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141 internautes sur 148 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 un document littéraire exceptionnel !
Il paraît qu'il faisait beau pendant le week-end : entré dans la lecture de ce chef d'oeuvre, je n'ai rien vu; lisant sans pouvoir m'en détacher les 680 pages des "disparus" j'ai eu plusieurs fois les larmes aux yeux, j'ai souri, j'ai appris plein de choses, cela m'en a évoqué beaucoup d'autres, bref, j'étais emporté dans cette...
Publié le 18 septembre 2007 par Clitandre

versus
3.0 étoiles sur 5 L’obsession d’un passé
Ce que l’on retient de ce livre au-delà du devoir de mémoire que s’inflige l’auteur, c’est l’obsession du passé qui l’habite, qui l’anime même. Alors c’est assez désespérant par moments, car Mendelsohn se fait vraiment du mal à fouiller et à creuser sans cesse. Pour parfois ne...
Publié il y a 15 mois par Jean Louis Dragon


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141 internautes sur 148 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 un document littéraire exceptionnel !, 18 septembre 2007
Par 
Clitandre (Ste Livrade sur Lot, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (TESTEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Disparus - Prix Médicis 2007 du roman étranger (Broché)
Il paraît qu'il faisait beau pendant le week-end : entré dans la lecture de ce chef d'oeuvre, je n'ai rien vu; lisant sans pouvoir m'en détacher les 680 pages des "disparus" j'ai eu plusieurs fois les larmes aux yeux, j'ai souri, j'ai appris plein de choses, cela m'en a évoqué beaucoup d'autres, bref, j'étais emporté dans cette enquête et plongé dans les réflexions qui accompagnent le récit... L'auteur a réussi à construire une oeuvre originale, comme une polyphonie : des thèmes apparaissent, sont développés, puis laissent la place à d'autres avant de réapparaître, avec un nouveau sens ou de nouvelles variations et d'entrer finalement en résonance les uns avec les autres... Le style est fluide, souvent simple et direct, quelquefois ample et rhapsodique (mais toujours avec une attention extrême pour transmettre la saveur des expressions de chacun, comme dans Proust). La recherche avance de manière apparemment "au jour le jour" mais l'oeuvre se révèle au fur et à mesure puissamment construite. Je reviendrai souvent relire des pages de ce livre (il sagit bel et bien d'une oeuvre "ouverte", qui donne à penser) et j'aimerais pouvoir remercier son auteur... Je me contenterai de prêter ce livre autour de moi, d'en offrir un exemplaire à ceux que j'aime et d'inciter un maximum de personnes ici à risquer cette découverte : âmes insensibles s'abstenir...
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25 internautes sur 26 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 A lire absolument, 29 décembre 2007
Par 
valwick "vw" (bordeaux france) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (TESTEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Disparus - Prix Médicis 2007 du roman étranger (Broché)
jE SUIS SOUS LE CHOC DE LA LECTURE DE CE LIVRE QUI EST VRAIMENT FORMIDABLE POIGNANT EMOUVANT ATTACHANT ; quand on le commence (il faut quelques pages pour rentrer dans le livre ) on ne le quitte plus .Cette quête de ce juif américain à la recherche du passé que l'on suit pas à pas et qui nous dévoile petit à petit ce qui arrive à la famille du frère de son grand-père restée en Pologne pendant la 2e guerre est fascinante.Est ce l'attitude de son grand-père et le vide laissé par l'inconnu qui pousse l'auteur dans cette course contre le temps car les derniers survivants sont agés. sont mêlees à cette quête des pages de l'ancien testament avec ses difficultés d'interprétation .Le puzzle se met en place .Je n'en dis pas plus .La revue LIRE le consacre "meilleur livre de l'année " c'est vraiment mérité.
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37 internautes sur 39 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Merci M. Mendelsohn!, 6 janvier 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Disparus - Prix Médicis 2007 du roman étranger (Broché)
"Les Disparus" raconte la quète de Daniel Mendelsohn et de son frère pour redonner vie à son grand-oncle et à sa famille, "disparue" en Europe de l'Est pendant la guerre. Une famille dont personne, a priori, ne sait plus rien, dont plus personne ne connaît l'histoire, la vraie: leurs goûts, leurs personnalités, leurs quotidiens.
