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8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 de l'intérêt de fuguer en île, 10 avril 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'ile atlantique (Poche)
Ce livre est à bien des égards l'accomplissement de l'œuvre de Tony Duvert. Prosateur d'exception, celui-ci s'était heurté souvent au risque de l'éparpillement, du patchwork, de la collection de morceaux de bravoure savoureux mais disparates. Il surmonte ici le problème et parvient à unifier fortement son roman. Trois thèmes sont employés à cet effet: (1) d'abord, et c'est peut-être le plus important, celui de la dénonciation sociale, et pas seulement littéraire, d'une bourgeoisie dont l'hypocrisie est un pilier, où l'on bat les enfants pour oublier ses propres turpitudes,, où l'on boit, où l'on ment...Cet échec des valeurs familiales, même mâtinées d'idéologie libérale-libertaire, en annonce un autre, plus massif et plus général: celui du monde soi-disant apaisé et consensuel où nous avons à vivre... et de ses valeurs. (2) Celui de la fugue, qui, couplé à l'évocation de la délinquance juvénile, vient renforcer l'accroche sociale précédemment évoquée, mais sans s'y réduire. On sait bien qu'une fugue est toujours , au fond, fuite devant soi-même et en même temps recherche de soi. Les enfants, et notamment Julien, se métamorphosent et de victimes se font explorateurs. (3)Celui de l'insularité. Dans cette île où les adultes reproduisent le continent (usines entrevues, travail, fêtes calendaires, valeurs et mœurs) les enfants vivent dans une sorte de cercle enchanté, magique et irréductible qui ne touche que tangentiellement (et violemment) le monde normé par le droit et la morale. Tourner en rond ne leur fait pas peur, eux qui ont décidé de ne pas marcher droit.La circularité de l'île est un défi à la linéarité du monde.

Par ce lyrisme et cette indifférence à l'égard d'un discours explicatif et réducteur, par cette métamorphose d'un vécu (ici l'univers enfantin) en quelque chose d'absolument signifiant, par l'écriture employée aussi, fluide et suggestive, aussi musicale qu'il est possible en français, Tony se rapproche étonnamment de Joyce, à qui il envoie d'ailleurs ("le square Léon Bloom"!) quelques œillades malicieuses. Un très grand livre en vérité!
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un grand roman méconnu, 1 décembre 2008
Par 
Jérémie (Montpellier, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'ile atlantique (Poche)
J'ai terminé ce roman hier dans la nuit --du coup je ne suis pas allé en cours ce matin; il ne me reste plus qu'à fuir la société et Tony Duvert sera fier de moi ! Ah non, c'est vrai, trop tard, je suis déjà un adulte...

Bref, sérieusement : ce livre méconnu est un grand roman de la littérature française. Pour le réalisme outré de ses personnages (j'ai particulièrement savouré les personnalités au vitriol de Laure Boitard et de Raymonde Seignelet). Pour sa satyre de la société. Pour le style décapant et classique de l'auteur. Pour ses (trop rares) réflexions explicites, surtout à la fin du livre, qui est la meilleure partie. Pour les brillantes descriptions de la violence domestique, notamment du fait des mères, viols mentaux quotidiens que la loi ne réprime pas et qui sont trop immatériels pour que Justice soit rendue (contrairement aux violences physiques des pères).

