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5.0 étoiles sur 5 Culture majeure
Voici l'intégrale de la légendaire série d'Alan Moore publiée par les éditions Urban Comics, la filière de Dargaud ayant gagné la distribution des titres "DC comics" en France. Cette version reprend la traduction de l'édition Delcourt réalisée par le romancier Jean-Patrick Manchette, bien...
Publié le 20 janvier 2012 par Tornado

versus
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1.0 étoiles sur 5 ça doit etre bien , enfin je pense...
échangé car abimé du fait de l'emballage et bien oh surprise le second exemplaire (car j'ai fait un échange) est encore plus abimé !!! bref j'ose pas le commandé une troisième fois .En tous les cas cela doit être bien !
Publié il y a 20 mois par Lenormand


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54 internautes sur 58 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Culture majeure, 20 janvier 2012
Par 
Tornado (Provence Côte d'Azur) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Watchmen (Relié)
Voici l'intégrale de la légendaire série d'Alan Moore publiée par les éditions Urban Comics, la filière de Dargaud ayant gagné la distribution des titres "DC comics" en France. Cette version reprend la traduction de l'édition Delcourt réalisée par le romancier Jean-Patrick Manchette, bien supérieure à celle des éditions Panini Comics (éditeur détenant les droits de DC Comics avant qu'Urban ne les obtiennent), qui avaient réédité ce matériel en 2008. Attention, le lecteur habitué aux anciennes productions Panini ne doit pas s'attendre au même type d'édition. Les volumes de la collection "Absolute" par Urban ont le même format (28 x 19 cm) que ceux de la collection "deluxe" et "Dc Icons" anciennement édités par Panini, l'aspect glacé et la jaquette en moins, mais avec une pagination extrêmement plus généreuse.... Par contre, la version Delcourt demeure la plus impressionnante niveau format puisqu'elle mesurait 32 cm ! En revanche, cette nouvelle édition reprend le contenu de la version "Absolute" sortie aux USA, avec tous les bonus (croquis, couvertures originales, extraits des pages de scénario, story-board, etc.). La couverture est rigide et le papier, non glacé, est de très bonne qualité. Ce volume réunit donc l'intégrale du chef d'oeuvre d'Alan Moore dans une formule très volumineuse, d'un très bon rapport qualité/prix.
A noter que "Watchmen" est le premier ouvrage publié par Urban Comics. Une sacrée note d'intention !
Tout ayant été dit sur ce monument culturel qu'est "Watchmen" le comic book, j'ai envie de contourner un peu le sujet...

