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14 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 The Artists, 21 octobre 2011
Par 
LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : La parade est passée... (Broché)
L'année dernière, je me félicitais que certains chefs-d'oeuvre du cinéma muet aient enfin les honneurs du dvd ou du blu-ray, dans des éditions particulièrement soignées (ex. L'éventail de Lady Windermere, Coffret Frank Borzage en 4 films - L'heure suprême + L'ange de la rue + Lucky Star + La femme au corbeau, Coffret collector F.W. Murnau : L'aurore / City Girl [Blu-ray]). Cette année, un film muet, The Artist va drainer des centaines de milliers de spectateurs dans les salles. Même un peu mis au goût du jour, même avec les limites inhérentes au pastiche, c'est une excellente nouvelle, tant le film renouvelle de belle façon l'expérience du film sans paroles. Et, comble de la satisfaction pour ceux que le cinéma des origines et du début du Hollywood de la grande époque intéresse, le maître-livre de Kevin Brownlow, The Parade's Gone by ..., a enfin droit à une édition française. Il était plus que temps, cet ouvrage de référence sur la période du muet aux Etats-Unis, devenu classique du livre de cinéma dans les pays anglophones depuis belle lurette, affichant 43 ans au compteur en 2011!

Autant dire tout de suite que cela valait le coup d'attendre pour au moins une chose : le travail d'édition effectué par Actes Sud / Institut Lumière est en tout point remarquable. Ces co-éditeurs nous ont donné, rien que pour ces dernières années, non seulement le monument du président de l'Institut lyonnais, Bertrand Tavernier (Amis Américains : Entretiens avec les grands Auteurs d'Hollywood), mais aussi des biographies à l'américaine de grande qualité, sur les géants que sont Howard Hawks et Alfred Hitchcock - "A la recherche de John Ford" de Joseph McBride semble hélas épuisé pour l'instant. Que des indispensables, ayant tous fait l'objet d'un impeccable travail d'édition eux aussi. Quant à Brownlow, certains de ses livres avaient déjà été traduits en français, tels que Hollywood : les pionniers, mais assez étrangement personne n'avait donc jugé bon de le publier en France jusqu'à aujourd'hui.

Une préface à l'édition française a été rédigée cette année par Brownlow, qui revient sur la genèse de sa passion pour le cinéma muet et de son travail (comme praticien autant que comme historien du cinéma : voir sa biographie ci-dessus). Lui-même précédé d'un texte admiratif de Philippe Garnier, duquel je tire quelques phrases éloquentes : "The Parade's Gone By... et ses livres suivants m'ont fait le même effet radical qu'à des milliers d'autres lecteurs : une sorte de porte que l'on poussait sur la terra incognita qu'était, et qu'est encore, le cinéma muet. Et une sacrée boussole. C'est que Brownlow ne faisait pas qu'en parler, il faisait revivre toute une époque, et tout un art, en commençant par décimer les préjugés mal informés d'alors (que c'était silencieux, que c'était en noir et blanc, que cela devait être projeté à telle ou telle vitesse). Mais surtout, il avait commencé, très tôt, ce que peu s'étaient souciés de faire : prêter l'oreille aux survivants de cette industrie pionnière, leur rendre visite, les faire parler."

Il est vrai qu'un des atouts majeurs de "La Parade est passée..." est bien le nombre de pages et paragraphes directement issus des myriades d'entretiens que Brownlow a réalisés dans les années 60. L'impression de vivacité qui se dégage de son texte est souvent due au fait qu'il rapporte, toujours à bon escient, et souvent sur la longueur, la parole le plus souvent libre et enjouée de ses interlocuteurs. Mais Brownlow s'y entend également à rendre vivant ce qui relève moins de l'anecdote - je ne veux pas signifier par là qu'elles n'ont pas d'intérêt, la plupart d'entre elles sont absolument formidables! Doté de talents de conteur indéniables, mais aussi d'analyste ayant une connaissance du champ ahurissante, il éclaire bon nombre d'aspects avec un esprit de synthèse mais aussi avec un goût du récit et du détail qui font toute la richesse de cet ouvrage.

