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Rien ne s'oppose à la nuit - Grand prix des Lectrices de Elle 2012
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8 sur 8 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 10 juin 2012
On m'a offert ce livre et je ne regrette pas de l'avoir lu. C'est beau, très bien écrit et entraînant. Je me suis demandée si ce n'était pas en quelque sorte du voyeurisme de ma part ce besoin de vouloir savoir ce qui allait lui arriver.... et aujourd'hui je me pose encore la question car ce que l'auteur nous dévoile de sa vie est tout simplement horrible, elle a tellement souffert, son histoire familiale n'est pas unique bien entendu mais heureusement il y a des histoires plus heureuses.... et pourtant en lisant ce livre on ressent de la légèreté.... c'est assez bizarre à expliquer....en lisant ce livre on a l'impression qu'elle s'adresse, qu'elle se confie à nous personnellement.... ce livre est pour moi sa thérapie et c'est pour ça que je lui en veux.... je ne savais pas trop à quoi m'attendre en commençant ce livre.... et en en sortant, je me dis quelle chance entre guillemets elle a eu de pouvoir l'écrire... elle a tellement de matériel à sa disposition (les souvenirs enregistrés de son grand-père, les écrits de sa mère, les confidences de sa famille)... je lui en veux car ce qu'elle écrit est tellement vrai, sa façon d'analyser et de voir les choses sont tellement justes,j'en ai pleuré même, et quand on se dit qu'on ne pourra jamais faire le même travail sur nous-même, on se demande comment nous on pourra s'en sortir... j'écris ce commentaire pour les personnes qui ont une histoire familiale de ce type, lisez avec précaution, préparez-vous car ce livre peut vous toucher bien plus que vous ne pouvez l'imaginer. On se remet tellement en question, c'est tellement dur d'être en face de ces propres vérités, qu'il faut y être préparé.
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34 sur 36 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 14 octobre 2011
C'est incontestablement l'un des plus beaux livres que j'ai lu. J'aurai tant aimé écrire ainsi sur la vie de ma propre mère. Ce livre est un cadeau, pour sa mère, mais pour nous, lecteurs, également. Ma mère souffre de la même maladie, les troubles bipolaires, une sorte de folie, qui a sinistré toute mon enfance, et qui encore aujourd'hui, à 43 ans, me touche infiniment. Ce livre doit être lu, c'est nécessaire. Il est magnifique, bouleversant, je l'ai terminé les yeux brouillés de larmes. C'est surtout, et avant tout, un bel hommage à Lucile, et il transpire à chaque page l'immense amour de Delphine de Vigan pour sa mère. Il y a beaucoup de pudeur, c'est indéniable, on ne sait pas tout, et heureusement... J'espère de tout mon coeur que ce livre recevra un prix. Il me hantera longtemps, très longtemps... A lire, dans l'urgence.
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54 sur 58 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 12 septembre 2011
Dernier ouvrage de Delphine De Vigan qui vient de rejoindre les autres dans ma bibliothèque. Roman vibrant, prenant, émouvant, tout au long du récit on découvre les secrets familiaux, leurs incidences sur les générations qui suivent, les fêlures laissées si bien décrites par l'auteure et perceptibles par le lecteur. On y voit et sent la douleur de vivre auprès d'un être cher malade et combien il est difficile à la fois de le protéger et de se protéger pour cheminer vers sa propre vie d'adulte; entamer doucement le chemin de la résilience
Ce roman, trop vite lu à mon goût, m'a laissé beaucoup d'émotions bien après avoir tourné la dernière page. A mon sens, le meilleur que j'ai lu après No et Moi...
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155 sur 168 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Tout d'abord je tiens à remercier les éditions JC Lattès pour m'avoir permis de lire ce livre.

Delphine de Vigan est une auteur française dont le nom a émergé récemment auprès du public avec l'adaptation au cinéma de son roman No et Moi, roman émouvant et bouleversant.
Et bien ce roman ci m'a également profondément touchée. Il m'a émue au larmes, touchée, fait sourire, révoltée...Une palette de sentiments avec lesquels on n'est pas forcément à l'aise. Mais qu'importe. Cette lecture fut admirable, et je ne la regrette pas une seconde ! Merci pour cette histoire !