L'univers des super-héros n'est pas, contrairement à ce que l'opinion publique voudrait le faire croire, l'apanage des niais et des geeks régressifs. Pas du tout. Des personnages comme Superman ou Captain America ont évolué et sont loin d'être ridicules, creux, infantiles ou je ne sais quel autre sobriquet.
Oui, le super-héros l'était au commencement, en 1938 (avec le personnage de Superman, justement), tout au moins dans la forme et l'est resté longtemps. Il faut dire qu'il fut créé par deux adolescents à une époque où tout était à faire (Jerry Siegel et Joe Shuster ont 18 ans lorsqu'ils créent le personnage de Superman). Oui, l'univers des super-héros demeurera pendant plusieurs décennies un créneau pour les plus jeunes. Il faut avouer que jusque dans les années 80, il est soumis à un code rigoureux qui ne le destine pas vraiment aux adultes. Pourtant, les auteurs de comics y travaillent : Stan Lee apporte beaucoup de fond à ses créations (des préoccupations existentielles, une parabole sur le racisme, un développement mythologique...). D'autres le suivent et insufflent un discours politique à leurs histoires (Steve Englehart fait écho au scandale du Watergate avec la série Captain America). A l'époque, quelques comics proposent parallèlement des histoires horrifiques destinées à des lecteurs avertis et entérinent le fait que les super-héros sont réservés aux enfants.
C'est vrai, la culture "geek" va naitre de ce goût prononcé pour les fascinations régressives de l'enfance : le fantastique, la science fiction, les mondes merveilleux, les monstres, les surhommes. Mais au fait, tout ces concepts n'étaient-ils pas déjà présents dans les mythologies anciennes, si prisées par les amateurs de culture générale ? Si je ne me trompe, les philosophes et les psychanalystes n'ont-ils pas montré dès le départ un intérêt appuyé pour ces notions ?
Néanmoins, certains de ces jeunes lecteurs vont grandir en étant nourris de cette contre-culture, jusqu'à devenir auteurs eux-mêmes. C'est ainsi qu'à l'aube des années 80, des scénaristes et/ou dessinateurs comme Frank Miller ou Alan Moore commencent à s'imposer. Et c'est le choc. Le super-héros devient adulte, complexe, tourmenté, sombre, ambivalent. Et toute une génération de se reconnaitre à travers une flopée d'œuvres fédératrices.
A l'arrivée, des personnages comme Superman et Captain America, au départ incontestablement ridicules et propagandistes avec leur costume calqué sur le drapeau américain et leurs valeurs simplistes bourrées de stéréotypes et de bonne morale (quoique la première mouture de Superman, si j'en crois les anecdotes, était bien plus complexe), sont devenus des modèles de support critique. Et tout ça sans leur enlever leur substance originelle de héros mythologiques. Comme quoi, malgré leur naïveté, ils possédaient dès le départ les racines de leur future rédemption artistique ! De nos jours, à travers des scénaristes comme Grant Morrison, Ed Brubaker, Warren Ellis, Paul Jenkins, Mark Millar et bien d'autres encore, ils brillent à la lumière d'une ère postmoderne, où les acquis du passé nourrissent l'œuvre gorgée de sens d'auteurs en accord avec leur temps. Sur un mode dépressif, contrecoup de la gentille innocence du passé, ces archétypes héroïques s'interrogent désormais sur leur place dans le monde, font des erreurs, les assument, se questionnent sur leurs choix, sur la responsabilité qu'implique leur pouvoir, sur leur époque et les valeurs dans lesquelles ils ont été éduqués, sur les répercutions des décisions politiques, etc.

Aujourd'hui, alors que la richesse de cet univers culturel n'est plus à prouver, le monde des bien-pensants continue toujours à le regarder d'un œil condescendant. Ce monde n'a-t-il toujours pas compris que les comics se sont émancipés depuis trente ans ? N'a-t-il pas remarqué que certains de leurs auteurs se sont élevés au rang des plus importants de nos sociétés, tout médium confondu ? Ne voit-il pas qu'ils utilisent les super-héros pour proposer la métaphore politique, scientifique et historique qu'ils leur permettent de développer, tout en avançant une réflexion aigue sur le progrès et les dangers de la science, sur les aléas de nos sociétés, sur le culte de la religion et de l'argent, sur la notion de différence, sur le racisme, sur le rapport à la mort, sur les limites du bien et du mal inhérentes à chacun, et que l'on appelle ambivalence de l'âme humaine ?
En bref, moult digressions sur la condition de l'homme que l'on accorde volontiers à la littérature, au cinéma, aux arts plastiques, à la chanson et au théâtre, à la rigueur aux bandes dessinées pour adulte d'Enki Bilal ou d'Art Spiegelman... Mais toujours pas aux comics. Ni aux mangas d'ailleurs !

