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60 internautes sur 62 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Histoire fleuve
Depuis plusieurs années je guettais avec gourmandise et impatience le nouveau Lehane. Ce dernier me semble depuis toujours un immense écrivain du roman noir au même titre que Ellroy, Pelecanos ou encore le trop méconnu Pete Dexter. Inutile de préciser qu'aussi tôt sorti aussitôt acheté, et dévoré... Mes impressions : ce...
Publié le 22 janvier 2009 par M. Marc Levy

versus
10 internautes sur 17 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 De très belles qualités mais pénible car trop long et en manque de suspens
Alors, d'accord, c'est du Lehane. D'accord, c'est (comme d'habitude) superbement écrit. D'accord, les personnages sont forts, certains passages comme l'épidémie de grippe sont poignants. D'accord, la description du Boston post 1ère guerre mondiale est très intéressante.
Mais je n'ai jamais vraiment réussi à...
Publié le 19 mai 2009 par Leather DeBoeuf


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60 internautes sur 62 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Histoire fleuve, 22 janvier 2009
Par 
M. Marc Levy "Marcuslivingstone" (Montpellier, France) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un pays à l'aube (Broché)
Depuis plusieurs années je guettais avec gourmandise et impatience le nouveau Lehane. Ce dernier me semble depuis toujours un immense écrivain du roman noir au même titre que Ellroy, Pelecanos ou encore le trop méconnu Pete Dexter. Inutile de préciser qu'aussi tôt sorti aussitôt acheté, et dévoré... Mes impressions : ce livre est à part dans la production de Lehane, peut être l'amorce d'un nouveau tournant dans le style de l'écrivain : certes la noirceur est toujours au rendez vous, mais il faut plutôt voir ce livre comme un roman "social" fleuve qui tenterait de donner un tableau assez précis de l'Amérique des années d'après guerre : abominables lynchages des noirs, épidémie de grippe, prohibition, syndicalisme et lutte contre le "bolchevisme" voici pour le décor ; pour ce qui est des personnages, un policier fils de policier qui infiltre les syndicats, une star du baseball et un noir tour à tour joueur de baseball, ouvrier, criminel, fuyard. Ces destins se croisent et s'entremêlent, et nous révèlent aussi la complexité de ce grand pays à l'histoire riche. Une mise au point sur l'Amérique et ses démons, mais aussi ses richesses, faite avec beaucoup d'intelligence, de distance, et toujours avec ce beau style propre à Denis Lehane. Boston est encore au centre de l'œuvre, et l'américain moyen toujours le héros. On nage en plein roman noir, hérissés par l'injustice sociale, raciale, sanitaire,et l'extrême brutalité d'une époque pas si lointaine. Un roman à part disais je plus haut, mais qui augure, je l'espère d'autres chefs d'œuvres à venir. un superbe roman à lire sans plus attendre.
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5.0 étoiles sur 5 Captivant, 29 avril 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un pays à l'aube (Broché)
Un très grand roman de l'Amérique de l'après 1ère guerre mondiale.
On assiste à des révoltes au sein du pays et plus particulièrement les prémices de la grève de la police de Boston.
On y apprend plein de choses notamment sur le syndicalisme.
C'est également une histoire sur la ségrégation raciale pure et dure de l'époque entre les blancs et les noirs.
Même si certains disent que Dennis Lehane n'a pas la carrure pour écrire Le grand roman, moi je trouve qu'il parvient à nous expliquer des choses très compliquées dont seul les écrivains de polar on le secret.
Un grand moment de lecture malgré la densité et le nombre de pages
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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 UN MONUMENT, 26 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un pays à l'aube (Broché)
Perso ce livre ne m'a absolument pas dérouté. Parmi les romans de Lehane qui précédaient j'y ai vu (et lu) beaucoup d'inconstance. Certains (mystic river, shutter island, quelques Kenzie et Gennaro)m'ont ébloui, d'autres m'ont ennuyés voire dégoûté tant sur les derniers K et G il me semblait que Lehane, à bout d'idées, surenchérissait au niveau de l'horreur de certains passages...
Et puis j'ai lu "Un pays à l'aube" et là j'ai découvert qui était vraiment Dennis Lehane: un VRAI écrivain. Pas un spécialiste du thriller, ni du polar, mais un véritable écrivain, capable de faire des recherches très développées sur l'histoire de son pays et de les insérer dans une chevauchée passionnante...
Je reste sur le c.. quand je vois certains lecteurs (il y en a peu) présenter ce livre comme "sans intérêt" alors qu'il se sont arrêtés à la 50ème page. Absurde.
Allez, à présent j'entame "MOONLIGHT MILE" mais chuuuut ne me dites rien, je vais me faire mon propre avis...
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17 internautes sur 19 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Superbe, 12 mars 2009
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un pays à l'aube (Broché)
Certes cela n'a pas grand chose à voir avec les précédents LEHANE ( ce qui a aussi dérouté ses lecteurs américains ) mais le style reste lumineux , comme d'habitude.
Une histoire méconnue des états unis, violente. Les faits sur lesquels s'appuient le récit ont un siècle et pourtant sont en pleins dans l'actualité. Rien n'a changé.
Un récit fort,sombre , de beaux personnages , un grand roman américain comme on les aime. Comme le dit un autre commentaire , on est au niveau d'un ellroy a n'en pas douter.
A recommander
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8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 LEHANE : LA RUPTURE DANS LA CONTINUITE, 20 janvier 2010
Par 
Luc B. - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un pays à l'aube (Broché)
UN PAYS A L'AUBE est un roman à part dans l'oeuvre du talentueux Dennis Lehane. L'auteur aborde le genre de la fresque historique, de la saga, mais toujours située à Boston, ville dont il fait depuis toujours le théâtre de ses intrigues. Lehane est un auteur de polar, de romans noirs, connu pour avoir créé le couple de détective Kenzie et Gennaro. Trois de ses livres ont été adaptés au cinéma : MYSTIC RIVER (Eastwood), GONE BABY GONE (Affleck) et SHUTTER ISLAND (Scorsese). Changement de genre, donc, mais on retrouve les destins et drames familiaux, le terreau social et politique, le canevas du polar, et le style de l'auteur de TENEBRES, PRENEZ-MOI PAR LA MAIN.

