Commentaires en ligne


29 évaluations
5 étoiles:
 (18)
4 étoiles:
 (8)
3 étoiles:
 (1)
2 étoiles:
 (1)
1 étoiles:
 (1)
 
 
 
 
 
Moyenne des commentaires client
Partagez votre opinion avec les autres clients
Créer votre propre commentaire
 
 

Le commentaire favorable le plus utile
Le commentaire critique le plus utile


29 internautes sur 31 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 quand le roman se fait poème
S'il est un homme de Lettres qui m'inspire le plus vif respect, c'est bien Julien Gracq! Non seulement celui-ci porta l'Art d'écrire à des hauteurs que bien peu atteignent, mais de surcroît il refusa toute sa vie les mille petites bassesses et autres compromissions qui sont hélas le lot d'un certain microcosme littéraire parisien. Il...
Publié le 6 juin 2011 par Gwen

versus
6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Une littérature de la netteté
La prose de Julien Gracq, dans Le Rivage des Syrtes, semble vouloir saisir au mieux la morphologie de l'espace, du territoire, du ciel, des éléments du décor, en cerner la netteté au plus près de leurs lignes. La narration est un dispositif de précision, un effort de tension et de rapprochement successifs vers ce qu'il s'agit de...
Publié le 6 décembre 2012 par MC


‹ Précédent | 1 2 3 | Suivant ›
Du plus utile au moins utile | Du plus récent au plus ancien

29 internautes sur 31 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 quand le roman se fait poème, 6 juin 2011
Par 
Gwen - Voir tous mes commentaires
(#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR)    (COMMENTATEUR N° 1)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rivage des Syrtes (Broché)
S'il est un homme de Lettres qui m'inspire le plus vif respect, c'est bien Julien Gracq! Non seulement celui-ci porta l'Art d'écrire à des hauteurs que bien peu atteignent, mais de surcroît il refusa toute sa vie les mille petites bassesses et autres compromissions qui sont hélas le lot d'un certain microcosme littéraire parisien. Il n'était pas, lui, de ces plumitifs qui courent les dîners en ville, courtisent les critiques en vue et rêvent mesquinement de décrocher tel ou tel prix plus ou moins prestigieux. Figurer sur les listes des meilleures ventes était le dernier de ses soucis et plaire au plus grand nombre le cadet de ses désirs. Non, Gracq était d'une autre trempe, il appartenait à un petit cercle très fermé, celui des Seigneurs de la Littérature qui trouvent dans la perfection de leur oeuvre et dans l'approbation de la Postérité leurs suprêmes récompenses.

On donnait volontiers de lui l'image d'un ermite austère, au verbe rare et à la silhouette rigide, peu préoccupé des problèmes de son temps auxquels il préférait la poésie de Novalis ou la musique de Wagner. Certes, Gracq était un homme discret, secret, peu enclin aux épanchements médiatiques, aux antipodes d'un Sartre, qu'il appréciait d'ailleurs modérément. Mais n'était-il pour autant qu'un pur esthète dédaigneusement retiré dans sa Tour d'ivoire, incurieux de son époque, uniquement soucieux de ciseler pour quelques "happy few" des romans exigeants à la prose diamantine? Je ne crois pas. Gracq était simplement un artiste d'une rare élégance morale, que révulsaient toutes les formes de médiocrité, et pour qui le seul véritable et authentique rapport entre l'auteur et son lecteur était le texte lui-même.

Personnellement, je dois à ce cher Julien de grands bonheurs de lecture et je n'oublierai jamais, en particulier, le ravissement qui fut le mien lorsque je découvris ce "Rivage des Syrtes" dont le titre évocateur est à lui seul la promesse d'infinies voluptés romanesques. L'intrigue du livre est minimaliste. Un certain Aldo est envoyé par la République d'Orsenna comme observateur dans une forteresse d'où il guette le Farghestan ennemi. Mais l'attente se prolonge, jusqu'à devenir peu à peu l'essence même du récit... Diable! me direz-vous. Curieuse démarche pour un romancier que de raconter une histoire où il ne se passe quasiment rien! Mais n'est-ce pas là, justement, tout le mystérieux génie de ce chef-d'oeuvre?

Flaubert rêvait d'écrire un livre sans sujet, qui n'existerait que par la magie de son écriture. Eh bien, c'est presque ce rêve que réalise ici Gracq. Il ne relate pas des événements, n'imagine pas des péripéties, n'enchaîne pas des situations. Ou si peu! Il plante surtout un décor, comme on peint un paysage, et observe le Temps qui passe, invisible, insaisissable, cheminant lentement mais sûrement vers on ne sait quoi au juste. Autant qu'un roman, "Le Rivage des Syrtes" est un long poème en prose, une rêverie contemplative, une symphonie de mots dont l'onirique majesté rappelle par instants l'ensorcelante musique des Chants de Maldoror, ce qui n'est guère surprenant quand on sait l'estime que Gracq portait à Lautréamont.

