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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le système de valeurs morales de l'Amérique s'est effondré, la légende de Batman perdure., 9 mars 2013
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(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Batman The Dark Knight Returns (Relié)
Cela fait 10 ans que Bruce Wayne a raccroché la cape de Batman pour mener uniquement une vie civile. Il a même renoncé à son voeu d'abstinence pour goûter les plaisirs gustatifs de l'alcool. Mais cet été là, la convergence de plusieurs circonstances le fait revenir sur sa décision : il ne peut plus rester les bras ballants devant une société du "moi d'abord" dont les dirigeants élus guident la ville de Gotham et les États Unis sur la base de sondages de popularité. À 50 ans passés, Batman reprend du service et cette fois chaque intervention est définitive. C'est ce que vont apprendre à leurs dépends Harvey Dent, le Mutant Leader, le Joker et même Superman.

Lorsque ce comics parait en 1986, c'est une révolution. Aujourd'hui encore, il reste une des 10 meilleures histoires de Batman et un récit qui prend aux tripes de la première à la dernière page. Frank Miller ne se contente pas d'une projection dans l'avenir du personnage pour mettre un point final à son histoire avec Joker. Il fait le constat d'une ville meurtrière où chaque individu est une victime potentielle qui viendra grossir les statistiques de la criminalité (dans une ambiance paranoïaque qui rappelle les passages les plus désespérés des romans de Patricia Cornwell). Il utilise l'hégémonie de la société du spectacle pour tourner en ridicule l'utilisation des plus bas instincts de l'homme pour faire de l'audience. Dans ce contexte, la résurgence de Batman s'apparente à un retour à des valeurs traditionnelles à l'opposé des paillettes et du mercantilisme outrancier d'un capitalisme impitoyable.

Les illustrations sont également viscérales et très travaillées. De prime abord, le lecteur peut être rebuté par des dessins peu plaisants à l'oeil, voire laids dans certaines cases (l'apparence du Mutant Leader par exemple). Mais rapidement, il apparaît que Miller a mis au service de l'histoire toute l'expérience qu'il a acquise sur Daredevil et Ronin. Ce tome comprend quelques pleines pages superbes (par exemple Batman tenant le corps d'un général qui vient de se suicider avec le drapeau américain comme linceul) et beaucoup de pages comprenant de 10 à 16 cases. Là encore la forme est indissociable du fond. Les pleines pages donnent à fond dans une iconographie de superhéros déconnectée de tout réalisme : Miller s'en sert pour mettre en image la légende, le coté plus grand que nature du Batman. Les pages divisées en une multitude de cases servent à donner un rythme rapide, une sensation d'instantanéité consubstantielle de la télé en insérant des fragments de dialogues de talk-show.

L'utilisation des ces talk-shows est magistrale. Le lecteur assiste en direct à la récupération des actions de Batman par l'industrie de la télévision. Non seulement ce dispositif narratif permet au lecteur de mesurer l'impact du Batman dans la société américaine, mais aussi les différentes valeurs morales qui vont se cristalliser face à cette légende urbaine. Encore une fois, Frank Miller ne vise pas le réalisme ; il se conforme aux codes des récits de superhéros qui exigent une suspension consentie de l'incrédulité (suspension of disbelief) pour croire à ces gugusses costumés. Le fan de superhéros retrouvera tous les points de passage obligés du genre : échange de coups de poings, démonstration de superpouvoirs, résistance hors du commun du héros (Miller y va vraiment fort sur cet aspect là), etc. Il retrouvera également tout l'univers de Batman dans des versions plus ou moins déformées : la Batcave, Alfred Pennyworth (avec un humour toujours aussi sarcastique), Robin (Carrie Kelly), James Gordon, Selina Kyle, Green Arrow, etc.

Attention, ce Batman n'est pas pour les enfants. À son âge, chaque coup doit compter et il ne fait pas dans la demi-mesure : il est violent, cruel, sadique, déterminé, obsédé même par sa soif de justice et de vengeance. Là encore, à l'aide de visuels savamment pensés, Frank Miller donne une nouvelle interprétation de la chauve-souris comme animal totémique sans tomber dans le ridicule.

L'encrage de Klaus Janson est parfaitement à l'unisson des dessins de Miller. Le lecteur ne perçoit aucun hiatus entre l'illustration et son rendu encré. La fusion entre les 2 est parfaite. Et ces illustrations bénéficient de la mise en couleur de Lynn Varley qui elle aussi fait preuve d'une inventivité et d'une sensibilité adulte. Elle opte pour une palette moins agressive que les comics habituels tout en distillant quelques touches de couleurs vives qui n'en ressortent que plus.

