots de Toni Morrison ne nous agressent jamais, ils éveillent en nous toutes les émotions sans être jamais violents, nous laissent devant l'horreur parfois mais avec une immense retenue. Le lecteur veut garder espoir...et il a raison!
Si les faits construisent peu à peu, en choisissant les indices, à une superbe histoire, le style se déguste comme une gourmandise. Certaines phrases sont à relire plusieurs fois pour le bonheur tout simplement.
A ceux qui ne connaissent pas encore l'auteur, qu'ils commencent pas ce roman....
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66 internautes sur 73 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Home, not-so-sweet home, 24 août 2012
Par 
LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Home (Broché)
Même s'il n'est pas en soi très étonnant, un phénomène intéressant frappe plusieurs figures marquantes des lettres américaines. Alors que leurs débuts se sont faits sous le signe d'un style assez flamboyant (chacun le sien), ils vont avec l'âge vers toujours plus d'économie de moyens et d'effets. Philip Roth signe aujourd'hui des titres marqués aussi bien par la brièveté que par une simplicité accrue (Indignation, Nemesis / Némésis), Cormac McCarthy écrit de plus en plus à l'os (Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme, La Route), Toni Morrison explique qu'elle aussi "travaille consciemment et énormément à cela : écrire moins et dire davantage. Ne pas écrire deux pages quand une phrase peut tout contenir. C'est bien plus difficile que de s'étaler. Et c'est ce que je veux désormais. C'est à la fois une envie et une nécessité - j'ai 81 ans, il faut que je fasse vite, donc que j'écrive court!" (Télérama, août 2012).

Ce qu'on avait déjà nettement pu déceler dans son roman précédent, Un don, devient éclatant avec Home. Jamais Toni Morrison n'a écrit un livre aussi court et surtout aussi épuré. Dans Un don, on retrouvait encore son goût des ruptures (narratives, temporelles, stylistiques). Ici, plus du tout ou presque. C'est ce qui a pu faire dire à certains de ses admirateurs, même lorsqu'ils reconnaissent les grandes qualités de Home, qu'il manque à la fois de substance et de stridences. Je peux dire quant à moi que je fais partie de l'autre catégorie de lecteurs, celle qui trouve que ce roman bref et décanté est une manière de chef-d'oeuvre (pas au sens où il serait une somme mais bien plutôt une version raffinée de son oeuvre). Je souscris tout à fait à ce qui figure en 4ème de couverture de l'édition française, pour une fois bien inspirée de reproduire les critiques américaines (ici celle du New York Times) : "Ce petit roman est une sorte de pierre de Rosette de l'oeuvre de Toni Morrison. Il contient en essence tous les thèmes qui ont toujours alimenté son écriture. Home est empreint d'une petite musique feutrée semblable à celle d'un quatuor, l'accord parfait entre pur naturalisme et fable."

Cela posé, de trois choses l'une. Si vous n'avez jamais lu de roman de Toni Morrison, pourquoi ne pas commencer par celui-là? Nettement moins complexe que d'autres, il se laissera plus aisément apprivoiser, ce qui ne vous empêchera aucunement de vous diriger vers les autres pour approfondir. Si vous avez déjà lu tout ou partie de ses romans, soit ce que vous aimez chez elle, c'est justement leur complexité et leur style plus ou moins heurté et par moments volontiers poético-poétique - auquel cas ce sera peut-être quitte ou double avec celui-là - soit vous n'avez pas d'attente particulière quant à la forme qu'elle peut adopter, et vous devriez pleinement trouver votre compte à ce roman quintessencié.

Simple par son titre - mais Morrison a toujours aimé les titres ramassés, souvent des noms courts (Beloved, Sula, Jazz, Paradise...) - Home l'est aussi par sa structure. En italiques, un chapitre sur deux est écrit à la 1ère personne, celle de Frank Money, l'ancien combattant de la guerre de Corée (voir présentation de l'éditeur ci-dessus). L'autre, écrit à la 3ème personne, est consacré à un personnage différent à chaque fois (Frank ; sa soeur Cee qu'enfant il sur-protégeait et qu'il a laissée livrée à elle-même après s'être engagé ; Lenore, la grand-mère qui ne les a jamais aimés ; Lily, la femme que Frank rencontre à Seattle après être rentré de Corée). La seule entaille dans cette alternance signale le moment où tout se renoue. Car si Home est comme son titre l'indique histoire d'un retour - Frank va traverser une bonne partie des Etats-Unis pour retourner dans sa Géorgie natale - il est également le récit d'une guérison, pour la soeur moribonde comme pour le frère revenu dans un état d'indifférence que seuls viennent troubler des éclairs de violence ou d'absence.

