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19 internautes sur 20 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
infini,
Par Sam (Paris) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Géorgiques (Poche)
On voudrait dire de ce livre ce que Borges écrivait de Joyce : il est presque infini !C'est la meilleure entrée dans l'univers du dernier prix nobel français de littérature, adulé justement par ce qui reste de critique en France, ignoré par le grand public qui le soupçonne, bien à tort, d'être difficile. Les premières pages, qui présentent simultanément plusieurs vies de personnages (sous Napoléon, pendant la première guerre mondiale) introduites par de de simple "il", nous plongent dans le foisonnement de Simon. Avec un art du récit consommé, une sensualité extraordinaire des descriptions (les corps, les odeurs, les couleurs et les sons), Simon réussit sans doute ici son meilleur livre. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Claude Simon méritait bien son Nobel,
Par MPO "MPO" (France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Géorgiques (Poche)
Ce livre est à la fois difficile et saisissant.Difficile car, dans la première partie du livre, Claude Simon semble s'amuser à perdre un peu son lecteur qui se demande qui est qui. Mais une lecture attentive et un petit passage par notre encyclopédie en ligne préférée permettent de savourer totalement cette histoire de guerre, de lignée et ... d'Histoire. Le souffle et l'envergure des phrases de Claude Simon sont véritablement saisissants. C'est le premier ouvrage que je lis de cet auteur mais il m'a donné l'envie de découvrir toute son oeuvre. Je recommande également la lecture de son discours de Stockholm qui permet de comprendre sa représentation de l'écriture et du roman. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5.0 étoiles sur 5
Un grand souffle tragique,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Géorgiques (Poche)
Tout se passe comme si, après une longue et aride période d’expérimentation dans les années soixante et soixante-dix, Claude Simon cessait de vouloir écrire exclusivement comme un peintre ou un cinéaste, et retrouvait la plénitude de son génie narratif avec « les Géorgiques », son meilleur roman depuis « la Route des Flandres ».On ne se plaint pas de la longueur de ce gros ouvrage de plus de 450 pages, tant ce récit d’une richesse exceptionnelle ne cesse d’avancer, bien qu’il ne soit pas linéaire, dans une prose dont la densité n’empêche nullement la fluidité, et tant le détail de chaque phrase, de chaque mot, offre une véritable jouissance de la langue. Les premières pages du roman, qui décrivent un dessin, pourraient faire croire que Simon va céder une fois de plus à sa prédilection pour les oeuvres plastiques comme générateurs de fiction, mais on est vite rassuré : finie la fastidieuse dictature de la description qui rendait indigestes ses six romans précédents : ici la narration coule sans entraves, les personnages sont de retour, et l’auteur va même – concession significative au récit « traditionnel » – jusqu’à ménager à la fin un rebondissement typiquement romanesque ! Le livre est divisé en cinq chapitres : le premier est centré sur la figure de l’ancêtre du narrateur, général de la Révolution française et de l’Empire et « paysan » à sa façon, dont la biographie est parcourue dans un désordre chronologique qui en rend la lecture encore plus excitante. Le deuxième évoque, avec réalisme, les derniers jours de la « drôle de guerre » et, encore une fois, le choc de mai 1940 vécu par le narrateur-soldat, qui s’identifie explicitement à l’auteur. Le troisième est une sorte d’évocation des morts autour de la vieille maison familiale, du tombeau de la première épouse du général, et de souvenirs d’enfance du narrateur sur sa grand-mère et son oncle Charles. Le quatrième est une étonnante reprise de l'intervention dans la guerre d’Espagne de l’écrivain George Orwell (désigné sous la transparente initiale « O ») en 1936-37, dans laquelle Simon transfuse sa propre expérience des luttes intestines entre les différents partis du camp républicain. Le cinquième revient à la fin de la vie du général d’Empire, à sa fidèle intendante, à sa seconde épouse et au destin tragique de son frère, avec la révélation d’un secret de famille. Comme on s’y attend chez Simon, les trois « histoires » ne manquent pas de s’entrecroiser à l’intérieur de chacun des chapitres, tissant par leur contrepoint et leurs analogies la trame d’une vision chaotique de l’Histoire, dont les acteurs sont les jouets d’une universelle et intemporelle duperie, d'une tragédie sanglante et dérisoire à la fois, qui finit par broyer leurs aspirations, leurs convictions et leurs vies dans une même ironique débâcle, sous le regard rétrospectif, à la fois lucide, hébété et résigné d'un vieil homme qui est à la fois le général, l'oncle Charles, la grand-mère, le narrateur, et l'auteur lui-même. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