J'ai déjà lu une bonne dizaine de fois cette histoire et je ne m'en lasse pas. À chaque fois la force du récit me prend aux tripes et m'emmène dans cette vision noire de la vie urbaine, dans cette force de la nature qu'est Bruce Wayne, dans cette critique d'une société dédiée à la poursuite du divertissement, dans ce grand défouloir ou le bon triomphe des méchants, dans cette cruauté qui imprègne chaque relation humaine (même si je ne suis pas forcément d'accord avec les prises de position de l'auteur). Frank Miller a donné une suite à cette histoire dans The dark knight strikes again.
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Vision, 22 mars 2013
Par 
Tornado (Provence Côte d'Azur) - Voir tous mes commentaires
(TOP 10 COMMENTATEURS)    (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Batman The Dark Knight Returns (Relié)
Urban Comics réédite ici la saga complète "Batman : The Dark Knight Return" dans une édition magnifique qui devrait satisfaire les collectionneurs. Ce volume réunit donc les quatre épisodes de la saga dans une formule intégrale très volumineuse, dotée d’une avalanche de bonus cohérente (croquis préparatoires, dessins divers, commentaires de l’auteur, etc.), d'un très bon rapport qualité/prix. Urban a pris le parti de revenir à un papier mat, à l'opposé de précédentes éditions publiées par Delcourt puis Panini Comics.

1986. Watchmen amène la révolution dans le monde sclérosé du comicbook. Mais Alan Moore n'est pas seul. De son côté, Frank Miller enfonce le clou avec le monument qui nous intéresse ici : "The Dark Knight's Return" ("DKR").
Ce n'est pas la peine de revenir sur une histoire que tout le monde connait. Par contre, on peut insister, car on ne le fera jamais assez, sur l'aspect révolutionnaire et artistique du chef d'œuvre de Frank Miller.

Savez-vous pourquoi un joli paysage ou un beau portrait à l'aquarelle ne peut être considéré comme une œuvre d'art ? Et bien c'est parce que, au delà des questions purement esthétiques, l'art n'est pas là pour faire joli, mais pour créer, pour être le premier à le faire. "Le bon goût est l'ennemi de l'art" disait Picasso. Une phrase essentielle, qui démontre que le créateur artistique n'est pas là pour flatter le regard du spectateur, mais pour explorer les sentiers inconnus... Après tout, le véritable explorateur se défend-il d'aller explorer une région inconnue du globe s'il a peur que son public ne puisse le suivre ?
Fin du constat.
Si "DKR" est une œuvre majeure, c'est qu'elle est la première de son genre. Jusque là, et même avec "Watchmen", un comicbook était le résultat d'une association de personnes et d'une industrie. Malgré la présence de Klaus Janson & Lynn Varley, "DKR" est l'œuvre d'un seul homme, avec des collaborateurs. Quelques œuvres marquantes avaient déjà été l'apanage d'un seul auteur, comme par exemple La mort de Captain Marvel de Jim Starlin. Mais "DKR" va pourtant élever son medium -le comicbook- à un stade nettement supérieur, au point de rivaliser avec l'Art contemporain en terme de richesse formelle et thématique !
Oui, "DKR", c'est le summum, dans le monde des comics, dans la relation entre le FOND et la FORME.

- Dans le FOND, Miller injecte ses thématiques favorites et transforme la figure du super-héros en général et de Batman en particulier en véhicule pour questionner notre société. Et il le fait comme aucun auteur du médium ne l'avait fait avant lui, en jouant sur le fil du rasoir, laissant le lecteur se faire sa propre opinion. A travers cette histoire de vigilante vieillissant qui reprend du service après une longue retraite, il explore le thème de la radicalisation, qui touche les seniors dans nos bonnes sociétés démocratiques, où sont sans cesse remises en questions les notions de justice et leurs corollaires, le laxisme, la répression, la bienpensance, le fascisme.
Il explore également les dérives des médias, et le pouvoir corruptible de la sacro-sainte télévision. Cette trilogie thématique "super-héros/pouvoir/justice" accouche d'un récit à la puissance d'évocation et à la profondeur inédite, et ce bien des années avant que Miller ne se radicalise lui-même, comme une preuve tangible qu'il s'agissait là d'un questionnement très sérieux et primordial.

