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5.0 étoiles sur 5 Le nazisme a-t-il gagné les esprits à défaut de la guerre ?, 20 novembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nous, fils d'Eichmann (Poche)
J'ai découvert ce livre par le biais du roman d'anticipation Cosmos Incorporated du plus grand écrivain francophone contemporain, à savoir Maurice G. Dantec. "Nous, fils d'Eichmann" y est non seulement cité in extenso sur 2 pages pleines, mais il y sert également de matrice spirituelle. Il faut dire que son propos fait froid dans le dos, et annonce la catastrophe généralisée.

Son auteur, le philosophe Günther Anders, est peu connu en France - moins en tout cas que sa 1ère femme, Hannah Arendt. Juif allemand exilé peu avant le début de l'apocalypse nazie, il entreprend ici, en 1963 puis en 1988, de rédiger 2 lettres ouvertes à Klaus Eichmann, le fils du glacial fonctionnaire zélé Adolf Eichmann qui organisa une terrible machine logistique vers les camps d'extermination en prétextant n'avoir fait que son travail et avoir obéi fidèlement aux ordres.

La thèse d'Anders est celle-ci :

1) Klaus Eichmann subit une terrible malédiction, celle d'être le fils d'un homme qui a agi monstrueusement. Il ne peut faire le deuil de son père exécuté en Israël, tout simplement parce que celui-ci n'a pas respecté le genre humain, il l'a méprisé de toute sa force. K.E. n'est cependant pas responsable de ces atrocités, et il a même l'occasion de pouvoir s'extirper de cette malédiction en faisant la promotion du Bien - par exemple en luttant contre la prolifération nucléaire.

2) Il faut analyser les racines profondes des responsabilités assumées par Adolf Eichmann si l'on veut couper court à toute répétition. Ces racines sont au nombre de 2.

La première : notre capacité de production, démultipliée par la division infinie du travail, est devenue immensément supérieure à notre capacité de représentation. Autrement dit, nous nourrissons par notre travail un rouage infime d'une gigantesque entreprise mondialisée dont nous ne parvenons même plus à imaginer si sa finalité est bonne ou mauvaise.

La seconde : notre Monde devient progressivement une Machine, une Machine-Monde. La Machine est par essence impérialiste, elle phagocyte progressivement toute part d'humanité en l'Homme, et tend vers un totalitarisme technologique absolument terrifiant.

3) De ce fait, nous sommes bien tous les fils d'Eichmann, les héritiers d'un système nazi diffusé par capillarité dans les cerveaux humains de toute la Planète depuis 1945. La Guerre, contrairement aux apparences, ne s'est jamais terminée - elle continue simplement à prospérer en nous. Pire, nous préparons la prochaine guerre, et les signes avant-coureurs sont : banalisation, indifférence, révisionnisme, relativisme.

Il est rare de tomber sur une critique aussi profonde, aussi radicale de notre société et du capitalisme, critique non-marxiste de surcroit. Inutile de préciser que j'ai lu ce livre d'une traite...
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Nous, fils d'Eichmann
Nous, fils d'Eichmann de Gunther Anders (Poche - 15 avril 2003)
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