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Livre paru le 15 Mai 2014, depuis plusieurs livres sont parus sur ce sujet (voir plus bas).
A regarder absolument : CitizenFour
Ce livre fait parti des GRANDS LIVRES que toute personne honnête doit avoir lu. Ce livre expose des faits vitaux pour la démocratie et la liberté, ou le peu qu'il en reste.
Il est écrit par un juriste et journaliste exceptionnel qui est au coeur de l'information, de la réalité, puisque c'est lui qui a recueilli les milliers de documents Top Secret révélés par Snowden, informaticien de la NSA.
L'affaire Snowden n'est pas une simple "affaire". C'est beaucoup plus grave.
C'est le plus grand scandale de l'ère moderne : le Big Brother à la puissance 10 mis en place par la NSA et Barack Hussein Obama, pour surveiller, contrôler, le monde entier. Mais la réalité est bien pire que la science-fiction.
Le but essentiel est uniquement la guerre économique et politique des USA contre le reste du monde, et le prétexte mensonger est le terrorisme.
L'Europe (Airbus, BNP Paribas, etc ...) a déjà perdu des dizaines de milliards d'euros à cause de cet espionnage économique de masse.
L'auteur présente de nombreux documents Top Secret de la NSA qui prouvent sans l'ombre d'un doute que la NSA et les USA espionnent tout le monde, américains compris (contrairement aux affirmations mensongères de Obama) et le reste du Monde, à des fins exclusivement politiques et économiques.
Le prétexte de soit-disante lutte contre le terrorisme vole en éclats, il s'agit UNIQUEMENT de contrôle des populations et de guerre économique.
Ces écoutes de masse n'ont JAMAIS pu empêcher aucun attentat terroriste, cela a été prouvé, par exemple l'attentat de Boston en 2012.
Au contraire, noyé dans des milliards d"informations commerciales et personnelles, il est prouvé que cela a empêché de détecter les actes terroristes. Il y a longtemps que les vrais terroristes n'utilisent plus internet, ni de téléphones portables.
Ce livre démontre également, que les médias sont devenus depuis 10 ans des larbins aux ordres du pouvoir, aussi bien en Françe que surtout aux USA. Avant de publier une affaire, ils demandent l'autorisation à la Maison Blanche !
Ce livre fait un parfait scénario de film, les droits du livre ont été acheté par SONY, le film sera tourné par le metteur en scène des derniers James Bond.
Après un scandale aussi grave, on se demande comment Obama peut oser conserver son prix Nobel de la Paix ? Et ce d'autant plus que Obama a clairement déclaré qu'il en est très fier, et qu'il va continuer cet espionnage du monde entier.
- lire l'article dans le numéro de juillet 2015 de la revue "pour la Science" par 2 chercheurs de l'INRIA : "Renseignement : le traitement massif de données est aussi dangereux qu'inefficace"
- A lire absolument dans la revue "La Recherche" de Juillet Aout 2015, l'article "Les méta-données menacent la vie privée" par le chercheur Montjoye du MIT.
- Sur le même thème lire l'excellent livre L'affaire Snowden paru en Février 2014
- Lire également Menace sur nos libertés interview passionnante de Julien Assange et de Hackers célèbres.
- Et Affaire Edward Snowden (l')
- le tout dernier et le meilleur : Le Dossier Snowden - Les services secrets au coeur d'un scandale planétaire
A voir Le Cinquième Pouvoir [Blu-ray], Blu-ray qui retrace l'histoire de Wikileaks
A voir également We Steal Secrets, l'histoire de WikiLeaks
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le 25 mai 2014
Ce livre est à recommander sans réserve à quiconque s'intéresse aux libertés,à la presse,aux USA.Le chapitre 3 est long (100 p ) et technique.Surtout ne pas y arrêter la lecture:les chapitres suivants sont passionnants.Ce livre,solidement argumenté et largement informé,retrace l'histoire "Snowden",son contenu et ses conséquences.Il suscite chez le lecteur de nombreuses réflexions personnelles sur l'équilibre entre sécurité et liberté,sur la presse (en particulier américaine).Il est d'autant plus à recommander que les "révélations" de Snowden,qui ont provoqué de sérieux débats aux USA,au Royaume-Uni,en Allemagne,ont été accueillies en France par un silence assourdissant(gouvernement,politiques,presse):il suffit de comparer la couverture par le Guardian et celle,minimale, par Le Monde
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le 31 décembre 2014
En 2013, la révélation par Edward Snowden du programme d’espionnage global des communications mis en place par la NSA, a fait l’effet d’un tsunami sur les médias et sur l’opinion publique. Mais qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Il semble que le monde se résigne à cette surveillance totale. J’y pense et puis j’oublie, comme le chantait Jacques Dutronc.
C’est pourquoi la lecture de ce livre est absolument indispensable.