Pleine de pudeur, de craintes, de drames, de silence et de cris, de violence et de tendresse, ce roman qui tend à donner une dimension auto-biographique ne peut laisser indifférent. On aime ou on déteste ce genre.

L'auteur raconte sa mère. Sa mère telle qu'elle l'appréhende au travers des témoignages, oraux ou non, de ceux qui l'ont connu. Tout commence par son enfance, sa fratrie et ses parents, l'époque, puis sa vie d'adulte, ses déchéances et ses désespoirs.
C'est un témoignage bouleversant sur une femme qui a souffert de troubles psychiatriques qui l'ont éloignés des siens. Un témoignage d'une enfant qui a trop vite été confronté à la vie dans ce qu'elle a de plus dure : la perte - à tous les niveaux.

Ce livre provoque un sentiment de voyeurisme chez le lecteur - on veut en savoir plus - sentiment qui se mâtine d'un peu de honte dans mon cas "comment autant se plongée dans la vie de cette femme ?".
Mais les personnages sont changeants, et le récit, mouvant, nous révèle différentes facettes de l'époque, de la famille, des gens. Notre opinion évolue au fil du livre, au fur et à mesure des souvenirs et des révélations.
On a pas le même regard sur Liane et George au début et à la fin, comme si nous aussi nous grandissions, comme Lucile. Comme Delphine.

L'auteur a su illustrer dans ce roman le "classique" d'une famille, nombreuse ou pas. Les non-dits, les silences, les moments de joies, les souvenirs et les traditions, mais aussi les pertes et les haines, les chagrins et les blessures. Les rancunes et les incompréhensions.

Ce roman est magnifique, triste et pourtant porteur d'une certaine joie. La vie continue.
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7 sur 7 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
1000 PREMIERS RÉVISEURSle 5 février 2012
Delphine De Vigan nous livre un roman intimiste qui plonge au coeur de la mémoire familiale.

L'auteure, par une approche singulière, décrit les angoisses vécues dans le cadre de la rédaction d'un roman.
Elle s'est rapprochée des membres de sa famille pour cerner au mieux la vie de Lucile, une mère dépassée par la vie et les évènements qu'elle a vécus dans son enfance (inceste, mort, suicide...).
Au travers de différents entretiens, photos et les différentes versions de chacun, elle essaie de se rapprocher au plus près de la vérité, elle doit faire face à de nombreuses remises en questions et lutte contres les démons de son enfance pour tenter de nous décrire la vie tumultueuse de Lucile.
Ce roman très original, par son écriture, est captivant de bout en bout et nous pousse à nous interroger sur nous même et l'influence des évènements familiaux dans la vie de chacun.
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6 sur 6 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Aussi intime qu'universel. Ce roman est bouleversant, alors même qu'il ne crée pas forcément d'échos réels dans votre vie. C'est un livre sur l'âpreté à grandir, sur l'injustice et l'invisibilité des liens au sein d'une fratrie, sur le non-dit des familles incestueuses, sur l'incompréhension de ce qui lie les êtres entre eux et de ce qui vous en éloigne. C'est un livre sur la solitude à laquelle on ne peut pas se résoudre. C'est un livre d'adultes tardifs. Nous vivons une époque où nous grandissons tard ...

Aussi dur que tendre. Il y a de l'ivresse, de l'indécence, de la curiosité à comprendre la vie réelle traversée par ceux qui nous ont donné la vie, qui l'ont chargé aussi. Mais il y a surtout du ré-enracinement. Dans certaines cultures ancestrales il est dit que tout individu sur terre naît chargé de la vie de certains membres de sa famille. Et s'il tient à vivre sa vie ici-bas, y accomplir son destin, il lui faut renaître.

Dans ce lien maternel défaillant, on compte sur sa fratrie, pour assurer notre besoin de sécurité. Mais nous ne sommes pas égaux dans une fratrie, nous restons des individus avec nos personnalités propres. Les relations entre les personnes sont comme tissées dans des liens invisibles et pré-existants. Ces liens étaient là avant nous et gouvernent nos façons de se répondre, de s'opposer, de se chérir. On peut être effroyablement seul dans sa fratrie.