Dans ce dernier opus, Dennis Lehane dresse un portrait du Boston de 1918, en proie à la grippe espagnole que les soldats américains revenant d'Europe, ramènent avec eux. Pour tenter de circonscrire l'épidémie, Danny Coughlin, flic, est chargé par sa hiérarchie d'organiser la quarantaine. Coughlin est le fils d'un capitaine de police, notable reconnu. Il sera ensuite chargé d'infiltrer les groupuscules bolcheviques implantés à Boston. Cette proximité avec ces mouvements de gauche sera pour Danny l'électrochoc, lui ouvrant les yeux sur les conditions de travail déplorables de ses collègues, mais aussi des autres travailleurs. Droit, syndicat, grève, révolution, autant de mots qui font frémir la municipalité, le gouverneur, et qui vont devenir le quotidien de Danny, accusé très vite d'avoir basculé dans le camp adverse.

En parallèle, nous suivrons l'itinéraire de Luther Laurence, jeune noir de Tulsa, que des circonstances dramatiques (et sanglantes) amèneront à émigrer vers Boston. Le racisme et la ségrégation sont aussi au coeur de ce roman. Gravitent autour de ces deux hommes, beaucoup de personnages, Steve le collègue, Nora l'amour de jeunesse, Mc Kenna la belle pourriture, vicieux et corrompu, le père Tom Coughlin, incapable de maîtriser et comprendre les élans de ses fils, Babe Ruth la star du baseball, Tessa, les époux Giddreaux, adeptes de l'émancipation...

Comme dans tout gros roman, les intrigues sont multiples, se croisent, se complètent. Et il faut le talent de narrateur de Lehane pour nous les rendent passionnantes. L'écrivain excelle autant dans la description psychologique de la vie des bourgeois bostoniens, conservateurs, catholiques, que dans celle des petites gens, des ouvriers, des sorties d'usines, ou encore dans l'analyse des stratégies politiques de dirigeants dépassés par les évènements. Lehane sait retranscrire les petits bonheurs d'une réunion de voisins, sur un toit, l'été, autour d'une bouteille de vin, comme il rend grandioses les grandes scènes de foules (l'épidémie cauchemardesque, meeting politiques, émeutes, ville au bord du chaos). Lehane est toujours juste quand il parle de la famille, de la jeunesse, de la conditions de noirs, accusés d'avoir voler le travail des blancs de retour d'Europe. Il sait nous rendre ses personnages réels, des êtres de chair, de convictions. Dans ce foisonnement de péripéties, il n'oublie pas l'intime, jamais pataud, toujours juste et sensible.