- Dans la FORME, Miller échappe à tous les stéréotypes des comics mainstream et innove à tout point de vue. Son dessin, en apparence plutôt esquissé, est en réalité d'une justesse étonnante. Et s'il n'est pas "esthétisant", il est d'une puissance et d'une inventivité assez impressionnante. Ainsi, plutôt que de flatter la plastique athlétique des habituels super-héros, notre homme préfère-t-il inventer une véritable alchimie entre le découpage de ses planches et l'architecture des lieux. En découle un langage corporel et une rythmique totalement inédite, baignée d'un dépouillement hérité des mangas, puisqu'il est admis aujourd'hui que Miller fut fortement inspiré par les créations nipponnes, et d'une vision particulièrement cinématographique de l'art séquentiel, à la manière d'un film de Scorcese (voix-off comprise).
Je suis personnellement un grand admirateur de ces planches expressives à nulle autre pareille, aux ombres majestueuses, qui confèrent au récit un lyrisme extraordinaire, évidemment rehaussé par le superbe encrage de Klaus Janson et la mise en couleur de Lynn Varley. Un art séquentiel d'une modernité totale, qui fera école en propulsant le comicbook à un niveau adulte auquel il n'était jusque là pas destiné.
Et bien entendu, il y a ce télescopage entre l'action, la voix-off et les commentaires télévisuels, qui offrent au lecteur des niveaux de lecture différents tout en restant dans la fluidité du récit. Toutes ces trouvailles, aujourd'hui reprises par des légions de dessinateurs, on les doit à Frank Miller.

On pourrait penser qu'après son passage, les comics n'ont plus jamais été les mêmes. Ce n'est hélas pas le cas, car il s'agit d'un univers particulièrement figé. Ainsi, de nombreux lecteurs de comics mainstream, dans un élan d'une mauvaise foi extraordinaire, taxèrent les œuvres de Frank Miller et d'Alan Moore de "grim'n gritty", ce qui ralenti fortement l'évolution du medium pour bien des années encore, obligeant tout le monde à supporter les boursouflures infantiles qui pullulent toujours aujourd'hui.
Mais "DKR" possède encore bien des qualités, notamment littéraires, avec une voix-off et des dialogues inspirés. Il y a d'ailleurs beaucoup de texte, ce qui risque de contrarier certains amateurs de bandes-dessinées réfractaires à l'écriture. Mais l'ensemble est d'une belle densité.
Enfin, c'est très divertissant, avec une montée en puissance qui va culminer sur un combat monstrueux et fratricide entre Batman et Superman, dans lequel Miller démontre qu'il n'a pas utilisé le médium du super-héros de manière biaisée, et qu'il est également là pour en explorer les ressorts mythologiques, tout en mettant un terme à toutes les problématiques soulevées plus haut.
Ainsi, parce qu'il est le fruit d'un auteur complet, doublé d'un plasticien de haut-vol, qui conçoit la réalisation d'une bande-dessinée comme une œuvre exigeante dans laquelle la FORME et le FOND sont indissociables, et surtout car il s'agit du premier de son genre, "DKR" peut être considéré comme un chef d'œuvre. Et puis, peut-être, pourquoi ne pourrait-on pas imaginer, dans cet ordre d'idées, que Frank Miller soit un des génies du neuvième art ?
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Produit abimé, 24 juillet 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Batman The Dark Knight Returns (Relié)
Excellent et cultissime volume. Indispensable.

NB : Par contre, j'ai reçu un volume qui était détérioré (coin inférieur de la reliure au niveau de la couverture avant) sans emballage plastique.
Vraiment dommage.
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5.0 étoiles sur 5 Une merveille !, 27 juin 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Batman The Dark Knight Returns (Relié)
Je n'ai jamais été un grand fan de Batman, ni de Superman d'ailleurs, le manque de profondeur des personnages DC Comics m'a toujours un peu rebuté.

Que dire du passage entre les mains de Miller ? De la même manière que pour la relecture très personnelle de Daredevil, ce Batman est une merveille. On dépasse très largement les limites imposées par l'univers du comics et on est plongés dans un véritable roman graphique dont la trame est passionnante. La densité des personnages est juste incroyable, c'en est même jubilatoire.

Attention toutefois, le principe de narration est assez particulier, il n'est pas facile d'entrer immédiatement dans le récit. Mais une fois dans l'intrigue, impossible de reposer ce monolithe avant de l'avoir totalement dévoré.

Un seul petit bémol, au fil de la lecture, on se rend compte que Miller a pris beaucoup plus de plaisir à mettre en images les parties avec Batman en costume que les autres, ça s'en ressent un peu au niveau de la constance du dessin.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un chef-d'oeuvre, 1 juillet 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Batman The Dark Knight Returns (Relié)
Vous ne risquez pas d'être déçu en achetant ce chef- d'oeuvre de Frank Miller. Il plonge le lecteur dans un environnement ou Batman est plus humain et torturé que jamais. Le scénario est digne d'un film hollywoodien et le dessin vraiment atypique. Bel hommage de Miller au personnage du Chevalier Noir.
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4.0 étoiles sur 5 frank miller for life !!, 20 juillet 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Batman The Dark Knight Returns (Relié)
j'aime beaucoup du tres grand frank miller
le batman et tres bien travaillè vieux et fatiguè
un scenario imparable ....
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Batman The Dark Knight Returns
Batman The Dark Knight Returns de Miller (Relié - 28 février 2013)
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