Je veux croire que ça viendra. Alan Moore avec son chef d'œuvre qu'est Watchmen n'a-t-il pas suffisamment élevé le débat pour qu'il n'en soit pas ainsi ? N'a-t-il pas démontré que l'on pouvait allier le fond de l'histoire avec sa forme graphique à un tel niveau d'exigence que le médium du comic book permettait le plus haut degré de matière philosophique ? N'a-t-il pas prouvé que, justement, les comics sont devenus un prisme culturel unique et irremplaçable, à l'intérieur duquel se rejoignent à la fois des créations mythologiques aussi riches que celles de l'antiquité, une identité culturelle et une propension au discours universel exceptionnels, ainsi qu'un outil formel d'une richesse inépuisable ? N'a-t-il pas justifié que lorsque le tout se lie avec osmose en une œuvre conceptuelle où la forme et le fond ne sont pas dissociables, en une œuvre humaniste qui élève le débat, c'est bien d'art majeur dont il s'agit, n'en déplaise à certains ? Attention, ne croyons pas que c'est le cas de tout ce qui se trouve sur le marché. Le monde des comics étant majoritairement commercial (au même titre que celui des autres médiums que sont le cinéma, la littérature et la musique), il abonde de créations ineptes. Mais pour le connaisseur, il regorge de trésors.
Watchmen est assurément, avec Batman : The Dark Knight Returns, The Sentry et encore beaucoup d'autres, un de ces trésors culturels, au sens MAJEUR du terme.
Il y a quelques années, ce médium s'est tellement émancipé que la maison d'éditions DC Comics a créé le label Vertigo, permettant à des auteurs confirmés de développer leurs propres créations. Alan Moore, avec des œuvres comme Saga of Swamp Thing (pourtant une série mainstream qu'il a "juste" relancée) et V pour vendetta, y fait figure de père spirituel ! En ce qui concerne cet auteur majeur, fréquemment qualifié de génie (!), il aura posé les germes de sa révolution artistique avec des créations originales purement européennes (Les inédits d'Alan Moore), puisqu'il est anglais, avant de plonger au cœur de l'industrie super-héroïque avec Miracleman. Il poursuivra ce parcours avec nombre d'œuvres majeures, réalisées aux USA. En plus de celles citées ci-dessus, on pourra retenir, en ce qui concerne les super-héros, Batman : The Killing Joke, les séries "Top ten", "Tom Strong", "Promethea", "Supreme" et "La ligue des gentlemen extraordinaires". Pour l'essentiel... Puis, de retour en Angleterre, il abandonnera les super-héros pour un temps afin de se consacrer à une œuvre monumentale sur la légende de Jack l'éventreur : From Hell. Ce pavé d'une densité inégalée terminera d'élever le comic book au rang de création littéraire majeure et poursuivra la thématique développée dans Watchmen, Moore se servant de sa fiction pour développer une magnifique parabole sur la notion de contexte qui permet de redéfinir, selon les événements, l'époque et la géographie, notre perception de l'espace/temps...

Aujourd'hui, lorsque certaines personnes passent près de moi alors que je suis entrain de lire un comic book avec des super-héros, je me surprends encore à penser : "Il doit se dire que je suis un ado attardé" ! Ce ne serait pas si dérangeant si l'on pensait que les comics étaient, comme en littérature, l'occasion de passer du Seigneur Des Anneaux à Marcel Proust, ou comme au cinéma où l'on pourrait regarder un Star Wars un soir, et un Woody Allen le lendemain. Mais il n'y a malheureusement pas cette idée d'éclectisme en ce qui concerne l'univers des comics !
De 1938 à 1986 (date de la sortie de Watchmen), il se sera tout de même écoulé près de 50 ans au cours desquels les comics étaient essentiellement destinés aux seuls adolescents. Une longue période visiblement difficile à effacer de l'inconscient collectif...
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5.0 étoiles sur 5 Watchmen, c'est..., 23 janvier 2012
Par 
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Watchmen (Relié)
Watchmen, c'est une bande dessinée que j'ai relu 10 fois entièrement depuis le début de sa parution en 1986. Et à chaque fois je découvre un détail qui m'avait échappé. Page 1 par exemple, il m'a fallu plusieurs lectures pour découvrir que dans la dernière case on voit aperçoit un camion de Pyramid Deliveries qui va sûrement livrer l'un des derniers composants pour le dénouement final.

Watchmen, c'est une bande dessinée policière qui commence par un crime et qui déroule l'enquête de manière ludique et intelligente adapté à ce média visuel. Le Comedian, un ex-superhéros, a été assassiné. Ses anciens compagnons se mettent à la recherche du coupable.

Watchmen, c'est une rigueur graphique exceptionnelle. Dave Gibbons réussit à mettre toutes les informations exigées par le scénario dans chaque dessin, sans aucune impression de surcharge visuelle. Il a retenu une trame rigoureuse de 9 cases par page, avec quelques variations qui consistent à fusionner 2 ou 3 cases entre elles. Les dessins sont entièrement au service de l'histoire.

Watchmen, c'est une structure narrative complexe qui donne l'impression au lecteur d'être intelligent. Moore et Gibbons enchevêtrent l'enquête principale avec des pages de textes illustrées en fin de chacun des 11 premiers chapitres, et avec une bande dessinée dans la bande dessinée. Cette histoire semble dans un premier temps s'appliquer au coupable et condamner ses actions (comme un signe annonciateur du jugement de valeur final du Docteur Manhattan), et comme un clin d'oeil ironique au choix du prochain sujet de la feuille de choux d'extrême droite.

