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5.0 étoiles sur 5 Clair et précis
Accessible pour un non initié (même si certaines recherches sont nécessaire pour bien comprendre les donnée/ termes techniques) donne envie d'approfondir le sujet
Publié il y a 12 mois par fAAAB

versus
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3.0 étoiles sur 5 Bonne analyse de l'économie politique de la banque
Ce livre décrit l'économie politique de la banque et de la finance (en anglais on dirait "public choice"). On y retrouve peu ou prou ce que Charles Calomiris appelle les trois conflits d'intérêt des politiques avec la banque dans son livre "Fragile by design". Voici quelques passages qui illustrent le propos de Chavagneux et Philipponnat :...
Publié il y a 14 mois par Gu Si Fang


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3.0 étoiles sur 5 Bonne analyse de l'économie politique de la banque, 14 avril 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La capture (Format Kindle)
Ce livre décrit l'économie politique de la banque et de la finance (en anglais on dirait "public choice"). On y retrouve peu ou prou ce que Charles Calomiris appelle les trois conflits d'intérêt des politiques avec la banque dans son livre "Fragile by design". Voici quelques passages qui illustrent le propos de Chavagneux et Philipponnat :

1) "La capture d'une partie des forces politiques et administratives par les intérêts financiers. En Allemagne, du fait de la grande proximité de la quasi-totalité des élus avec les banques locales. En France, du fait du système organisé de pantouflage et de la consanguinité bien connue des élites administratives et politiques et des élites financières. À Bruxelles, les attitudes des différents États semblent transcender les divisions partisanes et sont orientées vers la défense des champions nationaux. On aboutit à un phénomène de capture des élites nationales combiné avec une gouvernance européenne défectueuse."

2) "L'aléa moral en matière bancaire est un facteur essentiel. La rente économique ainsi soutirée par le système bancaire à la société représente une valeur évaluée à plusieurs dizaines de milliards d'euros annuels. [NB : quid de la rente monétaire distribuée par les banques centrales ?] Si les pertes sont portées par les créanciers des banques (solution quasiment jamais adoptée) et par les actionnaires, alors on met fin à l'aléa moral. Sur le papier, la solution est assez simple. La seconde mesure concerne la « résolution des banques », qui ne doit pas être laissée aux mains des responsables politiques, et encore moins dépendre des intérêts nationaux."

3) "Les services de banque commerciale sont indispensables à tout moment pour la société.
Les États ont compris depuis longtemps qu'il était indispensable de protéger les dépôts de la clientèle. Un cercle vicieux se met alors en place : le soutien public qui permet aux banques de se financer moins cher devient lui-même facteur d'expansion de la taille des banques qui bénéficieront d'un soutien de la collectivité encore plus important, soutien qui leur permet de devenir encore plus grosses !"

C'est assez proche de Calomiris, pour qui les conflits d'intérêt sont dus au fait que le gouvernement réglemente la finance mais a besoin d'elle pour ses emprunts ; il doit faire respecter les contrats de prêt mais il ne veut pas se fâcher avec les ménages emprunteurs ; il doit répartir les pertes éventuelles entre les créanciers et les déposants, mais il a besoin de leurs votes et de leurs financements. Par conséquent, les institutions politiques d'un pays sont déterminantes pour l'(in)efficacité et la (in)stabilité de son système bancaire.

Sur ce sujet, le chapitre 6 sur le processus d'élaboration des directives européennes en matière de réglementation financière est très bien fait.

En revanche, j'ai trouvé décevant que les banques centrales et la rente monétaire soient totalement absentes de l'analyse. Pour les auteurs, le soutien aux banques passe entièrement par le "contribuable", par exemple : "Du fait des soutiens apportés au secteur bancaire durant la crise, la dette publique de l'Irlande a augmenté de 40,5 points de pourcentage du PIB ! aux Pays-Bas (14,6 points), en Allemagne (12,8 points), en Espagne (7,3 points) ou au Royaume-Uni (6,7 points)."

Or, malgré l'énormité de ces montants, ils restent faibles à côté du soutien des banques centrales, qui est à la fois plus important et plus opaque. Plumer le contribuable pour renflouer les banques est politiquement délicat, mais le papier-monnaie à cours forcé depuis 1971 a ouvert des possibilités nouvelles via la planche à billets. Une analyse économico-politique de la banque ne peut pas passer à côté de ce changement majeur.

"Il faut séparer les activités de banque d'affaires de celles de banque commerciale."
Fausse solution ? Les auteurs sont très attachés à cette mesure mais donnent peu d'arguments convaincants. Roosevelt est présenté comme un héros qui a réussi à séparer les banques contre leur gré. Mais on ne comprend rien au Glass-Steagall Act si on l'interprète comme une victoire des gentils politiques contre les méchants financiers. Voir par exemple "The separation of commercial and investment banking: The Morgans vs. the Rockefellers" par A. Tabarrok.

"Si l'analyse précise de la façon dont les paradis fiscaux nourrissent l'instabilité de la finance reste à faire, le constat est indéniable. Il est confirmé par toutes les études soulignant la présence massive des banques dans ces territoires." Lubie ?

A mon avis, le livre sous-estime le rôle des banques centrales et des institutions politiques en *amont* de la crise. Mais malgré ses lacunes, il est très instructif et intègre bien la politique pour comprendre l'absence de réforme bancaire d'envergure.
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2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Clair et précis, 11 juin 2014
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