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le 24 juin 2014
Pascal Salin dans "Revenir au capitalisme" fait quelque chose d'assez rare dans la pensée moderne : il propose un retour en arrière. Cela fait certainement de lui un penseur courageux, à défaut d'un penseur lucide. L'auteur a la nostalgie du vrai capitalisme, celui de nos grands-parents (je suis quinquagénaire, calculez donc). De quel capitalisme s'agit-il donc ? De celui qui refuse l'hédonisme et la satisfaction immédiate ; de celui qui aime l'épargne et la parcimonie ; de celui qui ne jure que par l'effort et le travail honnêtes ; de celui qui va jusqu'à l'esprit de sacrifice lui-même. Finie donc la consommation à tout crin, hic et nunc ! Tout comme il existe un authentique amour du loup pour l'agneau selon la formule amusante de Socrate dans le Phèdre, il existe un héroïsme libéral, et Pascal Salin est convaincu que si le capitalisme pouvait retrouver ses racines écossaises et puritaines (l'idée des racines écossaises et puritaines est de moi, attention !), notre monde irait beaucoup mieux, et la crise (due entièrement à un excès de réglementation) ne serait plus qu'un mauvais souvenir.

C'est ici que la lecture de Jean-claude Michéa s'avère indispensable, notamment de son meilleur livre (à mon humble avis), "L'Empire du moindre mal". Je reconnais que la façon d'écrire de Michéa est disons assez brouillonne et que ces analyses gagneraient à être étoffées, mais c'est un philosophe qui a l'immense et rare avantage de la clarté et qui dit des vérités que l'on ne trouve pas ailleurs. Ainsi, en un paragraphe bien enlevé, Michéa nous explique indirectement pourquoi le rêve de Pascal Salin relève de l'utopie : le capitalisme a détruit les vertus mêmes sur lesquelles il s'est appuyé pour prendre son essor. Autrement dit, si le capitalisme a pu avoir un tel succès pendant presque deux siècles, c'est tout simplement parce qu'il a sucé jusqu'à la moelle les forces vitales de l'Ancien Régime et profité jusqu'à la dernière goutte de ses vertus, tout en ne cessant de le dénigrer et de s'ingénier à le détruire.

On nous rétorquera avec hauteur que Hayek a humanisé le libéralisme et qu'avec l'école autrichienne l'existence des traditions et des vertus traditionnelles est (re)devenue acceptable. Hélas, il est trop tard, car le libéralisme et son individualisme forcené ont déjà complètement empoisonné le corps social. D'ailleurs, il est plus que douteux que l'on puisse faire coexister le marché, la sphère de tout ce qui a un prix, avec la sphère de l'Essentiel, c'est-à-dire la sphère de tout ce qui a de la Valeur, surtout lorsqu'on donne la primauté absolue à la première de ces sphères. En vérité, ces deux sphères sont antagonistes, mais cela échappe évidemment aux libéraux pour qui tout est fondamentalement neutre. Ne nous laissons pas berner par les chants de sirène venus de Vienne : Hayek n'a jamais dit quelles traditions ni quels principes moraux devaient être préservés. Il n'a fait qu'expliquer leur genèse "spontanée" et la façon dont ils fonctionnent, et mis en garde contre leur mise au rancart au profit d'une réorganisation de la société selon des principes purement rationnels.

Pour le dire simplement, ce n'est pas les contrats qui permettent à la société de conserver sa solidité, c'est plutôt à la solidité de la société, à son intégrité morale, que l'on doit le respect des contrats. Or les libéraux n'ont jamais été capables de proposer la moindre moralité digne de ce nom, en dehors de l'idée que l'on ne doit pas obliger les autres à faire les mêmes choix que soi. Herbert Lawrence donne une réponse magistrale au libéralisme soi-disant conservateur de Hayek et Consorts dans "L'Amant de Lady Chatterley". Le mari de l'héroïne, Clifford Chatterley, lui dit que "les gens peuvent être ce qu'ils veulent, ressentir ce qu'ils veulent et faire ce qu'ils veulent, d'un point de vue strictement privé, tant qu'ils conservent intacts la forme de la vie et son appareil". A quoi sa charmante et perspicace épouse répond : "C'est comme si vous disiez que des oeufs peuvent être aussi pourris que ça leur plaît, pourvu qu'ils conservent leur coquille intacte. Or les oeufs pourris finissent toujours par se casser." Tout est dit, ite missa est !