En tout cas, moi, si je me replonge souvent dans ce livre, c'est pour le plaisir d'y retrouver ce style aux sortilèges uniques, ces phrases inouïes qui semblent conjuguer la finesse de la dentelle et la pureté du marbre, des phrases d'une telle splendeur, d'une si merveilleuse préciosité, qu'on a envie de les lire à voix haute pour mieux en savourer l'harmonieuse architecture... Allons, pourquoi ne pas le dire? Peu de romanciers, au vingtième siècle, auront mieux servi la langue et la littérature françaises que Julien Gracq!
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


14 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le plus beau livre de tous les temps ?, 20 décembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rivage des Syrtes (Broché)
Les lecteurs restent juges. Mon jugement est fait. Je l'ai lu trois fois dans ma vie, de la première à la dernière page. La première fois, c'était un choc absolu et initiatique. J'avais une vingtaine d'années. La seconde fois, pensant que la magie n'opérerait plus, c'était l'occasion de vérifier que je m'étais trompé : elle opérait plus que jamais. J'avais 35 ans. Je l'ai relu il y a quelques semaines. Non seulement la magie est toujours là (peut-être plus vivace encore que la première et le deuxième fois !), mais ce texte que je pensais tellement "hors du temps" a gagné, à ma grande surprise, une connotation d'actualité sur la décomposition des mondes et la montée des périls... Aujourd'hui, j'ai 51 ans et c'est pour moi une évidence : "Le rivage des Syrtes" est pour moi le plus beau livre de tous les temps.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


13 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Poétique de l'attente, 13 mai 2011
Par 
Cyril Chapelle "cyril" (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rivage des Syrtes (Broché)
Le style de Gracq est ciselé, précis, Gracq est un géographe, il excelle dans la description d'un paysage et très vite nous errons dans les vieilles ruelles d'Orsenna, nous croyons voir le cratère du Tangri émerger de la brume. L'intrigue est formidable, grandiose, ambitieuse, il ne s'agit de rien de moins que du déclin d'une civilisation et des conditions de sa renaissance. Car nous savons depuis la première page qui tient entre ses mains le destin de tout un monde et ce n'est pas le moindre charme de ce roman que de conférer au lecteur la position d'un Dieu spectateur et omniscient. Incontournable et précieux !
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 sublime comme la banquise, 10 novembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rivage des Syrtes (Broché)
C’est un roman très particulier parce qu’il ne correspond à aucun genre. Malgré son aspect de récit à la première personne, il ne nous permet pas d’entrer dans l’intimité d’une conscience. Le personnage n’est qu’une caisse de résonance. Ce n’est pas non plus un roman historique, tout y est vague, sans chronologie. Le temps est immobile et on s’y englue. Les descriptions avec leurs périodes à effet (souvent une chute en forme de point d’orgue) sont répétitives. On a l’impression d’avoir toujours le même paysage avec d’infimes variations comme chez Monet sauf que nous sommes plutôt dans une vision romantique à la Friedrich et pas du tout dans le surréalisme (pas d’humour noir ni de réelle étrangeté, quant à « l’onirisme »c’est celui d’ un agrégé de géographie) ni dans le baroque (pas de métamorphose ni d’instabilité). En réalité, c’est un roman inhumain et qui nie l’humain. L’émotion y est une sorte de pétrification assez grandiloquente de sentiments très primaires. Rien à voir avec Dostoievski par exemple. Les personnages sonnent faux et sont de purs prétextes à des dialogues qui rappellent le style ampoulé du Symbolisme. De la première à la dernière page, on est dans la pose et la luxuriance et si on y ajoute l’inhumanité, on est aussi dans une forme de « nouveau roman » qui nie le personnage nie l’action nie les attentes du lecteur mais le résultat, c’est un authentique chef d’œuvre d’une beauté froide et fatigante, du sublime (visuel, pas moral) à l’état pur qui vous fait dire : « Mince alors, comme c’est beau ! » et vous donne envie de lire Tchekhov ou Proust, je veux dire, des écrivains qui acceptent leur condition d’hommes.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La magie du verbe et de son pouvoir évocateur, 23 décembre 2012
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rivage des Syrtes (Broché)
Pas de jugement sur un monument de la littérature, mais un regret d'ordre technique: quelle typographie désagréable. Certes l'atmosphère est lourde et les miasmes s'élèvent de la lagune, mais ce n'est pas une raison pour que la police de caractère utilisée soit si pesante et si massive: à quand une édition qui aérera le texte pour mieux permettre au lecteur de se perdre dans les brumes de Maremma ?
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


44 internautes sur 52 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Lointain..., 4 février 2004
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rivage des Syrtes (Broché)
De ces romans qui laissent dans l'imaginaire comme l'emprunte d'un gros meuble sur une moquette, on a souvent l'impression que tout a été dit sauf peut-être ce qu'il faudrait...Un Goncourt refusé et un entrelac de phrases à la beauté inouïe ont suffit à propulser le livre vers sa légende. Plus avant, on découvre une écriture incroyable où la précision du géographe convoque à chaque mot, et surtout entre eux, une poésie onirique et vaste comme un paysage de steppe. Cet hymne à la solitude contemplative, paradoxalement aussi sereine qu'inquiète, dont Antoine Blondin a pu écrire à sa sortie qu'il était "un imprécis d'histoire et de géographie à l'usage des civilisations rêveuses...", s'inscrit dans le coeur comme certains songes marquent une matinée...A (re)lire impérativement...
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


