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13 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 quand le roman se fait poème
S'il est un homme de Lettres qui m'inspire le plus vif respect, c'est bien Julien Gracq! Non seulement celui-ci porta l'Art d'écrire à des hauteurs que bien peu atteignent, mais de surcroît il refusa toute sa vie les mille petites bassesses et autres compromissions qui sont hélas le lot d'un certain microcosme littéraire parisien. Il...
Publié il y a 11 mois par Gwen

versus
5 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Ennuyeux...
Certes l'écriture est techniquement de qualité mais l'ensemble est extrêmement ennuyeux. De plus les personnages sont lisses au point de se perdent dans un décor particulièrement touffu. Je ne comprends pas le déversement d'éloge qui m'a fait acheter cet ouvrage. Probablement une question de relation à la lecture ou peut...
Publié le 4 mars 2010 par jr_ewing


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13 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 quand le roman se fait poème, 6 juin 2011
Par 
Gwen - Voir tous mes commentaires
(TOP 10 COMMENTATEURS)    (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rivage des Syrtes (Broché)
S'il est un homme de Lettres qui m'inspire le plus vif respect, c'est bien Julien Gracq! Non seulement celui-ci porta l'Art d'écrire à des hauteurs que bien peu atteignent, mais de surcroît il refusa toute sa vie les mille petites bassesses et autres compromissions qui sont hélas le lot d'un certain microcosme littéraire parisien. Il n'était pas, lui, de ces plumitifs qui courent les dîners en ville, courtisent les critiques en vue et rêvent mesquinement de décrocher tel ou tel prix plus ou moins prestigieux. Figurer sur les listes des meilleures ventes était le dernier de ses soucis et plaire au plus grand nombre le cadet de ses désirs. Non, Gracq était d'une autre trempe, il appartenait à un petit cercle très fermé, celui des Seigneurs de la Littérature qui trouvent dans la perfection de leur oeuvre et dans l'approbation de la Postérité leurs suprêmes récompenses.

On donnait volontiers de lui l'image d'un ermite austère, au verbe rare et à la silhouette rigide, peu préoccupé des problèmes de son temps auxquels il préférait la poésie de Novalis ou la musique de Wagner. Certes, Gracq était un homme discret, secret, peu enclin aux épanchements médiatiques, aux antipodes d'un Sartre, qu'il appréciait d'ailleurs modérément. Mais n'était-il pour autant qu'un pur esthète dédaigneusement retiré dans sa Tour d'ivoire, incurieux de son époque, uniquement soucieux de ciseler pour quelques "happy few" des romans exigeants à la prose diamantine? Je ne crois pas. Gracq était simplement un artiste d'une rare élégance morale, que révulsaient toutes les formes de médiocrité, et pour qui le seul véritable et authentique rapport entre l'auteur et son lecteur était le texte lui-même.

Personnellement, je dois à ce cher Julien de grands bonheurs de lecture et je n'oublierai jamais, en particulier, le ravissement qui fut le mien lorsque je découvris ce "Rivage des Syrtes" dont le titre évocateur est à lui seul la promesse d'infinies voluptés romanesques. L'intrigue du livre est minimaliste. Un certain Aldo est envoyé par la République d'Orsenna comme observateur dans une forteresse d'où il guette le Farghestan ennemi. Mais l'attente se prolonge, jusqu'à devenir peu à peu l'essence même du récit... Diable! me direz-vous. Curieuse démarche pour un romancier que de raconter une histoire où il ne se passe quasiment rien! Mais n'est-ce pas là, justement, tout le mystérieux génie de ce chef-d'oeuvre?

Flaubert rêvait d'écrire un livre sans sujet, qui n'existerait que par la magie de son écriture. Eh bien, c'est presque ce rêve que réalise ici Gracq. Il ne relate pas des événements, n'imagine pas des péripéties, n'enchaîne pas des situations. Ou si peu! Il plante surtout un décor, comme on peint un paysage, et observe le Temps qui passe, invisible, insaisissable, cheminant lentement mais sûrement vers on ne sait quoi au juste. Autant qu'un roman, "Le Rivage des Syrtes" est un long poème en prose, une rêverie contemplative, une symphonie de mots dont l'onirique majesté rappelle par instants l'ensorcelante musique des Chants de Maldoror, ce qui n'est guère surprenant quand on sait l'estime que Gracq portait à Lautréamont.

