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4.0 étoiles sur 5 Court mais intense
Au départ je ne voulais pas trop y croire, à ce roman un peu scandaleux, tiré d'une histoire vraie. Surtout que, vu la finesse de l'ouvrage, je n'étais pas persuadé que l'histoire réussisse à être vivante et exhaustive. Pourtant si la lecture en est rapide, son récit chronographié et circonstancié en...
Publié le 19 novembre 2012 par Brice

versus
35 internautes sur 36 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 CERTES LE MONDE PEUT ETRE FOU MAIS UN AUTEUR NE DOIT PAS DEFORMER LA REALITE HISTORIQUE POUR DENONCER CE RISQUE
Après la lecture de ce livre, on est tellement "sonné" que l'on a du mal à croire qu'il s'agit d'une histoire vraie. Et après s'être documenté, on s'apercevra que l'auteur a en partie travesti la réalité pour la rendre encore plus sordide.

Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys se rend à la foire...
Publié le 2 avril 2011 par PHIL007


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35 internautes sur 36 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 CERTES LE MONDE PEUT ETRE FOU MAIS UN AUTEUR NE DOIT PAS DEFORMER LA REALITE HISTORIQUE POUR DENONCER CE RISQUE, 2 avril 2011
Par 
PHIL007 "ANACHRONIC JAZZ FAN" (france) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mangez-le si vous voulez (Poche)
Après la lecture de ce livre, on est tellement "sonné" que l'on a du mal à croire qu'il s'agit d'une histoire vraie. Et après s'être documenté, on s'apercevra que l'auteur a en partie travesti la réalité pour la rendre encore plus sordide.

Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys se rend à la foire de Hautefaye, village voisin de celui où il vient d'être élu conseiller municipal. C'est un jeune homme apprécié, un philanthrope : s'il se rend à la foire, c'est pour acheter une génisse pour une voisine et trouver un couvreur pour réparer le toit brûlé par la foudre de la grange d'un voisin. Ces deux voisins sont sans ressource.

On est en été et la chaleur est forte, la sécheresse intense, pendant la guerre franco-prussienne engagée imprudemment par Napoléon III et dont l'annonce des premières défaites angoisse les Français.

Tout à coup, on apprend qu'Alain de Monéys aurait dit "A bas les Français !" (ou "vive la république" selon les sources). Jamais il n'a prononcé ces paroles mais la rumeur se propage, s'amplifie.

Pour les paysans, profondément attaché à l'empereur et à la patrie, c'est un crime

Alain est poursuivi, torturé, lynché et immolé. Je n'en dirai pas plus pour ne pas dévoiler tout le livre.

Jean Teulé veut dénoncer la folie humaine, la bête immonde qui peut surgir en chacun de nous, comment une foule peut se transformer en horde sauvage pour par pas grand chose, justement parce que c'est une foule.

Dans son oeuvre, Zola avait souvent décrit, comme dans Germinal, ce que l'on peut devenir quand et parce qu'on fait partie dune foule excitée. Mais pas à un tel point d'atrocité. Surtout, chez Zola, il y a des raisons sociales alors que, dans le fait divers relaté par ce livre, il n'y a presque pas de raison, sauf peut-être cette grosse chaleur, pour ce qui est une régression animale.

On peut faire plusieurs reproches à ce livre : Jean Teulé prend comme fait avéré des rumeurs de cannibalisme, dues notamment à des propos attribués au maire du village (« Mangez-le si vous voulez »). Or les sources historiques sont autres :

"Le samedi 20 août, le journal "Le Nontronnais" relate le drame de la façon suivante : "Le 16 de ce mois, jour de foire à Hautefaye, un crime atroce qui nous rapporte d'emblée à la jacquerie du moyen-âge, a été commis dans cette localité, situé à environ douze kilomètres de Nontron. Voici les faits : M. Camille de Maillard, fils du maire de la commune de Beaussac et propriétaire des environs, communiquait à quelques personnes, au milieu du champ de foire, les dépêches publiées par les journaux, relatives à la bataille de Reischoffen, où nous avions été obligés de nous replier.