"Les Disparus", c'est un très très gros livre, très touffu, complexe.
Dans un premier temps, j'ai eu du mal à y "entrer" et j'ai failli le refermer, me rangeant à deux trois critiques lues ici et là, disant que non, ce n'est pas un chef d'oeuvre.
Puis, petit à petit, je me suis laissée prendre, ces Disparus sont devenus miens, et je suis "tombée" dans la recherche de Mendelsohn. Bien sûr, cela reste un livre qui ne se lit pas vite: j'y ai passé deux semaines, sans coup férir. Ce puzzle ne se laisse pas apprivoiser comme ça, il y a tant de noms, tant d'imbrications. Mais une fois qu'on y est, c'est pour toujours je crois. A l'image d'un autre lecteur dans une critique précédente, j'ai souri plusieurs fois, Mendelsohn a un humour discret, pince sans-rire, et j'ai eu les larmes aux yeux plusieurs fois aussi. On a toujours l'impression de savoir ce qui s'est passé, mais en fait non, nous n'y étions pas alors nous ne pouvons que imaginer, et ça déjà c'est terrible...

"Les Disparus", c'est un chef d'oeuvre, un livre qui change et pimente une vie de lecteur, après lequel on n'est plus tout à fait pareil.
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49 internautes sur 52 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un livre puissant et émouvant, 1 décembre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Disparus - Prix Médicis 2007 du roman étranger (Broché)
(...)J'ai A-DO-RE cette quête , à la fois initiatique, personnelle et universelle d'un juif américain qui part à la "rencontre" de sa famille maternelle décimée sur le vieux continent. La force de ce livre est non seulement de nous toucher par la description des non- dits qui peuvent exister dans chaque famille mais aussi de nous émouvoir,de nous faire prendre conscience pas à pas que cette "petite" histoire qui découle sur d'autres "petites" histoires nous permet à la fin d'aborder la "grande" histoire, celle du terrible massacre de l'Holocauste d'une façon beaucoup moins impersonnelle (qui doit beaucoup aussi aux divers photos et documents qui ponctuent et authentifient pour nous simples lecteurs, les voyages du narrateur).Ce livre m'a émue et je salue les réflexions pleines de justesse de cet auteur ainsi que l'intelligence de la progression de son récit (on dirait parfois un roman policier!)sans oublier les parenthèses plus qu'intéressantes sur la Torah qui éclairent le récit proprement dit et font réfléchir! Un vrai bon bouquin intelligent que je recommande chaudement!
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19 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Et après... ?, 20 janvier 2008
Par 
D. Kogel (Paris) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Disparus - Prix Médicis 2007 du roman étranger (Broché)
Ce livre est un OVNI dans le monde littéraire autour de la Shoah. On pensait avoir tout fait : souvenirs, autobiographies, bande-dessinées, documentaires, reportages, carnets, recueils...
Mendelsohn nous propose une autre lecture : un reportage sur son travail d'enquêteur. On suit l'écrivain dans la recherche de sa famille. Dans la compréhension de son enfance. Dans l'explication des relations entre lui et sa famille ou entre les différents membres de sa famille. La réponse se trouve dans le passé.
Ou plutôt, la réponse se trouve avant. Avant la Shoah.
En interrogeant ceux qui sont mutiques, ceux qui ont oublié, ceux qui ont déformé la réalité, ceux qui sont morts mais qui ont laissé des souvenirs, Mendelsohn va peu à peu découvrir son histoire.
Par ailleurs, on ne pourra qu'apprécier les portraits très justes des survivants, avec une description si réaliste de leurs manies, de leur accent et de leur personnalité !

Un livre que je recommande vivement.
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19 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 D'une grande sensibilité littéraire et humaine, 12 janvier 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Disparus - Prix Médicis 2007 du roman étranger (Broché)
Je pense que ce livre très juste, loin des histoires racoleuses de la guerre qui obtiennent des Goncourt deviendra un classique. On est pris dans la tourmente humaine, on voyage, on se pose des questions. C'est aussi beau, agréable à lire et profond que "Le silence de la mer", "Bruissements d'ailes" ou des livres plus contemporains comme "La dame en Rose".