En tout cas, moi, si je me replonge souvent dans ce livre, c'est pour le plaisir d'y retrouver ce style aux sortilèges uniques, ces phrases inouïes qui semblent conjuguer la finesse de la dentelle et la pureté du marbre, des phrases d'une telle splendeur, d'une si merveilleuse préciosité, qu'on a envie de les lire à voix haute pour mieux en savourer l'harmonieuse architecture... Allons, pourquoi ne pas le dire? Peu de romanciers, au vingtième siècle, auront mieux servi la langue et la littérature françaises que Julien Gracq!
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39 internautes sur 46 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Lointain..., 4 février 2004
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De ces romans qui laissent dans l'imaginaire comme l'emprunte d'un gros meuble sur une moquette, on a souvent l'impression que tout a été dit sauf peut-être ce qu'il faudrait...Un Goncourt refusé et un entrelac de phrases à la beauté inouïe ont suffit à propulser le livre vers sa légende. Plus avant, on découvre une écriture incroyable où la précision du géographe convoque à chaque mot, et surtout entre eux, une poésie onirique et vaste comme un paysage de steppe. Cet hymne à la solitude contemplative, paradoxalement aussi sereine qu'inquiète, dont Antoine Blondin a pu écrire à sa sortie qu'il était "un imprécis d'histoire et de géographie à l'usage des civilisations rêveuses...", s'inscrit dans le coeur comme certains songes marquent une matinée...A (re)lire impérativement...
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33 internautes sur 39 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 une ethique de la decadence, 17 septembre 2000
Par Un client
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rivage des Syrtes (Broché)
Un livre culte. Un rare plaisir de lecture, dont le souvenir ne s'est pas efface plus de 30 ans apres. Le theme est voisin de celui du "Desert des Tartares" de Buzzati.
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9 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une poétique inégalée, 3 octobre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rivage des Syrtes (Broché)
Le grand oeuvre de Julien Gracq reste un monument inégalé de la littérature française. Le thème de l'attente parait désuet mais celui des sociétés n'ayant plus la force de résister à un destin inéluctable est terriblement d'actualité. La République d'Orsenna ressemble à Venise mais aussi à notre Europe sans volonté. Chaque chapitre est plein d'une poétique inégalée. Le style peut paraitre classique presque hiératique mais il nous transcende. Gracq était un des plus écrivains français vivants. Il a rejoint Céline, Zweig, Bloy, Maupassant, Baudelaire au Paradis des génies de la littérature. Il nous reste qui au juste ? Ils doivent bien se marrer là-haut à chaque rentrée littéraire
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Poétique de l'attente, 13 mai 2011
Par 
Cyril Chapelle "cyril" (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rivage des Syrtes (Broché)
Le style de Gracq est ciselé, précis, Gracq est un géographe, il excelle dans la description d'un paysage et très vite nous errons dans les vieilles ruelles d'Orsenna, nous croyons voir le cratère du Tangri émerger de la brume. L'intrigue est formidable, grandiose, ambitieuse, il ne s'agit de rien de moins que du déclin d'une civilisation et des conditions de sa renaissance. Car nous savons depuis la première page qui tient entre ses mains le destin de tout un monde et ce n'est pas le moindre charme de ce roman que de conférer au lecteur la position d'un Dieu spectateur et omniscient. Incontournable et précieux !
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Du grand style et des longeurs, 27 novembre 2011
Par 
rhumbs - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rivage des Syrtes (Broché)
D'abord émerveillé par les métaphores vertigineuses, le récit lent a faillit me lasser ; je me suis accroché grâce au style, puis me suis finalement réconcilié avec ce livre à l'avant dernier chapitre "Dernière Inspection" où s'affrontent les conceptions de Marino et d'Aldo, où se joue la possibilité d'un destin.
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un songe prenant dans un pays incertain, 2 septembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rivage des Syrtes (Broché)