Watchmen, c'est un point de vue philosophique sur le sens de l'histoire et la perception de la réalité. À un deuxième niveau, l'histoire du Black Freighter indique que la compréhension et l'interprétation de la réalité dépend de la personne qui la contemple ; chaque individu est limité dans sa capacité à appréhender le monde qui l'entoure. De la même manière, chacune de nos actions est asservie à notre capacité à comprendre ce qui nous entoure. Et ce développement de l'histoire renvoie à ces moments où les personnages changent de vision sur le monde qui les entoure en contemplant les actions du Comedian. Edward Blake est celui qui dispose de la vision la plus claire du monde qui l'entoure, mais c'est aussi celui qui est le plus incapable d'agir parce que cette absence d'illusions le prive de motivation.

Watchmen, c'est une uchronie dans laquelle l'existence d'un seul homme doté de pouvoirs extraordinaires a bouleversé le rapport des pouvoirs des nations. La défense stratégique des États-Unis repose sur ses épaules. Richard Nixon est toujours au pouvoir. Mais la tension monte entre l'Ouest et l'Est et une guerre semble inéluctable et imminente.

Watchmen, c'est une analyse psychologique pénétrante et sophistiquée de chacun des principaux personnages. Après le décès du Comedian, chacun se remémore à tour de rôle une de ses rencontres avec lui. Mais il s'avère que ces scènes ne servent pas tant à honorer la mémoire du défunt qu'à mesurer son impact sur chacun des narrateurs et sur l'orientation qu'il va donner à sa vie.

Watchmen, c'est un univers visuel d'une rigueur et d'une cohérence parfaites. Dave Gibbons et Alan Moore ont travaillé pour rendre chaque élément visuel significatif : les graffiti sur les murs, la récurrence symbolique du smiley taché, les voitures électriques, les logos des entreprises, les affiches publicitaires, jusqu'au design des chaussures portées.

Watchmen, c'est des séquences narratives d'une force et d'une intelligence inouïes. Le chapitre consacré à Rorsach est bâti autour de la symétrie du masque. La première page répond à la dernière, la seconde à l'avant dernière, etc. Dans le chapitre 9, Moore et Gibbons réussissent un tour de force exceptionnel : ils arrivent à faire partager au lecteur le point de vue d'un personnage qui a une perception globale du temps et non linéaire. Et le résultat est convaincant. Cette séquence sur Mars vaut à elle seule 5 étoiles (et même plus).

Watchmen, c'est une bande dessinée qui s'est élevée au dessus de son origine (comics de superhéros) pour atteindre le niveau de chef d'oeuvre auquel on ne pourrait reprocher que la place réduite des femmes. Le lecteur fait connaissance avec des personnages singuliers dans le cadre d'une trame policière classique qui sert à interroger les désirs et les motivations de chacun, ainsi que le sens de l'Histoire, tout en possédant une hauteur teneur en divertissement.

L'EDITION URBAN Comics - Elle reprend la traduction de Jean-Patrick Manchette (auteur de polars). Elle contient plusieurs bonus dont les 6 couvertures originales de Dave Gibbons pour la première édition française (Zenda). Elle comprend également des pages de script d'Alan Moore dont celles du premier épisode. Leur lecture est révélatrice de la masse de travail effectuée par Moore. Elles valent le coup d'être lu pour se rendre compte de la profondeur du travail de conception préparatoire.
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5.0 étoiles sur 5 quis custodiet ipsos custodes ? (Mais qui gardera les gardiens ?), 23 mars 2012
Par 
Durand Sébastien (France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Watchmen (Relié)
1985, un ancien superhéros est assassiné à New York. Qui peut en vouloir à ceux qui ont raccroché la cape et le masque des années auparavant quand le monde a cessé d'espérer en eux ? Et cela a-t-il un rapport avec la guerre froide qui menace de plus en plus de se réchauffer entre Américains et Soviétiques ?