C'est le le roman d'un humaniste. Fait pour les coeurs qui ont conservé leur sensibilité
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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un livre fait de chair et de sang, 1 septembre 2010
Par 
Romur "Romur" (France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Disparus - Prix Médicis 2007 du roman étranger (Broché)
Les premières pages sont drôles et magiques à la fois, jetant un regard d'enfant sur la société juive américaine de Floride. Et puis l'enfant grandit et se lance dans cette quête, sur la trace de son grand-oncle, figure obsédante à laquelle tous font référence sans jamais rien en dire. Que sont devenus Schmiel Schneelicht, son épouse et ses filles, quand et comment sont-ils morts ?
Avec délicatesse, Daniel Mendelsohn va interroger sa famille, retrouver la trace d'anciens juifs polonais dispersés sur tous les continents, consulter les archives mises en ligne sur Internet. La magie des coïncidences demeure mais l'humour est remplacé par une force et une volonté inextinguible se projeter « dans la masse des choses » pour aboutir à « la découverte de ce qui a toujours été là ». Et nous sommes entraînés par petites touches cruelles dans le drame, dans le martyre des juifs de Bolechow jusqu'à la révélation finale. Selon les préceptes de son grand-père, Daniel a ainsi écrit une histoire « qui commence avec tout le temps possible » avec « les faits apparemment sans intérêts et les anecdotes subsidiaires », puis qui accélère et s'achève « sur quelque chose de mémorable, sur une chute ou sur une tragédie dont on se souviendrait toujours ».

Remarquable aussi est la façon dont il a structuré les différentes parties de son livre en les mettant en regard des principaux épisodes de la Genèse, pour lesquels il cite les commentaires passionnants de deux érudits, Rachi et Friedman. L'émergence de son désir de savoir en première partie est rapprochée de la métaphore de la Connaissance, désirable et douloureuse, qu'apporte l'Arbre du Bien et du Mal. Puis, avec en toile de fond l'épisode de Caïn et Abel, il s'interroge sur les rapports entre Schmiel et ses frères, frères dont il avait imploré l'aide. Le Déluge marque la troisième partie où est révélé le martyre et l'anéantissement de la communauté juive de Bolechow. Abraham et ses voyages jusqu'au seuil de la Terre Promise illustrent les tribulations de l'auteur. L'anéantissement de Sodome et Gomorrhe et le sacrifice d'Isaac ponctuent la révélation finale sur la mort de la famille de Schmiel. Ce rapprochement permet en permanence de s'interroger sur la signification et la portée des événements.

Au final, Les disparus est un monument inoubliable et bouleversant car incarné et concret dans l'évocation des plus petits détails de la vie passé. Mendelsohn a atteint son objectif : "C'était pour sauver mes parents des généralités, des symboles, des abréviations, pour leur rendre leur particularité et leur caractère distinctif que je m'étais lancé dans ce voyage étrange et ardu"
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25 internautes sur 27 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 magnifique!, 22 janvier 2008
Par 
FedEx (Strasbourg, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Disparus - Prix Médicis 2007 du roman étranger (Broché)
Malgré quelques longueurs (voulues et obsédantes)parfois, c'est magnifique. Ce petit pavé est captivant et se lit presque d'une traite! Au-delà de l'enquête autour du grand-oncle et sa famille, tués par les nazis parce que Juifs dans ce qui était l'Ukraine de la Seconde guerre mondiale, c'est tout un pan de la mémoire des Juifs américains qui nous est ici livré. Ce roman séduira tous les apprentis généalogistes et leur donnera sûrement envie d'approfondir leurs recherches ou titillera le lecteur qui ne s'était jamais penché sérieusement sur ses racines. Enfin, grand bonus (mais à condition, il est vrai, d'avoir certaines connaissances sur le judaïsme), l'auteur réussit la prouesse de faire un troublant parallèle entre les premiers épisodes du livre de la Genèse, notamment le Déluge, et l'histoire de ces Juifs ashkénazes d'Europe de l'Est dont la vie et la culture ont été dévastés, pour ainsi dire à tout jamais...Chaque chapitre est en effet suivi des réflexions de l'auteur sur les premières parachot, sections de la Torah qui se lisent chaque semaine pour le Shabbat. Il s'appuie notamment sur Rachi le grand exégète français du Moyen-Âge. La quête de Daniel Mendelsohn prend ainsi un sens quasi mystique et invite à la spiritualité. Magnifique nourriture de l'âme!