Lehane ne s'attarde pas, son récit est fluide, avance sans cesse, emporte les personnages dans le souffle de l'aventure. UN PAYS A L'AUBE est un très grand roman, long, mais passionnant, riche, qui allie les intrigues habilement construites, suspens, action, avec un vrai regard sur les gens, sur une ville, sur notre monde.

Franchement, à ceux qui ne lisent que trois bouquins par an, plutôt que de fondre sur le dernier Coben ou Brown, offrez-vous un livre de cette trempe, qui réconcilie (pour ceux qui seraient fâchés) avec la littérature.
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5.0 étoiles sur 5 Prodigieux!, 17 mars 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un pays à l'aube (Poche)
Comment dire?

Déjà, le synopsis de départ m'avait tout de suite intéressé: deux personnages pris dans la tourmente de l'Histoire des Etats-Unis; un mélange de polar (avec un jeune policier infiltré), d'histoires d'amour, d'amitié, de famille, de racisme... Et un auteur dont le "Mystic River" fait à mon sens partie des meilleurs romans (et films) américains.

Je n'ai vraiment pas été déçu.
J'ai rarement lu un roman aussi vibrant, vivant, prenant, poignant.
Bref, un roman magnifique, et remarquablement bien écrit (bravo d'ailleurs aux traducteurs!) jusqu'à la dernière page.

Dennis Lehane nous plonge littéralement dans l'histoire d'une grève (réelle) entre 1918 et 1919... comme si on y était. Nous plonge, aussi, dans un contexte socio-économique qui entre en tragique écho avec ce que nous vivons aujourd'hui. Les dialogues font toujours mouche, à tel point que certaines répliques dans le roman semblent dater de la semaine dernière! Des répliques et discours qui, pour celles et ceux qui auraient eu la chance de le voir, rappellent l'un des meilleurs films réalisés sur un mouvement insurrectionnel: "La Commune, 1871", de Peter Watkins. Là aussi, on a beau être avant 1900, on a l'impression d'y être!

"Un pays à l'aube" a beau faire plus de 800 pages, il se lit beaucoup plus agréablement et facilement que certains livres plus courts!
En outre, les références (littérature, cinéma, etc.) viennent à l'esprit presque à chaque page.

Un vrai travail d'historien (les sources en fin d'ouvrage en témoignent; content d'ailleurs d'y trouver la remarquable "Histoire populaire des Etats-Unis" d'Howard Zinn) et un vrai talent de conteur!

On a deux (plutôt trois) envies après une aussi agréable lecture:

1) que d'autres le parcourent à leur tour,
2) qu'un cinéaste digne de ce nom (Scorsese, Eastwood, Ben Affleck, James Gray) prenne son courage à deux mains pour nous faire ressentir à la fois ce flot d'émotions sur grand écran et, aussi, ce pan méconnu de l'Histoire des Etats-Unis.
et 3)... le relire!