L'âpreté à devenir grand n'est que le début de notre responsabilité d'adulte : nous nous devons ensuite de protéger l'enfance. Et une façon de protéger l'enfance est de vivre sa vie d'adulte, pas de la rêver ou de l'envier ou de l'enrager
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80 sur 89 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Delphine de Vigan, que l'on avait pu rencontrer avec "Jours sans faim" ou le plus récent "No et moi" signe un nouveau roman, consacré à la vie de sa mère: "Rien ne s'oppose à la nuit", titre emprunté à la célèbre chanson "Osez Joséphine" d' Alain Bashung.

Il est difficile, reconnaît humblement Delphine de Vigan, de faire un roman sur sa vie de famille, sur sa mère. Cette dernière, confessent les premières pages, s'est donné la mort a soixante-et-un an, et fut retrouvée par sa fille, après cinq jours, dans son appartement.

Difficile de traiter d'un sujet intime, qui soit assez général pour intéresser, assez personnel pour être sincère, assez authentique pour permettre à son auteur de sublimer réellement le choc de cette mort, qui quelque part, ne lui aura pas épargné cette rencontre terrible avec l'autre visage de l'être aimé, celui du cadavre.

C'est donc un livre que l'on aborde avec une hésitation qui est avant tout celle de son auteur.

Tout au long, l'auteur intercale des chapitres intermédiaires, ou elle revient sur ses difficultés à traiter d'un noeud si serré, si présent, et qu'il faut bien dénouer, malgré la peur de se tromper, de romancer, de décevoir ou de trahir sa famille, les survivants...

Mais nul doute, il s'agit d'un livre bouleversant, qui évoque la faille qui existe chez chacun, à sa façon. Chaque famille traîne ses fantômes familiers, et la douloureuse et indispensable sociabilité qui fait vivre l'homme en famille plutôt que seul, à la manière de la fable du porc-épic de Schopenhaueur, toujours désireux de se rapprocher de son semblable pour lutter contre la froideur de ce monde, mais toujours blessé, un mythe du Sisyphe de l'homme sociable.

Lucile Poirier vois le jour dans une famille de neuf enfants. Elle grandit dans le bruit, les chahuts, la compagnie, la fraternité, la peur, dans une famille qui perdra comme par une étrange malédiction trois de ses fils, et aura un dernier garçon trisomique. Car une fatalité terrible anime chacune de ses pages. Peut-être même ne nous plongerions nous pas autant dedans si on ne les ressentait pas comme terriblement vraies.

Après la mort accidentelle d'un tout jeune frère, la famille oscille entre précarité et abondance, entre les grossesses renouvelées de Liane, la mère, et les réussites professionnelles de Georges, le père. Liane est une mère totale, faite pour mettre au monde des bébés et s'occuper de sa maison. Conditionnée à faire tourner son foyer jusqu'à l'obsession et l'aveuglement. Georges est un homme avant d'être un père. Il aime les femmes, et les jeunes filles. Il est un personnage plus énigmatique, que la réserve et sûrement l'impossibilité de percer le mystère empêche l'auteur de cerner pleinement (Lucile écrira qu'elle avait été violée par lui "dans son sommeil", mais comme il en est d'usage dans les famille où l'on ne parle pas vraiment, aucun scandale n'éclatera, et Lucile ne sera pas entendue, emportant avec elle le souvenir de ce qui avait pu advenir).

Après le suicide de deux de ses frères, la raison de Lucile commence à vaciller. On la diagnostique bipolaire, comme la soeur de sa mère (la répétition est un thème fort de l'ouvrage, même si elle n'est pas détaillée, le livre n'est volontairement pas psychanalysant).

Pour ses deux filles, une vie de combat contre la folie et la précarité s'engage.

Ce livre est délicat. Il est pudique et respectueux, honnête et digne.