12 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une poétique inégalée, 3 octobre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rivage des Syrtes (Broché)
Le grand oeuvre de Julien Gracq reste un monument inégalé de la littérature française. Le thème de l'attente parait désuet mais celui des sociétés n'ayant plus la force de résister à un destin inéluctable est terriblement d'actualité. La République d'Orsenna ressemble à Venise mais aussi à notre Europe sans volonté. Chaque chapitre est plein d'une poétique inégalée. Le style peut paraitre classique presque hiératique mais il nous transcende. Gracq était un des plus écrivains français vivants. Il a rejoint Céline, Zweig, Bloy, Maupassant, Baudelaire au Paradis des génies de la littérature. Il nous reste qui au juste ? Ils doivent bien se marrer là-haut à chaque rentrée littéraire
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Une littérature de la netteté, 6 décembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rivage des Syrtes (Broché)
La prose de Julien Gracq, dans Le Rivage des Syrtes, semble vouloir saisir au mieux la morphologie de l'espace, du territoire, du ciel, des éléments du décor, en cerner la netteté au plus près de leurs lignes. La narration est un dispositif de précision, un effort de tension et de rapprochement successifs vers ce qu'il s'agit de décrire.

L'ambition est limpide : en conférant aux descriptions cette tangibilité et cette minutie, le monde entièrement inventé d'Orsenna en acquiert sa vraisemblance. Comment pourrait-on être dans l'affabulation puérile d'un pays imaginaire puisque ces rivages et ces architectures nous sont livrés avec tant d'acuité et de détails ?

Reste que le Rivage ressortit encore d'une écriture juvénile. Au plan stylistique, la phrase est alourdie par l'enchevêtrement des adjectifs. Difficile de ne pas repenser au propos lapidaire de Péguy : "La crainte de l'adjectif est le commencement du style". Gracq se fait plaisir. Il domestiquera le touffu de sa phrase dans son texte suivant, "Un Balcon en forêt", largement mieux maîtrisé quoique doté d'une structure romanesque identique.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une curiosité, 28 novembre 2012
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rivage des Syrtes (Broché)
Le thème principal n'est pas loin de celui de Barbe Bleue.
Le style est magnifique, soutenu, précieux, d'une densité Baudelairienne. Si Le Rivage des Syrtes avait été présenté au Goncourt 2012, peut-ètre aurait-on titré: "Trop calorique !"
Ce roman, ce poème, boit à la source la plus pure du courant symboliste: les "Noirs" et les pastels oniriques d'Odilon Redon, la compacité chère à Mallarmé.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Un songe prenant dans un pays incertain, 2 septembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Rivage des Syrtes (Broché)
Le rivage des Syrtes est un roman étrange qui semble à la fois nourrir et submerger son sujet, disparu sous la densité de l'écriture, certes admirable, comme une ville morte enfouie sous une végétation exubérante et maîtresse qui tiendrait ses ruines à bout de branches. Il y a d'ailleurs cette sorte de ville chez les Syrtes : Sagra où Aldo, le personnage principal, s'en va déambuler un jour. J'ai lu une édition de 1951 - l'année de la parution - dont toutes les pages n'avaient pas encore été coupées et dont le mauvais papier d'après-guerre s'était desséché et jauni. Le contenant se mariait bien avec les images de déserts à la Dali qui hantent cette histoire. Il y a de l'absence et du trop plein. Les émotions des personnages comme leurs pas ordinaires sont en permanence supplantés par le décor, décrit avec la minutie maniaque d'un géographe qui se serait adjoint un comptable. Décor totalement imaginaire et abstrait au demeurant. Une force irrésistible rend le lecteur étranger à ce qu'il lit et l'y enfouit en même temps. Fascination pour ces longues périodes descriptives, distraites par d'aussi longues incises. Le sujet du livre, insaisissable, semble alors s'éloigner sans espoir de retour vers un horizon indéfini - plutôt une asymptote. Et puis il revient, plus lourd mais comme lesté d'une incompréhension supplémentaire qui force à continuer de lire pour savoir où l'auteur veut nous amener, s'il ne vient pas à nous perdre en route. Jusqu'au terme indécis, au seuil d'une guerre imprécise qui va peut-être renaître par la seule volonté d'un vieillard, proche de la mort et pressé d'entendre une réponse à la question qui le taraude et que personne ne pose plus depuis longtemps dans cette civilisation exténuée : « Qui vive ? ». Et le lecteur de s'éveiller alors d'un songe prenant.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


‹ Précédent | 1 2 3 | Suivant ›
Du plus utile au moins utile | Du plus récent au plus ancien

Ce produit

Le Rivage des Syrtes
Le Rivage des Syrtes de Julien Gracq (Broché - 1 août 1989)
EUR 21,00
En stock
Ajouter au panier Ajouter à votre liste d'envies
Rechercher uniquement parmi les commentaires portant sur ce produit