La grande réussite de ce roman réside, outre dans la puissance d'évocation de son style, dans le fait que Morrison ne cède jamais à la tentation de trop en dire. Bien que donnant toute sa place à un arrière-plan marqué, en romancière consommée elle traite sans trop en faire ses deux grands sujets (le retour au pays de l'ancien combattant, qui plus est noir dans "une armée intégrée qui est le malheur intégré" ; la condition des femmes noires dans un Etat du Sud ségrégué des années 50) et elle ne se laisse jamais aller au discours (cela n'a pas toujours été intégralement le cas dans certains de ses livres précédents). Quand ses personnages n'ont pour certains que quelques pages pour exister, elle les caractérise et leur donne une épaisseur immédiate. Par ailleurs, alors que son personnage souffre de perdre parfois entièrement le sens des couleurs et de ce fait ne plus voir le monde qu'en noir et blanc, elle réussit quant à elle à soigneusement éviter de le dépeindre en noir et blanc. Certes ses personnages rencontrent sur leur route des êtres malfaisants, mais si Home a bien des aspects de fable, il n'est aucunement une fable naïve identifiant clairement les gentils et les méchants. Notons pour finir que demi-teintes et économie stylistique ne signifient pas que le trait ne soit pas net. Il l'est, ce qui achève de faire de ce livre du grand art.

En vertu de ce que j'ai écrit plus ci-dessus, ce roman est également une bonne porte d'entrée si vous souhaitez lire un de ses ouvrages en anglais, car c'est un des plus faciles d'accès : Home. Dans l'édition française (Home), la traduction de Christine Laferrière m'a semblé bonne, quoique manquant de rythme et de subtilité par moments. Elle trouve toutefois quelques solutions à des problèmes de traduction difficiles, et insère quelques notes de bas de page bienvenues.

Pour un tout autre regard sur la Géorgie à la même époque, celui d'un enfant issu d'une famille de pauvres blancs, ne pas hésiter à acquérir le très beau livre de souvenirs de Harry Crews, Des mules et des hommes : Une enfance, un lieu (voir mon commentaire). Un point commun : la description d'un milieu où les années 30 seraient comme il est dit dans Home non pas "ce que les riches appellent la Dépression mais la vie".
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4.0 étoiles sur 5 UN ROMAN TRES NOIR SUR LA CONDITION DES NOIRS AUX USA APRES LA GUERRE DE COREE ET LES TRAUMATISMES DES COMBATTANTS, 31 octobre 2012
Par 
Kerbrat "le blog aubouquinmalin.eklablog.fr" (france) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (TESTEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Home (Broché)
Frank Money est un soldat noir américain revenu de Corée traumatisé et inadapté à la vie sociale de la société américaine de l'époque. Il va échouer dans le vagabondage, jusqu'à ce qu'il se mette en route pour aider Cee, sa saeur qui vit en Géorgie.

C'est un roman très noir où l'on boit le calice jusqu'à la lie. Pourtant c'est si bien écrit que l'on ne tombe jamais dans le travers de l'exagération. Le roman est bref pourtant tous les personnages y compris ceux qui n'apparaissent que l'espace d'un instant contribuent à la justesse du récit, et à la description de cet univers que l'auteur vu son âge a connu. Elle nous démontre que la synthèse permet d'aller à l'essentiel et à la beauté.C'est une très belle écriture, c'est aussi très américain car peu peuvent décrire comme eux le quart monde avec ses misères et la brièveté d'une lueur d'espoir. Si vous aimez la littérature et que le soleil brille au-dessus de vous lisez le, sinon attendez que le soleil apparaisse pour profiter de ce moment superbe de littérature.
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5.0 étoiles sur 5 un grand auteur, 29 septembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Home (Broché)
N'étant pas un admirateur absolu de la littérature américaine , je dois tout de même avoué qu' après la lecture cet été de KAROO de Steve Tesich ,HOME est apparu comme un des livres marquants de 2012 .L'auteur Toni Morison déjà consacrée par le passé ,nous livre un roman où chaque mot est à sa place et tous ont leur importance :style minimaliste pour une ambiance envahissante qui permet de revisiter une Amérique d'une certaine époque avec des sentiments ambivalents de haine et d'amour sans misérabilisme et sans concession .Une bonne histoire au service de l'Histoire avec une écriture exacte et agréable :un grand auteur !
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16 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Magnifique de simplicité, 16 septembre 2012
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Home (Format Kindle)
Un bel ouvrage, qui étonne par la douce gravité de son propos. Simple mais construit, fort et poignant, un roman auquel on pense bien après avoir lu la dernière phrase. Idéalement à lire en version originale, pour profiter de son immense richesse accessible.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 De jolis moments emprunts de mélancolie, mais une histoire trop évasive, 22 novembre 2013
Par 
Pierre-yves Champenois (Lyon, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (TESTEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Home (Broché)
A l'heure du grand barnum des prix littéraires, il est utile de se rappeler que Toni Morrison, c'est quand même un Prix Pulitzer et un Prix Nobel de littérature, excusez du peu. Alors forcément, même si les critiques littéraires n'avaient pas été totalement dithyrambiques à la sortie du livre, on s'attend à un roman se rapprochant de l'excellence.