Le rivage des Syrtes est un roman étrange qui semble à la fois nourrir et submerger son sujet, disparu sous la densité de l'écriture, certes admirable, comme une ville morte enfouie sous une végétation exubérante et maîtresse qui tiendrait ses ruines à bout de branches. Il y a d'ailleurs cette sorte de ville chez les Syrtes : Sagra où Aldo, le personnage principal, s'en va déambuler un jour. J'ai lu une édition de 1951 - l'année de la parution - dont toutes les pages n'avaient pas encore été coupées et dont le mauvais papier d'après-guerre s'était desséché et jauni. Le contenant se mariait bien avec les images de déserts à la Dali qui hantent cette histoire. Il y a de l'absence et du trop plein. Les émotions des personnages comme leurs pas ordinaires sont en permanence supplantés par le décor, décrit avec la minutie maniaque d'un géographe qui se serait adjoint un comptable. Décor totalement imaginaire et abstrait au demeurant. Une force irrésistible rend le lecteur étranger à ce qu'il lit et l'y enfouit en même temps. Fascination pour ces longues périodes descriptives, distraites par d'aussi longues incises. Le sujet du livre, insaisissable, semble alors s'éloigner sans espoir de retour vers un horizon indéfini - plutôt une asymptote. Et puis il revient, plus lourd mais comme lesté d'une incompréhension supplémentaire qui force à continuer de lire pour savoir où l'auteur veut nous amener, s'il ne vient pas à nous perdre en route. Jusqu'au terme indécis, au seuil d'une guerre imprécise qui va peut-être renaître par la seule volonté d'un vieillard, proche de la mort et pressé d'entendre une réponse à la question qui le taraude et que personne ne pose plus depuis longtemps dans cette civilisation exténuée : « Qui vive ? ». Et le lecteur de s'éveiller alors d'un songe prenant.
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5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Majestueux, 5 janvier 2008
Par 
Reich Claude "Claude Reich" (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rivage des Syrtes (Broché)
Un lieu: une ville peut-être italienne représentante d'une civilisation mourante.
Un thème: l'attente de la mort de cette civilisation ou de la destruction de cette ville par l'arrivée d'un ennemi mystérieux
Un sentiment: la solitude
Un rythme: la lenteur, mais une lenteur majestueuse.
Ce livre, c'est tout cela, mais aussi et surtout un style d'une beauté telle qu'il vous donne envie de relire dix fois, cent fois, mille fois les mêmes lignes pour les savourer comme on le ferait d'un Château d'Yquem 1975...
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13 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 "J'appartiens à l'une des plus vieilles familles d'Orsenna", 7 décembre 2005
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rivage des Syrtes (Broché)
c'est par ces mots étranges que commence ce roman légendaire et mythique aux confluents d'un pays imaginaire, d'une civilisation oubliée et d'enjeux géopolitiques mystérieux.
L'écriture est ciselée, éblouissante, portée aux sommets d'un art parfaitement maitrisé. Malgré cette perfection formelle, la poésie est bien présente et les personnages bien vivants. On se laisse dériver dans les méandres d'une intrigue complexe qui nous transporte au crépuscule de cette civilisation déliquescente et mourrante qui tend ses yeux inquiets vers une menace extérieure à la fois imprécise et imminente.
Du grand opéra...
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6 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Qu'importe l'histoire..., 13 avril 2007
Par 
Daniel Fattore "http://www.fattore.com" (Fribourg, Suisse) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rivage des Syrtes (Broché)
... pourvu qu'on ait le style! C'est ce que le roman "Le Rivage des Syrtes" de Julien Gracq semble dire à son lecteur. La trame du récit, en effet, se déroule avec une certaine lenteur, nimbée d'un brouillard étrange, comme un rêve dans lequel on se perd. L'intérêt majeur, le caractère séduisant de ce livre réside bien plutôt dans le style de l'écrivain, dans sa manière de rapprocher des mots qu'on n'attend pas, dans une volonté de créer de la beauté au travers de descriptions quasi surréalistes. C'est fort, c'est magistral même.
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Le Rivage des Syrtes
Le Rivage des Syrtes de Julien Gracq (Broché - 1 août 1989)
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