1.0 étoiles sur 5
Illisible,
Par Anton (France) - Voir tous mes commentaires
Achat authentifié par Amazon(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Géorgiques (Poche)
A la décharge de Claude Simon, je n'ai lu que le premier tiers du livre.En commençant 'Les Géorgiques', je souhaitais découvrir cet auteur, qui est à l'heure actuelle l'avant-dernier Français ayant reçu le prix Nobel de littérature. A ce qu'on dit il s'agit d'un de ses meilleurs livres. Si les soixante premières pages semblent, un peu à la manière de Faulkner, tricoter un patchwork de destins d'Hommes de Guerre du passé français, et ce avec une dextérité qui rend prenant ce tourbillon de destins, à partir de la deuxième partie la colique commence. Qu'il s'agisse de ses phrases constituant à elles seules un paragraphe de quarante lignes, de ses paragraphes obèses qui courent sur des pages et des pages, de son usage des parenthèses à en avoir la nausée, que ce soit parce que la parenthèse coupe une phrase sur vingt lignes ou parce qu'il s'amuse à les emboîter les unes dans les autres (on trouve même de temps en temps des parenthèses ouvrantes solitaires !), ou carrément de son usage de la ponctuation tout court (d'où lui est venue cette idée atroce de faire suivre un point d'interrogation par un double point ?), Claude Simon fait déjà, dans la forme seule de son livre, un salade de briques sauce sciure de bois. Dans le fond, pour le tiers que j'ai lu la prose est longue, tellement longue ; Claude Simon croit pouvoir faire du foie gras en gavant ses pages de descriptions interminables. On arrive avec peine au bout d'une phrase que l'on ne sait plus de quoi on parle ; revenant sur nos pas on constate qu'on est passé de la voie ferrée aux canaux à péniches ! Et l'espace des lignes se partage entre des mots vides de sens, des troupeaux de redondances, et des images absurdes (l'horreur absolue vient pour moi de ses "chevaux galopant comme filmés au ralenti"). Peut-être ce livre conviendra-t-il à un autre type de lecteur ; en ce qui me concerne, cette littérature n'est pas pour moi. Je conclus par un extrait, pour que l'on puisse juger soi-même si le livre nous semble bon à lire : "Et maintenant c'était là. Il y avait d'abord eu l'automne, la succession des interminables chevauchées nocturnes, les aubes longues à venir, incertaines, les jours se levant lentement sur des paysages de voies ferrées, de faubourgs noirâtres, de cheminées, de wagons, les croupes de chevaux aux selles trempées de pluie luisant de reflets blafards tandis qu'ils attendaient, pied à terre, déléguant clandestinement l'un deux qui se faufilait jusqu'à quelque estaminet, revenant avec dissimulé sous son manteau comme sous les jupes d'une vieille femme des bouteilles de genièvre dont les goulots passaient de bouche en bouche, le feu liquide descendant dans les œsophages vides cependant que manœuvrait quelque part en lâchant des nuages de fumée sale et lourde, comme détrempée elle aussi, quelque locomotive poussive (croisant aux carrefours ou au hasard des quais d'embarquement des convois d'artillerie, des régiments Nord-Africains aux visages gris, ou d'infanterie, dont, dans les cantonnements, ils retrouvaient les ordures - comme un incompréhensible jeu, un de ces ballets aux figures compliquées qui amènent leurs participants à occuper successivement et selon des trajets savamment étudiés les positions abandonnées par les autres) : allées et venues, ou marches, ou plutôt arpentages dont le seul but imaginable (car il devait tout de même y avoir une raison, une motivation - à moins de penser, ce qui n'était après tout pas incroyable, qu'une fois le fameux document cacheté de cire échangé entre les deux ministres se déclenchait une espèce de mécanisme, une machinerie obéissant à des règles de pesanteur ou d'attraction particulières, à quelque loi supérieure de physique et de migration échappant à toute justification autre que cosmique) était peut-être de leur apprendre à connaître le monotone théâtre des tueries passées ou futures, de leur graver dans la tête par la vue répétée des mêmes panneaux signalisateurs les noms grisâtres et ferrugineux qui reviennent à toutes les pages des manuels d'histoire : Bazeilles, Sedan, Mézières, Rocroy, Givet, Wattignies, Meuse, Moselle, Ardennes, Longwy (et au-delà - au-delà des derniers postes, des derniers hérissons barrant les routes à l'asphalte luisante ou dont plus personne n'enlevait la neige, Mons, Charleroi, Coblence, Pirmassens, Trèves, Mayence : non pas des villes avec des tramways, des magasins, des cinémas, mais de simples assonances, des lettres dont l'assemblage n'avait d'autre sens que siège, capitulation, incendie ou bals d'émigrés." Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles |
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Les Géorgiques de Claude Simon (Poche - 2 février 2006)
EUR 9,17
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