"Watchmen" de Moore et Gibbons est une oeuvre fondamentale de la bédé américaine, sans doute aussi influente 25 ans après sa publication que, dans un genre différent, le "Maus" de Spiegelman. Les comics US offrent un paradoxe : souvent vus comme infantiles, surtout opposés à un genre européen qui se voit en 9e art, ils révèlent des complexités insoupçonnées pour le profane. Ainsi le concept de "héros" : comment s'étonner que "notre" Tintin n'arrive pas à percer là-bas quand on voit à quel point il est lisse ? Et à l'inverse, a-t-il fallu attendre le cinéma et le "Batman" de Christopher Nolan, pour comprendre que les superhéros de DC et de Marvel ont des failles, des faiblesses, des aspérités qui les rendent au final si intéressants parce que plus humains, justement ?

"Watchmen" est un roman graphique qui repose sur une "uchronie", c'est-à-dire une ligne temporelle alternative. Dans cette histoire, l'Amérique a gagné la guerre du Vietnam, Nixon a constamment été réélu président jusqu'aux années 80 et le monde des Watchmen a donc différé du nôtre depuis 1960. La narration est donc virtuose : elle se déroule sur plusieurs époques simultanément, des années 40 à 80, et nous laisse toujours sous tension (ce monde ressemble au nôtre mais pas tout à fait). À part le Dr Manhattan, les superhéros n'en sont pas vraiment, ce ne sont que des hommes et des femmes ayant porté leurs capacités et talents au dessus des autres. Illustrant avec 20 ans d'avance le concept du "transmédia" (une narration qui se déroule sur plusieurs médias), "Watchmen" se lit à de multiples niveaux. Les superhéros ayant été mis hors la loi, ils ne sont plus à la mode en bédé et un jeune passe donc son temps à lire des comics... de pirates. Les images, les phylactères de cette aventure des 7 mers vient télescoper le récit principal. Entre chaque chapitre (il y en a 12), des extraits du journal de Rorschach (le héros dont les aventures servent de fil conducteur), des articles de journaux, des dossiers divers viennent apporter d'autres éclairages sur l'histoire ou en créer d'autres, imbriquées. On est comme avec des matriochkas, ces poupées gigognes. De très nombreuses mises en abyme interviennent aussi à des moments clés du récit dont les parties se closent souvent comme elles se sont ouvertes. C'est notamment le cas au début et à la fin du roman (mais il ne faut pas en dire plus). Éblouissant !

Personnellement, je ne suis pas fan des dessins (Gibbons) et de la mise en couleurs (Higgins) mais c'est un bien petit reproche et encore suis-je minoritaire dans cette critique. Je suis en revanche totalement à genoux devant la maestria avec laquelle Moore conduit son récit. On peut certes s'interroger sur sa pensée de droite très dure (glorification de l'auto-défense, méfiance envers les autorités démocratiques, forme d'anarchisme de droite etc.) mais la virtuosité laisse sans voix.

Un classique de notre temps.
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5.0 étoiles sur 5 Culture majeure et traduction supérieure, 25 août 2011
Par 
Tornado (Provence Côte d'Azur) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Watchmen, les Gardiens - L'Intégrale (Relié)
Voici l'intégrale de la légendaire série d'Alan Moore publiée par les éditions Delcourt en 1998. Cette version, aujourd'hui épuisée, est très recherchée du fait de sa traduction en français, bien supérieure à celle des éditions Panini, qui ont réédité ce matériel en 2008.
Tout ayant été dit sur ce monument culturel qu'est Watchmen le comic book, j'ai envie de contourner un peu le sujet...