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Remembrance of things lost, 14 mai 2010
Par 
zybine, amateur éclairé (Paris) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les disparus (Broché)
Universitaire spécialiste de littérature grecque antique, Daniel Mendelsohn est aussi passionné de généalogie. Issu d'une famille juive de Galicie qui a su émigrer en Israël ou aux Etats-Unis avant la Shoah, il s'intéresse à l'oncle de sa mère, à l'épouse de celui-ci et à leurs quatre filles, les seuls à être restés à Bolechow (aujourd'hui Bolekhiv, en Ukraine), siège de la famille pendant trois siècles, les seuls à n'avoir pas échappé à l'extermination. Le long et passionnant texte que nous propose Mendelsohn est le journal de bord de l'enquête qu'il a choisi de mener avec ses frères. Enquête qui vise à éclaircir deux points : comment vivaient les six cousins polonais avant 1939 ? Comment ont-ils péri ? C'est en recherchant les anciens de Bolechow de par le monde, en se rendant sur place, en consultant les archives qu'au terme de ce qui est aussi un passionnant suspense Mendelsohn trouvera les réponses à ses questions.
Mais ce livre génial ne se borne pas à une enquête ; c'est aussi et entre autres une passionnante interrogation sur notre quête des origines, une remarquable prise de distance avec les mythes familiaux (la question sous-jacente étant : mon grand-père adoré a-t-il fait tout ce qui était possible pour sortir son frère de Pologne ?), une riche Odyssée dans le monde de la diapora. D'autres commentateurs l'ont noté : un lourd parfum proustien plane sur le texte et la complexité du regard du narrateur n'a d'égale que celle de celui de la Recherche. Hyper-sensible parfois, lorsqu'il est bouleversé par ses découvertes sur le sort de l'oncle Schmiel et de ses filles, il se révèle aussi d'une neutralité et d'une distance incroyables lorsqu'il quitte le microscope avec lequel il étudie compulsivement ses vieilles photos pour aborder l'horizon plus large de la Shoah. A cet effet, l'enquête se double de discussions sur la Genèse et le Deutéronome, sur les grandes figures de Caïn, Noé, Loth ou Abraham. Ma culture de l'Ancien Testament ne me permet pas de juger de l'originalité de ses développements mais, même si je suis circonspect sur la méthode qui consiste à s'appuyer uniquement sur deux commentateurs, un Français du XIè siècle et un Californien du XXè, je ne peux que constater leur pertinence au regard du projet.
Mon seul bémol concernera une page où Mendelsohn indique ne pas croire possible de décrire, de reconstituer, de peindre le trépas final de sa famille - quand il ne cesse en fait de le faire.
Les Disparus sont à la fois un texte constamment bouleversant, une admirable méditation poétique et une source de réflexion permanente. Traduction fantastique de Pierre Guglielmina.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 magnifique et passionnant, 26 novembre 2010
Par 
Gerard Müller "médicactus" (Nouvelle Caledonie) - Voir tous mes commentaires
(TESTEURS)    (TOP 100 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Les disparus (Broché)
D''abord par certains côtés, cet immense récit m''a fait penser en plus modeste à un autre ouvrage, « La mémoire d''Abraham » de Marek Halter, dans lequel l''auteur se livre à une recherche incessante durant des décennies de ses racines à travers les siècles. Un magnifique livre d''ailleurs, comme tout ce qu''écrit Marek Halter. Et puis au fil des pages des « Disparus », j''ai repensé au livre de Jonathan Littell « Les Bienveillantes » qui nous livre le journal de bord d''un froid exécuteur allemand des tâches exterminatrices de l''Holocauste.