P.S. Si l'on n'est pas un minimum au fait des techniques de base du baseball (la différence entre celui qui lance et celui qui reçoit, celui qui a un gant et celui qui a une batte, le nombre de "bases" sur un terrain, le sens dans lequel les joueurs doivent courir, etc.), il est peut-être judicieux de se renseigner sur le sujet, via Internet par exemple...
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 du grand Dennis Lehane, 27 août 2012
Par 
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un pays à l'aube (Poche)
Grande fresque et plongée dans une Amérique méconnue, celle que décrit Howard Zinn dans son "Histoire populaire des Etats-Unis". C'est l'Amérique qui a vu se construire tout un pays à travers les luttes des pauvres contre l'arrogance des puissants et de la police. L'action se déroule juste après la fin de la guerre de 14 et annonce déjà ce que sera la grande crise de 1929. Le livre est engagé et n'est pas sans rappeler le regard de Steinbeck dans "les Raisins de la colère". Je pense qu'un film pourra peut-être voir le jour car l'histoire est captivante et "un" Sean Penn pourrait en faire un chef-d'oeuvre.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 différent, révoltant et enchanteur, 26 août 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un pays à l'aube (Broché)
Après une centaine de pages, je me suis dit que ce Lehane différent méritait sans doute d'être gouté tout aussi différement ! Je m'apprêtais donc à déguster chaque chapitre, un à un, emporté par une écriture plus poétique, plus belle qu'à l'habitude... et puis, d'un coup, les liens qui semblaient distendu entre les personnages se resserrent soudain, se croisent, se mêlent, le style s'assèche, l'ardeur, la passion envahissent les destins que nous suivons, les caractères évoluent, la prise de conscience se fait... car il est là, le challenge de ce roman, dans la prise de conscience par un policier de Boston de ce qu'est son pays, des chances immenses qu'il offre aux miséreux, mais aussi des inégalités immenses qu'il perpétue, des mensonges qu'il invente au nom de la démocratie prétenduement en danger, de la vérité qu'il manipule pour disqualifier aux yeux de l'opinion publique le combat d'homme qui veulent plus de justice et comment, la police des USA au lieu d'être un rempart contre l'inhumanité continue d'être au fil du temps le garant du pouvoir d'un capitalisme indifférent.
Un Pays à l'Aube nous parle de l'Amérique du début du XXe siècle, mais force est de constater qu'il est un vibrant échos à des réalités toujours fortement présentes dans le pays qui se dit le champion de la démocratie et de la liberté.
Un grand, un très grand roman post-11 Septembre...
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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Baston à Boston, 26 janvier 2011
Par 
ecce.om - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un pays à l'aube (Poche)
Après sa série policière peuplée du délicieux couple (voire trio) Kenzie-Gennaro et le monstrueux Bubba, Dennis Lehane reste sur les terres de Boston, mais pour un exercice d'une autre nature, qu'on pourrait qualifier de manière réductrice, de roman policier historique. Historique, il cherche incontestablement à l'être. Cette tranche de vie de l'Amérique post-première guerre mondiale fait ainsi défiler certains faits inscrits dans la légende du pays et des personnages connus, dont Edgar Hoover, déjà inquiétant dans sa paranoïa. Policier ? Pas véritablement d'intrigue ici. Mais des policiers, il y en a à chaque coin de rue : mal payés, déconsidérés, exploités...les policiers de Boston sont au bord de l'explosion.

Tout au long de ce roman, l'histoire va évoquer 3 personnages dont on attend , selon un procédé assez fréquent désormais, que les destins s'entrecroisent. En fait, le premier d'entre eux, BabeRuth, illustre joueur de l'équipe (blanche) de base-ball des Boston Socks n'est pratiquement là que pour l'ouverture et la clôture du roman. Entre temps, il apparaît de manière impromptue, constant rappel d'une Amérique symbolisée, courant vers la gloire et la fortune, presque de manière naïve.

On commence donc avec Babe qui, lors d'un arrêt de train imprévu, en vient par hasard, à jouer en toute décontraction, quelques balles avec des amateurs (noirs), parmi lesquels se distingue Laurence Luther. Mais rapidement, , les camarades de Babe l'ayant rejoint, le jeu dérive vers un vrai match disputé entre noirs et blancs. Ces derniers pour ne pas perdre la partie et la face, trichent effrontément, ce que Babe, accepte lâchement.
C'est le véritable point de départ de l'histoire : l'humiliation et la résignation obligée de Luther.

A ce moment là, on vit les premières heures de l'Amérique en fin de 1ère guerre mondiale. C'est en effet dans le décor d'une économie chancelante, attendant le retour de sa jeunesse partie au front, que Luther, et Danny Coughlin, un jeune flic irlandais, vont se croiser à leur tour.
Luther qui vit dans l'Ohio, est obligé suite à une série de choix malencontreux, de se réfugier à Boston et de trouver une place de domestique au sein de la famille Coughlin. Danny dont le père et l'oncle sont des personnalités policières bien installées dans cette ville, est un élément prometteur. S'il suit la voie qui lui est offerte, il sera bientôt inspecteur.

Mais Danny est un idéaliste et bientôt il ne supportera plus l'incroyable manichéisme américain qui considère chaque pauvre non résigné, qu'il soit italien ou russe, comme un terroriste bolchevique et chaque noir, comme un intrus dans ce pays. Il va bientôt se heurter à sa famille, à ses supérieurs, aux politiques et à leurs magouilles. Se retrouvant presque contre son gré, à la tête d'une grève des policiers abusés par d'incessantes promesses reniées, Danny sortira de cette aventure désabusé et blessé, ne trouvant de réconfort qu'auprès de sa femme Nora au lourd passé et de Luther devenu son ami.

Luther lui, découvre dans cette ville, de nouvelles facettes de cette humanité qui le déçoit tant. Les machinations sordides dans lesquelles on cherche à l'entraîner et les scènes de guérilla urbaine auxquelles il va assister, achèveront de le persuader que la prétendue suprématie blanche tombe facilement dans l'ignominie dès que les barrières s'envolent.