L'univers des super-héros n'est pas, contrairement à ce que l'opinion publique voudrait le faire croire, l'apanage des niais et des geeks régressifs. Pas du tout. Des personnages comme Superman ou Captain America ont évolué et sont loin d'être ridicules, creux, infantiles ou je ne sais quel autre sobriquet.
Oui, le super-héros l'était au commencement, en 1938 (avec le personnage de Superman, justement), tout au moins dans la forme. Il faut dire qu'il fut créé par deux adolescents à une époque où tout était à faire (Jerry Siegel et Joe Shuster ont 18 ans lorsqu'ils créent le personnage de Superman). Oui, l'univers des super-héros demeurera pendant plusieurs décennies un créneau pour les plus jeunes. Il faut avouer que jusque dans les années 80, il est soumis à un code rigoureux qui ne le destine pas vraiment aux adultes. Pourtant, les auteurs de comics y travaillent : Stan Lee apporte beaucoup de fond à ses créations (des préoccupations existentielles, une parabole sur le racisme, un développement mythologique...). D'autres le suivent et insufflent un discours politique à leurs histoires (Steve Englehart fait écho au scandale du Watergate avec la série Captain America). Quelques comics proposent encore des histoires horrifiques destinées à des lecteurs avertis mais ils entérinent le fait que les super-héros sont réservés aux enfants.
C'est vrai, la culture "geek" va naitre de ce goût prononcé pour les fascinations régressives de l'enfance : le fantastique, la science fiction, les mondes merveilleux, les monstres, les surhommes. Mais au fait, tout ces concepts n'étaient-ils pas déjà présents dans les mythologies anciennes, si prisées par les amateurs de culture générale ? Si je ne me trompe, les philosophes et les psychanalystes n'ont-ils pas montré dès le départ un intérêt appuyé pour ces notions ?
Néanmoins, certains de ces jeunes lecteurs vont grandir en étant nourris de cette contre culture, jusqu'à devenir auteurs eux-mêmes. C'est ainsi qu'à l'aube des années 80, des scénaristes et/ou dessinateurs comme Frank Miller ou Alan Moore commencent à s'imposer. Et c'est le choc. Le super-héros devient adulte, complexe, tourmenté, sombre, ambivalent. Et toute une génération de se reconnaitre à travers une flopée d'œuvres fédératrices.
A l'arrivée, des personnages comme Superman et Captain America, au départ incontestablement ridicules et propagandistes avec leur costume calqué sur le drapeau américain et leurs valeurs simplistes bourrées de stéréotypes et de bonne morale (quoique la première mouture de Superman, si j'en crois les anecdotes, était bien plus complexe), sont devenus des modèles de support critique. Et tout ça sans leur enlever leur substance originelle de héros mythologiques. Comme quoi, malgré leur naïveté, ils possédaient dès le départ les racines de leur future rédemption artistique ! De nos jours, à travers des scénaristes comme Grant Morrison, Ed Brubaker, Mark Waid, Paul Jenkins, Mark Millar et bien d'autres encore, ils brillent à la lumière d'une ère postmoderne, où les acquis du passé nourrissent l'œuvre gorgée de sens d'auteurs en accord avec leur temps. Sur un mode dépressif, contrecoup de la gentille innocence du passé, ces archétypes héroïques s'interrogent désormais sur leur place dans le monde, font des erreurs, les assument, se questionnent sur leurs choix, sur la responsabilité qu'implique leur pouvoir, sur leur époque et les valeurs dans lesquelles ils ont été éduqués, sur les répercutions des décisions politiques, etc.

Aujourd'hui, alors que la richesse de cet univers culturel n'est plus à prouver, le monde des bien-pensants continue toujours à le regarder d'un œil condescendant. Ce monde n'a-t-il toujours pas compris que les comics se sont émancipés depuis trente ans ? N'a-t-il pas remarqué que certains de leurs auteurs se sont élevés au rang des plus importants de nos sociétés, tout médium confondu ? Ne voit-il pas qu'ils utilisent les super-héros pour proposer la métaphore politique, scientifique et historique qu'ils leur permettent de développer, tout en avançant une réflexion aigue sur le progrès et les dangers de la science, sur les aléas de nos sociétés, sur le culte de la religion et de l'argent, sur la notion de différence, sur le racisme, sur le rapport à la mort, sur les limites du bien et du mal inhérentes à chacun, et que l'on appelle ambivalence de l'âme humaine ?
En bref, moult digressions sur la condition de l'homme que l'on accorde volontiers à la littérature, au cinéma, aux arts plastiques, à la chanson et au théâtre, à la rigueur aux bandes dessinées pour adulte d'Enki Bilal ou d'Art Spiegelman... Mais toujours pas aux comics. Ni aux mangas d'ailleurs !