Une question que je me suis longtemps posé après avoir lu "Revenir au capitalisme" est : qui donc va acheter les masses de produits qui sortiront par divisions entières des usines si tout le monde revient à la sobriété de fourmi de nos ancêtres ? La réponse est venue récemment de l'auteur lui-même, qui a déclaré sur radio Courtoisie que "toute production engendre automatiquement sa demande". Que je suis donc bête de ne point y avoir songé plus tôt !
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Pascal Salin officie, pontifie, dans le temple libéral de la prestigieuse université Paris-Dauphine qui a l'heur (bon) de connaître de véritables et bons professeurs d'économie (loin d'être unanimement libéraux).

Pascal Salin se définit comme libéral, disciple de l'école autrichienne. Il est en réalité libertarien. Réduire le libéralisme au libertarianisme serait une grave erreur, une offense à la pensée. Autant j'aime à discourir avec des libéraux, autant, comme avec les staliniens (dans mon passé de lutte contre le communisme), je ne puis parler, étant disqualifié d'office. Le libertarien est un absolutiste du libéralisme.

Pour reprendre la définition, synthétique proposée sur wikipedia, "les libertariens, sont favorables à une réduction, voire une disparition de l'État en tant que système fondé sur la coercition, au profit d'une coopération libre et volontaire entre les individus."

Pascal Salin, dans la présentation de son ouvrage ("La Tribune" du 19 février) explique ainsi :

"La pensée libérale, en particulier celle issue de l'école autrichienne, est fondée sur une méthodologie et un raisonnement cohérents qui correspondent à la réalité du comportement humain. Elle est donc réaliste. Il n'y a de responsabilité qu'individuelle, car seuls les individus agissent."

Pour Pascal Salin, la crise des subprimes est la conséquence non pas de la libéralisation excessive des marchés financiers globalisés, mais de la sur-réglementation ! Vous avez bien lu.

Pascal Salin fustige ainsi l'incorrigible volonté des Etats à intervenir pour corriger les défauts de fonctionnement des marchés financiers. Par son intervention même, illégitime sur le plan de la doctrine libertarienne, l'Etat perturbe le fonctionnement du marché. L'autorégulation du marché étant considérée comme vérité non critiquable, l'Etat, agent perturbateur, hors marché, ne doit donc jamais intervenir d'après Salin.

Il aurait fallu aller jusqu'au bout, et accumuler les faillites bancaires, l'implosion du système économique, assurer la déflation (baisse des salaires, des retraites, suppression de la Sécurité Sociale, augmentation du chômage), provoquer le risque de guerre civile pour qu'enfin, l'autorégulation puisse s'affirmer. Non, "l'incorrigible" Etat est intervenu, comme nous le savons tous (pourtant la propagande libérale nous tambourinait à longueur de temps que l'Etat était "en faillite" ; il a dans les faits su emprunter et non créer de la monnaie pour renflouer la liquidité des banques).

Ce que Salin ignore, comme tout idéologue fanatique, c'est la réalité qu'il prône pourtant à tout bout de champ. La réalité, c'est que les marchés financiers ne s'auto-régulent pas (cf. l'admirable analyse de l'économiste André Orléan De l'euphorie à la panique : penser la crise financière), c'est aussi que le comportement humain est plus complexe qu'une somme d'équations : les ouvrages abondent sur la finance comportementale, le mimétisme (Keynes, René Girard), la fraude (Jean de Maillard).

Refonder le capitalisme sur la responsabilité individuelle contre / sans l'Etat est un mythe dangeureux que véhicule à longueur de conférences, de cours et d'ouvrages, ce fonctionnaire de l'Etat qui le rémunère pourtant chaque mois.

Ce que Salin, accessoirement ignore aussi, c'est que depuis 1973, l'Etat français ne bat plus monnaie. L'Etat (c'est-à-dire nous, citoyens) s'est dessaisi de son droit régalien au profit (généreux) des banques privées (cf. La dette publique, une affaire rentable : A qui profite le système ?). Professer qu' "il n'y a jamais eu autant d'inflation et d'instabilité monétaire que depuis l'époque où les Etats ont pris le contrôle de la création monétaire" est une idiotie historique (depuis que l'homme est homme ? depuis l'époque de ma grand-mère ? assimilable à "de tout temps, l'Etat ..."), un délire, un mensonge.

Nous sommes installés avec Salin dans le Mensonge idéologique qui -souvent d'ailleurs - me fait déclencher le rire.

Car Salin ose dire n'importe quoi; avec sérieux : il est un comique troupier malgré lui.
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