- Ce n'est pas vrai, dit une voix, vous ne lisez pas ce qu'il y a, les Français ne reculent jamais, vous n'êtes qu'un prussien.

M. de Maillard voulu donner quelques explications, mais inutilement ; on l'entoure, on le bouscule, on s'apprête à lui faire un mauvais parti, lorsque heureusement quelques uns de ses métayers, qui se trouvaient à portée, parviennent à le dégager, et il s'enfuit précipitamment pour se soustraire aux mauvais traitements qu'on lui préparait.

Cinq minutes ne s'étaient pas écoulées qu'un grand tumulte s'élève du champ de foire : c'étaient les mêmes forcenés qui, voyant M. de Maillard leur échapper, avaient porté leur fureur sur M. de Moneys fils, que son caractère sa situation de famille et ses opinions politiques devaient cependant sauvegarder. Après lui avoir fait crier "Vive l'Empereur ! A bas la Prusse !" et cela au milieu des injures et des vociférations d'une foule abrutie, on le frappe de coups de bâton, on le roue de coups, et on le traîne dans les ruelles du village l'espace de 600 mètres.

Le maire de la localité et quelques personnes s'étant interposées, on parvient à l'arracher des mains de ces cannibales et on le dépose dans une étable à porcs, mais dans quel état ! Les vêtements lacérés, n'ayant qu'un reste de pantalon, les favoris arrachés et une plaie béante derrière l'oreille.

Tout était-il donc fini ? Non, cette foule tout à l'heure ivre de vin, était maintenant ivre de sang. Elle redemande sa victime, on écarte les gens qui gardaient la porte, on pénètre dans ce misérable refuge, et puis, qui par un bras, qui par une jambe, on traîne de nouveau ce malheureux jeune homme sur le champ de foire. Mais l'oeuvre n'était pas tout à fait accomplie, le corps que l'on martyrisait ainsi depuis plus de deux heures, donnait encore quelques signes de vie. Alors, qu'imagine-t-on : on le dépose dans une mare desséchée, on accumule sur lui des fagots et de la paille, et ...., oui, il s'est trouvé des êtres à figure humaine qui ont mis le feu !!!

Et pendant que la victime cherchait instinctivement à repousser les atteintes de la flamme qui lui calcinait les membres, la foule hurlait autour de cet autodafé. Un instant après, M. de Moneys, tout à l'heure plein de force et de santé, chéri de sa famille, affectionné de tous ceux qui le connaissaient, n'était plus qu'un cadavre à moitié carbonisé."

Le mercredi 21 décembre 1870, 21 personnes sont condamnées à diverses peines.

Le lundi 6 février 1871, à 8h31 à Hautefaye, quatre des vingt et une personnes condamnées pour l'assassinat d'Alain de Moneys d'Ordières, sont guillotinées."

Ce livre souffre de beaucoup trop de carences.

Jean Teulé n'insiste pas assez sur le contexte économique et social, l'abus d'alcool qui en a découlé et ses effets par forte chaleur. Il ne se penche guère plus sur le contexte historique qui a joué un rôle fondamental dans se drame.

Sa description des tortures est plus que complaisante, ses accusations de cannibalismes pour le moins discutables.

Il ne pousse pas assez la réflexion sur les conséquences que peuvent avoir la rumeur, l'effet de foule. Il stigmatise les habitants d'un village qui existe encore sans laisser entendre que ce drame est lié à des conditions particulières et aurait pu, hélas, arriver dans n'importe quel autre village.

Ce faisant, il perd beaucoup en crédibilité, du moins au niveau de ce livre, et donc sa dénonciation la bête immonde qui peut surgir en CHACUN DE NOUS par effet de foule perd beaucoup de sa force. De plus, à cause de l'insistance sur les tortures, ce livre est formellement déconseillé aux jeunes. Or c'est en partie à eux qu'un tel livre pourrait s'adresser.