Je veux croire que ça viendra. Alan Moore avec son chef d'œuvre qu'est Watchmen n'a-t-il pas suffisamment élevé le débat pour qu'il n'en soit pas ainsi ? N'a-t-il pas démontré que l'on pouvait allier le fond de l'histoire avec sa forme graphique à un tel niveau d'exigence que le médium du comic book permettait le plus haut degré de matière philosophique ? N'a-t-il pas prouvé que, justement, les comics sont devenus un prisme culturel unique et irremplaçable, à l'intérieur duquel se rejoignent à la fois des créations mythologiques aussi riches que celles de l'antiquité, une identité culturelle et une propension au discours universel exceptionnels, ainsi qu'un outil formel d'une richesse inépuisable ? N'a-t-il pas justifié que lorsque le tout se lie avec osmose en une œuvre conceptuelle où la forme et le fond ne sont pas dissociables, en une œuvre humaniste qui élève le débat, c'est bien d'art majeur dont il s'agit, n'en déplaise à certains ? Attention, ne croyons pas que c'est le cas de tout ce qui se trouve sur le marché. Le monde des comics étant majoritairement commercial (au même titre que celui des autres médiums que sont le cinéma, la littérature et la musique), il abonde de créations ineptes. Mais pour le connaisseur, il regorge de trésors.
Watchmen est assurément, avec Best Of - Batman : The Dark Knight Returns, The Sentry et encore beaucoup d'autres, un de ces trésors culturels, au sens MAJEUR du terme.
Il y a quelques années, ce médium s'est tellement émancipé que la maison d'éditions DC Comics a créé le label Vertigo, permettant à des auteurs confirmés de développer leurs propres créations. Alan Moore, avec des œuvres comme Saga of Swamp Thing 1 (pourtant une série mainstream qu'il a "juste" relancée) et Best Of - V pour vendetta, y fait figure de père spirituel ! En ce qui concerne cet auteur majeur, fréquemment qualifié de génie (!), il aura posé les germes de sa révolution artistique avec des créations originales purement européennes (Les inédits d'Alan Moore), puisqu'il est anglais, avant de plonger au cœur de l'industrie super-héroïque avec Miracleman. Il poursuivra ce parcours avec nombre d'œuvres majeures, réalisées aux USA. En plus de celles citées ci-dessus, on pourra retenir, en ce qui concerne les super-héros, Best Of - Batman - The Killing Joke (VF), les séries "Top ten", "Tom Strong", "Promethea", "Supreme" et "La ligue des gentlemen extraordinaires". Pour l'essentiel... Puis, de retour en Angleterre, il abandonnera les super-héros pour un temps afin de se consacrer à une œuvre monumentale sur la légende de Jack l'éventreur : From Hell. Ce pavé d'une densité inégalée terminera d'élever le comic-book au rang de création littéraire majeure et poursuivra la thématique développée dans Watchmen, Moore se servant de sa fiction pour développer une magnifique parabole sur la notion de contexte qui permet de redéfinir, selon les événements, l'époque et la géographie, notre perception de l'espace/temps...