Par l'écriture, Delphine de Vigan essaie de se réconcilier avec celle qui l'a laissé sur un au revoir bien douloureux. L'écriture apparaît comme une manière de dompter un passé obscur, entremêlé à une histoire familiale obscure, mais de cette noirceur par bien des aspects toute puissante, l'auteur essaie de tirer une lumière, et s'en référant à l'artiste du Noir par excellence, Pierre Soulages qu'elle cite: " Mon instrument n'était plus le noir, mais cette lumière secrète venue du noir".

Rien ne s'oppose à la nuit, c'est la réconciliation avec la part des ténèbres en soi, qu'il faut bien accepter, pour ne pas sombrer dans la dichotomie. C'est le roman de la réconciliation dans le doute, dans l'obscur, l'ataraxie de celui qui accepte que rien ne peut plus s'opposer à la nuit tombée.

Emma Breton
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11 sur 12 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 29 octobre 2011
Ce livre spécial est l'histoire d'une saga familiale sur 2 générations, vu par le prisme de la "troisième" ! La première partie est somme toute, logique et se passe comme dans toutes les fratries ou presque. La seconde partie par contre est "plombée" ! L'atmosphère est irrespirable ! Le lecteur est englué entre la maladie, la folie, les accidents, les suicides, les doutes, les angoisses, les peurs....l'extrême violence du "crabe" et des traitements qui l'accompagne... et surtout les "silences". Imposés par la maladie, il conduisent inévitablement aux "suicides" encore et encore.....
C'est un beau roman ou le lecteur sent et ressent tout avec une grande justesse dans une écriture simple. Ce livre a la beauté sombre et courageuse pour décrire de douloureux moments de vie !
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le 12 octobre 2011
Le livre raconte la quête d'une jeune femme sur le passé de sa mère, qui vient de mourir. Un passé très douloureux car cette dernière était atteinte d'une psychose maniaco-dépressive. Pour quelle raison cette très belle femme, née après-guerre, dans les années 1945, a-t-elle plongée dans de telles affres? Delphine de Vigan se plonge dans les archives familiales, interroge ses proches, les soeurs et frères de sa mère, sa propre soeur, son père. En ressort, l'apparence d'une grande famille bourgeoise joyeuse et turbulente. Mais cette image se fissure, dès que Delphine de Vigan gratte un peu: Alcoolisme, accidents mortels, suicides, dépressions, tel est le lot de cette famille modèle aux ressorts monstrueux. Famille, je vous hais, famille je vous aime...Delphine de Vigan balance avec sensibilité entre ces deux antiennes. Pour autant, si j'ai avalé le livre d'une traite, je me sens un peu mal à l'aise, sans doute parce que ce livre prolonge une mode très actuelle où priment les histoires nombrilistes et psychologisantes. Dans ce genre là, il est au-dessus du lot, mais ce côté doloriste m'agace et m'ennuie. On a envie de dire à l'auteur que nous avons tous nos secrets de famille, tous des grands-mères un peu cinglés et des pères absents. Je ne suis pas sûre que ce type de lecture très douloureuse soit à mettre en toutes les mains, surtout lorsqu'on souffre soi même d'une famille toxique.
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le 13 février 2013
A force de voir ce roman partout en tête de gondole, j'ai fini par l'acheter mais très vite, j'ai été déçue car l'auteure parle d'elle, d'elle, d'elle et de ses livres. Cela peut ne pas me déranger mais en l'espèce, j'ai été assez vite agacée par le mode narratif choisi au point que je ne lisais que les passages qui parlaient de la vie de ses grands-parents et parents et je passais ceux qui débutaient par "je". Les passages où l'auteure se met en scène n'ont à mon sens aucun intérêt ni aucune plus-value. Elle aurait dû se retirer derrière ses personnages, accepter de ne pas être au-devant ou au centre du roman car cela l'alourdit et au final, le dessert de manière irrémédiable. En réalité, je ne suis pas vraiment entrée dans l'histoire et je n'y ai pas trouvé un style littéraire qui me plaise. Au contraire, à certains moments, l'on a l'impression de lire le roman d'un auteur qui veut faire un roman, qui écrit des phrases pour écrire des phrases... Plutôt déçue donc alors que je me faisais un plaisir de le lire, étant intéressée par les histoires de rapports familiaux.
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