D’abord, celui-ci permet de réaliser que le degré de surveillance auquel nous sommes aujourd’hui soumis, dans tous nos actes de la vie courante, est bien supérieur à tout ce que nous imaginions jusque là. Je ne crois pas être spécialement naïf dans ce domaine mais j’ai été littéralement abasourdi de découvrir l’ampleur de la surveillance et la variété des méthodes employées : la « collecte » (comme l’appelle la NSA) se chiffre aujourd’hui en billons de communications répertoriées chaque année. Le traducteur a commis l’erreur de parler de trillions (milliards de milliards) mais c’est incorrect : l’anglais « trillion » donne billion en français. Ceci dit, billions est déjà une valeur extrêmement grande (1.000.000.000.000 ou un million de millions).
Pour y parvenir, non seulement les ondes sont scrutées par les grandes oreilles des stations d’écoute, ces paraboles géantes implantées un peu partout dans le monde, mais en outre les câbles de fibre optique sont munis de systèmes d’interception. Quant aux multinationales de la téléphonie sans fil ou d’Internet (Google, Facebook, Tweeter, etc.) elles sont sommées de fournir des modes d’accès aux données de leurs utilisateurs (les fameuses « portes dérobées » accessibles aux logiciels de surveillance de la NSA). Enfin, les routeurs et autres matériels de télécommunication fabriqués aux États-Unis (par exemple ceux de la multinationale Cisco) sont interceptés par la NSA et secrètement dotés de mouchards qui lui permettent d’espionner les flux d’information qui y transitent.

Le livre évoque aussi (dans ses deuxième et cinquième parties) le degré de servitude des médias à l’égard du pouvoir politique (ou le degré de connivence entre certains journalistes établis et les tenants du pouvoir). La violence des attaques contre Snowden et contre Greenwald, l’auteur de ce livre, fait froid dans le dos. Rien n’est épargné pour les salir. Concernant Glenn Greenwald cela va de la contestation de son statut de journaliste à l’immixtion dans sa vie personnelle (il est un homosexuel revendiqué) voire au rappel de querelles de voisinages à propos de son chien, affaire remontant à plus de dix ans… C’est d’autant plus atterrant quand on constate que les attaques les plus violentes sont venues du Washington Post (naguère fleuron du quatrième pouvoir, lorsqu’il était en pointe dans le scandale du Watergate qui fit chuter Nixon) et du New York Times, le soi-disant modèle mondial du journalisme libre, indépendant et rigoureux. Curieusement, on constate qu’il s’agit exactement des mêmes méthodes que celles utilisées par les services secrets pour « décrédibiliser une cible » en ruinant sa réputation par des ragots ou des insinuations, méthodes d’ailleurs évoquées dans certains des documents exhumés par Snowden. Drôle de coïncidence.