Ce long hymne à la famille, aux racines et aux collatéraux nous fait vibrer par la qualité du récit ; et la quête obsessionnelle de la vérité sur Schmiel , sa femme et ses quatre filles est une histoire ahurissante , un vrai thriller que Daniel Mendelsohn sait nous traduire avec beaucoup d''émotion notamment à la page 227 lors de la rencontre avec la vielle Olga, une ukrainienne très âgée qui a connu cette période de 1941 qui a vu les nazis déferler sur la Galicie et anéantir au bord des fosses communes avec la complicité des Ukrainiens tous les juifs après les avoir torturés atrocement. À Bolechow, quarante-huit survivants sur six mille Juifs !! En fin de récit, la rencontre fortuite au musée de Beth Hatefutsoth à Tel-Aviv de Yona est aussi un moment extrêmement émouvant.
L''évocation sépia émue du passé à Bolechow où ont vécu tous ces témoins très âgés ainsi que ceux qui ont péri est particulièrement remarquable et touchante ; la façon dont vivaient les disparus est aussi sinon plus intéressante que les circonstances de leur mort ; c''est les faire revivre un peu que de s''attacher à ressusciter ce passé heureux avant la tragédie.
L''enquête généalogique est devenue la passion de l''auteur et si le début du livre est un peu difficile d''accès en raison du nombre de personnages, le recours fréquent au petit arbre généalogique en tête d''ouvrage permet de s''y retrouver finalement. C''est une longue et difficile quête afin de retracer l''itinéraire qui conduisit à la mort Schmiel et sa famille que nous retrace l''auteur. La reconstitution historique est bien menée, avec un souci minutieux, permanent et obsessionnel du détail et au fur et à mesure que l''on avance dans cette longue lecture, les personnages et les situations se précisent. Une grande et récurrente précision lexicale semble être une des passions de Mendelsohn, notamment à la page 387 sur le mot « périr », une digression parmi tant d''autres qui ne laisse pas de mener à une réflexion sur la désinvolture avec laquelle on use des mots bien souvent. Digressions multiples disais-je, comme des sortes de tiroirs que l''auteur ouvre constamment au fur et à mesure qu''il explique une situation. Pour entrer dans la confidence et affiner sa quête, la langue yiddish a été souvent de rigueur et Mendelsohnn ne la pratiquant pas aisément, il a fallu des intermédiaires. Et c''est là qu''intervient une réflexion très intéressante de l''auteur sur tous les recoupements de témoignages auxquels il a dû se livrer pour parvenir à cerner de plus près la vérité sur les circonstances de la disparition de Schmiel, Ester et leur quatre filles. Il existe toujours une incertitude sur la qualité des témoignages et des traductions, car ceux qui ont survécu pour témoigner étaient cachés quand cela est arrivé. Les faits ont été racontés par quelqu''un qui a appris de quelqu''un d''autre etc.'Et l''on finit par se demander qui a vu quelque chose !(voir page 475 et 547).
Les anecdotes fourmillent et j''ai retenu celle-ci : au jardin d''Eden, l''arbre du désir était un figuier et c''est avec des feuilles de figuier et non de vigne (comme on le dit parfois) qu''Adam et Eve ont couvert leur nudité.
En dernière partie, la fantastique randonnée à pied d''Adam Adler à travers l''Asie Centrale pour survivre est une véritable épopée. Un grand moment du livre.
Les paraphrases exégétiques sur le début de la Genèse concernant le meurtre de Caïn puis le Déluge ainsi que l''errance d''Abraham sont remarquables et semblent être une annonce d''un cataclysme dramatique futur tout en instaurant des interruptions, des sortes de temps de réflexion dans le récit lui-même.
En somme, un ouvrage admirable et enrichissant qu''il faut avoir lu, en mémoire de tous les innocents qui ont péri au temps de l''Holocauste. Et pardon pour ce long commentaire que mérite en tout état de cause cette histoire magnifique.
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