Le livre s'achève sur une note plus optimiste pour les différents protagonistes, tandis que le pays se réveille avec la gueule de bois.

L'époque, la dimension sociale, la naissance de la nation dans la violence, les irlandais, les italiens.... Ne manque plus que Martin Scorsese. Le script est prêt.

Alors c'est bon ? Oui, mais c'est long, trop long avec notamment des pages interminables sur le base ball lors de la 1ère rencontre entre Babe Ruth et Luther. Après ça va mieux, mais à mon sens, le roman aurait gagné à être dégraissé. Autre grief , le personnage de Babe Ruth dont on attend beaucoup et qui saupoudre le récit de sa présence intermittente et à mon avis, peu pertinente.

Alors on achète ? Ben, oui, quand même. Malgré des défauts, on frôle le grand livre et on se dit qu'il est dommage que le syndrôme du grand écrivain et de l'Oeuvre "pavé", qui a mis à bas tant d'autres écrivains américains frappe encore ici. Pour autant, Lehane dresse un portrait intéressant d'une époque charnière, du moment où l'Amérique et le monde changent de siècle. Le XXème siècle qui débute réellement après 1918, nous offre ses vieilles familles en sursis et ses nouveaux arrivants qui se taillent de force une place au soleil. Ce siècle tirera sa révérence dans une nouvelle perte d'innocence, en 1945. Mais c'est une autre histoire. Lehane doit sans doute y travailler. Qu'il se méfie, à un moment, ses écrits vont croiser ceux du « monstre » : Ellroy.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Une fresque passionante et instructive, 28 juin 2013
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Un pays à l'aube (Poche)
L’action débute à Boston en 1918. Les Etats-Unis sont finalement entrés en Guerre aux côté de la Triple Entente en Europe. Les combats sont lointains, mais tout le monde doit participer à l’effort de guerre : les salaires des fonctionnaires sont gelés, les femmes travaillent à l’usine. L’esclavage a été aboli il y a un demi-siècle, mais la ségrégation persiste encore. Les Noirs n’ont accès qu’à des métiers sous-payés, doivent s’adresser avec déférence aux Blancs, et s’asseoir à des places qui leurs sont réservées dans les bus.
Mais c’est aussi la période de la première Peur Rouge : les medias, les politiciens aux pouvoirs, les Fédéraux voient des complotistes partout. Des anarchistes italiens, des bolchevistes, des communistes issus d’Europe de l’Est, prêts à tout pour déstabiliser le pays, tous considérés comme des terroristes ou des séditieux.
C’est dans ce contexte que l’on suit le parcours de deux personnages. Luther Laurence, est un jeune ouvrier noir, surdoué du base-ball. En colère contre cette société injuste, il est sans cesse obligé de fuir, mais son passé finit toujours par le rattraper.
Danny Coughlin, est un agent de police de Boston, fils d’un immigré irlandais, devenu capitaine respecté dans cette même police. S’il mène à bien une mission d’infiltration parmi les groupes syndicalistes, il se verra nommer inspecteur. Mais au fil du temps, il se rend compte que tout n’est pas blanc ou noir, que les travailleurs grévistes ne sont pas tous des rouges, mais qu’ils luttent simplement pour subsister. Il éveille alors sa conscience au désarroi dans lequel se trouve sa propre corporation, quitte à briser l’unité de sa famille.
Dans ce long roman de 850 pages, Lehanne nous éclaire sur un pan de l’histoire américaine méconnu, la fin des années 10. Il met le doigt sur deux grandes injustices : le sort fait aux noirs par une société qui les méprise et les conditions de travail des ouvriers. A travers des évènements comme l’épidémie de grippe espagnole ou à travers les rencontres de personnages réels comme le journaliste Jack Reed, le joueur de base-ball Babe Ruth ou le futur directeur du FBI John Hoover, on assiste à la montée du syndicalisme, avec comme point d’orgue la grève des policiers de 1919. Il nous montre à quel point cette période fut tourmentée, avec les nombreux attentats à la bombe perpétrés par les anarchistes italiens, les grandes grèves des travailleurs, souvent réprimées dans la violence. Il n’en oublie cependant pas d’écrire une histoire : celle de 2 hommes qui luttent contre la résignation d’une existence toute tracée. Le lecteur s’attache à ces deux personnages et est en colère face aux injustices qu’ils subissent.
Bref, une très belle fresque, aussi passionnante qu’instructive.
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