Enfin et surtout, dans sa quatrième partie, intitulée « En quoi un Etat de surveillance est-il nocif ? », le livre aborde les enjeux civiques, politiques et philosophiques de la question de la surveillance des communications. C’est certainement la partie la plus intéressante du livre. Cette quatrième partie met principalement en évidence l’inanité des arguments fournis par les défenseurs de la surveillance globale.
Les deux grands axes de leur justification sont 1°) que la surveillance sert à assurer la sécurité du peuple américain et, au-delà, la paix mondiale face à la menace terroriste, 2°) que « si vous avez fait quelque chose et que vous ne voulez pas que tout le monde le sache, il serait bon de commencer par ne pas faire cette chose » (je cite ici la version d’Eric Schmidt, PDG de Google, mais on retrouve le même argument dans la bouche du directeur de la NSA (Keith Alexander), ou dans celles de nombreux députés et sénateurs des deux bords et même dans celle du Président Obama – lequel en prend d’ailleurs sérieusement pour son grade dans ce livre).
Pour répondre à cette argumentation, l’auteur commence par rappeler l’importance de la vie privée et les conséquences sociales qui résultent de sa privation. Ces conséquences sont étudiées et connues de longue date, comme l’auteur le rappelle en évoquant diverses expériences menées par des psychologues dans de grandes universités depuis les années 70. Il est prouvé que sans vie privée, il n’y a pas de liberté mais une société peureuse et conformiste où l’individu obéit à des normes sociales contraignante par peur de se distinguer.
Ensuite et surtout, le livre démonte complètement l’affirmation selon laquelle la surveillance serait l’outil principal de la lutte antiterroriste. Le dévoiement de cette stratégie est montré chiffres à l’appui : depuis longtemps les écoutes n’ont plus pour finalité principale la lutte contre le terrorisme ; elles sont aujourd’hui majoritairement utilisées dans des affaires de criminalité ordinaire, pour l’espionnage économique ou, encore plus grave, pour la surveillance des groupes ou partis politique exprimant une opinion contestataire, ce qui englobe aussi bien les écologistes que les libertariens, les communistes ou les anti-nucléaires. Cependant, pour faire croire qu’il s’agit de protéger le monde contre le terrorisme, tous ces groupes politiques sont qualifiés dans les documents de la NSA de « potentiellement terroristes ».
C’est donc bien une tendance au totalitarisme que révèlent les documents mis au jour par Snowden et présentés dans ce livre. Un livre dont la lecture peut susciter une véritable paranoïa mais qu’il serait bon de faire lire à chaque élève de lycée car il soulève la question fondamentale de savoir ce qu’est et ce que doit être un citoyen libre dans un système démocratique (ainsi que la question annexe de savoir si nous vivons encore réellement dans une démocratie).

On peut toutefois reprocher à l’ouvrage deux petites lacunes :
- Il n’y a pas de lexique final répertoriant la pléthore de sigles utilisés par la NSA ou par les autres services secrets alliés de celle-ci.
- Il manque un chapitre sur la manière dont les masses de données collectées sont ensuite analysées. On en apprend un peu sur le stockage de ces données et sur leur classement, mais presque rien sur les système de filtrage permettant de sélectionner, parmi des milliards de communications, ces quelques pour-cent qui seront soumis à l’attention d’analystes humains.

Le dernier gros défaut de ce livre, c’est que vous ne pourrez en parler à personne par téléphone ou par Internet car vous serez alors inévitablement fiché comme « potentiellement terroriste ». J’ai ainsi songé à ne pas écrire de critique à son propos, afin de ne pas prendre de risque, mais comme de toute façon j’ai déjà certainement été placé sur une liste noire pour en avoir fait l’achat sur Internet, il est trop tard… Big Brother is watching me.
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le 7 juin 2014
A lire de toute urgence !
La liberté d'expression est fondamentale dans notre monde et les atteintes à cette liberté sont à dénoncer avec la plus grande force.
Ce livre décrit et dénonce le flicage généralisé qui se met en place au niveau de la planète entière.
La lutte contre le terrorisme a bon dos : au nom de cette lutte (légitime ?), nos libertés de penser et de s'exprimer sont mises à mal.
Que fera, demain, un gouvernement totalitaire, de ces formidables moyens de surveillance planétaire ?
Il y a fort à parier que nos gouvernants d'aujourd'hui pleureront amèrement le jour où ces outils sophistiqués tomberont dans les mains de leurs opposants !
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le 28 novembre 2014
Je viens de commencer ce livre et je dois dire que je m'attends à devoir remettre pas mal de mes présupposés en doute; du moins je l'espère car sinon j'aurai acheté ce livre pour rien.

Personnellement je suis certes convaincu de l'extrême nécessité de la liberté d'expression, mais la NSA ne l'empêche pas, elle écoute c'est tout.

Ensuite niveau surveillance, il y a bien plus de hackers dans le monde que d'employés de la NSA. Potentiellement la menace est plus grande avec ces hackers car ils ne surveillent que peu de personnes à la fois, qu'avec la NSA qui pratique la méthode du "filet": écouter tout le monde est techniquement possible mais humainement ingérable.