A ceux qui n'ont pas lu ce livre, je leur conseille plutôt Le village des «cannibales» d'Alain Cordin. A ceux qui l'ont lu, je conseille le même livre car, beaucoup plus proche de la réalité historique, il leur permettra d'avoir un récit de ce qui s'est réellement passé.

J'ai mis 1* de plus que prévu (et donc 3* au total) car je me félicite d'une édition récente en caractères gras car je suis heureux que l'on pense à ceux qui ont des difficultés de vue, signe que si l'homme peut-être fou, il peut aussi être solidaire et penser aux autres.
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8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Court mais intense, 19 novembre 2012
Par 
Brice (La Roche sur Yon) - Voir tous mes commentaires
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mangez-le si vous voulez (Poche)
Au départ je ne voulais pas trop y croire, à ce roman un peu scandaleux, tiré d'une histoire vraie. Surtout que, vu la finesse de l'ouvrage, je n'étais pas persuadé que l'histoire réussisse à être vivante et exhaustive. Pourtant si la lecture en est rapide, son récit chronographié et circonstancié en fait une histoire quasiment banale et tout à la fois abominable. Véritable roman sur la psychologie des foules, un sujet passionnant par ailleurs, il n'a pas été sans me rappeler Le rapport de Brodeck, de Philippe Claudel.
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9 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Trop d'insistance sur les tortures., 16 août 2009
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mangez-le si vous voulez (Broché)
Lire Jean teulé est toujours pour moi une gourmandise. Pour la première fois, j'ai été plus vite rassasiée avec ce "Mangez-le'". Cette histoire est atroce et inimaginable, mais trop d'insistance sur les tortures subies par le "héros" nuit au plaisir de la mascarade humaine. On se demande comment ce corps supplicié a pu tenir en vie aussi longtemps !
Cela n'enlève rien au fait que je reste une inconditionnelle de Jean Teulé.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 vous avez dit Teulé........, 16 avril 2013
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mangez-le si vous voulez (Broché)
Teulé est un auteur qu'on aime ou pas, pour ma part j'adore cet auteur. Je dévore ses livres. Je rentre à fond à chaque fois dans l'histoire. Ce livre est pour moi parlant de vérité.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Mangez le, 27 octobre 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mangez-le si vous voulez (Broché)
Ce livre est asseez effrayant de la " connerie" humaine.
Jean TEULE a un vrai talent de conteur.
Je suis une inconditionnelle de cet auteur
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5.0 étoiles sur 5 un pur récit, 27 septembre 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mangez-le si vous voulez (Poche)
dans ce livre, Monsieur Teulé nous relate l'histoire, vraie, d'une crime communautaire. L'histoire d'un homme qui, sur fond de guerre entre la France et la Prusse, sur un quiproquo, passe de l'homme aimé et respecté à la pire ordure qui faut exterminer. Ce récit est fort, violent et révoltant. Révoltant de voir que l'humain se laisse entrainer par la foule, sans savoir pourquoi? comment?
Un livre qui fait réfléchir.
Au passage, j'ai vu la pièce qui est incroyablement bien faite, à voir absolument.
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4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un conte de la folie pas vraiment ordinaire..., 24 juin 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mangez-le si vous voulez (Poche)
Jean Teulé,d'une écritures presque légère et distanciée, relate étape par étape l'épouvantable chemin de croix parcouru par Alain de Monéys, bon et généreux adjoint de mairie du bled d'à-coté, devenu le temps d'une journée de fête, la malheureuse victime expiatoire des habitants d'un obscur village du Périgord, soudain pris de folie.

Ce qui est effrayant dans cette histoire, c'est la facilité presque banale avec laquelle des individus ordinaires, confrontés à des circonstances exceptionnelles, mais sans plus (canicule, alcool, conflit prusso-français) portés par un ahurissant phénomène de meute, ont pu soudain basculer dans la bêtise et dans la cruauté la plus absurde, au point de renier, d'humilier, de torturer et de brûler vif celui qui fut une figure amie, voire un copain d'enfance, propitiatoirement affublé du masque de l'ennemi. Comment cette amnésie fut-elle possible, et quel sens donner à ce simulacre de cannibalisme ?