Un seul bémol (je n'ai mis "que" quatre étoiles) : la vulgarité, parfois, du vocabulaire, sans raison. (Ca y est je parle comme Laure Boitard...) Les narrateurs de Zola utilisent-il les mots "queue", "pine", "merde", etc ? Et les relations sexuelles entre enfants, qui ne sont pas réalistes et proviennent de l'expression déplacée des fantasmes de l'auteur. Duvert a écrit là un grand roman. Il est presque grand public. Presque.
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15 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Chef d'oeuvre en péril, faute de lecteurs, 23 juillet 2003
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Île Atlantique (Broché)
À sa parution en 1979, ce livre n'a pas rencontré l'audience qu'avaient pu susciter ses livres précédents, notamment Paysage de fantaisie, couronné par le prix Médicis en 1973. Pourtant, la facture de ce roman est bien plus classique. Tony Duvert s'éloigne en apparence des expérimentations audacieuses et raconte une histoire, de façon assez linéaire en somme.
L'Île du titre est un symbole : elle figure un microcosme, un monde en vase clos, avec ses notables, ses intellectuels, ses épiciers, ses prolos, sa prostituée et, surtout, les rejetons de cette société. Duvert procède à la manière de Dos Passos, circulant d'un personnage à l'autre, changeant régulièrement de point de vue. Il fait des allers et retours entre le monde des enfants et celui des adultes, manifestant pleinement à quel point ils sont hermétiques l'un à l'autre. Le sexe est une composante importante des deux univers, rarement joyeux, le plus souvent marqué du sceau de la prédation.
Chaque saynète donne à l'auteur l'occasion d'exercer ses talents de satiriste génial, qui fait exploser la médiocrité, la perversion ou la brutalité avec une économie de mots absolument stupéfiante. Les dialogues sont particulièrement fascinants : leur vacuité fait penser à Nathalie Sarraute ou Robert Pinget, mais qui se seraient convertis au roman (pseudo)réaliste. Il n'y a pas la moindre trace de gras dans ce livre découpé au bistouri dans lequel chaque mot est disposé au millimètre près. Mais comme Duvert est un artiste éblouissant, on peut parfaitement dévorer son livre comme un thriller inquiétant sans s'arrêter sur la forme parfaite qui le sous-tend. Presque tous les amis auxquels je l'ai fait lire l'ont dans un premier temps dévoré, avant de revenir éventuellement sur l'histoire, les personnages (ah ! Madame Seignelet : la mère la plus affreuse de la littérature française !), la satire, l'art, etc.
L'Île atlantique est un chef d'aeuvre, un « poème » au sens des Âmes mortes de Gogol, une synthèse entre réalisme et nouveau roman, un livre tout à la fois facile à lire et d'une richesse infinie. Il est plus que temps que l'on reconnaisse enfin l'un des écrivains français les plus importants du XXe siècle, tombé au purgatoire (au moins) dans les années 1980 du fait de ses positions sur les relations entre adultes et mineurs. À sa décharge, on pourrait ajouter que Tony Duvert n'est ni Roger Peyrefitte ni Gabriel Matzneff : ce n'est pas un chasseur sommé de se justifier, et qui s'invente des raisons hypocrites. Ce n'est pas non plus un chantre de l'enfance ou de l'adolescence, dont il poursuit au contraire les mesquineries et la mauvaise foi. Les jeunes sont chez lui des adultes en devenir, déjà pourris par une forme ou une autre de suffisance sociale. Et lui les traque avec un moralisme qui pourra sembler paradoxal
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Des pages étincelantes..., 11 juillet 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Île Atlantique (Broché)
Quel bouquin génial... Un autre commentateur le dit très bien : on peut se replonger dans n'importe quelle page, on trouvera toujours de quoi éclater de rire.
Les descriptions des gosses ont beaucoup vieilli (l'auteur tente de reproduire les onomatopées et les interjections infantiles, sauf qu'aucun gosse d'aujourd'hui ne parle plus comme ça).
Mais la description des mégères, et notamment de la répugnante et hilarante Raymonde Seignelet, offre de tels éclats de rire, et recèle d'une critique tellement radicale de la "famille" et de la maternité, qu'on en est retourné pour toujours...
Comme le philosophe Alain le disait de "Guerre et Paix", "Lisez, relisez ces pages éternelles..." de Tony Duvert.
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Attention chef d'oeuvre absolu !, 10 mai 2003
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Ile Atlantique (Poche)
Ce livre est le chef d'oeuvre de Tony Duvert : un livre dont chaque page peut être relue cent fois, dégustée : on y trouve toujours de nouveaux trésors. Bien sûr, c'est hénaurme : un bestiaire humain, rempli de personnages qui vont du lâche au monstre (Mme Seignelet, c'est Folcoche à la puissance dix !), un pessimisme radical quant à l'espèce humaine. Mais quel régal d'humour, de méchanceté, d'intelligence. Les dialogues font penser à Nathalie Sarraute (en bien plus drôle). Un chef d'oeuvre littéraire malheureusement bien oublié aujourd'hui.
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un cousin français de Joyce fils de Jules Renard, 11 janvier 2004
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Ile Atlantique (Poche)
Ile utopique, ce ne peut être ni Oléron, ni Noirmoutier, ni Belle-Ile, ni Yeu, ni rien. Tony Duvert dénnonce, et il n'est certes pas le premier, l'hypocrisie d'une société où les enfants n'ont plus d'autre possibilité d'expression que la dérision, la fugue et la délinquance. Seulement, ce révolté a lu Joyce, à qui il emprunte la technique du monologue intérieur, l'alliance de la satire et de la nostalgie, le lyrisme. Les enfants terribles n'arriveront pas à tuer les parents ignobles. Seule resteront la terreur, et notre étonnement.
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6 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 un souffle lyrique rare dans la langue française, 19 novembre 2004
Par Un client
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Ile Atlantique (Poche)
Tony Duvert est très fort pour tout ce qui est du domaine de la satire. Ici, il s'essaie à élargir son champ habituel à d'autres domaines: la politique (dénonciation de l'instrumentalisation dont la jeunesse est l'objet), le lyrisme (l'inspiration joycienne est permanente), la nostalgie (comme un halo mystérieux),la poésie (le thème de l'insularité, jamais abordé de front, est tout le temps présent). Au fond, c'est le livre du passage à une certaine sérénité. Les personnages sont prodigieux: j'avoue une tendresse particulière pourMme Lescot, la patronne de la brasserie qui sert de si bons cafés au lait: accueillante, maternelle, d'une bonne humeur invariable, infantilisante et niaise, mais alors niaise, comme il n'est pas permis. L'ensemble est "à vomir de rire"; m'a dit un copain. Mais tous les moyens d'évacuation sont admis.
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Aucun internaute (sur 1) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Un livre bon à lire, 2 juin 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'ile atlantique (Poche)
C'est un classique d'un certain genre, un peu soixantehuitard... Pas pour tout le monde.

Le livre m'a été remis à Minorque le surlendemain. Excellent service!
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L'ile atlantique
L'ile atlantique de Tony Duvert (Poche - 4 novembre 2005)
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