Le livre est très court (130 pages environ) et nous conte l'histoire d'un militaire américain, Frank, qui revient des ravages de la guerre de Corée (donc fin 1953 si l'on veut dater l'histoire). Il a été alerté par un courrier lui disant que sa soeur, Cee, courait un grave danger. Frank va donc n'avoir de cesse que de retrouver sa soeur chérie. Sauf que Frank est noir et que, militaire ou pas, au début des années 50 aux États-Unis le peuple noir est toujours soumis à des brimades et doit se contenter de survivre par l'exploitation des Blancs. Sa traversée du territoire américain (la première donnée géographique que l'auteur nous livre est Portland et il veut rentrer dans sa Géorgie natale !) va donc se révéler un périple physique, mais également moral au travers duquel le lecteur va découvrir au fur et à mesure ce que fût la vie de cet homme, et de ses proches.

Le style narratif est très pudique. Rarement Morrison rentre dans des détails sordides. Mais les allusions qui parsèment le livre sont autant d'indices sur ces parcours brisés par un monde trop grand pour eux. Certains passages déclenchent ainsi des flots d'émotions palpables chez le lecteur. Néanmoins, celui-ci pourra reprocher à l'auteur son souhait de ne pas développer davantage les personnages et certains moments de la vie de ces derniers. Évidemment, il est appréciable de pouvoir se faire sa propre idée et d'imaginer ce que Morrison ne dit pas. Mais il manque assurément quelques précisions par instants pour satisfaire un lectorat, peut être trop habitué à ce qu'on lui dise quoi penser certes...

Au final un bon livre, poignant lors de certains passages, mais auquel il manque un je-ne-sais-quoi qui ne le rend pas indispensable. Dommage...
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Bienvenue à la maison !, 19 décembre 2012
Par 
Mélopée (Amiens) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Home (Broché)
Vous connaissez les récits addictifs? Dans ce cas, vous devriez classer Home dans ce genre-là. J'avais entendu de très bonnes critiques dans "La grande table" de France Culture et m'était dit que ce livre-ci serait pour moi. Et quand Priceminister a lancé son opération des Matchs de la rentrée littéraire avec, en lice parmi les sélectionnés, le fameux Home, j'ai bondi sur l'occasion. Bien m'en a pris !

Le récit commence par une évasion d'un asile psychiatrique par un homme (Frank) qui, on l'apprend, a fait la guerre de Corée. Il est Noir et l'époque est marquée par la ségrégation raciale, où il ne fait pas bon être de couleurs dans les États du Sud, comme c'est le cas en Géorgie, où Frank veut retourner. Il veut aider sa soeur, Cyndra (dite Cee) qui va de galère en galère. De Seattle jusqu'à Atlanta, le périple est marqué par l'observation du racisme au quotidien, par les souvenirs de guerre, par le passé familial. Et c'en est haletant !

Le livre est bref et la narration est pourtant, ce que j'appelle, intense. Le peu de personnages nous permet une réelle proximité à leur relation et à leurs expériences passées. Le contexte est bien sûr passionnant pour qui s'intéresse à cette période trouble de l'Histoire, où Noirs et Blancs vivaient dans deux univers cloisonnés. Frank et Cee incarnent des anti-héros types, fragilisés par la vie mais luttant pour garder la tête haute.
Moi qui découvre Toni Morrison avec ce livre, j'ai été saisie par son ton incisif, ses phrases courtes et sa langue claire et sans emphase. C'est exactement le genre de livres qui sait où il va et d'où il vient, comme son personnage principal. Les tergiversations ne sont plus possibles car la réalité de la situation appelle de la réactivité et du mouvement. Tout y est là-dedans !