Pour l'instant ma position n'a pas bougée d'un iota sur cette "affaire Snowden[...]pour moi trop de surveillance tue la surveillance. La preuve de son inefficacité? La non prévision par les USA de l'émergence de l'EI suite à la tentative de renversement de Bachar Al Assad, alors que la Russie, qui pratique elle aussi les écoutes mais à une échelle beaucoup plus ciblée, le savait depuis le début!

Bref...
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le 25 mai 2014
L'auteur (Greenwald), son sujet (Snowden), ceux qui les ont soutenus (responsables de presse, etc.), ont risqué
leur carrière, leur famille, leur vie, leurs convictions pour rendre ces vérités publiques. Cela seul force le respect.
Espérons que cet ouvrage réussira à percer la surdité et la pusillanimité française face à ces enjeux cruciaux.
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le 17 septembre 2015
Ce livre est un témoignage de première main sur l'affaire Snowden qui révéla l'ampleur de l'espionnage pratiqué par le gouvernement américain après les attentats du 11 septembre 2001.
Début 2013, Glenn Greenwald, journaliste au Guardian, est contacté par Snowden pour révéler au monde ces écoutes d'une ampleur insoupçonnée. D'abord dubitatif, il se laisse convaincre et part à Hong Kong rencontrer le lanceur d'alerte. Aussitôt, il prend conscience de l'importance de ces révélations.
Tout est raconté dans le détail, copies d'écran à l'appui, dans ce récit interpellant à plusieurs niveaux. D'abord parce qu'il touche à notre liberté fondamentale d'avoir une vie privée qui le soit vraiment. Les contorsions juridiques de l'État américain pour justifier ces écoutes du citoyen lambda ne tiennent pas la route : sur l'écrasante majorité des dossiers ouverts, moins de 5% le sont pour des raisons de sécurité nationale. L'administration Obama se sert de la NSA pour espionner les opposants politiques et pour récolter, avec l'aide des grandes entreprises du net et des gouvernements étrangers, des renseignements sur des multinationales susceptibles de mettre en péril l'hégémonie américaine.
Ce livre met aussi en perspective le journalisme de connivence qui, aux USA mais aussi chez nous, menace la véritable valeur de l'information. Greenwald et Snowden en viennent à être considérés comme des criminels, alors qu'ils n'ont fait que leur travail. En montrant au monde comment les gouvernements, au motif fallacieux de la sécurité, en viennent à espionner les individus jusque dans leurs secrets les plus intimes, ces deux hommes font œuvre de salubrité. C'est pour cela que ce livre est indispensable.
"Le secret est le ressort fondamental de l'abus de pouvoir (...) la transparence est le seul antidote."
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On ne saurait trop recommander la lecture du livre de Glenn Greenwald Nulle part où se cacher (J.C. Lattès 2014).
G. Greenwald est en effet ce journaliste américain du Guardian qui a contribué à diffuser les révélations d’Edward Snowden, l’agent de la NSA (Agence nationale de sécurité) qui a divulgué comment le gouvernement américain espionnait les communications et les réseaux Internet du monde entier.
Car ce livre – qui se lit comme un véritable roman policier plein de suspense – contient de très remarquables informations.

Les grandes oreilles de l’Oncle Sam

D’abord parce l’auteur revient en détail, et pièces à l’appui, sur l’étendue des révélations d’Edward Snowden.

On y voit notamment comment la NSA a mis en place des dispositifs sophistiqués pour intercepter toutes les communications, sans aucun contrôle judiciaire et au mépris des engagements pris devant le Congrès, au nom de la « sécurité nationale », de la « lutte contre le terrorisme » et grâce aux dispositions du « Patriot Act ».

On voit que la NSA espionne tout le monde et pas seulement les seuls « terroristes » présumés. On y voit aussi comment la Grande-Bretagne, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande collaborent à ce dispositif d’espionnage sans précédent en relayant les grandes oreilles de l’Oncle Sam. Mais l’auteur montre aussi que les gouvernements « alliés » collaborent au dispositif : au premier chef Israël, mais aussi les « alliés » européens, dont la France, soit dit en passant. C’est-à-dire que ces pays se rendent complices de l’espionnage de leurs propres concitoyens par les Etats-Unis !