Aujourd'hui, lorsque certaines personnes passent près de moi alors que je suis entrain de lire un comic book, je me surprends encore à penser : "Il doit se dire que je suis un ado attardé" ! Ce ne serait pas si dérangeant si l'on pensait que les comics étaient, comme en littérature, l'occasion de passer du Seigneur Des Anneaux à Marcel Proust, ou comme au cinéma où l'on pourrait regarder un Star Wars un soir, et un Woody Allen le lendemain. Mais il n'y a malheureusement pas cette idée d'éclectisme en ce qui concerne l'univers des comics !
De 1938 à 1986 (date de la sortie de Watchmen), il se sera tout de même écoulé près de 50 ans au cours desquels les comics étaient essentiellement destinés aux seuls adolescents. Une longue période visiblement difficile à effacer de l'inconscient collectif...
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24 internautes sur 29 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La reference en matiere de "graphic novel", 14 février 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Watchmen, les Gardiens - L'Intégrale (Relié)
Ne vous y trompez pas : independamment du registre employe (comic book), vous avez affaire a une oeuvre majeure qui marque un saut decisif dans l'ecriture de la BD, l'acte de naissance de la "graphic novel".
Si Alan Moore signe la son chef d'oeuvre a date (oui, From Hell demeure en retrait), il le doit en grande partie a Gibbons, dont la justesse du trait sert merveilleusement un decoupage minutieux. Chaque vignette a du sens, chaque transition est calibree. Ce n'est plus de la BD, ce n'est plus du roman, ce n'est plus du cinema, ce n'est plus de la presse ecrite ou audiovisuelle, et pourtant Watchmen emprunte a tous ces media.
Dans cette tragedie a la fois classique et moderne, l'univers des super-heros est celebre de facon autrement plus subtile que dans "Supreme". Moore et Gibbons donnent naissance a une pleiade d'exception, chaque personnage creant une categorie inedite tout en assumant l'heritage des "anciens" (n'y aurait-il pas un peu d'Angel dans Veidt ?). Rorschach et Manhattan sortent judicieusement des normes de l'humain et du trop humain pour servir ce recit remarquable.
A deguster en appreciant chaque gorgee. Cette somme ne s'engloutit pas comme un vulgaire manga.
Stephane MOT.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 un classique moderne, 1 mars 2012
Par 
Cocassin (Avignon) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Watchmen (Relié)
Il faut louer cette nouvelle édition en français, de bien meilleure facture que Delcourt, et qui contient des bonus des plus intéressants.Si le film est un bel hommage, rien ne vaut la lecture de chef d'oeuvre d'Alan Moore, qui est naturellement plus riche et subtile de détail, e les intentions des auteurs étant profonde, les relectures n'en sont que plus utiles, notamment les parties concernant la création des "Minutemen"
Bref s'il faut acheter une édition, c'est celle-ci
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18 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La meilleure bd au monde !, 25 mai 2001
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Attention chef d'oeuvre ! The watchmen vous plonge au coeur d'un veritable decoupage cinematographique qui sert une intrigue d'une compléxité troublante. Le tout avec au minimum 4 ou 5 niveaux de lectures différents... Pure merveille! mon seul regret , apres avoir lu cette bd , je n en ai jamais trouvé d'aussi bonne...
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4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 watchmen la bd référence du genre super-heroisme, 24 janvier 2007
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s'il n'y en a qu'une , c'est celle la !!! cette serie de 12 comics (reprise dans ce recueil) est le summum du genre super-heroique.

Alan moore grace a son savoir revient sur le golden age, le silver age et sur le modern age des comics.

Les minutemen dans la serie sont un peu le pendant de la jsa et de la jla de dc comics mais avec une grosse nuance, un "réalisme" beaucoup plus développé.

Le super-hero n'est pas tout blanc, le mechant n'est pas tout noir !!! bref un monde tres moderne, entre bravoure et tuerie pour tel personnage, entre acte de bonté et de sauvagerie pour d'autre !!!

le scenario est magnifique, une magnifique enquète entre thriller et policier!!! (la meilleur scene ; quand rorsasch devient plus qu'un énième vengeur masqué... à voir!!! )

Que dire du dessin : classique et donc, il ne repugnera personne !!

s'il n'y en avait qu'un à relire sur un ile deserte ce serait lui (le recueil)
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12 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 la maîtrise absolue, 21 juin 2002
Par Un client
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Alan Moore a réalisé une oeuvre vraiment extraordinaire qui est pour moi une BD culte. Tout est pensé jusqu'au moindre détail et plusieurs lectures sont nécessaires pour cerner les différents points abordés. Un travail d'artiste. Mon seul regret concerne non pas les dessins mais plutôt les couleurs que je trouve (à mon goût)trop criardes. Sinon, on est triste de quitter les watchmen, une suite m'aurait bien plus, mais c'est peut-ëtre celà qui fait de cette BD une oeuvre unique dans l'univers des comics.
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 les superheros sont donc humains!, 12 mai 2007
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Watchmen est finalement une formidable introduction au monde des comics americains qui paraissent de loin un poil puerils. Plus du tout une fois passe a la moulinette par Alan Moore. Les personnages sont bien plus humains que dans la legende et ne doivent leurs super pouvoirs qu'a des sceances en salle de musculation, leurs engins a des savants modestes et discrets, leur emprise sur le monde (americain, certes) a une intelligence suraigue.

A recommander a quiconque desire s'affranchir de cette BD de genre
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Watchmen de Alan Moore (Relié - 19 janvier 2012)
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