"Le nom de mon père, c'est Luther et celui de ma mère, Ida. Ce qu'il y a d'insensé, c'est notre nom de famille. Money. L'argent. Qu'on n'avait pas." (p. 47)

Là où je suis plutôt preneuse de livres courts et concis, flirtant avec la nouvelle, j'ai été presque déçue avec Home de devoir me contenter de seulement 150 pages. Il va sans dire que la narration se lit d'une traite et qu'on ne boude pas son plaisir face à tant de densité dans une histoire, au fond, si simple.

Pour conclure, je dois dire que je relirai Toni Morrison car cette auteur a bien l'air d'avoir de nombreuses autres pépites dans son œuvre.
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une leçon d'écriture et d'H(h)istoire, 10 octobre 2012
Par 
Philisine Cave - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Home (Broché)
Pour une première, je dois préciser « bonne pioche ». Et oui, il faut reconnaître que Toni Morrison, prix Nobel de littérature de l'année 1993 ne démérite pas et son petit dernier, Home, malgré son peu de pages, est tout simplement grandiose !

Dans Home, on découvre une famille de Noirs des années 1950, expulsée de leur Texas chéri (par un Ku Klux Klan aussi zélé que fêlé), exilée à Lotus en Géorgie. Tour à tour, on repère le grand-frère Frank (Money) ancien militaire, sa frangine Cee, la « belle-grand-mère » odieuse (une Tatie Danielle avant l'heure) et plein d'autres encore.

Lorsqu'on ouvre Home, on ne peut que respirer l'intelligence de son auteure. Toni Morrison aurait pu tomber dans le piège de la fronde à tout crin, de la rage irrationnelle et de la charge implacable du racisme et des nombreuses discriminations de l'époque (sexiste, ethnique, politique). Le Maccarthysme accompagné de la chasse aux artistes prétendus communistes bat son plein (au point de suspendre une pièce de théâtre), un exode massif des populations noires menacées à mort par un Ku Klux Klan délétère et violent s'installe, l'horreur des conflits guerriers (ici la guerre en Corée) sur les âmes humaines perdure et une installation non voulue dans une nouvelle région offre de scènes remarquables dans ce livre.
Mais cela ne suffit pas : Toni Morrison démontre à l'aide d'anecdotes du quotidien le racisme ordinaire, l'état d'esprit américain de l'époque : ici un eugénisme médical ou l'existence de cobayes à leur insu, là une maison invendable en raison d'un faciès non conforme, un combat hallucinant lié à des paris, une petite fille quémandant de la nourriture, des séquences qui entérinent l'avilissement de l'âme humaine. Chez Toni Morrison, rien n'est simple et pourtant tout paraît subtil, les personnages souffrent et montrent la difficulté de s'estimer quand l'enfance présente un déséquilibre affectif. Home relate avant tout les retrouvailles de beaux personnages, une forme de réconciliation qu'on se doit à soi-même, une reconstruction (des esprits, des corps, des cœurs, du logis), des ressources insoupçonnées qu'on trouve en chacun (la fraternité dont font preuve des infirmières illettrées), un avant pour un meilleur. Un très grand récit d'autant plus remarquable et louable en 133 pages : une vraie leçon d'écriture !
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 home not sweet home, 29 mai 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Home (Broché)
livre à la verve brute et franche. Histoire poignante. Style clair, net qui bouleverse. Madame Toni Morisson est toujours aussi proche des gens et écrit pour eux leurs souffrances historiques, familiales, sentimentales avec une telle facilité qu'on lit ce livre d'un seul jet et presque sans respirer.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 A lire, 16 mai 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Home (Broché)
On passe d'un personnage à l'autre, d'une histoire à l'autre, assez rythmé mais parfois besoin d'une boussole ! Mais c'est ce qui est amusant ! On crée un lien avec ce livre, on ne veut pas le lâcher pour ne pas perdre le fil, l'ambiance reste légère mais toujours en se demandant où cela va nous mener.
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Home de Toni MORRISON (Broché - 3 octobre 2013)
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