Un fructueux marché

Les révélations d’E. Snowden mettent aussi en lumière que les réseaux de téléphonie privés et les majors de l’Internet constituent un rouage essentiel de ce système d’espionnage

Edition française du livre de Glen Greenwald
Edition française du livre de Glenn Greenwald
mondial et qu’ils y trouvent au surplus un intérêt financier. Ce réseau d’espionnage représente donc un nouvel exemple remarquable de privatisation d’une fonction souveraine supposée, typique de la post-démocratie.

Tout ceci était bien connu des initiés mais l’ouvrage de G. Greenwald a le réel mérite de tout remettre en perspective, ce dont se gardent bien évidemment nos médias de propagande.

Une surveillance totalitaire

L’auteur démontre comment les Etats-Unis et leurs alliés anglo-saxons et israéliens ont mis en place un système de surveillance totalitaire des télécommunications qui vise clairement à réduire à néant toute possibilité de communication véritablement privée. Or s’attaquer à l’intimité des gens, loin de contribuer à une prétendue « transparence », constitue une atteinte majeure à leur liberté.

Le livre de G. Greenwald ouvre sur ce plan d’intéressantes perspectives sur les effets psychologiques de la surveillance des individus. Différentes études montrent en effet que le fait de se savoir surveillé induisait un comportement plus conformiste. En d’autres termes, la surveillance mondiale de l’intimité des individus a le même effet que le « politiquement correct » : elle permet de favoriser le conformisme aux « valeurs » diffusées par le Système.

Cela traduit aussi l’évolution préoccupante du pouvoir en post-démocratie : la transparence tant vantée ne s’applique qu’aux citoyens mais pas aux instances dirigeantes qui ont mis en place ce système d’écoute mondiale dans le secret le plus opaque.

En outre, les agences gouvernementales américaines utilisent les masses gigantesques d’informations recueillies à d’autres fins que la lutte contre le crime organisé : notamment pour procurer aux Etats-Unis un avantage décisif dans les négociations diplomatiques ou en matière économique. G. Greenwald rappelle aussi que cette surveillance gigantesque n’a quasiment aucun effet sur le « terrorisme » qu’elle est censée prévenir pour la simple raison qu’elle vise en réalité de tout autres buts.

Les médias en tutelle

Nulle part où se cacher a aussi pour intérêt de nous décrire comment le système médiatique américain a relayé fidèlement les arguments et accusations de Washington à l’encontre de Snowden et des whistle-blowers – ce qui illustre que le « quatrième pouvoir » a changé de nature : il ne sert plus à contrôler et donc à contrer l’oligarchie politique, mais au contraire à lui offrir une caisse de résonnance.

On apprend en effet que la presse américaine avait pour principe de ne rien publier qui concerne la sécurité nationale sans en informer au préalable le Département d’Etat afin de lui laisser le temps de réagir… Bel exemple de censure au pays de la statue de la liberté et du journalisme d’investigation !

Donc comment diffuser les révélations d’E. Snowden sans enfreindre cette pratique ? Car l’auteur montre aussi comment, malgré le discours lénifiant de l’administration Obama – largement repris en Occident, comme de bien entendu – sur la protection des « lanceurs d’alerte » (whistle-blowers), en réalité la menace judiciaire est omniprésente grâce à une approche extensive de la notion de complicité retenue par les tribunaux pour tout ce qui a trait à la sécurité nationale.

Un journaliste – et sa rédaction, par la même occasion – qui donne la parole à quelqu’un réputé nuire à la « sécurité nationale » ne risque-t-il donc pas d’être poursuivi pour complicité ? D’ailleurs le premier réflexe des rédacteurs du Guardian au vu des révélations de Snowden a été… de consulter leurs avocats !

L’auteur lui-même rappelle comment il a fait l’objet d’une mise en cause insidieuse visant à essayer de présenter son rôle dans la diffusion des révélations de Snowden non pas comme une activité journalistique normale, mais comme une œuvre de militant et de recéleur d’informations secrètes, cela afin de le diaboliser et d’essayer de le priver de la protection liée à son statut de journaliste.