Le réveil a bien-sûr été douloureux à Hautefaye...mais là encore sans plus !!

On ne sort pas indemne de ce court roman tant il manque de compassion et d'humanité. La sensibilité du lecteur rétablira l'équilibre...Moi j'ai beaucoup aimé.
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37 internautes sur 48 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Il vaut mieux lire le Village des cannibales d'alain Corbin !!!, 12 juin 2009
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mangez-le si vous voulez (Broché)
Je suis très déçue que Jean Teulé se cache derrière des mensonges .Il donne l'impression de faire découvrir cette histoire à tous alors que cette histoire a déjà été traitée et de bien meilleure façon par Alain Corbin dans son "village des cannibales " ; une plongée dans la micro histoire qu'Alain Corbin nous avait fait partager il y a près de 20 ans !
Résistez à cette mode de la copie que nous fait Jean Teulé , que par ailleurs j'aimais beaucoup en tant que chroniqueur littéraire, et achetez plutôt Le livre Village des Cannibales d'Alain Corbin , très bien écrit et beaucoup plus proche de la réalité historique !!!
A bon lecteur, salut !!
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5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 A table !, 7 juillet 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mangez-le si vous voulez (Broché)
Par un beau jour d'août 1870, Alain de Moneys se rend à la foire d'Hautefaye, Périgord. Fraîchement élu adjoint de la municipalité voisine, cet homme est un don de Dieu pour ses contemporains et voisins. D'ailleurs, il se rend à la foire en partie pour offrir une génisse à son indigente voisine et pour faire remonter le toit de son voisin brûlé par la foudre. Tout le monde l'apprécie, en chemin chacun le salue : « une bien belle journée » qui commence. Mais à la suite d'un malentendu, on croit qu'il a crié « A bas la France ! ». En cette période de guerre franco prussienne, c'est un crime, et le destin fatal se met en route. De Moneys a beau répéter qu'il s'est engagé, qu'il part défendre le pays dans trois jours alors même qu'il aurait dû être réformé, rien n'y fait. Ils sont cinq à garder la tête froide, cinq à le défendre tout au long de son chemin de croix, à tenter de le sauver, de l'arracher aux bras de la foule. Mais en ce jour de foire, c'est plus de six cents personnes qui se trouvent présentes à Hautefaye, toutes saisies de folie, de haine ou d'indifférence. Et Alain de Moneys, pourtant si faible de constitution, supportera pendant deux heures, les coups et les souffrances que ses voisins inventeront pour lui : ferré, énucléé, écartelé à force d'homme, brûlé vif et même mangé.

Cette histoire est absolument atroce et Jean Teulé n'épargne aucun détail. Son goût du macabre trouve là un sujet en or qu'il traite, non pas avec sobriété, c'eut été impossible, mais avec une minutie et une intensité tragiques qui laissent pourtant parfois place à un certain humour. Je craignais les pointes d'humour macabre ou les envolées vulgaires qu'il goûte malheureusement parfois. Mais non, l'histoire romancée, s'en tient aux faits. Pas de psychologie non plus, de théorie des masses pour expliquer la folie collective, mais en fin de roman, le défilé des bourreaux qui ne peuvent expliquer leurs gestes, anéantis comme au sortir d'un cauchemar. Bien sûr, le thème de la victime expiatoire affleure car en ces temps de guerre et de famine, la foule a besoin de trouver un responsable. C'est le Prussien ou celui que leur aveuglement veut prendre pour tel.

J'ai apprécié la façon dont Jean Teulé présente cette histoire et envié son travail de recherches qui a dû être passionnant. C'est à ce jour le livre de cet auteur que je préfère.
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 terrible, 2 avril 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mangez-le si vous voulez (Poche)
très bon livre , la patte de jean Teulé donne un (gout)croustillant et gras a ce fait divers ou l'on peut voir ce que le phénomène de groupe de cette foule surchauffé par le soleil et le vin peut engendré comme enchainement de cruauté de violence et de folie.
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Mangez-le si vous voulez de Jean TEULE (Poche - 2 septembre 2010)
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