Passés les premiers chapitres consacrés aux tout premiers pionniers, il traite des expérimentateurs, et donne toute la place qui lui revient à D.W. Griffith. Mais il n'oublie aucun des tout premiers grands metteurs en scène (Allan Dwan, Henry King, Clarence Brown, William Wellman, Cecil B. De Mille, Joseph Von Sternberg), après avoir entamé son premier chapitre sur les réalisateurs par : "Au début du cinéma, deux personnes suffisaient pour faire un film : une pour le photographier et une autre pour le diriger. Le cameraman devait prouver qu'il savait mettre la pellicule dans la caméra. Le réalisateur, même pas: il devait simplement montrer une certaine attitude à... crier. A-t-on jamais vraiment déterminé la nature des compétences requises pour devenir cinéaste, à part une certaine puissance vocale? 'Les meilleures qualités d'un réalisateur? s'interrogeait Joseph Von Sternberg. Il doit connaître toutes les langues et toute l'histoire du théâtre depuis les origines; il doit être calé en psychologie et avoir reçu une formation de psychiatre. Enfin, il doit ressentir toute la gamme des émotions humaines.' Et quand on lui demanda : 'Est-ce que vous possédez toutes ces qualités?' Il répondit : 'Non'"

Le prix de ce livre, au-delà de ses grandes qualités de rédaction et de la façon qu'il a de dépasser le simple catalogue d'anecdotes (même s'il en relaie d'abondantes, pour beaucoup excellentes), réside en outre dans le fait qu'il ne s'intéresse pas qu'aux stars et aux metteurs en scène. Evidemment, la place qui leur revient est éminente, mais Brownlow n'oublie jamais que les films sont le fruit d'une collaboration, et il se penche de façon tout aussi précise sur le rôle de tous les collaborateurs, artistiques ou techniques - la frontière étant de toute façon parfois floue - des scénaristes aux cascadeurs, en passant par les cameramen. Il examine bien sûr aussi les conditions de production de de diffusion des oeuvres, en couvrant la période jusqu'au fameux passage du muet au parlant. Et consacre une bonne partie de la fin de son livre aux génies du burlesque (Chaplin, Keaton, Lloyd au premier chef). Le livre se clôt presque par un chapitre consacré à Abel Gance - Louise Brooks s'était d'ailleurs offusquée que Gance se retrouve dans un livre consacré aux pionniers du cinéma américain - cinéaste aventureux auquel il voue une admiration presque sans bornes.

Bref, il s'agit là d'un livre magnifiquement conçu sur des artistes dont il fait revivre l'artisanat d'art avec un talent considérable. Si vous vous intéressez un tant soit peu au cinéma et à son passé, cet ouvrage s'impose plutôt deux fois qu'une. Offrez-le vous, ou faites-le vous offrir, et si vous le pouvez offrez-le autour de vous. Je vous assure sans crainte de représailles qu'il le mérite amplement (et que je n'ai pas de parts chez Actes Sud ou à l'Institut Lumière, c'est simplement qu'un travail d'une telle qualité actuellement, cela se soutient). J'ajoute que, même s'il arrive comme parfois chez Actes Sud que les photographies soient un peu pâles, elles sont bien mieux reproduites pour la plupart que dans l'édition américaine actuelle. La traduction de Christine Leteux est dans l'ensemble de très bonne qualité, à quelques calques près (elle avait presque 1000 pages à assurer, on peut comprendre...).

Pour ceux qui se demanderaient d'où vient le titre : Monte Brice, dans un entretien avec Brownlow, raconte que lors du tournage d'un film sur Buster Keaton en 1957, il s'était insurgé : "Tout sonnait faux dans ce film. J'ai essayé de leur dire que ce n'était pas ça, les années 1920, mais ils ne m'écoutaient pas. Je me souviens de l'assistant, un jeune type. Il m'a dit : 'Ecoute, ne reste pas là! Les temps ont changé. Tu as vieilli. La parade est passée...'"
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5.0 étoiles sur 5 Excellent, 27 septembre 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La parade est passée... (Broché)
Excellent livre sur le cinéma muet. L'auteur a consacré une grande partie de sa vie à rechercher des films muets, à rencontrer les acteurs du muet,.... Il nous livre un livre réjouissant, bien écrit. À conseiller
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5.0 étoiles sur 5 La reference, 31 janvier 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : La parade est passée... (Broché)
C est le livre sur la decennie du muet: tout y est, on dirait que le cinema n'a jamais progressé depuis (malgré la technique bien sûr). C est une bible.
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La parade est passée...
La parade est passée... de Kevin Brownlow (Broché - 15 octobre 2011)
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