Le côté obscur de l’Amérique

G. Greenwald nous présente par là-même une Amérique bien éloignée de l’image d’Epinal que le système médiatique occidental a su donner d’elle depuis 50 ans.

Edition originale du livre de Glenn Greenwald
Edition originale du livre de Glenn Greenwald
Il nous décrit un bien curieux « pays de la liberté » où les agences gouvernementales espionnent les citoyens en permanence, où le système carcéral est le plus développé des pays occidentaux et où il vaut mieux ne pas jouer les lanceurs d’alerte contre les pratiques illégales des gouvernants. Un régime de surveillance qui n’a manifestement rien à envier à celui de la Chine ou de l’Allemagne de l’Est !

Il révèle aussi comment la mise en place de ce système d’espionnage des communications a bafoué la lettre et surtout l’esprit de la Constitution des Etats-Unis, puisque le secret de la correspondance n’est plus assuré. Car l’intervention des parlementaires a eu pour seul effet de renforcer le système de surveillance et l’impunité de la NSA, au lieu du contraire. Ce qui nous rappelle ce qui se passe aussi dans notre pays au nom de la lutte contre le « terrorisme », le « djihadisme » ou les « discriminations » : nos parlementaires sont toujours d’accord pour renforcer la surveillance des communications et surtout d’Internet, donc pour réduire la liberté des citoyens.

Nouvelles technologies ou nouvelles chaînes ?

Nulle part où se cacher nous invite enfin par là-même à nous interroger sur la signification de l’engouement de l’oligarchie occidentale pour les « nouvelles technologies de l’information », la « dématérialisation », le déploiement de l’Internet ou des réseaux sociaux.

S’agit-il de la manifestation d’une préférence pour la modernité et les opportunités qu’offre Internet ou, au contraire, la manifestation d’une volonté cynique de l’oligarchie de promouvoir l’usage exclusif de moyens qui lui permettront un contrôle et une surveillance permanents des citoyens à un niveau inégalé dans l’histoire ? Avec cette circonstance aggravante que ces moyens de communication dématérialisés font l’objet d’un véritable engouement de la part de la population, savamment cultivé par la désinformation publicitaire.

Le lecteur tranchera.

Mais toujours est-il qu’à la lecture du livre de Glenn Greenwald on regarde désormais d’une autre façon son téléphone portable, son GPS ou son micro-ordinateur…

Michel Geoffroy
28/07/2014

Glenn Greenwald, Nulle part où se cacher, JC Lattès, traduction de l’anglais par Johan-Frederik Hel Guedj, 14/05/2014, 280 pages.

Avant de devenir journaliste-investigateur, Glenn Greenwald a été avocat constitutionnel. Il a travaillé pour le Guardian et ses articles ont aussi été publiés par le New York Times et le Los Angeles Times. Il a obtenu de nombreux prix. Le témoignage qu’il a recueilli d’Edward Snowden avec son associée, la documentaliste Laura Poitras, a déclenché un séisme diplomatique mondial.
Il vient de créer un nouveau média financé par Pierre Omidyar, le fondateur d’eBay, et noue des partenariats avec les plus grands journaux du monde, en France avec Le Monde (Cf. nº du 22/10/2013). Il vit à Rio. (Note de l’éditeur JC Lattès).

Voir aussi :

– Qui est Edward Snowden ? – Discours de Glenn Greenwald, le journaliste qui a divulgué l’affaire Snowden/NSA au monde
– Affaire Snowden : les médias suivent la voix de leur maître

Correspondance Polémia – 29/07/2014
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le 9 juin 2014
J'ai adoré ce livre car il nous permet de nous rendre compte de la puissance de la NSA et de pouvoir vivre les premiers instants des révélations de Snowden qui ont été que peut médiatiser en France. Je le conseil a tous tant a ceux qui ont suivi l'affaire de prêt que ceux qui ne savent pas qui il est.
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le 16 juin 2014
Récit passionnant, sujet d'une importance majeure (la surveillance de masse de l'Internet par les USA et leurs alliés), réflexions très pertinentes sur l'évolution du journalisme et du "4e pouvoir" ... autant de bonnes raisons de lire le bouquin de Greenwald sur les révélations de Snowden.
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